Monseigneur Ginoux: Laissez donc la République! (Lettre ouverte)

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Monseigneur Ginoux,

Je viens de lire avec attention l’interview que vous avez accordé à la Dépêche du Midi et qui figure en première page du cahier du Tarn et Garonne. Que le journal de la « démocratie » vous donne la parole, cela semble normal mais j’avoue avoir été très mal à l’aise à la suite de vos propos.

Tout d’abord, avec cette actualité anxiogène et qui plus est en cette rentrée scolaire si particulière, nous aurions attendu de votre part un mot de compassion pour Samuel Paty, hélas il n’en fut rien.

Vous avez préféré vous en tenir à une solidarité ciblée pour vos ouailles, fussent-elles niçoises. Une expression maîtrisée de votre part puisque vous n’omettez pas de rappeler la présence de « phrases violentes » dans le Coran, oubliant combien les autres textes sacrés (la Bible, la Torah…) et leurs interprétations par les théologiens sont toujours sujettes à caution. Et puis je n’ose croire que vous oubliez votre histoire avec ses guerres de religions, ses croisades…

Déjà, vous blessez l’enseignant que je suis à l’heure, où face à mes élèves j’essaie d’élever les principes et les valeurs de la République avec force raison et conscience et contribuer ainsi à l’éveil des futurs citoyens, dans le respect du vivre ensemble mais aussi des croyances de chacun.

Vous manipulez les mots en affirmant « Je ne définis pas la liberté d’expression comme le fait de dire tout et n’importe quoi », comme si la constitution et les droits de l’Homme et du Citoyen n’avaient pas déjà encadré cela (Articles 4, 10 et 11). Et vous portez l’estocade en récusant la possibilité de publication de caricatures passées ou à venir, rejoignant ainsi les pires conservateurs qui veulent réintroduire l’interdiction du blasphème.

Vous osez donner des leçons aux enseignants sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, mettant ainsi la pression sur des centaines d’hommes et de femmes déjà peu soutenus par leur ministre en ces temps troubles. Auriez vous oublié que la religion, les religions sont du domaine privé et qu’elles ne peuvent interférer quand la République prend ses responsabilités?

Vous déclarez que « le rôle de l’Église catholique c’est d’apprendre le sens de la vie et de la mort » comme si cela était d’évidence et après votre prêche pour la convergence des différentes religions quelques phrases plus haut, vous vous appropriez un dogme philosophique en seul détenteur de la vérité. Peut-être est-ce pour cela que vos lettres pastorales et vos interventions sont reprises sur de nombreux sites intégristes de par le monde?

Alors NON, Monseigneur, puisque cela est votre titre hiérarchique, il n’est pas acceptable que vous vous rompiez ainsi le pacte républicain au risque de heurter des sensibilités qui ne sont pas de votre bord.

Alors NON, Monseigneur, au nom de la Laïcité et du respect de croire ou de ne pas croire, cessez d’alimenter les instincts les plus bas car l’Islam, le judaïsme ou d’autres, et vous le savez, n’ont pas le monopole des intégrismes, bien loin s’en faut.

Alors NON, Monseigneur, ce n’est pas de religieux dont nous avons besoin mais bien d’esprits éclairés aidant à l’émancipation humaine, œuvrant aux libertés individuelles et aux droits de chacun-es dans le respect des valeurs de la République inscrites aux frontons de nos mairies et bâtiments publics.

Libre Penseur, je vous demande donc de laisser nos concitoyens-nes choisir en conscience la voie de l’intelligence et ainsi faire reculer l’intimidation de l’esprit critique dont se nourrit l’obscurantisme. En ce sens votre rôle serait d’évidence.

Monseigneur, merci d’avoir pris le temps de me lire et je vous invite à accepter l’expression de toute ma considération laïque et républicaine.

Maximilien Reynès-Dupleix


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Une rentrée dans l’inquiétude et l’humiliation 

Sous le poids d’une double crise mal gérée, la rentrée du 2 novembre restera dans la mémoire des enseignants. Le ministre leur demande d’accepter une cérémonie bâclée en mémoire de leur collègue assassiné. Ils doivent aussi rentrer en pleine épidémie avec un protocole sanitaire officiellement « durci » mais en réalité qui change peu de choses par rapport au protocole ultra léger précédent.

