Débat : Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

Des lycéens place de la République à Paris, le 7 décembre 2018. Lionel Bonaventure/ AFP

Les autorités de l’État et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.

Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que la révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.

A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public.

Mobilisation et action

D’abord, ils permettent, sans le moindre moyen financier, humain ou logistique, d’organiser à large échelle l’action de citoyens qui ne se connaissent pas. Sans les réseaux sociaux, il aurait été impossible à des quidams de coordonner si rapidement une protestation de cette ampleur. Le mouvement des gilets jaunes, parti de mobilisations très limitées et dépourvu de toute ressource, a pu acquérir en l’espace d’un mois une ampleur considérable, laissant penser à certains qu’il a désormais vocation à se substituer aux partis, aux syndicats, et même à la représentation nationale.

C’est le sens des trois pages de « directives » adressées par les gilets-jaunes aux parlementaires français, de leur appel à la démission du Président et à la dissolution de l’Assemblée, et de leur volonté de présenter désormais une liste « gilets jaunes » aux élections européennes.

Au Mans, le 6 décembre 2018. Jean‑François Monier / AFP

Ensuite, les réseaux sociaux favorisent un discours de protestation et de révolte. Chacun a pu s’en apercevoir : il est presque impossible d’y entamer un dialogue serein et argumenté. Facebook ou Twitter, c’est émotion contre émotion, colère contre colère, indignation contre indignation, outrance contre outrance. Il s’ensuit, soit un dialogue de sourds entre des gens peu capables d’écoute, sans cesse aiguillonnés par des trolls ; soit la constitution de sphères qui s’autonomisent, peuplées de gens qui partagent les mêmes convictions, ici des citoyens qui pensent que le gouvernement fait une politique pour le seul bénéfice des banquiers, là d’autres qui estiment que les gilets-jaunes sont tous des ahuris.

Primat de l’émotion sur les faits

Ce primat de l’émotion a gagné la sphère publique et médiatique. Ce qu’on entend, ce ne sont pas des arguments ou des idées, mais des émotions (« je suis en colère », « y en a marre ») et des perceptions (« je pense que je gagne moins », « on se moque de nous »). Les faits n’ont plus grande importance. C’est le règne de la croyance sur la connaissance : croyance religieuse ou croyance sociale, il en va de même. Que 2 et 2 fassent 4 importe peu si certains pensent que c’est 5 ou 7. Insister sur le fait que l’arithmétique établit clairement que c’est 4 sera perçu comme du mépris ou de la condescendance… Continuer la lecture de Débat : Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

Montauban. Le préfet laisse des enfants à la rue !

La fédération du Tarn et Garonne du Parti Communiste Français apporte tout son soutien à l’association montalbanaise RESF qui a lancé hier un appel à l’aide. En effet, trois familles ayant demandé le droit d’asile, et en parfaite légalité sur le territoire français, sont en attente d’une décision.

Ces personnes doivent pouvoir jouir d’un logement en attendant. C’est la loi ! Pourtant, elles se sont trouvées à la rue hier sans aucune proposition d’hébergement. Il s’agit de 3 familles composées de 2 adultes et ayant chacune 2 enfants dont les âges vont de 2 ans à 10 ans.

Le Préfet du Tarn et Garonne porte une lourde responsabilité du fait qu’il n’exerce pas son droit de réquisition conformément à la loi. Le Préfet n’hésite pas à mettre en danger la vie de femmes, d’hommes et d’enfants. En effet, il n’a pas hésité à recourir aux forces de l’ordre hier soir pour expulser du hall de la DDCSPP, seule solution que les militants de RESF ont trouvé pour les tenir au chaud. C’est inadmissible !

Nous appelons les camarades disponibles à se rendre aujourd’hui à 16h15 dans les locaux de la DDCSPP (ARS, 140 avenue Marcel Unal à Montauban) afin d’exiger des pouvoirs publics une solution de relogement pour ces familles et leurs enfants.

Le Parti communiste français en appelle officiellement à M. le Préfet pour faire respecter la loi ! Et au-delà, il en va de l’image du pays des droits de l’homme. Nous refusons cette dérive qui tend à normaliser de mettre des enfants à la rue !

Les services publics de l’Etat doivent revenir à la raison et trouver des solutions pour leurs relogements.

Face à l’urgence de la situation, les militants de l’association RESF se sont organisés pour héberger hier soir 2 des familles et placer la 3ème dans un hôtel. Le PCF 82 souhaite donc relayer leur appel aux dons pour payer les frais d’hôtel qui sont engendrés par ce manquement de l’Etat. Nous souhaitons également rappelé à ce dernier que citoyens et militants associatifs n’ont pas vocation, ni les moyens, de se substituer à l’Etat et ses responsabilités.

