Ce que la violence scolaire dit de notre société

« Protéger l’école,  c’est reconnaître que la violence que nous voyons dans les établissements est le symptôme d’une violence plus large dans notre société – une violence qui, si elle n’est pas traitée à sa racine, continuera à sévir » écrit Yannick Trigance, conseiller régional (PS).

L’agression atroce dont a été victime une enseignante au collège La Guicharde à Sanary-sur-Mer le mardi 3 février – poignardée par un élève de 14 ans, son pronostic vital engagé – nous glace d’effroi. Mais ce drame ne doit pas rester un événement isolé dans nos mémoires et dans nos discours : il est l’expression d’un malaise profond, structurel, et largement documenté. Continuer la lecture de Ce que la violence scolaire dit de notre société

Quelles finances pour les collectivités locales ?

Les baisses de dotation, la réduction des dépenses publiques et la non-compensation des reculs de la fiscalité mettent particulièrement sous tension les communes et les départements. Des alternatives à l’austérité existent.

« La dette locale représente environ 262 milliards d’euros, soit près de 9 % du PIB et environ 8 % de la dette publique totale », rappelle Johan Theuret.
© JPL/REA

Pour assumer leurs missions, les territoires doivent retrouver visibilité, autonomie et confiance. C’est une question de démocratie.

Johan Theuret, Cofondateur du think tank le Sens du service public, directeur général adjoint chargé des ressources de la ville et métropole de Rennes

 

Les collectivités territoriales sont le premier échelon de réponse aux besoins quotidiens des citoyens. Écoles, crèches, voirie, mobilités, action sociale, culture ou transition écologique : les services publics locaux et les politiques publiques portées par les communes, intercommunalités, départements et régions structurent concrètement la vie des territoires. Pour assumer ces missions, il faut aux collectivités des ressources financières suffisantes, mais aussi une visibilité pluriannuelle sur leur évolution. Cela suppose de savoir, au-delà de l’année budgétaire, sur quelles recettes compter demain.

Or, le financement durable des politiques publiques locales repose historiquement sur une autonomie financière et, plus encore, sur une autonomie fiscale, c’est-à-dire la capacité à lever l’impôt et à en maîtriser l’évolution des taux. Cette autonomie n’est pas un privilège, elle est le fondement de la libre administration des collectivités et du lien démocratique entre le contribuable et le décideur local. Depuis plus d’une décennie pourtant, cette autonomie fiscale s’est progressivement érodée.

La suppression de la taxe professionnelle en 2010 a constitué une première rupture. Le mouvement s’est nettement accéléré, depuis 2017, avec la disparition de la taxe d’habitation sur les résidences principales et la suppression programmée de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. En contrepartie, les collectivités se voient attribuer des fractions d’impôts nationaux, notamment de TVA. Si ces mécanismes assurent une compensation financière, ils réduisent fortement la capacité de décision locale et renforcent la dépendance vis-à-vis de l’État, tout en affaiblissant la lisibilité des ressources dans le temps.

Dans ce contexte, la participation des collectivités à l’effort de redressement des finances publiques doit être juste et proportionnée à leur poids dans les finances publiques. Les finances locales ne sont pas à l’origine du déséquilibre financier. La dette locale représente environ 262 milliards d’euros, soit près de 9 % du PIB et environ 8 % de la dette publique totale.

À la différence de l’État, cette dette finance exclusivement l’investissement et s’inscrit dans un cadre budgétaire strictement équilibré. Demander aux collectivités un effort excessif, sans tenir compte de ce poids réel, reviendrait à fragiliser l’investissement public local et, in fine, les services rendus aux usagers.

À l’heure où s’ouvre une nouvelle séquence municipale, un nouveau dialogue doit s’instaurer entre l’État et les collectivités. Un dialogue fondé sur la confiance, la connaissance réciproque des contraintes et la prévisibilité. La mise en place d’une loi de programmation des finances locales, à l’image de celle existant pour la Sécurité sociale, offrirait une trajectoire claire, des engagements partagés et une visibilité indispensable à l’action publique locale. Donner de la stabilité aux finances locales, c’est renforcer la démocratie de proximité.

