Ce diffus sentiment de pauvreté

Graffiti lors de la manifestation des Gilets jaunes, le 8 décembre 2018 à Paris. PHOTO : Augustin LE GALL/HAYTHAM-REA

Combien y a-t-il de pauvres en France ? Pour répondre à cette question, c’est devenu un quasi-réflexe de regarder le fameux taux de pauvreté calculé chaque année par l’Insee. Celui-ci, rappelons-le, rapporte à la population totale le nombre de personnes (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian.

Précieux pour mesurer les évolutions du phénomène, ce taux de pauvreté est néanmoins conventionnel : pourquoi 60 % et pas 50 %, par exemple ? Et après tout, la pauvreté n’est-elle qu’une question d’argent ? De telles question se posent en fait pour toutes les approches objectives, bien obligées d’engager une certaine définition de la pauvreté  (qu’il s’agisse d’un seuil de revenu, d’un nombre de privations matérielles, du fait de percevoir ou non un minimum social…) pour pouvoir la mesurer et, de ce fait, de laisser dans l’ombre les nombreuses autres dimensions d’un phénomène éminemment complexe.

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Pétition « Pour le pouvoir d’achat »

Pour le pouvoir d’achat,

augmenter les salaires, les retraites

les minima sociaux !

Pétition version papier

Pétition « Pour le pouvoir d'achat : augmenter les salaires, les retraites, les minima sociaux » - Oise, décembre 2018

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et à renvoyer à PCF Castel/Moissac/Pays de serres 24 rue de la révolution 82100 Castelsarrasin

Qu’ils portent des gilets jaunes, des blouses blanches ou des robes noires,  des millions de femmes et d’hommes n’acceptent plus le sort qui leur est fait. Ils le disent haut et fort : « Trop, c’est trop ! » On ne peut continuer à vivre avec des salaires de misère, des pensions et des allocations rognées, une protection sociale réduite au minimum. Nous sommes des leurs !

Macron Président des riches et du grand capital

Emmanuel Macron a multiplié les cadeaux fiscaux à une poignée d’ultra riches et au capital. 358 000 familles ont ainsi été exonérées d’ISF alors que leur  patrimoine représente 1 000 milliards d’euros (l’équivalent de la moitié du PIB de la France) ! Il a multiplié les cadeaux aux profits des grandes entreprises et les exonérations (CICE) avec comme condition de pratiquer des bas salaires ! Il a ainsi aggravé la précarité pour les salariés, les privés d’emplois, les jeunes, les retraités dont les femmes sont les premières victimes. « En même temps », il augmente les impôts des ménages moyens et modestes : CSG, TICPE (taxe sur les carburants), etc.

Pas de progrès écologique sans progrès social

Au PCF, nous disons que la transition écologique, vitale à l’heure où l’humanité et notre planète sont menacées, ne peut être menée à bien sans progrès social et sans changer notre modèle économique. Au nom de la priorité au profit et à l’ac- cumulation de capital, ce modèle impose un coût du capital (dividendes et intérêts payés aux banques) exorbitant qui s’oppose aux dépenses pour l’écologie, les salaires, les services publics. Le soi-disant « coût du travail » n’existe pas : le travail crée les richesses.

S’attaquer au coût du capital

Nous voulons une économie au service de l’humain. Il faut une autre utilisation de l’argent pour produire autrement et pour parta- ger les richesses. Pour que chacun.e puisse vivre dignement, il y a besoin d’augmenter les salaires, les pensions, les minima sociaux, de développer les qualifications. Il y a besoin de développer les services publics et d’investissements massifs dans les transports collectifs, la rénovation énergétique des logements, une autre in- dustrie. Les moyens pour y parvenir existent : banques, profits, fonds publics. Mobilisons-les !

