Prix Nobel de la paix: un formidable encouragement (Pierre Laurent)

Le prix Nobel de la paix 2018 remis à Denis Mukwege et à Nadia Murad constitue un encouragement exceptionnel dans la lutte contre les violences faites aux femmes en période de guerre.

Denis Mukwege a consacré sa vie à la défense des victimes de violences sexuelles au Congo. Nadia Murad a été marquée dans sa chair par la tentative de génocide des Yézidis perpétrée par les djihadistes de l’Etat islamique dans le Sinjar en 2014. Comme des milliers d’autres femmes, elle a été réduite aux travaux forcés et à l’esclavage sexuel.

Leur combat est d’une actualité brûlante car les violences se poursuivent au Congo tandis que les Kurdes yézédis subissent les bombardements de l’armée turque. Partout ailleurs les mêmes crimes contre les femmes se poursuivent dans des guerres meurtrières.

Le Parti communiste français félicite les lauréats pour leur courage et leur engagement. Tous deux témoignent de l’urgence de faire prévaloir la paix en toutes circonstances et de faire ainsi de la lutte contre les violences faites aux femmes un combat universel.

L’Aquarius mérite le prix Nobel de la Paix (Francis Wurtz)

(Chronique à paraître dans l’Humanité-Dimanche du 4/10/2018)

Ces jours-ci sera annoncé le nom du lauréat ou de la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2018. L’an dernier, cette éminente distinction fut décernée à la Coalition internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), mouvement dont la magnifique campagne avait été à l’origine de l’adoption -historique !- d’un traité d’interdiction de l’arme atomique par 122 Etats, à l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Comité Nobel s’honorerait à nouveau en attribuant cette année son prestigieux Prix à « l’Aquarius » et à la très méritoire association « SOS Méditerranée », qui affrète depuis 2016 ce bateau de sauvetage grâce auquel plusieurs dizaines de milliers de vies humaines ont pu être sauvées.

Un tel acte hautement symbolique serait d’autant mieux venu que la décision du Panama, sous la pression du gouvernement d’extrême-droite italien, de retirer son pavillon au navire humanitaire, compromet gravement la poursuite de ses missions si aucun pays ne se résout à l’immatriculer. Gageons que l’hommage du Prix Nobel de la Paix donnerait à ces héros des temps modernes un poids décuplé face aux Etats européens, aujourd’hui plus prompts à livrer les migrants aux pseudo « gardes-côtes » -et vrais criminels- libyens qu’à aider à organiser le secours à leurs victimes !

Plus généralement, un tel choix du Comité Nobel allégerait la chape de plomb du discours anti-migrant -tantôt ouvertement xénophobe, tantôt vicieusement ambigüe- qui s’abat depuis des mois sur une opinion publique en plein désarroi. Il aiderait, par exemple, cette majorité absolue de Françaises et de Français, troublés par la campagne ambiante , mais qui conservent une bonne opinion des ONG qui aident les migrants (1) , à reprendre confiance dans les valeurs humaines et à s’engager plus hardiment dans l’action pour les faire vivre au quotidien. « L’Aquarius est un symbole politique -note avec perspicacité un observateur averti de la société française- (…) Il rappelle d’autres bateaux célèbres, comme « l’Exodus », qui transporta en 1947 des juifs rescapés de la Shoah, ou encore « l’Ile de lumière », navire affrété en 1979 pour secourir les boat people en mer de Chine » (2). On pourrait ajouter le cas, odieux et tragique, du « Saint-Louis » , transportant 938 juifs fuyant l’Allemagne en 1939 à destination de l’Amérique, où ils furent refoulés pour être finalement accueillis, après une longue errance, en Hollande, en France et en Grande-Bretagne. Un tiers de ces réfugiés finira dans les camps de la mort…

Vivement un sursaut ! Sinon, nos descendants risquent de nous voir un jour avec le même regard incrédule mêlé de honte que celui que nous portons aujourd’hui sur les « zoos humains » exhibant jusqu’à la seconde guerre mondiale des hommes, des femmes et des enfants « primitifs » ou « sauvages », arrachés à leur terre africaine, sud-américaine ou australienne pour divertir les visiteurs des pays « civilisés ».
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(1) Voir sondage ODOXA (27/9/2018)
(2) Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion de l’IFOP (Le Figaro, 26/9/2018)

Nouvel incendie dans un site de conditionnement de fruits : la piste criminelle privilégiée (in DDM)

Après une nuit passée sur le site, les pompiers continuent ce matin à inonder le hangar carbonisé./ Photo DDM, Max Lagarrigue
Après une nuit passée sur le site, les pompiers continuent ce matin à inonder le hangar carbonisé./ Photo DDM, Max Lagarrigue

Soixante-douze heures après un incendie ayant détruit un bâtiment de 4 000 m2 de la station fruitière Arbia face à l’aérodrome de Gandalou à Castelsarrasin, un autre feu a mobilisé 50 pompiers dans la nuit de lundi à mardi. Un nouveau bâtiment de 4 600 m2 dans lequel sont conditionnés les fruits après leur cueillette a été complètement calciné. Un nouveau sinistre qui laisse de moins en de doute quant à l’origine criminelle de ces départs de feu. Continuer la lecture de Nouvel incendie dans un site de conditionnement de fruits : la piste criminelle privilégiée (in DDM)

Éducation. Menace sur les lycées professionnels

Photo AFP.