Face au piège tendu aux élus de ne plus pouvoir répondre aux exigences sociales, il faut créer des fonds alloués au plus près des besoins.

Jean-Marc Durand, Membre de la commission économique du PCF

 

 

Les programmes municipaux proposent projets et engagements. Mais dans quelle mesure pourront-ils être menés à terme ? La réponse réside dans leur financement. Jamais cette question ne s’est posée aussi crûment. Les baisses de dotation, la réduction des dépenses et les pertes de fiscalité propre non compensées, imposées aux collectivités locales depuis quinze ans, les mettent en grande difficulté, et elles doivent notamment réduire leur coût de fonctionnement.

Conséquence, les services publics sont rationnés, la démocratie locale est ébranlée, les élus étant dépossédés de leur liberté d’initiative par la limitation de leur capacité à lever l’impôt. L’objectif assigné aux collectivités locales est aujourd’hui de réduire leurs dépenses et plus d’apporter des réponses sociales et environnementales à leurs populations, cela en faveur du capital.

Une sorte de piège est tendu aux élus. Soit ils acceptent de serrer la ceinture de leurs administrés, soit ils y seront contraints. Dès lors, traiter des financements des politiques municipales devient un passage obligé. La fiscalité directe locale doit reprendre sa place. D’abord par une nouvelle fiscalité des entreprises, un impôt local sur leur capital immobilier, mobilier et financier.

Mais la question d’une nouvelle fiscalité locale des personnes se pose également, s’accompagnant d’une baisse de la TVA utilisée pour compenser les pertes de recettes fiscales locales. Par ailleurs, le fonds de compensation TVA doit être appliqué à toutes les opérations des collectivités soumises à TVA et les transferts de compétences accompagnés des moyens de les assumer. S’agissant des dotations indexées sur le coût de la vie, elles doivent être affectées en fonction des besoins réels des collectivités, à partir d’une planification démocratique.

Le recours au crédit bancaire, une nécessité pour financer le développement des collectivités locales, doit être le moins cher possible. La naissance au sein du pôle public bancaire (la Poste, la BPI, la CDC) d’une structure de financement spécifique par création monétaire, à taux réduit, voire à 0 %, le permettrait.

Enfin, l’emploi est un levier. Si la politique de l’emploi ne relève pas des élus locaux, les collectivités locales subissent les dégâts du chômage et ont besoin de création de richesses sur leur territoire pour se développer. Une réponse novatrice passe par les comités économiques, sociaux et environnementaux locaux (Cesel), qui rassemblent les différents acteurs et les administrations.

À partir des besoins des territoires, les Cesel seraient un lieu d’élaboration collective des projets, ou contre-projets économiques. Ils s’intéresseraient à la situation des entreprises, notamment à l’utilisation des aides publiques. En favorisant la constitution de fonds locaux pour l’emploi et la formation, ils permettraient aux entreprises de s’adresser aux banques pour obtenir le financement de leurs projets à taux bonifié. Les Cesel seraient les garants de l’objet social et environnemental des investissements programmés.

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Marco Rubio, la honte du peuple américain

Il y a un réveil des Américains d’origine hispanique dont a témoigné la prestation de Bad Bunny au Super Bowl, pour en percevoir l’impact, il faut savoir que c’est la plus grande manifestation sportive des USA, les places sont hors de prix et le stade immense est plein. La prestation qui a indigné Trump témoigne de la colère de ceux qui refusent surtout d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Mais cette manifestation interne a résonné dans toute l’Amérique latine et même au Canada où il y a une forte immigration. C’est une tradition d’opposer les latins à l’avidité froide des yankees mais cette tradition est encore plus forte chez les peuples comme Cuba, Porto Rico et le Mexique qui se considèrent comme les « sentinelles » de « Nuestra América » selon l’expression de José Marti, et le mépris est grand pour ceux que l’on traite de « gusanos », la vermine prête à vendre Cuba, la mafia de Miami dont l’illustration est Rubio. En ce moment le Mexique bouillonne et se multiplient les réunions locales qui affirment leur soutien à Cuba et au Venezuela et se découvrent comme nous face au fascisme avec le peuple cubain aux avant-postes pour un Gaza dans les Caraïbes (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a été le fer de lance des attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo
Parmi les milliers de résidents cubains, une personne, parvenue aux plus hautes fonctions politiques au sein du Parti républicain, a mené les attaques les plus virulentes contre le pays de ses compatriotes migrants. Photo AFP