Pour le pouvoir d’achat et la protection sociale

  • Au 1er janvier 2019, décider l’augmentation du SMIC de 260 euros brut par mois, soit une augmentation d’environ 200 euros net (1 350 euros net), organiser la répercussion sur l’ensemble des grilles de salaires mais aussi les pensions, les minima sociaux et les allocations formation.
  • Pour financer cette augmentation des salaires, commençons par supprimer l’ensemble des mesures fiscales en faveur des plus riches et des profits (ISF, CICE…).

Pour financer la transition écologique

  • Ramener le taux de la TICPE à son niveau de 2017 et l’affecter réellement à la transition écologique.
  • Taxation exceptionnelle des 10 milliards de profits annuels des compagnies pétrolières.
  • Taxation du kérosène.
  • Maintien des lignes ferroviaires de proximité et développement du fret ferroviaire.
  • Retour à une TVA de 5,5 % sur les transports en commun.
  • Mobilisation du crédit bancaire, jusqu’à la Banque centrale européenne (BCE).

Un appel de 30 organisations laïques. Non à la révision de la loi de 1905 !

Photo : Alain Jocard/AFP

Texte collectif.

Des projets de révision de la loi de 1905 seraient à l’étude. S’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les principes et valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé « Police des cultes », fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entrerait alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir.

Les organisations laïques soussignées, réunies le jeudi 22 novembre 2018 à Paris, mettent en garde contre toute modification de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, quelles qu’en soient les voies. Cette loi est un pilier fondamental de la République. Pour assurer à chaque citoyen la liberté de conscience, elle a instauré un juste équilibre entre la garantie du libre exercice des cultes et la neutralité confessionnelle de l’État.

Les organisations signataires rappellent donc solennellement l’intangibilité des principes solidairement posés par la loi :

Article 1. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Article 2. La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.

Les organisations laïques demandent, par-delà les débats inutiles que suscitent ces projets de révision, que soit déjà et complètement appliquée la loi.

Premières organisations signataires : Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Cemea), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Débats laïques, Égale, Fédération des autonomes de solidarité FAS-USU, Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), Fédération française de l’ordre maçonnique mixte international « le Droit humain », Fédération de l’éducation de la recherche et de la culture (Ferc-CGT), Fédération générale des pupilles de l’enseignement public, Fédération générale des retraités de la fonction publique (FGR-FP), Fédération nationale de la libre-pensée, Fédération syndicale unitaire (FSU), Francas, Grande Loge mixte de France (GLMF), Grande Loge mixte universelle (GLMU), Libres MarianneS (LMS), Ligue de l’enseignement, Ligue des droits de l’homme (LDH), Mouvement de la paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mutuelle générale de l’éducation nationale (Mgen), Solidarité laïque, Syndicat administration et intendance (SIA-Unsa), Syndicat de l’éducation populaire (Unsa), Syndicat des enseignants (SE-Unsa), Syndicat de l’inspection de l’éducation nationale (SI.EN Unsa éducation), Syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges, Syndicat national des inspecteurs d’académie inspecteurs pédagogiques régionaux (Snia-IPR), Syndicat national des personnels de direction (SNPDEN), Union des familles laïques (Ufal), Union rationaliste, Unsa éducation.

Montauban : des tentes devant la préfecture pour réclamer un toit à des réfugiés Albanais in DDM

RESF 82 a installé ce samedi trois tentes en face de la préfecture./ Photo DDM, Max Lagarrigue
RESF 82 a installé ce samedi trois tentes en face de la préfecture./ Photo DDM, Max Lagarrigue

Les militants de l’association Réseau éducation sans frontières (RESF) 82 ont planté, ce samedi, avenue de l’Empereur face à la préfecture de Tarn-et-Garonne, trois tentes.

Trois campements de fortune dans lesquels se sont installées trois familles de réfugiés Albanais comportant en tout six enfants de 2 à 11 ans.

« Ils sont arrivés, il y a tout juste un mois en France pour fuir la violence de leur pays : ce sont des Roms persécutés », garantit Marie-Claude Bouyssi, Conseillère municipale qui entend, après des contacts non satisfaisants avec la préfecture, mettre la pression.