L’hommage bâclé à S Paty

C’est rare une telle exaspération avant une rentrée. Tout au long du week end précédent le 2 novembre, des enseignants se sont amusés à faire monter le hashtag #Blanquerdemission sur Twitter. Le ministre de l’éducation s’est taillé ainsi une réputation inattendue sur un réseau mondial en parallèle avec le hashtag #Blanquerment.

Cette facétie ne prête pas à conséquence mais donne l’ambiance. Le déclencheur c’est l’annonce le 3 octobre au soir que l’organisation de l’hommage à Samuel Paty, l’enseignant assassiné à Conflans, était revue par le ministre au dernier moment. Continuer la lecture de Une rentrée dans l’inquiétude et l’humiliation 

Attaque d’un prêtre orthodoxe à Lyon : on en sait plus sur son assaillant identitaire … In DDM

 

Le père Nikolaos de l'église orthodoxe de Lyon a été attaqué ce samedi 31 octobre alors qu'il fermait son église Le père Nikolaos de l’église orthodoxe de Lyon a été attaqué ce samedi 31 octobre alors qu’il fermait son église AFP – PHILIPPE DESMAZES

NDLR de MAC: Au regard de l’absence de confirmation des informations données dans cet article, nous en suspendons la diffusion avec nos excuses pour nos lecteurs

 Au lendemain de l’attaque contre un prêtre orthodoxe ce samedi 31 octobre à Lyon, les éléments de l’enquête se précisent. L’auteur de cet attentat serait Jean-Michel Dhimoïla, un moine orthodoxe excommunié proche de la droite identitaire. En raison d’un ancien conflit, il s’en serait pris au prêtre en lui tirant dessus alors qu’il fermait son église.

L’identité de l’homme à l’origine de l’attaque à l’arme à feu contre un prêtre orthodoxe alors qu’il fermait son église, ce samedi 31 octobre vers 16 heures à Lyon, se précise. Il s’agirait Jean-Michel Dhimoïla, un ancien moine orthodoxe excommunié par ailleurs sympathisant d’extrême-droite, proche du mouvement Génération Identitaire.

Si les motivations exactes de cet agresseur sont encore floues, on sait que cela pourrait être lié à un vieux conflit entre sa victime et lui. « Ce prêtre est arrivé vers 2007 et depuis cette époque, il y a toujours eu un conflit dans cette église », mais « on n’a jamais pensé que ça puisse arriver à ce niveau », a expliqué à Franceinfo le père Antoine Callot de l’Église orthodoxe francophone. Le prêtre en question était accusé d’autoritarisme et de malversations financières par cet ancien moine, qui lui-même avait subi une plainte puis avait été condamné pour dénonciation calomnieuse en novembre 2018.

Candidat aux législatives Debout la France

On sait également de ce suspect qu’il a été candidat aux élections législatives de 2017 dans la neuvième circonscription du Rhône, sous l’étiquette Debout le France, le parti de droite souverainiste dirigé par Nicolas Dupont-Aignan.

Pour rappel, ce samedi 31 octobre vers 16 heures dans le 7e arrondissement de Lyon, un prêtre orthodoxe qui était en train de fermer son église de la rue Père-Chevrier était attaqué par un homme seul. Ce dernier a ouvert le feu sur lui en tirant à deux reprises avec un fusil à canon scié avant de prendre la fuite et mettant ainsi son pronostic vital en jeu. Les riverains de l’église et une patrouille de la police municipale avaient été alertés par les deux détonations.

Après cette attaque, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a ouvert une cellule de crise place Beauvau. Le parquet national antiterroriste n’a en revanche pas été saisi. 

 


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Hommage à S. Paty : Le Snes et le Snuipp Fsu appellent à une réponse digne… in Caf. Péda.

« L’école a été attaquée. La communauté éducative est meurtrie. Nous ne pouvons pas rentrer, reprendre le chemin de nos établissements scolaires comme si de rien n’était », écrit le Snes FSU dans un communiqué. Le syndicat interpelle le ministre et appelle à la grève pour que les enseignants puissent rendre un hommage digne à leur collègue.