Les syndicats de la filière ont appelé jeudi 27 à la grève. Dans leur viseur : le projet de réforme de Jean-Michel Blanquer, qui réduit à la fois les horaires et les besoins en postes tout en accentuant la concurrence avec l’apprentissage.

Parmi les 955 bacheliers – selon les chiffres officiels – toujours sans affectation dans Parcoursup, on dénombre « seulement » 60 titulaires du bac général. Ainsi s’exprimait mardi Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, trahissant le mépris dans lequel sont considérés les bacs technologiques et professionnels. Pourtant, son collègue Jean-Michel Blanquer clame à qui veut l’entendre qu’il veut « revaloriser la voie professionnelle » en la réformant. Pas de bol : c’est justement contre cette réforme que l’intersyndicale (Snuep-FSU, Snep-FSU, CGT Éduc’Action, SUD éducation, Snalc…) de l’enseignement professionnel ont appelé jeudi 27septembre à une journée de grève.

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Appel collectif. Vers une civilisation de la gratuité

Lundi, 1 Octobre, 2018

« Nous voulons que la gratuité soit la condition pour repenser le contenu social, écologique, démocratique du service public dans le but d’en finir avec le capitalisme et son monde. » Ci-dessous l’appel lancé à l’initiative de l’Observatoire international pour la gratuité (OIG) publié dans l’Humanité du 1er octobre 2018 qui rassemble plusieurs dizaines d’acteurs du mouvement social, de chercheurs de différents champs universitaires, de dirigeants et militants politiques, syndicaux et associatifs de la gauche alternative et de l’écologie antilibérale.

Le vieux monde s’achève et ne peut prolonger artificiellement son existence qu’en sacrifiant le climat, les écosystèmes, les communs et plus d’un milliard d’êtres humains. Ce vieux monde crève de la marchandisation systématique de tout ce qui peut l’être. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de politiques ni même de société mais de civilisation. Un autre monde existe déjà autour des expériences de gratuité qui se développent mondialement.

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Libération de Salah Hamouri : « D’abord de la joie, puis de la vigilance » (Pierre Laurent)

C’est d’abord de la joie. Salah est sorti de Prison; De la joie pour sa famille, ses proches, ses ami.e.s, ses camarades. De la joie que je partage avec les communistes, les participant.e.s de la fête de l’Humanité, les militant.e. du mouvement de la jeunesse communiste, des centaines de milliers de jeunes et moins jeunes qui se sont mobilisé.e.s dans tout le Pays pour sa libération.

Après plus de 400 jours de détention administrative, sans jugement ni motif, si ce n’est l’illégitime arbitraire de B. Netanyahou et de son ministre de la défense A. Liebermann, notre compatriote Salah Hamouri a enfin été libéré;
Avocat franco-palestinien, il fait, comme beaucoup d’autres, l’objet d’un harcèlement des autorités israéliennes qui entendent briser les voix qui dénoncent la colonisation, les arrestations et les massacres.

Mais c’est aussi de la vigilance. Salah Hamouri, par son engagement, est un militant de la paix qui doit désormais pouvoir rentrer chez lui à Jérusalem, recouvrer sa complète liberté de circulation et de déplacement, y compris à l’étranger. Aucune entrave ne doit lui être imposée pour pouvoir vivre avec sa famille, sa femme et son fils.

Encouragées par la politique de D. Trump qui a transféré l’ambassade américaine à Jérusalem, supprimé les aides financières à l’UNRAW et aux Palestiniens, la droite et l’extrême droite israéliennes multiplient les lois discriminatoires, amplifiant, par la loi d' »apartheid », le caractère religieux, identitaire et raciste du régime.

Des voix s’élèvent, plus nombreuses, pour dénoncer ceux qui tentent de nier l’existence du peuple palestinien et son droit à disposer d’un Etat.
Après la libération de Salah Hamouri nous appelons à la libération de tous les prisonniers politiques dont Marwan Barghouti. C’est un encouragement à amplifier la solidarité avec le peuple palestinien en constituant un front large, sans exclusive, avec toutes les forces démocratiques qui rejettent l’expansionnisme colonial et l’ultranationalisme.
Aucune paix ne sera possible dans la région sans le règlement de la question palestinienne.

Pierre Laurent,secrétaire national du PCF

Lycée professionnel : devant le rectorat, les enseignants vent debout contre la réforme Blanquer

La réforme Blanquer passe mal auprès des enseignants./ Photo DDM, Thierry Bordas
La réforme Blanquer passe mal auprès des enseignants./ Photo DDM, Thierry Bordas

Ça commence mal pour la réforme du baccalauréat professionnel, présentée en mai dernier par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et baptisée « lycée des métiers », et qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2019. Une réforme qui vise une meilleure insertion professionnelle des lycéens et entend redorer l’image de filière pro, souvent dévalorisée et marquée socialement alors qu’elle concerne près de 700 000 élèves, soit 38 % des lycéens en France.

