PETITION: Pour un autre football au féminin !

Je suis joueuse de football depuis plus de 10 ans et j’ai évolué dans plusieurs clubs entre 2009 et 2019 avant de contribuer, avec son président, à relancer un club (ou j’ai évoluée en 2010/11) qui cherche à faire évoluer la pratique féminine du foot : le Paris Féminin Football Club. Pourtant, pour beaucoup de personnes, ce sport ne se décline pas au féminin, et devenir joueuse est presque un acte militant. Aujourd’hui, je porte ce témoignage au nom de toute l’équipe de mon club.

PETITION

Dès l’enfance, les parents ou les professeurs incitent les petits garçons à jouer au foot, à “taper dans le ballon”, à participer à un match à la récréation. En grandissant, nombre de garçons se passionnent pour une équipe, assistent à des matchs… Et pour certains, les joueurs professionnels deviennent des modèles. Zidane ou Mbappé ont mis des étoiles dans les yeux et du baume au coeur de millions de garçons qui rêvent de ces parcours inspirants et s’identifient à leurs héros.

Pour les petites filles en revanche, jouer au football est, si ce n’est “bizarre” ou “déplacé”, est en tout cas “original”… Combien de fois avons-nous entendu “mais ce n’est pas pour les filles !” ? Nous sommes inhibées par les termes “garçons manqués” qui fusent dès qu’on s’approche d’un ballon rond ou la peur des remarques sexistes sur les terrains de foot.
Les joueuses commencent ainsi à arriver dans des clubs plus tard, vers 15-16 ans, là où les garçons étaient licenciés depuis leur 6-7 ans comme une évidence.

PETITION

Dans la perception genrée des sports dès l’enfance, les filles subissent une première discrimination. Mais pour celles qui vont au bout de leur projet et de leur rêve, et qui entrent dans des clubs, la discrimination par rapport aux hommes ne s’arrête pas là.

Au sein des clubs, nous sommes considérées le plus souvent comme des femmes, et non comme des joueuses. Au niveau des fédérations et des clubs de foot, les clubs féminins passent après les clubs des garçons ; nous n’avons pas accès aux mêmes infrastructures, à la même visibilité, ni aux mêmes budgets.
En faisant le choix de ce sport, en suivant une passion, il faut être prête à être considérée comme “inférieure”. Et il est temps de changer cela !

A l’occasion de la coupe du monde féminine de football, des joueuses ont pris la parole pour dénoncer les discriminations qu’elles ont subies ou dont elles ont été les témoins. La parole semble enfin se libérer. Pour la première fois également, TF1 et Canal + retransmettront tous les matchs de la Coupe alors que cela aurait été inimaginable il y a 10 ans.
Mais pour vraiment faire évoluer les pratiques et les mentalités et débloquer la pratique du football chez les femmes, il faut prendre des mesures urgentes madame la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu !

Pour ce faire, nous demandons plus de transparence sur l’allocation du budget alloué aux sections féminines des clubs et sur l’utilisation des infrastructures !

  • Suivi et équité dans la répartition des moyens : la répartition des subventions est très inégalitaire entre les sections masculines et féminines des clubs. Même lorsque des subventions sont attribuées uniquement à la section féminine. En effet dans de nombreux cas, la somme est distribuée en totalité aux hommes.
  • Accorder des infrastructures féminines à part entière : aujourd’hui il n’y a pas de suivi sur l’utilisation réelle des infrastructures dédiées aux femmes; les terrains de foot durant l’entrainement des femmes sont bien trop souvent utilisés par les hommes alors qu’elles avaient prévenu à l’avance ! Les créneaux dédiées aux femmes ne sont pas respectés !

Ensemble, nous pouvons faire changer les choses, faire rêver les petites filles, et conjuguer les valeurs du sport au féminin.
Joignez vous à moi pour porter haut et fort ces demandes tout au long de la Coupe du monde féminine de foot !

PETITION

Safia, Nami, Sab et toute l’équipe du Paris Féminin Football Club

Claude Lelièvre: Le Conducator Blanquer programme la fin de  » la maternelle »

Le  »Génie de Grenelle » a encore frappé du haut de ses compétences admirées de tous qui lui permettraient de définir seul (et avec moult détails) ce qui doit être fait dans le  »pré-élémentaire », en plein déni de l’expertise pédagogique des enseignants et de la spécificité historique de  »la maternelle » qu’il ignore superbement.