 

Antonio Gershenson

8 février 2026

L’émigration cubaine vers les États-Unis se poursuit depuis des siècles. Après le triomphe de la révolution, elle s’est intensifiée. Actuellement, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis, la population migrante cubaine compte environ 1 343 960 personnes qui ont quitté leur pays, principalement pour des raisons politiques et économiques. C’est à cette époque qu’une vive opposition s’est levée contre Fidel Castro et tout ce qui touchait à la transition vers le socialisme. Continuer la lecture de Marco Rubio, la honte du peuple américain

Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video

Les élections municipales (15 et 22 mars 2026) sont l’occasion pour les 35 000 maires et mairesses de France de mettre en avant les enjeux de genre à l’échelle de leur commune. Dans un contexte de restrictions budgétaires pour les acteur·ices de la lutte contre les violences faites aux femmes, des villes expérimentent ce à quoi pourrait ressembler une politique féministe. 
Crédit de l’image : Calypso Breon

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°21 Obtenir justice, parue en février 2026. Consultez le sommaire

Des vulves et des clitoris en peluche, des flyers colorés disposés sur des tables, un drapeau arc-en-ciel au mur, des éclats de rire : ce 28 juin 2025, l’ambiance est à la fête au Planning familial de Loire-Atlantique, à Nantes. Salariées et bénévoles de l’association inaugurent leur nouveau local. Une éclaircie dans l’actualité sombre de la structure, dont les subventions promises par la région Pays de la Loire pour 2025, 2026, 2027 et 2028 ont été annulées. Grâce au soutien financier de la ville, dirigée depuis 2020 par la socialiste Johanna Rolland, le Planning a pu acheter les murs dans lesquels il s’installe. Un moyen « de ne pas craindre la perte de [son] local si la mairie change de couleur politique », explique l’ex-directrice de l’association Bérengère Tessé. Continuer la lecture de Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video

À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Les élèves d’une école primaire de Commentry (03) qui avaient prévu de chanter les Mains d’or lors d’un concert de l’Harmonie municipale sur le thème « La Forge en musique », le 28 mars, en soutien aux salariés de l’aciérie, promise à la fermeture. Ils s’en voient empêchés par décision de l’inspection d’académie qui assimile ce projet à « du prosélytisme ».

Si les salariés qui luttent pour imposer un projet de continuation de l’activité à Commentry, ont pris la décision de ne pas entamer de mouvement de grève afin « de donner une bonne image à un éventuel repreneur », ils ont organisé de multiples évènements avec l’appui de la mairie. 

« Travailler encore ». Ce refrain de la chanson Les mains d’or de Bernard Lavilliers, entonné à l’unisson par un chœur d’enfants de Commentry promettait un moment chargé d’émotion à l’heure où est annoncée la fermeture de l’aciérie autour de laquelle s’est construite la petite ville. C’était sans compter l’opposition des instances de tutelle de l’Éducation Nationale qui voient dans cette chanson, une « atteinte au principe de neutralité », si elle est chantée en dehors du cadre scolaire. « C’est vraiment dommage que cette initiative ne puisse pas voir le jour pour des raisons qui dépassent les élèves », déplore Sylvain Bourdier le maire (DVG) de Commentry, qui s’apprête à affronter une liste d’extrême droite aux prochaines élections municipales. Continuer la lecture de À Commentry des élèves empêchés de chanter Lavilliers (video) en soutien aux salariés de l’aciérie promise à la fermeture… au nom de la laïcité

Fabien Roussel et Assan Lakehoul : « Faire le pari de la jeunesse ! »

Après la proposition du Medef de créer un Smic jeunes et un CDI qui pourrait « être rompu sans motif pendant les trois premières années », mais aussi les déclarations du chef d’état-major Mandon à « se préparer à perdre ses enfants », une génération entière est visée par ces attaques.

Deux messages n’ont pas échappé à la jeunesse de France.

