Compagnie Arène théâtre : la « punition » du maire Rassemblement National de Moissac in DDM + communiqué

Après 10 ans de présence à Moissac, la compagnie Arène théâtre contrainte de quitter la cité uvale
Après 10 ans de présence à Moissac, la compagnie Arène théâtre contrainte de quitter la cité uvale Phoot DDM, archives

Le maire RN de Moissac, Romain Lopez, a pris sa décision, la ville ne subventionnera plus la compagnie Arène Théâtre. Plus de bureau au centre culturel, plus de résidence et de représentations au Hall de Paris… Les comédiens quittent donc la ville pour se replier dans le petit village de Coutures (Tarn-et-Garonne).

« C’est une punition, on le sait. » Pour l’Arène Théâtre le constat est amer. Installée depuis dix ans au centre culturel de Moissac, où elle a son siège social, la compagnie théâtrale vient de révéler qu’elle quittait la ville suite à la décision de la municipalité de rompre la convention qui les lie. « C’est une nouvelle page qui s’ouvre mais nous sommes tristes pour Moissac. Ce qui est violent c’est d’abandonner quelque chose que l’on mène depuis des années », confie le metteur en scène Eric Sanjou.

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Sécurité, identité, autorité… la Macronie fait la courte échelle à l’extrême droite…

Marine Le Pen et Emmanuel Macron tablent sur un nouveau duel de second tour. En 2017, l’ex-ministre de l’Économie avait plié l’affaire avec son « savoir » en la matière. L’état du pays lui donnera du fil à retordre en 2022.

Devant la dérive idéologique du gouvernement, le Rassemblement national se frotte les mains, certain que cette surenchère sécuritaire et identitaire profitera davantage à l’original qu’à la copie. Comment le parti de la fille Le Pen bénéficie-t-il de cet agenda politique imposé par Emmanuel Macron ?

Un jeu dangereux. À vouloir attirer les électeurs de droite, Emmanuel Macron pourrait bien faire monter le Rassemblement national (RN) au plus haut. Après l’ultralibéralisme et la casse sociale, la Macronie focalise désormais l’attention sur la sécurité, l’identité, et use d’un pouvoir autoritaire, facilité par l’état d’urgence sanitaire, pour faire reculer les libertés d’information, d’opinion et de manifestation. « Monsieur le président, si vous n’empêchez pas cette perdition, vous porterez la terrible responsabilité d’avoir fait la courte échelle aux idéologies mortifères contre lesquelles vous avez été élu », dénoncent les 33 personnalités et intellectuels signataires d’une tribune intitulée « Nous n’avons pas voté pour ça », publiée le 22 novembre. Cette stratégie du chef de l’État, qui vise à imposer un duel Macron-Le Pen à la prochaine présidentielle, pourrait se révéler contre-productive. Pour lui, mais surtout pour la démocratie. Explication en trois points.

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Milliardaires américains : pour eux, la pandémie c’est un jackpot à 1 000 milliards de dollars

Le patron d'Amazon Jeff Bezos fait partie de ceux qui ont le plus profité du phénomène et le plus fortement augmenté leurs fortunes personnelles. @Sajjad HUSSAIN / AFP

Le patron d’Amazon Jeff Bezos fait partie de ceux qui ont le plus profité du phénomène et le plus fortement augmenté leurs fortunes personnelles. @Sajjad HUSSAIN / AFP

Les 651 milliardaires recensés aux États-Unis dont leurs célèbres figures de proue, Jeff Bezos, Elon Musk ou autres Bill Gates, ont explosé leurs gains dans la période où le monde et leurs pays étaient meurtris comme jamais par la pandémie. La preuve.

Deux ONG états-uniennes, Americans for Tax Fairness (Américains pour la justice fiscale) et l’Institute for Policy Studies (Institut pour des études politiques) ont évalué très précisément l’évolution de la fortune globale des plus riches des citoyens de leur pays dans la période où ses populations comme celles du reste du monde souffraient comme jamais de la crise sanitaire apparue avec le déclenchement de la pandémie.

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Carnet Noir: Mort de Richard Corben, une vie d’auteur fantastique

@Dona Corben@Dona Corben

Vendredi 11 Décembre 2020
De Den, son héros, à Conan, en passant par Batman, Hulk et Hellboy, le prolifique auteur décédé le 2 décembre à l’âge de 80 ans aura marqué de son empreinte la BD moderne. Même le métal hurle de tristesse.

L’un des plus grands noms de la BD américaine (mais pas seulement) underground (pas seulement non plus), Richard Corben, est décédé le 2 décembre, à l’âge de 80 ans, a annoncé sa femme, quelques semaines après la sortie de son dernier ouvrage, Murky worlds. Il a marqué de son empreinte des générations de dessinateurs et de lecteurs, en France notamment, où son immense talent lui avait valu plusieurs récompenses, notamment un Grand Prix d’Angoulême en 2018 (après le prix du dessinateur étranger en 1976), et la reconnaissance du public.

Corben avait étudié le dessin au Kansas Art Institute, pour se consacrer dans un premier temps au cinéma d’animation. Mais c’est dans les ateliers de comics qu’il apprendra réellement son métier. Que de chemin parcouru depuis sa première série, Fantagor, autopubliée ! Dans les années 1970, il entre chez Warren publishing, et met son talent au service de Vampirella, Creepy et autres histoires fantastiques, d’horreur ou de science-fiction. Son talent traverse l’Atlantique : repéré par le magazine français Actuel, il y publie en 1972 les premières images de celui qui deviendra son héros récurrent, Den. Une série fantastique centrée sur un jeune homme intello, maigrichon et un peu naïf, qui en intégrant le monde parallèle de Neverwhere, devient un gros-plein-de-muscles qui vit d’incroyables aventures la plupart du temps nu comme un ver. L’imagerie tient à la fois aux univers de Robert Howard (le mythe hyboréen), d’Edgar Rice Burrough (pour les décors inspirés de la planète Barsoom), avec un léger saupoudrage de H.P. Lovecraft. Sans dénigrer le potentiel érotique, qui a suscité pas mal d’émois chez nombre d’adolescents des années quatre-vingt (Den s’est baladé jusque dans les années 2000). « La nudité et la sexualité outrancière des Den répondaient à l’esprit de rébellion et à la nature hédoniste qui m’animaient à l’époque, avait expliqué Corben au magazine Kaboom. Je voulais créer un personnage qui soit le plus épique possible, avec une sexualité plus frontale que tout ce qui avait été fait auparavant en bande dessinée. Ce qui impliquait de bousculer les limites de l’esprit libertaire de la BD underground. »

Après Actuel, Den sera accueilli, dès 1975, par Métal Hurlant. Corben y fera la connaissance de Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet… Il sera d’ailleurs l’un des piliers de béa y Métal, la déclinaison anglophone du magazine, toujours publiée à ce jour. Druillet dira de lui qu’il était « un zombie de l’image, un dingue aux images puissantes, folles et d’une justesse non contestable ». Cinquante ans durant, il a mis son talent au service de toutes les maisons d’édition de comics, des plus connues du grand public (Marvel pour The Punisher ou Hulk, DC pour Batman) aux adulées des seuls connaisseurs (Dark Horse, Vertigo) ; des américaines aux françaises (Les humanoïdes associés, Les éditions du Triton, Futuropolis…).

Richard Corben n’a jamais posé sa plume, marquant de son trait à mi-chemin entre « caricature grotesque et réalisme exacerbé », selon Comics blog. Dans les années 2000, il a beaucoup adapté Conan, donnant une nouvelle dimension et de fantastiques développements à l’univers de Howard, mais aussi de nombreux écrits de Lovecraft, d’Edgar Allan Poe… De la bande-dessinée « sans compromis artistique ou philosophique », pour un auteur « resté éternellement fidèle à ses obsessions de jeunesse », écrit Comics Blog. Au total, il laisse plus de 5 000 planches, et plus d’une centaine d’œuvres. De quoi tapisser les murs fictifs du Temple de la renommée Will Eisner, où il était entré en 2012…

XPO Logistics : la mobilisation courageuse des damnés de la logistique

Sur le site XPO Logistics de Mautauban (Tarn-et-Garonne) sur les 300 salariés de l'entreprise seul 160 sont titulaires, tous les autres sont en intérim. © Stéphane Audras/REA

Sur le site XPO Logistics de Mautauban (Tarn-et-Garonne) sur les 300 salariés de l’entreprise seul 160 sont titulaires, tous les autres sont en intérim. © Stéphane

Ils sont réceptionnistes ou préparatrices de commandes, agents d’entretien, « inventoristes » ou caristes : en grève depuis neuf jours, les salariés tarn-et-garonnais de l’un des leaders au plan mondial de la logistique, XPO Logistics, s’insurgent contre des salaires au plus bas et un management « par la terreur».

Deux brasiers de bois en feu continu pour résister au froid et à l’incessante pluie, une grande tente bleue pour quelques moments de répit et assurer la popote quotidienne, des palettes de bois et des pneus placés devant l’entrée… Là, depuis neuf jours, nuit et jour, les salariés en grève du site XPO Logistics, qui travaille au profit d’Action, géant du hard-discount, occupent sans relâche l’entrée de l’entreprise située sur l’immense zone logistique de Montbartier, une douzaine de kilomètres au sud de Montauban.

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« Séparatisme » et laïcité : les faux-semblants d’une loi. Par Patrick le Hyaric

La date ne doit rien au hasard. Il fallait coûte que coûte que le projet de loi initialement dit de « lutte contre le séparatisme », puis contre « les » séparatismes, puis de « renforcement de la laïcité » et enfin « confortant les principes républicains », soit présenté en Conseil des ministres le 9 décembre, date anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État. Le pouvoir entend ainsi placer son texte en miroir de celui qui institua, il y a cent quinze ans, la liberté de conscience et de culte, tout en affirmant, par une stricte séparation, le rôle séculier de l’État. Ceci est pure usurpation.

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Pétition: Pas de profit sur la pandémie !!!