Pour faire un don, vous pouvez nous contacter directement au 05 63 63 41 41 ou par mail à : pcf.federation82@gmail.com. L’ensemble des dons seront reversés directement à l’association RESF.

Un self flambant neuf pour les élèves de Moissac in DDM

L'extension du réfectoire se veut plus moderne./ Photo DDM, M.B.

L’extension du réfectoire se veut plus moderne./ Photo DDM, M.B.

«Moderne», «grand» et «agréable». Voilà les termes qui ont fusé hier pour décrire le réfectoire de la cité scolaire François Mitterrand de Moissac. Après un an de travaux entre août 2017 et août 2018, les 1 200 élèves de l’établissement ont pu profiter d’un réfectoire flambant neuf et très design. Celui-ci a été officiellement inauguré hier, en présence du vice-président du conseil régional Kamel Chibli, du directeur académique François-Xavier Pestel, du président du conseil département Christian Astruc, de la députée Sylvia Pinel ou encore de l’adjointe à la mairie de Moissac Maïté Garrigues.

Une extension nécessaire

«L’extension de la restauration était devenue nécessaire. La pause déjeuner se doit d’être le plus agréable possible», a noté la proviseure Valérie Mules. Ces travaux avaient pour visée de réduire le temps d’attente des élèves du collège et du lycée, de doubler la surface et d’améliorer l’organisation. Ainsi, les travaux ont permis une extension de 280 m2 de la salle à manger des élèves, un agrandissement de la laverie et de la création d’une deuxième ligne de self. La zone de production des repas a également été rénovée et agrandie pour accueillir de nouvelles chambres froides. Le tout afin de servir chaque jour les repas «plus gros restaurant de Moissac» s’amuse à dire la proviseure de la cité scolaire. «C’est vrai que le self est plus agréable, c’est plus rapide et c’est plus beau», approuvent des élèves, se rappelant que le réfectoire était, avant les travaux, «plus petit et manquait de place. Mais il manque encore un distributeur de plateau pour que ça aille plus vite», nuancent-ils.

Ces travaux, d’un investissement de 2,12 millions d’euros, ont été financés par la région et par le département. «Je suis très heureux de la réussite de cet aménagement conséquent», a noté Kamel Chibli avant de rappeler que la région compte continuer d’accompagner les lycées du département, tandis que la députée Sylvia Pinel s’est vue «heureuse de voir que ces projets de travaux avancent». Ces nouveaux locaux de restauration inaugurés, la proviseure et les élus gardent en tête de prochaines étapes pour l’établissement moissagais : l’extension du lycée pour répondre aux hausses d’inscription, un projet «en cours».


Le chiffre : 750

repas > servis quotidiennement. Chaque jour, ce sont plus de 750 repas qui sont servis dans la cité scolaire de Moissac. Suite aux travaux effectués, le nombre de repas servis va pouvoir augmenter pour accueillir les 1 200 élèves que compte l’établissement, de la sixième au BTS.

HUMA: Amplifier la collecte de dons

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Au cœur d’un puissant mouvement social diversifié dont nos journaux s’attachent à décrypter les enjeux et à favoriser les rassemblements, vous êtes nombreux à répondre à notre appel pour empêcher que le pire n’advienne pour l’Humanité.

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Ces quatre pages présentant les noms des donateurs de ces dernières semaines en témoignent. Nous remercions chacune de celles et de ceux qui se mobilisent. Cette liste montre, s’il en était besoin à toutes et tous, notamment aux pouvoirs publics et aux banques, la force et la vitalité du lectorat de l’Humanité.

Nous avions indiqué un besoin de plus de 2 millions d’euros pour faire face à nos échéances. Aujourd’hui, plus de 10 % de cette somme a été réunie. Nous nous adressons à l’ensemble de la société, aux démocrates, aux parlementaires dans leur diversité, au monde de la culture et des arts, aux penseurs, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire dont nous sommes des partenaires fidèles, au monde de l’économie en général, qui, lui aussi, a intérêt à l’existence du pluralisme de la presse et de l’Humanité, qui souvent témoigne de ce qui travaille nos entreprises, nos quartiers, nos villages, et constitue un indicateur de ce qui se passe dans la société.

Seul un large mouvement pourra empêcher le pire. J’ai en effet eu l’occasion de dire, il y a quelques jours, à quel point l’Humanité est mortelle. Rien ne servirait de se le cacher. Les conditions d’existence des journaux se sont considérablement modifiées sous l’effet du développement numérique, des changements des modes de lecture et d’accès à l’information, sans parler de la non-exposition de nos titres sur les pages d’accueil des grands groupes numériques, contribuant à réduire notre place dans l’espace public alors que le coût d’accès aux lieux de vente oblige à réduire notre exposition physique. Ajoutons que la diminution constante des recettes publicitaires aggrave nos handicaps. Nos recettes diminuent alors que nos prévisions budgétaires pour l’année 2019 indiquent déjà que nos coûts de production et de distribution augmenteront de près de 1 million d’euros. À ceci s’ajoute évidemment l’augmentation constante des coûts de production de la Fête de l’Humanité.