« Transis de froid et de faim »

Mardi soir, RESF avait déjà investi le hall de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) pour alerter les autorités sur la détresse de ces fratries.

Venus s’associer à RESF 82, des bénévoles de l’association du cirque de Montauban qui ont été les lanceurs d’alerte dans cette affaire.

« On fait notre activité près de la place Lalaque, on s’est rendu compte que ces familles ne parlant pas un mot de Français, étaient transies de froid et de faim : nous nous sommes mobilisés pour les aider avec des couvertures et de la nourriture », confirme ce père de famille ayant alors joint RESF pour organiser une collecte qui a permis depuis de les loger à l’hôtel ou dans des familles d’accueil.

« Ce soir, il n’y a plus de solution, peste Marie-Claude Bouyssi, nous allons dormir ici avec eux sur des cartons pour que l’Etat applique seulement la loi : à savoir qu’ils prennent en charge ces familles demandeuses d’asile, le temps que leur dossier soit examiné ».

Statu quo avec la préfecture

La préfecture via la DDCSPP aurait proposé jusqu’ici comme solution un abri de nuit au-dessus de l’accueil de jour, rue Émile-Pouvillon. Le seul hic, c’est que ce serait à RESF de régler la facture d’un gardien de nuit.

« Même si nous en avions les moyens, ce qui n’est pas le cas, c’est à l’État de le prendre en charge », assure la militante de RESF 82. Interrogée cette semaine, Véronique Ortet, directrice de la DDCSPP avait confirmé que les « 84 places d’hébergement d’urgence sont saturées » et que « l’hôtel dans lequel ont pu être prises en charge un moment ces familles » n’a pu se perdurer, « les familles ayant un comportement inadapté, le gérant de l’établissement n’a pas pu les garder. »

La situation est pour l’heure au statu quo.  

Mouvement des gilets jaunes : rejet de la politique ou repolitisation ?

Photo : Jean-François Monier/AFP

Photo : Jean-François Monier/AFP

Avec Jacques Bidet, philosophe, André Prone, essayiste, penseur militant et Bernard Kalaora, anthropologue à l’École des hautes études en sciences sociales.

Rappel des faits. Très méfiant vis-à-vis des partis politiques et des syndicats, le mouvement fait l’expérience de la démocratie directe dans la lutte sociale.

  • ​Quel débouché politique ? par Jacques Bidet, philosophe

Jacques Bidet. FH17-BA-dimanche 17 septembre 2017. Halle Leo Ferre, Village du livre. Debat "Quel état pour quel societé". Avec Jacques Bidet (philosophe) . Fête de l'Humanité. ©Bruno ArbesuC’est la question que l’on se posait vers fin mai 1968, quand il était clair que le mouvement syndical ne pouvait aller plus loin. Il s’agissait de savoir sur quel programme s’engager, comment rassembler les forces populaires et s’assurer qu’on ne volerait pas au peuple sa victoire.

Le contexte diffère sur deux points. Sur les grandes questions programmatiques, sociales et écologiques, les diverses forces de la gauche populaire affirment leur convergence. Et voici qu’au-delà de ce cercle une autre fraction du peuple, souvent restée à l’écart de « la politique », est entrée en lutte. Elle réclame, précisément, un débouché politique.

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point de vue. Profs à tout faire au lycée Blanquer

Philippe Boursier Professeur de sciences économiques et sociales, Fondation Copernic

Philippe Boursier Professeur de sciences économiques et sociales, Fondation Copernic

Avec la réforme, les métiers, notamment féminisés, deviennent plus « invisibilisés » et précarisés.

La réforme Blanquer du lycée général se heurte à la révolte lycéenne. La révolte du monde enseignant est imminente. Car la réforme précarise les salariés qui le font vivre, et notamment les femmes.