« La mobilisation est importante »

La Haute-Garonne compte 25 lycées professionnels (72 dans l’académie de Toulouse), ses effectifs sont à la baisse cette année avec 7655 élèves (- 135 par rapport à 2017). Plus de 1130 enseignants sont concernés par la réforme. En début d’après-midi devant le rectorat de Toulouse, près d’une centaine de professeurs de lycée professionnel ont manifesté leur inquiétude, répondant ainsi à l’appel à la grève lancé sur le plan national par plusieurs syndicats enseignants du second degré – CGT Educ’action, Snuep-FSU, du Snep-FSU, Sud Education et le Snalc. Selon ces derniers, « la mobilisation est importante dans les établissements ».

En substance, la réforme Blanquer fait craindre aux enseignants une baisse des heures concernant la pratique professionnelle au lycée et la diminution des heures de cours pour les matières générales (français, langues étrangères) qui impacterait les chances d’obtenir une place de choix dans l’enseignement supérieur. « Ça se conjugue avec Parcoursup et on voit que la grande majorité des élèves qui n’ont pas d’affectation cette année sont issus de la voie pro, explique Corinne Vaulot, professeur de lettres au lycée Françoise de Tournefeuille.

Moins d’heures de cours de matières générales

Si on leur supprime des heures de cours dans les matières générales, comment voulez-vous qu’ensuite ils obtiennent une place en BTS ? Les économistes parlent d’une bipolarisation des emplois et ce qu’on veut c’est une main-d’œuvre qui se retrouvera déqualifiée ». Abdallah Amghar, professeur d’économie-gestion à cheval sur trois établissements cette année, estime que la réforme Blanquer « n’apportera strictement rien de bien ».

« Ça va aggraver nos conditions de travail et celles de nos élèves, poursuit-il. Dix ans après la généralisation du bac pro en trois ans – avant c’était quatre ans –, ça a mécaniquement conduit à une diminution des heures d’enseignement, général et professionnel. Aujourd’hui, la réforme Blanquer va entraîner une baisse des dotations horaires de 30 à 60 % pour des disciplines fortement affectées et une baisse des heures de cours élèves de 10 à 15 %. Comme français, histoire-géo, arts appliqués, langues étrangères. Idem pour les programmes de maths et science. En même temps, on revoit les programmes pour les rendre utilitaristes et enlever toute la dimension culturelle qu’ils contiennent dans la réforme de 2009. »

Plan santé : Les Hôpitaux en « État d’urgence »

Le Président de la République vient d’annoncer des mesures censées redresser l’état catastrophique de la santé dans notre pays, politique dont il porte en partie la responsabilité.

Si la suppression du Numerus Clausus ou de la T2A est une revendication que le PCF porte depuis longtemps, les propositions de Monsieur Macron, sous couvert de modernisation de notre système de santé, ne répondent pas aux besoins des populations et des territoires. Les Hôpitaux sont en État d’urgence.

Dans le plan d’urgence présenté lors de la Fête de l’Humanité, le PCF réclamait l’arrêt des restructurations hospitalières, la création dès 2019 de 100 000 nouveaux emplois hospitaliers pour répondre à la souffrance des personnels et des malades. A la place, le Président annonce, pour toute la France, 4000 postes d’assistants médicaux dans la médecine de ville et rien pour l’Hôpital.

« Notre système de santé ne pêche pas par un sous-financement ». Aberrant quand on sait que tous les clignotants sont au rouge, car l’hôpital public est rongé par l’austérité.

L’Hôpital a besoin de 4 milliards pour simplement maintenir l’offre de soins existante à son niveau actuel. Au lieu de cela Emmanuel Macron nous vend un léger desserrement du verrou de l’ONDAM (objectif national des Dépenses d’Assurance Maladie) de 400 millions d’euros en 2019.

Quant aux EHPAD, à peine évoqués, ils auraient besoin de 100 000 emplois par an pendant 3 ans, d’un plan de formation et d’investissement à la hauteur des enjeux de société que représente le vieillissement de la population.

Ce plan tout en apportant, ici et là, quelques rectificatifs au désastre sanitaire, conséquence des politiques successives, est loin de répondre aux attentes formulées par nos Parlementaires, lors de leur Tour de France des Hôpitaux et des EHPAD.

Le PCF continuera à se mobiliser avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour un système de santé accessible à toutes et à tous sur l’ensemble du territoire.

Le CLIP

Depuis le 10 janvier dernier, les parlementaires communistes, député-es comme sénat-eur-rices, parcourent la France pour aller à la rencontre des personnels hospitaliers. Le constat est sans appel : les personnels sont usés, les services sont en sous effectif, les lits manquent et les moyens sont insuffisants. Nous assistons à une véritable catastrophe sanitaire.

Alain Bruneel, député du Nord, a produit le clip « Etat d’urgence » pour soutenir les luttes du service public de la santé. Un slam écrit et interprété par Ugo Dess.