Le combat est toujours plus rude pour faire vivre notre presse et maintenir son indépendance au moment où des groupes industriels et financiers étrangers tentent de faire main basse sur une partie des journaux français. Nous ne pouvons accepter une situation où, sous prétexte de nos difficultés financières, l’Humanité deviendrait par différents artifices une proie pour de telles opérations dans le cadre de ce cannibalisme capitaliste.

Nous appelons donc à susciter un puissant mouvement pour que vive l’Humanité et pour préserver son indépendance. Son utilité doit être valorisée au service du décryptage de l’information, de la mise en débat de la question sociale, de la paix et du désarmement, ou de la recherche de nouvelles voies de transformation sociale, démocratique et écologiste.

Le temps presse. L’engagement pour la pérennisation de l’Humanité passe par la promotion des contenus de nos journaux et de notre plateforme numérique, l’élargissement de leur audience et le gain de lectrices et lecteurs. Dans l’immédiat, il appelle une large collecte de « dons défiscalisés » en mobilisant largement autour de nous, dans nos familles, parmi nos amis ou collègues de travail, par l’organisation d’initiatives de collecte de fonds.

Une nouvelle étape de notre combat s’engage pour réunir les fonds dont nous avons besoin d’urgence.

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Annonces du Président de la République: Quid de la Fonction publique ?

Face aux inégalités grandissantes, au sentiment d’abandon d’une grande partie de la population, il était attendu du Président de la République qu’il apporte des réponses en terme de pouvoir d’achat, du rôle des services publics et d’une fiscalité plus juste afin d’améliorer les conditions de vie de tous les salarié-es, chômeurs, retraité-es et jeunes.S’il répond par 100 euros supplémentaires pour les salarié-es au SMIC, par la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, réactivant ainsi la mesure phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus » avec laquelle la FSU est en désaccord, par l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraites inférieures à 2 000 euros et par une éventuelle prime de fin d’année soumise au bon vouloir des employeurs, le Président est resté silencieux sur d’autres sujets. Continuer la lecture de Annonces du Président de la République: Quid de la Fonction publique ?

Laïcité, non à la révision de la loi 1905

Le 9 décembre est la journée de la laïcité depuis la signature le 9 décembre 1905 de la loi de séparation entre l’Église et l’État, pilier de la République française. Cette année, l’anniversaire se fête sur fond d’inquiétudes avec des projets gouvernementaux de révision de cette loi pour encadrer plus étroitement les mouvements religieux. Les organisations laïques dont la FSU mettent en garde contre des modifications qui fragiliseraient cet équilibre plus que centenaire.

Le communiqué

Des projets de révision de la loi de 1905 seraient à l’étude. S’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les principes et valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé Police des cultes fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entrerait alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir. Les organisations laïques soussignées, réunies le jeudi 22 novembre 2018 à Paris, mettent en garde contre toute modification de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, quelles qu’en soient les voies. Cette loi est un pilier fondamental de la République. Pour assurer à chaque citoyen la liberté de conscience, elle a instauré un juste équilibre entre la garantie du libre exercice des cultes et la neutralité confessionnelle de l’État. Les organisations signataires rappellent donc solennellement l’intangibilité des principes solidairement posés par la loi :

  • Article 1 La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
  • Article 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Elles demandent, par-delà les débats inutiles que suscitent ces projets de révision, que soit déjà et complètement appliquée la loi.

Les sIgnataires:

loi 1905

Édouard Louis « La politique réapparaît comme ce qu’elle est : une question de vie ou de mort »

« Le mot misérabilisme est une stratégie supplémentaire pour faire taire les discours sur la souffrance. Ça veut dire : ferme-là. » Magali Bragard

« Le mot misérabilisme est une stratégie supplémentaire pour faire taire les discours sur la souffrance. Ça veut dire : ferme-là. » Magali Bragard

Gilets jaunes. L’écrivain Édouard Louis analyse cet élan protestataire qui donne de la voix aux couches populaires réduites au silence.

Vous avez diffusé un texte sur les réseaux sociaux qui raconte vos difficultés à écrire sur les gilets jaunes. De quels obstacles s’agit-il ?