La plupart des emplois enseignants et administratifs stables sont des emplois de femmes. Les postes mis au concours au Capes externe en 2019 s’effondrent dans les disciplines les plus féminisées. Pour les enseignants en poste, la charge de travail sera démultipliée. Plus de classes et des classes de plus en plus en plus surchargées. De fait, la disparition des séries simplifie le « remplissage » des cours communs à tous les élèves et des cours de spécialité organisés à l’échelle d’un bassin. Et ce trop-plein risque d’être aggravé pour les disciplines les plus féminisées. Ce surcroît de pénibilité est induit par la multiplication des tâches prescrites par la réforme Blanquer. Construire de nouveaux cours conformes aux nouveaux programmes en seconde et première. Organiser les examens qui vont scander le quotidien des lycéens avec l’entrée en vigueur d’un système de partiels dès la première. Etc. Ces tâches complexes alourdiront la charge de travail. Dans nos métiers aussi, la gestion et la coordination des activités professionnelles repos ent d’abord sur le travail « invisibilisé » des femmes. L’élargissement des missions des professeurs principaux actionne les mêmes mécanismes.

Comment dès lors obtenir le consentement pour remplir des missions qui relèvent du volontariat ? Par l’insécurité. Quand les postes sont fragilisés, il devient plus aisé d’obtenir le consentement des salariés. Quand les nouvelles formes d’évaluation complètent les dispositifs dissuasifs, le dévouement est plus facilement extorqué. Avec le nouveau système de promotion qui s’installe, la pression sur les enseignants se fait plus forte. Les activités chronophages assumées en dehors du temps d’enseignement deviennent décisives pour le déroulement de la carrière. Les promotions sont soustraites à la régulation du paritarisme. L’évaluation d’un monde professionnel très féminisé est à la discrétion de proviseurs et d’inspecteurs, le plus souvent des hommes, prédisposés à naturaliser le surtravail des femmes que l’institution à la fois exige et « invisibilise ». Au lycée Blanquer des précarités cumulées et du dévouement extorqué, nous avons tout à perdre. Notre santé et notre dignité. Nous avons aussi toutes les raisons de nous révolter.

Philippe Boursier

Professeur de sciences économiques et sociales, Fondation Copernic

Motion de censure du Gouvernement – Intervention d’André Chassaigne

Retrouvez ici le texte de mon intervention

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les membres du Gouvernement, mes chers collègues, j’ai l’honneur d’avoir été désigné par les groupes Socialistes et apparentés, France insoumise et Gauche démocrate et républicaine pour présenter cette motion de censure. J’ai accepté cette responsabilité, qui a pris une nouvelle dimension depuis le drame survenu à Strasbourg. Conscients de la gravité du contexte, nous avions fait savoir au président de notre assemblée notre accord pour discuter la motion en début de semaine prochaine, si le Gouvernement le souhaitait. Comme nous, le Premier ministre a considéré que la meilleure façon de lutter contre le terrorisme était de continuer à faire vivre la démocratie. Soyons donc fiers, mes chers collègues, d’être aujourd’hui réunis pour débattre de cette motion de censure, prouvant ainsi à tous les ennemis de la démocratie que nous ne sommes pas à leur merci. Continuer la lecture de Motion de censure du Gouvernement – Intervention d’André Chassaigne

Frédérique Rolet. « Il faut revenir sur les réformes du lycée »

«    Nous appelons à un rassemblement à Paris, le 19/décembre.   » Rémy Gabalda/AFP

« Nous appelons à un rassemblement à Paris, le 19/décembre. » Rémy Gabalda/AFP

Pourquoi le Snes-FSU appelle-t-il les professeurs à se mobiliser ce vendredi ?