L’arrêté du 28 juillet 1882 (écrit sous l’influence décisive de Pauline Kergomard) a signé la naissance de « l’école maternelle » française (une quasi exception dans le paysage européen) : « l’école maternelle n’est pas une école au sens ordinaire du mot : elle forme le passage de la famille à l’école ; elle garde la douceur affectueuse et indulgente de la famille, en même temps qu’elle initie au travail et à la régularité de l’école […]. Tous les exercices de l’école maternelle doivent aider au développement des diverses facultés de l’enfant [….] en ne lui imposant jamais un genre de travail incompatible avec la faiblesse et la mobilité du premier âge ».

Continuer la lecture de Claude Lelièvre: Le Conducator Blanquer programme la fin de  » la maternelle »

Politique. Quels chantiers pour reconstruire à gauche ?

Bureau de vote pour les Européennes, le 26 mai dernier, à Paris. Denis Meyer/Hanslucas

Bureau de vote pour les Européennes, le 26 mai dernier, à Paris. Denis Meyer/Hanslucas

 

Rappel des faits Après les élections européennes, des militants de gauche, syndicalistes, responsables associatifs prennent la parole et ouvrent le débat.

Services publics, transition écologique et démocratie

Président de la Fondation Gabriel-Péri, Alain Obadia

Conjurer les scénarios catastrophiques qui menacent et ouvrir une issue positive à la crise d’une extrême gravité que traverse notre pays sont des impératifs majeurs et urgents. Cela passe par le rassemblement de toutes les énergies qui aspirent à construire un avenir de progrès humain respectueux de la planète. Cela ne pourra advenir que par la recherche d’objectifs communs ouvrant sur des batailles rassembleuses marquées par les préoccupations de progrès social, de lutte contre toutes les discriminations, de nouvelles conquêtes démocratiques et écologiques. Ce processus inclut, bien sûr, des discussions entre les formations politiques de gauche. Mais il les dépasse largement et doit s’appuyer tout autant sur les mobilisations sociales et citoyennes qui placent le progrès humain et écologique au cœur de leur démarche. Il doit en retour en favoriser l’essor et le développement. Il existe, en effet, beaucoup plus de créativité transformatrice dans la société qu’on ne le pense souvent. Reconstruire à gauche, dans les conditions d’aujourd’hui, implique cette vision « grand angle ». Il est évidemment impossible dans cet article d’aborder toutes les thématiques à mobiliser pour créer la dynamique nécessaire. Je me limiterai donc à mentionner trois questions.

Continuer la lecture de Politique. Quels chantiers pour reconstruire à gauche ?

La ménagère et la putain ? Une invention du capitalisme !

 

Dans « le Capitalisme patriarcal », Silvia Federici relit Marx dans une perspective féministe. Parmi les « oublis » du philosophe, le travail reproductif fourni par les femmes, rien de moins que le pilier du capitalisme.

« Ils disent que c’est de l’amour, nous disons que c’est du travail non payé. » En 1975, Silvia Federici est une des fondatrices de la campagne Wages for Housework (des salaires pour le travail domestique). Avec quelques autres, elles commencent à identifier ce travail invisibilisé et « naturel » des femmes. L’histoire commence avec les chasses aux sorcières, aux XVI e et XVII e siècles, moment fondateur du passage du féodalisme au capitalisme, qu’elle met en lumière dans « Caliban et la sorcière », best-seller mondial paru en 2004. De là, l’historienne marxiste tire le fil du développement du capitalisme. Pas question d’ajouter le chapitre femmes, mais de relire à nouveaux frais tout le processus d’accumulation. Dans « le Capitalisme patriarcal », recueil de textes inédits en français, elle donne aussi des clés dans une perspective marxiste pour renverser la table.

Continuer la lecture de La ménagère et la putain ? Une invention du capitalisme !

Michel Serres, le philosophe viscéralement attaché «à Garonne» et à Agen in DDM

Michel Serres en 2010 lors d’une promenade sur les bords de la Garonne à Agen.