Édouard Louis Une violence de classe extrême s’est abattue immédiatement sur ce mouvement social, une violence qui m’a totalement paralysé, et qui, je crois, a paralysé beaucoup de monde. La bourgeoisie et une partie des médias se moquaient des personnes qui chantaient, qui dansaient sur les barrages. Certains journalistes ou « politiques » passaient les images en boucle, ils les postaient sur les réseaux sociaux, et ça les faisait rire. Ils traitaient les gilets jaunes de ploucs, de barbares, ils parlaient d’eux comme ils parlent des bêtes, des enfants, ils les qualifiaient d’irresponsables, de brutes qui détruisent l’économie. Pour moi comme pour beaucoup, le mouvement des gilets jaunes a commencé par des images : des corps d’ouvriers, de personnes précaires, pauvres, des corps presque invisibles en temps normal, détruits par l’exclusion sociale ou le travail, sont apparus.

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Une nouvelle manifestation en musique in DDM

Les lycéens devant le théâtre Olympe de Gouges./ Photo DDM, Manuel Massip
Les lycéens devant le théâtre Olympe de Gouges./ Photo DDM, Manuel Massip

Nouvelle manifestation des lycéens à Montauban hier, toujours en musique. Ils étaient plusieurs centaines, devant le lycée Michelet où seuls les professeurs ont pu rentrer. On comptait des élèves de Michelet, de Bourdelle et de Theas à Montauban. Les lycéens de Moissac et de Castelsarrasin se sont aussi joints au mouvement. L’un des organisateurs de la manifestation a rappelé qu’il voulait une marche pacifique. Les jeunes ont donc défilé, en fanfare dans les rues, s’arrêtant devant la mairie, le théâtre ou encore l’inspection académique.

«On veut plus de moyens pour financer les options artistiques à Michelet», a déclaré Christophe, l’un des représentants des lycéens.

Une délégation de jeunes a été reçue en fin de journée à la permanence de la députée Valérie Rabault pour lui exposer leurs revendications.

VIOLENCES CONTRE LES LYCÉEN.NE.S : « Indigné, le PCF lance un appel aux élu.e.s »

Vendredi, 7 Décembre, 2018
Alors que les manifestations se préparent, que les lycéen.ne.s et étudiant.e.s s’organisent, des images insoutenables ont été diffusées hier sur les réseaux sociaux montrant des lycéen.ne.s entre 15 et 18 ans, genoux au sol et mains sur la tête.
Rien ne justifie l’emploi de telles méthodes. Ces procédés humiliants sont indignes. Le gouvernement doit réagir.
Le PCF lance un appel aux élu.e.s visant à affirmer la nécessaire protection des jeunes face aux violences policières qui se sont multipliées ces derniers jours.
« Le gouvernement déchaîne une violence inouïe contre les lycéens et les lycéennes mobilisés.
A Garges, dans le Loiret, à Bordeaux… tellement, trop de blessés. Des arrestations, des gardes à vue pour un tag comme à Ivry… Le pouvoir perd les pédales et semble chercher la bavure. Nous n’acceptons pas cette instrumentalisation politique. Nous refusons la surenchère violente et sécuritaire voulue par Macron et qui peut conduire au drame.
Ces lycéennes et ces lycéens sont des enfants. Des enfants de la colère, nos enfants après nous, celles et ceux qui savent mieux que personne que si rien ne change, ils seront sacrifiés. Avec l’ultra-sélection de la réforme du lycée, du bac et Parcours Sup, ce n’est même plus un plafond de verre qui les attend mais un plafond de béton. Leurs revendications sont légitimes et justes. Elles défendent l’égalité. Nous les soutenons.
Les lycéens et lycéennes, comme tout citoyen, ont le droit de manifester pour se faire entendre. Ce droit constitutionnel doit être garanti. C’est, en temps normal, le rôle du pouvoir exécutif : garantir les droits fondamentaux dont celui de manifester et assurer le maintien de l’ordre public. Manifestement, le pouvoir exécutif est défaillant. Il explique aux lycéens qu’il ne faut pas manifester, il donne des ordres inacceptables aux forces de l’ordre, il entérine et minimise les violences policières.

Nous refusons de voir la jeunesse maltraitée.

Aux côtés des organisations lycéennes, étudiantes, des fédérations de parents d’élèves, des syndicats enseignants, notre devoir comme élus de la République est de veiller à ce que la protection des jeunes soit assurée. Face à la défaillance de l’État, nous, élus de la République, nous engageons à protéger notre jeunesse. Aux lycénnes et aux lycéens, aux étudiantes et aux étudiants, nous disons : si vous choisissez de manifester, nous serons à vos côtés. Nous serons avec vous devant les lycées et les universités, dans les cortèges. Nous mettrons tout en œuvre pour vous protéger. Vous pouvez compter sur nous.

Nous appelons toutes les élues et tous les élus de la République à garantir le droit de manifester des jeunes scolarisés mobilisés contre la sélection et pour l’égalité.

Nous appelons toutes les élues et tous les élus à ne pas faire d’amalgame entre les lycéens et les casseurs.
Nous appelons l’Etat à ne pas commettre de violences contre nos enfants. »
Parti communiste français