Frédérique Rolet Après les annonces du ministre de 2 650 suppressions de postes l’année prochaine, nous avions déjà lancé un préavis de grève courant jusqu’au 22 décembre. Mais nous avons maintenant un mouvement qui monte dans les lycées depuis près de quinze jours. Les lycéens mesurent les conséquences de la plateforme Parcoursup – qui va rouvrir le 20 décembre alors qu’aucun bilan officiel n’en a été produit. Nous avions pourtant demandé un vrai examen, contradictoire, pour faire le point sur les non-affectations, les affectations insatisfaisantes… Nous le demandons toujours, ainsi que la communication des algorithmes locaux.

Il y a aussi la réforme du lycée…

Frédérique Rolet Oui et elle inquiète les familles, car il reste beaucoup d’inconnues. On commence à y voir plus clair sur les « spécialités » du nouveau bac : les établissements se demandent s’ils auront les moyens de faire vraiment exister celles qu’ils ont prévu de proposer. Tout ça sous-tend ce mouvement lycéen, qui, cette fois, est plus fort dans les villes moyennes et les quartiers populaires que dans les grandes villes. C’est logique, car c’est là que se concentrent les inquiétudes sur l’offre de formation, ou sur les conséquences du contrôle continu au bac – qui risque de désavantager ceux qui ne seront pas issus des établissements les plus cotés…

Comment jugez-vous la réponse du ministre à ce mouvement ?

Frédérique Rolet On a eu des élèves blessés, parfois gravement. Nous avons dit au ministre qu’il fallait envoyer un signe, organiser une table ronde avec les organisations de lycéens, d’enseignants, de parents. La seule réponse a été des appels au calme et un discours hallucinant sur « tout le monde est enthousiasmé par mes réformes »… mais aucun geste d’ouverture. Au contraire : par exemple, dans les Bouches-du-Rhône, le directeur académique des services de l’éducation nationale a donné instruction à tous les chefs d’établissement d’empêcher toute réunion entre professeurs, parents d’élèves, élèves ! Le gouvernement attend les vacances en espérant que ça va régler le problème. Ça risque d’être un espoir vain. D’autant que, en janvier, nous connaîtrons les dotations des établissements pour l’an prochain, et là, les conséquences des suppressions de postes vont se faire sentir…

Dans ses annonces, le 10 décembre, Emmanuel Macron a, semble-t-il, « oublié » les fonctionnaires…

Frédérique Rolet Il cherche à diviser en opposant public et privé. Or, beaucoup d’agents de la fonction publique, territoriaux en particulier, vont se retrouver avec des salaires inférieurs au Smic allongé des 100 euros de prime. Par ailleurs, les 10 milliards d’euros de dépenses publiques annoncées, il va falloir les trouver quelque part… Non seulement nous n’avons rien, mais nous risquons de subir une nouvelle dégradation de nos conditions de travail.

Que réclamez-vous ?

Frédérique Rolet Il faut revenir sur les réformes du lycée et du bac, sur les suppressions de postes et, côté rémunérations, acter le dégel du point d’indice, bloqué depuis des années. Cela ne va pas s’arrêter : nous appelons d’ores et déjà à un rassemblement à Paris, le 19 décembre, quand seront publiées les dotations par académie. Et, en janvier, c’est l’ensemble de la fonction publique qui sera appelé à se faire entendre.

Frédérique Rolet

Secrétaire générale du Snes-FSU

Entretien réalisé par Olivier Chartrain

Gilets jaunes. L’exigence démocratique fleurit sur les ronds-points

«    Vive la démocratie directe  !   », «    Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation   !   », «    On est tous novices, on apprend tous ensemble» sont les slogans évoqués. Florent Pommier/Réa

« Vive la démocratie directe ! », « Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation ! », « On est tous novices, on apprend tous ensemble» sont les slogans évoqués. Florent Pommier/Réa

Les barrages filtrants sont des mini-agoras où la parole se libère et où on se politise à la vitesse grand V. Ce bouillonnement démocratique à même l’asphalte permet de faire émerger des idées neuves pour refonder la République.