Le premier émane du chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, qui a déclaré que la France devait se préparer à « accepter de perdre ses enfants ». Le second vient du syndicat patronal, le Medef, qui réclame pour les jeunes un CDI révocable, payable en dessous du Smic. Voilà donc le double projet proposé à la jeunesse de France par ceux qui la dirigent !

Entre précarité sociale et perspectives guerrières, la jeunesse voit son présent et son avenir hypothéqués sans que jamais la parole ne lui soit donnée.

La jeunesse doit être la priorité des décennies à venir. Et le monde a besoin d’une jeunesse formée, épanouie, joyeuse, prête à remettre la planète sur ses pieds. Face au sentiment de déclassement, au réchauffement climatique et aux menaces de guerre, il y a besoin de générations de jeunes hommes et de jeunes femmes conscientes, qui fassent le choix du climat, du vivant, de la coopération, de l’amitié entre les peuples plutôt que celui du court terme, de la confrontation et de la désespérance.

Oui, mille fois oui, la jeunesse est une solution et non un problème à résoudre. Les jeunes d’aujourd’hui sont la première génération à penser que leur vie sera pire que celle de leurs parents. C’est une honte et un échec collectif. Il faut leur redonner confiance. Il faut remettre l’avenir qu’elles et ils représentent au cœur de notre présent commun.

Construire un avenir à la jeunesse, c’est construire un avenir à la nation tout entière. Nous devrions y consacrer une part significative de notre richesse, comme nous l’avons fait en 1945 pour nos anciens avec la Sécurité sociale ! Redresser l’école, développer les universités, révolutionner la formation professionnelle, planifier la création d’emplois utiles, émancipateurs et rémunérateurs, voilà les chantiers à entamer d’urgence pour que la jeunesse puisse voir un coin de ciel bleu dans cet horizon qu’on lui promet si orageux.

Faire de la jeunesse de France, dans sa diversité, la jeunesse la mieux formée, la plus épanouie, la plus heureuse d’Europe, c’est un vrai projet de société.

Et celui-ci tourne le dos, bien entendu, à la précarité, au chômage et à la pauvreté qui frappent près d’un quart de nos enfants aujourd’hui, à la ville comme à la campagne.

Ne manque-t-il pas dans nos services publics des centaines de milliers de soignants, de juges, de magistrats, d’enseignants, d’accompagnants pour les personnes âgées, de travailleurs sociaux pour les enfants en situation de handicap ou les grands précaires ? Ne manque-t-il pas de médecins, de policiers, de gendarmes, de pompiers, tous ces métiers si utiles qui, autrefois, faisaient briller les yeux des enfants. N’y a-t-il pas des milliers de postes à créer dans nos universités, pour préparer la transition écologique, pour développer une IA utile à l’humanité, pour développer en tous domaines la recherche et l’innovation ? Ces métiers si indispensables pour nous permettre de faire société doivent être beaucoup mieux reconnus, mieux valorisés, mieux rémunérés pour redevenir attractifs.

Ceux qui nous dirigent vont-ils une bonne fois pour toutes entendre ces jeunes qui veulent vivre, participer, s’émanciper, créer et non plus se faire exploiter, se faire dominer, se faire mépriser ?

Nos enfants sont en quête d’espérance, de respect, d’écoute. Ils veulent vivre libres et heureux en France, à égalité quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leurs origines sociale ou culturelle. Certains rêvent d’une maison, d’une famille, d’un travail, d’un salaire dans la ville où ils ont grandi ; d’autres de voyages, de découvertes, de libertés en Europe et dans le monde ! Ils veulent vivre dans une planète respirable, en paix. Certains veulent des enfants. D’autres non. Ils sont divers, différents mais ils doivent être respectés, entendus, écoutés, qu’ils vivent dans les grandes villes ou à la campagne, qu’ils aient des diplômes ou pas. Qu’attendons-nous pour leur donner envie de vivre, de s’investir, d’aimer et de bâtir leur pays !

Faire le pari de la jeunesse, c’est faire le pari d’une belle République, unie, forte et audacieuse. C’est tout ce dont la France a besoin !

 

Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

 

 

 

Les discours populistes affluent sur les élections municipales avec des candidats d’extrême droite qui avance masqués pour conquérir les hôtels de ville. Ce populisme municipal parle de « bon sens », de « gestion », de « retour à l’ordre ». Il se prétend pragmatique, quand il est profondément idéologique. Il promet l’efficacité, quand il prépare la brutalité sociale. Il se drape dans la proximité, quand il organise l’exclusion. Continuer la lecture de Le populisme municipal de l’extrême droite (Philippe Rio)

Quand l’extrême droite vise l’école, ces syndicats organisent la résistance

« Appel à la mobilisation des acteur.trices de l’éducation. Face aux appétits de l’extrême droite, résister et renforcer l’école publique! »

 

 

Une conférence de presse commune de la FSU et de la CGT marque un tournant dans le rapprochement des deux organisations face à la montée des offensives de l’extrême droite contre l’École et ses personnels. Pour les syndicats, il y a urgence : l’institution scolaire est aujourd’hui au cœur d’une bataille idéologique assumée par l’extrême droite. Continuer la lecture de Quand l’extrême droite vise l’école, ces syndicats organisent la résistance

Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

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En pleine euphorie d’agression du Venezuela, Trump et Marco Rubio ont sonné l’hallali. Après 67 ans de résistance devant l’empire, c’en serait fini de la révolution cubaine. Cuba devrait tomber cette année, l’Administration étasunienne le dit chaque jour et sur tous les tons. Les haineux de toujours, à Miami et ailleurs, quantité de voix et de plumes qui parlent et écrivent au garde-à-vous renchérissent. Continuer la lecture de Cuba : en défense de l’honneur du genre humain. Par Maité Pinero

Agression au collège de Sanary-sur-Mer : protéger l’école, ses personnels et les enfants !

Le Parti communiste français exprime sa profonde solidarité avec la professeure grièvement blessée au collège de Sanary-sur-Mer, avec ses proches, ses collègues, les élèves et leurs familles, durement éprouvés par un acte d’une violence insoutenable.

Nous saluons le courage des équipes éducatives et des personnels de santé mobilisés pour accompagner les élèves et tenter de réparer, autant que possible, le traumatisme collectif causé par cette agression.

lire aussi: Attaque dans un collège de Sanary : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne

Ce drame rappelle avec force une réalité que nous dénonçons depuis des années : l’école et la protection de l’enfance sont laissées exsangues par des politiques d’austérité qui fragilisent à la fois les personnels et les jeunes les plus en difficulté.

Rien ne justifie un acte aussi grave. Mais tout oblige à regarder lucidement les défaillances du système. Des signaux d’alerte existaient. Une situation familiale préoccupante avait été signalée. Un suivi éducatif était en cours. Pourtant, les délais d’intervention, notamment de la Protection judiciaire de la jeunesse, étaient inacceptables. Quatre mois pour un rendez-vous avec la PJJ, c’est quatre mois de trop. Ce n’est pas un « dysfonctionnement », c’est le résultat de suppressions de postes, de sous-financement chronique et d’un désengagement de l’État.

La sécurité à l’école ne se construira ni par la stigmatisation de la jeunesse, ni comme certains le portent par une surenchère répressive, ni par la transformation des établissements en zones policières. Elle se construit par :

  • des équipes éducatives renforcées et formées ;
  • une présence massive de personnels médico-sociaux dans les établissements (psychologues, infirmiers, assistants sociaux) ;
  • une protection de l’enfance dotée de moyens suffisants pour intervenir rapidement et durablement comme nous le portons dans notre plan pour la protection de l’enfance ;
  • une PJJ capable d’assurer un suivi effectif, continu et humain des mineurs en difficulté ;
  • une école émancipatrice, qui lutte contre les inégalités sociales et la relégation.

Le PCF appelle le gouvernement à rompre immédiatement avec les logiques d’austérité qui détruisent les services publics. Investir dans l’éducation, la prévention et la protection de l’enfance, ce n’est pas un coût : c’est une nécessité pour la société tout entière.

Le Parti communiste français continuera de se tenir aux côtés des personnels de l’Éducation nationale, des travailleurs sociaux, des familles et des jeunes pour défendre une école publique protectrice, humaine et émancipatrice.

Paris, le 4 février 2026,

Parti communiste français.