 » Samuel Paty a payé de sa vie son engagement professionnel pour des principes qui nous réunissent toutes et tous. Nous lui devons un hommage plein et entier », écrit le syndicat. Le Snes s’insurge contre la réorganisation de la matinée du 2 novembre annoncée le 30 octobre par JM Blanquer.

Le ministère avait initialement prévu de réserver la matinée du 2 novembre pour l’hommage à S Paty, avec dans un premier temps un moment de regroupement des enseignants, l’accueil des élèves ne commençant qu’à 10 heures. Devait suivre un moment d’échange avec chaque classe avant la minute de silence collective à 11 heures.

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Danger: Après l’horreur des attentats, le spectre de la riposte identitaire

@ Philippe LOPEZ / AFP

@ Philippe LOPEZ / AFP

 À la suite de l’attaque terroriste de Nice, certains groupuscules d’extrême droite se font de plus en plus menaçants, à l’image de l’attaque perpétrée par un membre de Génération identitaire à Avignon, jeudi. Dans ce climat délétère, certains responsables politiques de droite poussent encore un peu plus loin leur surenchère sécuritaire et appellent à sortir de l’État de droit.

Jeudi, l’attentat de Nice, deux semaines après l’assassinat de Samuel Paty, a à nouveau plongé la France dans l’horreur. À la tristesse et l’effroi, s’ajoute la crainte d’une nouvelle attaque terroriste, mais aussi, désormais, de la division et de la riposte identitaire. Quelques heures après l’attentat qui a causé trois morts dans la basilique Notre-Dame de Nice, un homme a menacé d’une arme de poing des passants et un commerçant maghrébin, à Avignon, avant de se présenter devant la police, qui l’a abattu. L’assaillant était vêtu d’une veste sur laquelle figurait le logo « Defend Europe » du groupuscule d’extrême droite, Génération identitaire, dont il s’est revendiqué, selon des sources proches de l’enquête, relayées par Mediapart et l’AFP. L’organisation conteste toutefois, expliquant ne pas connaître l’individu, et lance un « pas d’amalgame » qui pourtant ne serait plus entendable, selon eux, lorsqu’il s’agit de dire que le terrorisme islamiste ne doit pas être confondu avec ceux qui pratiquent l’Islam. Continuer la lecture de Danger: Après l’horreur des attentats, le spectre de la riposte identitaire

Une rentrée dans l’inquiétude et la précipitation, par manque d’investissement dans les Services Publics (SNUIpp-FSU 82 et National)

Le communiqué de presse du SNUipp-FSU 82 (29 octobre)

Le voici en PDF ou ci-dessous dans l’article :

Communiqué de presse SNUipp FSU 82 - 29 ocotbre 2020

Le SNUipp-FSU 82, principal syndicat des professeurs des écoles et AESH, a écouté attentivement les annonces du Président Macron. Elles appellent plusieurs remarques de notre part :

  • La fermeture des écoles n’est effectivement pas souhaitable (pour ne pas reproduire les dégâts du printemps dernier), mais la rentrée des classes lundi ne peut se faire sans réelles garanties sanitaires pour protéger les personnels, les élèves et leur famille. L’annonce floue d’un « protocole sanitaire renforcé » ne nous rassure absolument pas à 3 jours de la rentrée ! Dès lundi, il faut fournir des masques chirurgicaux aux agents (et non des masques grand public peu protecteurs), permettre aux personnels vulnérables de rester chez eux et renforcer le nettoyage des écoles. Très rapidement, il faut aussi recruter des enseignant-e-s pour diminuer les effectifs par classe, investir dans les locaux scolaires pour assurer l’aération et la présence de points d’eau. Bref, tout ce qui n’a pas été fait ces derniers mois par notre ministre, plus efficace en effets d’annonce qu’en effets tout court !
  • La contradiction entre le confinement national strict et le maintien des écoles ouvertes est insupportable : le virus serait donc comme le nuage de Tchernobyl et s’arrêterait aux portes des écoles et des lieux de travail ! Nos libertés, nos vies sociale et familiale, nos activités culturelles et sportives sont fortement restreintes alors qu’en parallèle, rien n’a été fait pour préparer l’Hôpital public à la crise sanitaire. Nous ne pouvons plus accepter qu’on pointe du doigt des comportements individuels en balayant d’un revers de main les contaminations en milieux scolaire et professionnel.
  • Le gouvernement porte une lourde responsabilité dans cette situation, il n’a rien anticipé par manque d’investissements publics ! Contrairement au mois de mars où le virus a surpris tout le monde, la probabilité d’une « 2ème vague » était annoncée par les scientifiques. Pour être en capacité d’y répondre, il aurait fallu investir massivement dans l’Hôpital public et dans l’École publique notamment.

