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Tout est parti comme toujours chez moi d’une question que me posait la réalité et ce dans la pratique politique, à savoir la discussion que j’ai eu avec une jeune cadre du PCF. Elle s’interrogeait et m’interrogeait sur la nature du mouvement. Elle avait des tas de questions passionnantes, des impressions : cette jeunesse était-elle révolutionnaire ? Non! mais la voie qu’elle emprunte l’est fut ma réponse . Elle n’est pas révolutionnaire parce qu’elle est ni organisée, ni formée. Ce qui une fois de plus pose en priorité la question du parti en particulier sur les lieux de la production. Cette jeunesse m’apparaissait à travers Marx et la lutte des classes en France, toujours au coeur des contradictions actuelles. De là nous sommes passés au fait que ces jeunes chantaient la Marseillaise, comme un chant de rébellion. Quel rôle joue la nation? Pourquoi Marx et Lénine insistent-ils sur le caractère révolutionnaire de la classe ouvrière française alors même qu’elle a, selon eux, les dirigeants les plus grotesques. Des « socialistes bourgeois » qui prennent la pose devant leur miroir et pratiquent l’emphase pour s’effondrer à la première sommation? (la formule d’Engels dans sa correspondance avec Marx est féroce sur un mode hilarant : il désigne Louis Blanc, « le socialiste » avec sa vanité qui le rend fou: mais plus généralement il décrit l’exil et ces figures : « c’est une école de ragots et de bassesses dans laquelle le dernier des ânes se mue en sauveur de la patrie ». A Paris c’est pire, ils se pressent pour être le premier à se vendre. Par quel miracle avec de tels dirigeants la France est le pays de la lutte des classes? celui dont les échecs apprennent plus que bien des réussites dit Lénine: la réponse est parce que cette classe ouvrière exprime le plus clairement les contradictions de l’époque. La jeunesse n’est pas une classe sociale mais elle est à sa manière un groupe d’âge qui interroge l’avenir. Et de là cette jeune femme cadre du PCF s’interrogeant sur son action a souligné le fait qu’en Espagne, et à Berlin, le mouvement paraissait partir centré sur la question du logement, en Espagne la mobilisation partait d’une émotion, une vieille femme chassée de son logis et en mourant, pour dénoncer la question du logement alors qu’en France c’était la totalité de la vie qui était en cause. Est-ce que cela ne veut pas dire que cette jeunesse française est au coeur des contradictions de l’époque, celle de ce basculement historique ?
Pourquoi ce retour à la question du logement ?
Donc dans mes cours sur l’urbanisation et le travail de la classe ouvrière, je faisais étudier entre autres la question du logement d’Engels, mais aussi la rente foncière dans le Capital de Marx. Il m’a paru intéressant à propos des remarques de ce jeune cadre de présenter la synthèse qu’ont réalisé des chercheurs en partant de la question du logement d’Engels et en notant ce qui depuis avait infirmé ou non la thèse D’Engels. La seule critique que je ferais à ce texte est dans son introduction: ce n’est pas une bonne méthode de mêler les textes de 1872 avec la « conditions de la classe ouvrière en Angleterre » de 1845, (ni même à la même époque la correspondance avec Marx sur l’expérience de Manchester), ne serait-ce que parce que la Question du logement qui est une œuvre de maturité , démarre sur le constat qu’il n’y a pas de crise du logement dans les villes ouvrières comme Manchester alors que cette crise du logement est bien lié à l’industrialisation dans ce qu’elle oblige à repenser toute l’organisation de villes comme Paris et Berlin. Continuer la lecture de « Retour sur La question du logement » de Engels et à propos du mouvement des jeunes… (Réflexions marxistes)






Florent Le Du
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