Michel Serres en 2010 lors d’une promenade sur les bords de la Garonne à Agen. Photo DDM, Jean-Michel Mazet

l’essentiel « Garonne » a perdu son enfant chéri. Michel Serres est mort samedi soir à l’âge de 88 ans. Le philosophe agenais, amateur éclairé de rugby et supporter du SU Agen, était viscéralement attaché au fleuve qu’il a quitté sans faire de bruit.

La chemise est blanche mais le regard sombre. Ce dimanche matin, devant chez lui, à Astaffort dans le Lot-et-Garonne, Jean-François Gardeil ne cache pas sa tristesse sous ce soleil arrogant. Son père, Pierre Gardeil, professeur de philosophie, musicien, écrivain, philosophe et Gascon d’exception, a été l’ami de Michel Serres qui s’est éteint samedi soir. Les deux intellectuels ont été liés par la pensée de René Girard et sans doute aussi par la foi.

Jean-François, baryton, fondateur de la compagnie des Chants de Garonne, a souvent échangé au téléphone avec Michel Serres sur le sujet cher à tous les Agenais : le SUA. L’académicien avait joué au rugby. Le regard de l’Astaffortais s’illumine. « Michel, troisième ligne, avait disputé une finale universitaire. À la fin du match, il s’avance vers un adversaire qu’il a trouvé redoutable, lui demande son nom. L’autre répond : Moncla ! François !*». Nous rigolons. Le rire chasse la mort comme le vent les nuages.

« Je quitterai la vie comme je me suis levé mille fois de table. J’aurais perçu un bruit à la porte. Il interrompra le festin. Je le reconnaîtrai ». Ces mots, Michel Serres les a prononcés sur les planches du théâtre Ducourneau, à Agen, en octobre 2012, à l’occasion d’un spectacle donné avec la divine cantatrice agenaise Béatrice Uria-Monzon. Guichets fermés. Esprits ouverts. Du texte et des chants. Sagesse et beauté.

Le jour de sa mort, il devait être dans une librairie à Agen

Cette création avait été inspirée par le décès de Pierre Gardeil dont Béatrice a été l’élève. Michel Serres s’est découvert un peu à l’occasion car, derrière le personnage médiatique, il y avait de la pudeur. De l’humour aussi. « Il était facétieux, plaisantait, se faisait volontairement charmeur avec les dames », raconte Bruno Rapin alors directeur du théâtre.

Ce fils « d’un pêcheur de sable et casseur de cailloux », a toujours semblé écartelé entre le désir d’ailleurs, d’Amérique, de Brésil, de Clermont-Ferrand, et l’attachement à ses racines. Il a prôné l’universel mais vanté le local. « Il pouvait paraître double, explique Jean-François Gardeil, mais il ne l’était pas. Par contre, quand il n’avait pas le moral, sa pensée, comme un jokari, revenait vers les bords de Garonne. Personne n’imagine à quel point il était viscéralement attaché au fleuve ».

« La Garonne, son fleuve nourricier, a donné à sa pensée et à son cœur la force de son courant, en période de crue comme en période calme. Il a nourri la pensée contemporaine habitée par une foi en l’Homme et en son destin ». L’hommage est de Paul Chollet, ancien maire d’Agen et ami. Il hébergeait le philosophe lorsque ce dernier abandonnait Vincennes, en banlieue parisienne, pour se ressourcer dans sa ville natale. Il devait d’ailleurs y venir, ce samedi 1er juin, jour de sa mort, pour dédicacer son dernier ouvrage, Morales espiègles, dans une librairie agenaise. « À chacune de ses venues, glisse le docteur Chollet, je me suis arrangé pour passer avec lui sur la voie sur berge. Chaque fois, j’ai vu son regard s’allumer dans la contemplation de son fleuve ».

Un Immortel passionné de rugby et du SUA

Depuis plusieurs années, à chaque match du SUA à Armandie, Michel Serres passait un coup de fil à René Laffore, dernier rédacteur du Livre d’Or du SUA, pour connaître le résultat de la rencontre – il n’avait pas la chaîne cryptée – ou pour la commenter. Des liens s’étaient tissés entre ces deux passionnés du Sporting. Tant et si bien que l’Immortel avait accepté, en juillet dernier, de venir partager une lamproie dans la maison de famille de René Laffore, à Saint-Léger, à 5 mètres de Garonne.