Au contraire, le ministre Blanquer a communiqué, en août et septembre, sur « une rentrée normale ». Il a tellement allégé le protocole sanitaire qu’il se limite actuellement au port du masque pour les seuls adultes (pour les élèves seulement à partir du collège). Par la suite, il s’est même avéré que les masques fournis par l’Éducation nationale étaient peu protecteurs et potentiellement toxiques. De même quand l’Observatoire de la sécurité a signalé le manque de points d’eau dans les écoles, le ministère a tout simplement décidé de supprimer cet organisme plutôt que répondre aux besoins sanitaires !

L’annonce du port du masque obligatoire pour les enfants à partir du CP « masque » les errances gouvernementales. Les activités pédagogiques vont être perturbées. En outre, nous demandons que ces masques soient fournis gratuitement par l’État.

=> Comme au printemps, les enseignant-e-s seront encore au rendez-vous pour assurer leur mission. Mais nous n’acceptons vraiment plus d’être méprisés, mal protégés et ballottés d’une annonce à l’autre !

Il est inconcevable que les enseignant-es, les AESH et tous les personnels qui travaillent dans les écoles aient à mener à bien cette mission de service public d’éducation sans avoir l’assurance d’être protégés. Les enseignant-e-s n’ont pas de masques appropriés, il ne peut y avoir distanciation dans les classes et l’insuffisance de points d’eau ne permet pas d’assurer un lavage des mains aussi régulier que nécessaire.

Aussi, pour le SNUipp-FSU 82, ouvrir l’école doit s’accompagner d’un protocole sérieux et de moyens supplémentaires qu’ils soient sanitaires (masques chirurgicaux type 2…), humains (recrutements supplémentaires d’enseignant-es pour accueillir les classes en demi groupes, comme cela s’est fait dans d’autres pays…) , matériels et financiers (prise en charge des frais postaux pour les élèves ne pouvant revenir à l’école pour raison médicale…), ou encore politiques (priorité et régularité des tests COVID, liberté d’organisation du temps scolaire aux équipes…). Auxquels doivent s’ajouter le port du masque dès 6 ans, le nettoyage renforcé des locaux scolaires, la fourniture de gel hydro-alcoolique dans chaque classe, l’installation de sanitaires supplémentaires, la fermeture de classe en raison de cas COVID positif détecté, et l’interdiction du brassage des élèves sur le temps scolaire et périscolaire.

Organiser la reprise du lundi 2 novembre ne doit pas être géré sans préparation. Pour cela, il est nécessaire de banaliser du temps pour que les professionnels (de l’éducation mais également des collectivités territoriales) se concertent pour prévoir les conditions les plus réfléchies possibles. L’organisation de cette journée doit être laissée à la main des équipes. Rien ne doit être fait en urgence et surtout pas par les seul-e-s directrices-eurs d’école, avant lundi, sur leur temps de congés.

Aucune étude sérieuse ne prouve à ce jour l’absence de contamination de l’enfant vers l’adulte, mais l’étude publiée dans « The Lancet » ce 22 octobre montre bien que “la fermeture des écoles est une des mesures qui vise le plus à réduire les transmissions du coronavirus« , il serait donc irresponsable de laisser les écoles ouvertes dans les mêmes conditions qu’à la mi-septembre.

Pour le SNUipp-FSU 82, l’école doit certes continuer mais sans péril pour la santé des adultes qui y travaillent, des élèves et de leurs familles respectives. L’école n’est pas une garderie, les enseignant-es ne sont pas des soignant-es. Pas de garanties sanitaires supplémentaires, pas d’école !

Dans ce contexte, le SNUipp-FSU 82 dépose dès aujourd’hui une alerte sociale auprès de l’Inspecteur d’Académie du Tarn-et-Garonne. Cette étape est un préalable au dépôt d’un préavis de grève. Nous sommes et resterons vigilant-e-s sur les conditions de travail des personnels de l’éducation, qui traversent, au même titre que l’ensemble des citoyen-ne-s, une période délicate et anxiogène.

 


Le communiqué de presse du SNUipp-FSU national (29 octobre)

Alors qu’il est nécessaire de maintenir les écoles ouvertes tant que les conditions sanitaires le permettent, cela ne doit pas se faire au détriment de la santé des élèves, des personnels et de la société dans son ensemble. Des aménagements doivent être réalisés de manière urgente, comme le dédoublement des groupes classes, réclame le SNUipp-FSU.

« Il est donc grand temps que le ministère active la première hypothèse du plan de continuité pédagogique avec l’accueil de demi-groupes d’élèves permettant ainsi distanciation physique et non brassage », indique le SNUipp-FSU dans son communiqué. « L’autre partie des élèves pouvant être accueillis par des structures périscolaires avec une rotation des groupes qui permet une scolarisation à mi-temps de tous les élèves ». Aussi, dans ce nouveau contexte particulier à plus d’un titre, le syndicat réclame que « la rentrée des élèves soit repoussée au mardi 3 novembre dans les conditions prévues pour rendre hommage à Samuel Paty ». Le communiqué Il faut cesser avec cette impréparation permanente de l’école

Le maintien, tant que la situation épidémique le permet, de l’ouverture des écoles est nécessaire pour ne pas encore davantage accroître les inégalités scolaires, notamment pour les enfants des familles populaires, comme pour maintenir le rôle social de l’école. Le maintien de ce nécessaire lien scolaire nécessite plusieurs conditions. Il ne faut mettre en danger ni les élèves, ni les personnels et ni la société au final.

Il est donc grand temps que le ministère active la première hypothèse du plan de continuité pédagogique avec l’accueil de demi-groupes d’élèves permettant ainsi distanciation physique et non brassage. L’autre partie des élèves pouvant être accueillis par des structures périscolaires avec une rotation des groupes qui permet une scolarisation à mi-temps de tous les élèves. Le ministère doit également fournir tous les équipements nécessaires à une bonne protection des personnels et des élèves (masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique, nettoyage, sanitaires en nombre suffisants, moyens d’aération renforcés…), sans oublier le retour à une mise à l’abri des personnels vulnérables. Le port du masque par les élèves en élémentaire ne pourrait remplacer la distanciation et le non-brassage, il ne pourrait que simplement s’y ajouter. Pour préparer cette rentrée des vacances d’automne dans ce nouveau contexte, la rentrée des élèves doit être repoussée au mardi 3 novembre dans les conditions prévues pour rendre hommage à Samuel Paty.

Dans le cas où la circulation du virus nécessiterait une fermeture des écoles le ministère doit anticiper et fournir aux élèves et aux personnels les moyens matériels d’un maintien du lien scolaire à distance.

Le gouvernement n’a rien anticipé et n’a pas investi dans l’école en recrutant des personnels permettant une baisse des effectifs ou en aménageant les locaux (sanitaires et moyens d’aération notamment). Le ministère n’a pas non plus donné du temps aux équipes pédagogiques pour anticiper et se préparer à toutes les hypothèses du plan de continuité pédagogique. Il a préféré alléger le protocole sanitaire et évoquer une “rentrée normale”… Il faut cesser avec cette impréparation permanente que l’école, les élèves et les personnels subissent depuis mi-mars.

Paris, le 29 octobre 2020

Romain Lopez: l’art de l’agitation médiatique !

A n’en pas douter, les 100 jours de la nouvelle équipe municipale de Moissac sont productifs si l’on en croit le nombre de photos de… Romain Lopez!

En feuilletant le tout nouveau magazine mis à disposition de la population, nul ne peut douter désormais qu’il y a au moins une personne qui travaille, qui est sur tous les fronts (heu pardon sur tous les rassemblements!), qui ramasse les poubelles, admoneste les voisins bruyants, appelle les anciens pour leur colis de Noël, montre les muscles aux cotés des gendarmes, balaye les rues, commémore à tout va, discute avec tout le monde (sauf avec les bulgares…), réglemente les commerces (ou essaie), encourage les sportifs, décourage les délinquants… Bref une vraie tête de gondole pour, vous allez voir, faire de Moissac un exemple exportable!

A ce stade du propos, il serait intéressant de savoir ce que deviennent les autres élus-es du RN.

Avec 43/46 photos sur une soixantaine dans le journal municipal, il est convenu qu’ils n’existent pas ou si peu. C’est en tout cas une entrée fracassante de M. Lopez dans le concours du Canard Enchainé « Ma binette partout » qui le relève cette semaine. Ils sont vraiment espiègles ces moissagais qui ont transmis l’information au journal national qui en a fait une brève réjouissante à plus d’un titre. Continuer la lecture de Romain Lopez: l’art de l’agitation médiatique !

Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme in Reporterre

Par Hervé Kempf (Reporterre)

Derrière l’accusation d’« islamo-gauchisme », les classes dirigeantes veulent cacher leur propre responsabilité dans le terrorisme islamique, lourde du fait de leurs liens avec les pétro-monarchies et leur radicalisation néo-libérale. Ce qui émerge, en fait, c’est un « capitalo-fascisme », qui abandonne les idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité pour maintenir un ordre inégal, destructeur de la biosphère, et écrasant les libertés publiques.

Les chiens sont lâchés. Meute hurlante, babines retroussées, bave en gueule, crocs brandis, ils ont couru, sitôt l’abominable meurtre de Samuel Paty perpétré, sus au prétendu responsable de l’attentat, l’« islamo-gauchisme ». Pendant que les trolls droitistes se déchaînaient sur les réseaux sociaux, le ministre Blanquer accusait nommément le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, tout comme un ex-Premier ministre PS, Manuel Valls, tandis que d’anonymes imbéciles taguaient « collabo » sur le siège du Parti communiste et que d’autres mettaient en cause des élus d’EELV.

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Pas de pitié pour les profs in REGARDS.fr

TRIBUNE. Pas de pitié pour les profs

Discuter de sujets sensibles, tous les profs en ont fait l’expérience. Les causes de débat et de digression ne manquent pas dans une salle de classe. Parler de sexualité, de politique, de religion, de Charlie Hebdo, d’un artiste condamné, de Darwin… c’est prendre le risque de déborder, de perdre le fil, de s’énerver. On en sort parfois épuisé, amusé, en colère, choqué… Mais au fond d’eux, tous les profs aiment un peu ces moments houleux. Ces moments où le prof est prof. Jamais nous n’aurions pensé faire le lien entre ces digressions et la mort. Continuer la lecture de Pas de pitié pour les profs in REGARDS.fr

Covid-19. Le virus frappe partout et touche plus durement les précaires

Tous les indicateurs sont dans le rouge pour la ville de Clermont-Ferrand, qui se verra imposer un couvre-feu dès vendredi à minuit. Thierry Zoccolan/AFP

Tous les indicateurs sont dans le rouge pour la ville de Clermont-Ferrand, qui se verra imposer un couvre-feu dès vendredi à minuit. Thierry Zoccolan/AFP

En hausse, l’épidémie s’étend maintenant à des territoires ruraux pourtant relativement épargnés par la première vague, et attaque les zones où les inégalités sont les plus fortes.

Décidément, le Covid-19 continue de gagner du terrain. En France, les dernières données relatives à son évolution font état d’une situation inquiétante. Selon Santé publique France, 26 676 nouveaux cas ont été dépistés entre mardi et mercredi, et la barre de 34 000 décès depuis le début de l’épidémie a été franchie avec 166 morts de plus. À cela s’ajoutent 284 nouvelles entrées en réanimation, ce qui amène le total des personnes hospitalisées au sein de ses services à 2 239, pour une capacité nationale de 5 800 lits. Deux régions, l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, concentrent à elles seules respectivement 30 % et 16 % de ces cas.

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