Commercy n’est plus uniquement connue pour ses madeleines. C’est de cette petite ville de la Meuse qu’est parti le désormais célèbre « Appel de Commercy ». Lancé le 30 novembre, depuis une cabane construite sur place dans la commune, il s’est diffusé comme une traînée de poudre sur les réseaux. « Vive la démocratie directe ! » peut-on lire dans ce texte destiné au départ à contrecarrer la désignation de porte-parole régionaux des gilets jaunes. « Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation ! » alertent ces citoyens déterminés à se battre pour la défense du pouvoir d’achat mais aussi « sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires et tout le reste » ! Des porte-parole, expliquent-ils « finiraient forcément par parler à notre place ». « Comme avec les directions syndicales, (le pouvoir) cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. (…) Mais c’est compter sans la force et l’intelligence de notre mouvement. » Et d’appeler l’ensemble des gilets jaunes à monter des comités populaires partout où ils le peuvent. « Le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple ! » clament les huit gilets de Commercy, le poing levé.

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#Pasdevagues : 150 000 tweets étudiés par le Sénat

C’est une première qu’a réalisé la Commission de l’éducation du Sénat, présidée par C Morin-Desailly. Elle a présenté le 12 décembre une analyse des tweets du phénomène #pasdevagues et reçu en audience fermée plusieurs enseignants auteurs de tweets. Le Sénat met ainsi en évidence l’importance de#pasdevagues et du malaise enseignant. Reste à en tirer des leçons. Pas sur que celles-ci conviennent aux enseignants…

21 octobre un tweet d’un professeur d’histoire lance le hashtag #pasdevagues sur tweeter. Sa reprise par Fatima Aït Bounoua, une intervenante sur RMC lui donne sa vitesse de lancement. Le 23 on atteint 39 000 tweets et le tsunami #pasdevagues va durer à un niveau élevé jusqu’à la mi novembre sans que les déclarations ministérielles aient d’effet.

Au total , selon l’étude présentée par le Sénat, #pasdevagues a porté150 555 tweets , soit moitié moins que #BaloanceTonPorc mais nettement plus que la marche pour le climat.

Derrière ces tweets, 35 385 utilisateurs dont 8300 ont publié de nouveaux tweets, les autres se contentant de relayer les tweets. Parmi ces utilisateurs du hashtag, on compterait 84% d’enseignants du second degré et 5% du premier. Les autres appartiennent à d’autres professions éducatives ou des retraités.

 » Les témoignages portent principalement sur le comportement d’élèves et notamment pour des faits de violence (physique, verbale) envers des professeurs », explique l’étude. « On note que s’agrègent toutefois autour du #hashtag plusieurs problématiques distinctes : comportement des élèves envers les professeurs et entre eux, relations avec les parents, critique du système hiérarchique. Le message principal ne vise pas tant à dénoncer ces violences, mais plutôt à dénoncer l’(in)action de la hiérarchie (rectorat, conseil de discipline) face à celles-ci. Quelques comptes particulièrement véhéments utilisent des termes tels que “omerta” et “culture du silence” ».

L’étude présente aussi une cartographie du hashtag qui s’établit entre le Snes et le Rassemblement national.

Dans un communiqué, C Morin-Desailly tire ses conclusions du phénomène #pasdevagues.  » « Le mouvement #PasDeVague révèle avant tout un besoin d’écoute et de considération des professeurs. Il illustre clairement  certains des problèmes structurels de notre système éducatif  : une formation initiale et continue des enseignants qui intègre insuffisamment ces problématiques, l’absence de politique de GRH et des règles d’affectation injustes, enfin, la solitude et l’isolement des professeurs et des chefs d’établissement face aux difficultés  qu’ils rencontrent ». Elle annonce qu’elle interviendra lors de l’examen de la loi Blanquer  » pour remédier à ces déficiences graves de notre système éducatif ».

F Jarraud

 

L’étude