Le PCF participe à l’initiative citoyenne européenne « Pas de profit sur la pandémie » qui rassemble une large coalition de syndicats de travailleurs, d’ONG, de groupes de militants, d’associations, de partis politiques et d’experts de la santé au niveau français comme européen.

vaccin bien public
L’objectif est d’imposer à la Commission européenne de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que les droits de propriété intellectuelle, tels que les brevets, ne limitent pas la disponibilité des traitements et des vaccins contre la Covid-19.

Pour signer c’est ici : https://noprofitonpandemic.eu/fr/ 

et partage autour de toi !

Il faut rassembler un million de signatures dans l’ensemble de l’Europe.

La seule façon de surmonter cette pandémie est de trouver une solution collective, c’est-à-dire de faire des vaccins et des traitements anti-pandémie un bien public mondial, librement accessible à tous.

Il faut aussi mettre en place, au niveau mondial un Fonds sous l’égide de l’OMS, émanation de l’Onu, permettant, pour l’accès de tous les peuples du monde à un vaccin, l’installation de capacités de production réparties sur l’ensemble de la planète et la formation des travailleurs nécessaires, ainsi que l’appui à une infrastructure logistique mondialement répartie. Cela va bien dans le sens de notre proposition de créer un pôle public du médicament.

Lire la déclaration du PCF 

Hercule: Contre le démantèlement d’EDF, la bataille politique est lancée

Le projet gouvernemental Hercuie vise à éclater EDF en plusieurs entités et pourrait, selon certaines sources, être intégré au projet de loi climat. © Philippe Roy/Aurimages

Le projet gouvernemental Hercuie vise à éclater EDF en plusieurs entités et pourrait, selon certaines sources, être intégré au projet de loi climat. © Philippe Roy/Aurimages

Des députés communistes, FI et socialistes, jusqu’à des parlementaires LR, un large front s’est fait jour, mardi, contre le dépeçage du groupe public envisagé par l’exécutif.

Faire de l’avenir d’EDF un enjeu de bataille politique. C’est l’ambition affichée par nombre de partis politiques de gauche comme de droite (PCF, LFI, PS, LR, Libertés et territoires), réunis pour une conférence de presse ce mardi à l’initiative du PCF. Tous dénoncent le projet gouvernemental Hercule, porté par Emmanuel Macron, qui vise à refondre EDF.

« C’est un sujet peu médiatisé, à l’apparence technocratique, mais qui va pourtant bousculer la nation, assure Sébastien Jumel, député PCF à l’origine de l’initiative. C’est un projet qui touche à la souveraineté énergétique et qui pourrait fragiliser nos capacités à produire une énergie accessible à tous, particuliers comme entreprises. Nous avons affaire à une opération de dépeçage de l’opérateur historique, construit par Marcel Paul (1), dans le sang et les larmes de la Résistance. » Continuer la lecture de Hercule: Contre le démantèlement d’EDF, la bataille politique est lancée

PSG-Basaksehir. Footballeurs, le tournant du match contre le racisme

Le droit de retrait exercé mardi soir par les stars de Paris et d’Istanbul en Ligue des champions démontre que les joueurs ne veulent plus subir de discriminations. Les instances sportives restent sur la défensive.

Le foot européen tient son moment de bascule dans la lutte contre le racisme. C’est du moins l’espoir qu’ont exprimé une foultitude de voix, sportives, non sportives, officielles comme anonymes, depuis mardi soir et la décision des joueurs du match de Ligue des champions entre le Paris SG et le Basaksehir Istanbul, de quitter le terrain pour mettre vraiment et, une fois n’est pas coutume, les discriminations hors jeu. À vrai dire, on ne pensait plus un tel geste collectif possible, tant le ballon rond s’est acoquiné à travers les époques avec ce fléau des tribunes et des terrains, se cantonnant au mieux à apporter un soutien mou aux quelques joueurs victimes de chants ou de propos orduriers ayant eu le courage de sortir du jeu en signe de protestation. Mais c’est dans ce Parc des Princes qui a connu certains des pires épisodes de cette haine trop ordinaire que le changement est survenu. Continuer la lecture de PSG-Basaksehir. Footballeurs, le tournant du match contre le racisme

Histoire. Laïcité et République : qu’a changé la loi de 1905 ?

Jean-Paul Scot, historien.

Jean-Paul Scot, historien.

L’adoption, le 9 décembre 1905, de la loi de séparation des Églises et de l’État pose de nouvelles bases. Le point avec deux spécialistes, soixante-quinze ans après.

LA DÉMOCRATIE SOCIALE

Par Jean-Paul Scot Historien

La loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, tout comme celle de 1901 sur les associations, parachève les grandes lois républicaines qui, de 1881 à 1886, instituent les libertés d’expression et de presse, la gratuité et la laïcité scolaires, et le droit d’organisation syndicale. Elle entend mettre fin au conflit historique et récurrent qui oppose, depuis la Révolution, les républicains, champions des droits de l’homme et du citoyen, et l’Église catholique romaine, qui les a condamnés comme « monstrueux » et « diaboliques ». Continuer la lecture de Histoire. Laïcité et République : qu’a changé la loi de 1905 ?