Déjà faible, amaigri, Michel Serres avait été, comme toujours, étincelant. Jusqu’au bout, il a affronté la maladie avec un immense courage. À la fin du repas, il s’était levé de table. Est-ce qu’il a reconnu un bruit ? Nous ne le saurons jamais mais il a prononcé une phrase que René Laffore n’oubliera pas : « Je vais dire adieu à Garonne ».

*François Moncla a été capitaine de l’équipe de France dans les années « 60 ».

L’Europe peut-elle s’en remettre ?

Si l’Europe reste éloignée des citoyens, la mobilisation dans les urnes a été bien plus importante qu’attendu. Mais, paradoxe, ce sursaut de participation a profité d’abord aux partis les moins europhiles. Seule l’aspiration écologiste, dont les partis Verts tirent avantage, limite cette poussée des droites nationalistes.

L’abstention a finalement reculé. C’est la grande surprise de ces élections européennes du 26 mai. Avec 51 % en moyenne pour les 27 pays de l’UE, la participation à ce scrutin devient la plus élevée depuis vingt-cinq ans (42,61 % en 2014). Il faut remonter au scrutin de 1994, qui concernait à l’époque douze pays – Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni – pour connaître une plus faible abstention, à 41 %.

Continuer la lecture de L’Europe peut-elle s’en remettre ?

En un tweet, Adrien Quatennens clôt-il le débat ? in REGARDS.fr

Le député insoumis refuse que La France insoumise soit « un énième parti de gauche » et voit bien plus grand : être « l’outil du peuple et de sa révolution citoyenne ».

 

Quatre jours après les très mauvais résultats de la France insoumise aux élections européennes, Adrien Quatennens, le député du Nord, tweet : « Que nul ne s’y trompe : la France insoumise n’a pas vocation à être un énième parti de gauche. Elle est née pour être l’outil du peuple et de sa révolution citoyenne. C’est avec cela que nous devons renouer. C’est à cela que nous allons travailler. »

On relèvera l’étonnante et très sèche formule « que nul ne s’y trompe »… On aurait pu penser que l’heure était venue à la réflexion collective pour comprendre et réfléchir sur une telle déroute. Faut-il vraiment persévérer dans le « clivage » et « l’avant-garde autoproclamée » ?

Continuer la lecture de En un tweet, Adrien Quatennens clôt-il le débat ? in REGARDS.fr

Grève du bac : le ministre qui voulait se faire aussi gros que le bluffe

Le SNES, la CGT, le SNALC et un collectif de Stylos rouges appellent les enseignant·e·s à la grève le lundi 17 juin, premier jour des épreuves du baccalauréat. Les syndicats dénoncent les différentes réformes mises en œuvre et annoncées par le gouvernement mais aussi les conditions d’enseignement dégradés et les salaires trop faibles. Face à ce préavis, Jean-Michel Blanquer assure que les épreuves ne seront pas perturbées.

La perspective d’une grève des surveillances du bac à l’appel des principaux syndicats est exceptionnelle et témoigne de la colère profonde des personnels de l’éducation, au premier rang desquels les enseignant·e·s, mais aussi et surtout de leur sentiment de n’avoir d’autre solution pour être entendus. Il faut dire que le ministère s’est employé à discréditer les différents mouvements de grève dans l’Éducation nationale, minimisant les chiffres et feignant de croire que les non-grévistes seraient tous en sa faveur. Continuer la lecture de Grève du bac : le ministre qui voulait se faire aussi gros que le bluffe

USAGE ABUSIF DE LA FORCE, PRESSIONS INSTITUTIONNELLES : LES SIGNES MULTIPLES D’UNE POLITIQUE D’INTIMIDATION.

 Communiqué de presse – FSU Occitanie

Depuis plusieurs semaines des mobilisations enseignantes se développent dans toutes les académies, dont celles de Toulouse et Montpellier, et se traduisent par des rassemblements et des manifestations publics.

Lors de ces actions pacifiques, non agressives, plusieurs participants ont été victimes de provocations et/ou d’interventions plus ou moins violentes de la part des forces de police.

Le Conseil Fédéral Régional de la FSU Occitanie dénonce vivement la disproportion de l’usage de la force déployée dans des situations ne justifiant aucunement cet usage (comme en témoignent les vidéos tournées) :

  • le 19 mars : gazage au rectorat de Toulouse, contre toutes les règles et consignes édictées par l’administration elle-même (pas de sommation, usage dangereux à bout portant de lacrymogènes au mépris des préconisations officielles développées dans l’instruction d’emploi du 14 juin 2014) ;

  • le 21 mai : arrestations injustifiées à Toulouse, conduisant à des gardes à vue, sans poursuites judicaires faute de qualifications claires des faits reprochés ;

  • le 23 mai : intervention policière disproportionnée (usage des gaz lacrymogène et coups de matraque qui ne répondent à aucune logique de légitime défense ni à aucune nécessité en terme de maintien de l’ordre), conduisant à des gardes à vue qui ont été levées en quelques heures, faute de motif valable ;

La multiplication de ces violences, qui ont entraîné blessures et malaises, signe une stratégie de maintien de l’ordre qui relève aujourd’hui d’une véritable politique d’intimidation dont sont victimes les manifestants et militants syndicaux. Cela est inacceptable dans un État républicain et démocratique.

L’usage de la force est à l’œuvre dans la rue, mais aussi de plus en plus du côté des autorités académiques ou locales qui multiplient de leur côté les situations d’intimidation face à des personnels exprimant et manifestant leur refus de réformes, imposées sans que soit pris en considération leur point de vue :

  • procédures ou menaces à peine voilées de sanctions par des recteurs ;

  • pressions institutionnelles (venue en nombre d’inspecteurs généraux dans un lycée de Nîmes, où les équipes avaient décidé collectivement de ne pas faire passer les bacs blancs – facultatifs – ; déplacement en nombre d’Inspecteurs Pédagogiques Régionaux (IPR) dans un lycée de Saint-Maixent suite à la décision d’une majorité de professeurs principaux de démissionner ; discours de certains IPR mettant mettant en cause la liberté pédagogique ; etc.),

  • chantages divers dans des établissements (emploi du temps, services, etc.).

Le CFR considère que c’est le ministre qui porte la responsabilité de la défiance inédite qui s’exprime à différents niveaux et de différentes manières ; que c’est le déni de dialogue – concrétisé par exemple par l’absence de prise en compte des votes largement défavorables dans les instances de concertation (Conseil Supérieur de l’Éducation, Conseil Supérieur des Programmes, Comité Technique Ministériel), et que c’est le refus obstiné du ministre d’ouvrir la discussion sur des réformes largement rejetées qui conduit à des situations de crispations et de blocage. Intimidations, menaces et sanctions n’éteindront pas le feu du mécontentement : le Ministre doit enfin entendre la profession qui se mobilise pour la défense de ses métiers et des élèves.

1000 emplois supprimés par General Electric à Belfort : « Le coût terrible du renoncement industriel » (Fabien Roussel)

La direction du groupe américain General Electric (GE) a annoncé ce mardi matin, la suppression de 1050 emplois dans sa division Energie à Belfort. selon les syndicats, c’est au total plus de la moitié des salariés de l’activité gaz qui vont perdre leur emploi.

Cette annonce confirme et amplifie la trahison de GE qui s’était engagé à créer plus de 1000 emplois en France après le rachat, en novembre 2015, de la branche énergie d’Alstom. Mais elle met surtout en lumière l’absence de stratégie industrielle de l’Etat et les conséquences dévastatrices qu’entraîne un tel renoncement.

La France va-t-elle encore longtemps laisser filer ses plus beaux fleurons, d’Aéroports de Paris à Renault en passant par ASCOVAL, au détriment de l’emploi, de nos savoir-faire et de notre souveraineté économique ?

Il est urgent de reprendre la main sur nos outils industriels, y compris en favorisant des nationalisations temporaires, comme celle que j’ai proposée pour l’aciérie ASCOVAL à Saint-Saulve.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF