Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « L’idéal communiste est plus que jamais d’actualité »

« Rétablir l’ISF, supprimer la flat tax, revenir sur les exonérations de cotisations accordées sans contrepartie, c’est possible tout de suite..»  Fabien Roussel. © Lahcène Abib

« Rétablir l’ISF, supprimer la flat tax, revenir sur les exonérations de cotisations accordées sans contrepartie, c’est possible tout de suite..» Fabien Roussel. © Lahcène Abib
 

Toute la semaine, l’Humanité a interrogé les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ». Dernier entretien avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, qui estime possible de « financer tout de suite la reconquête des services publics ».

Le jour d’après la crise sanitaire s’annonce comme celui de la crise économique. Le gouvernement a évoqué d’éventuelles nationalisations, la relocalisation de certaines productions ou encore des dispositifs d’aide. Est-ce à la hauteur ? Quelles politiques proposez-vous pour éviter chômage et précarisation de masse ?

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En douce: L’Education nationale arme les EMS 

Nouveau saut pour l’Education nationale. Un arrêté publié au JO du 9 avril autorise l’Education nationale à armer les Equipes mobiles de sécurité du rectorat de Mayotte. Ils pourront utiliser des matraques téléscopiques et des tonfas, armes de la catégorie D.  Crées dans un but éducatif, les EMS changent de nature et deviennent dans ce rectorat , peut-être ailleurs également prochainement, une police supplétive.

On nous dira que la situation à Mayotte est exceptionnelle. Mais on sait que ce genre de décision essaime. C’est un véritable glissement sécuritaire à l’Education nationale assumé par le ministre.

Dorénavant, comme le dit l’arrêté, « le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse peut acquérir et détenir des matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques téléscopiques et tonfas téléscopiques, relevant de la catégorie D ». Les personnels de l’Education nationale vont-ils bientôt les rencontrer ?

Au JO

Covid 19: La Poste aurait caché l’existence de 24 millions de masques

Un scandale en chasse un autre à La Poste.

Alors que Sud-PTT a assigné l’entreprise en référé pour obtenir une évaluation des risques professionnels, qu’un front syndical large dénonce l’insuffisance des mesures de protection depuis le début de la crise du Covid-19, la pièce numéro 38 du dossier transmise par le groupe dans le cadre de cette procédure judiciaire et que nous nous sommes procurée, confirme que la société est en possession de 486 000 paquets de 50 masques, soit 24 millions 300 unités entreposées au Centre d’approvisionnement de Bris-Compte-Robert (Seine-et-Marne).

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Bac : La fronde des profs de français 

 » Mais qu’arrive-t-il à notre ministre avec le français ? « , demande le collectif Lettres vives, qui regroupe des professeurs de français. Des professeurs de lettres se demandent pourquoi ils sont les seuls à devoir participer à une épreuve en présentiel. Ils jugent aussi l’épreuve inégalitaire et s’interrogent sur leur sécurité sanitaire.

Une méconnaissance de l’épreuve pour l’Afef

« Les élèves n’ont fait que deux trimestres avec des textes difficiles », rappelle Viviane Youx, présidente de l’Afef, une association de professeurs de français. Contactée par le Café pédagogique, elle s’interroge sur la réponse ministérielle qui consiste uniquement à alléger un peu le nombre de textes présentés, 15 en série générale et 12 en technologique. « La plupart des élèves de série générale n’ont vu en classe que 7 à 10 textes avant la fermeture », estime t-elle. « Parler de l’oral en ne mentionnant que le nombre de textes c’est exclure la seconde partie de l’oral où l’élève parle de ses lectures alors que c’est ça qui devrait être au cœur de l’épreuve ». Pour elle pas question de prendre en compte ce qui a été fait durant le confinement tellement les conditions de travail des élèves sont inégalitaires. « A priori si on doit faire un oral on supprime les textes et on le fait sur une lecture des élèves ». Continuer la lecture de Bac : La fronde des profs de français 

Covid 19 et Consommation. Comment la solidarité s’active pour assurer la chaîne alimentaire en cette période de crise

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. » explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. »
explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP
 

En pleine catastrophe sanitaire, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne et les épiceries équitables s’organisent pour ne laisser de côté, ni les producteurs, ni les consommateurs. Exemple en Île-de-France.

À l’heure où la fermeture des marchés et l’arrêt de la restauration collective mettent à mal certains producteurs, structures associatives et entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’organisent pour maintenir leur activité. Même avec quelques ratés, les Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) se montrent particulièrement résilientes dans ce contexte de crise sanitaire, au bénéfice mutuel de ceux qui mangent et de ceux qui font manger. « Nous estimons que 95 % de nos 300 structures ont réussi à maintenir leurs distributions », explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. Pour y parvenir, il a fallu réagir vite. « Dès les premières annonces gouvernementales, nous avons pris les devants et contacté chaque préfecture pour demander l’autorisation de maintenir nos activités. » À chaque fois, les réponses ont été positives. « De notre côté, le maître mot a été de nous réorganiser coûte que coûte, afin de ne pas laisser nos producteurs seuls face à leurs invendus, ni de contraindre nos amapiens à se tourner vers les supermarchés. »

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Défi de la gauche : pour Olivier Besancenot, « une réappropriation collective et publique est à inventer »

Olivier Besancenot (Photo : Christophe Saidi/Sipa)
 

Toute la semaine, l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « Jour d’après ». Entretien avec le porte-parole du NPA, qui plaide pour un « choc de solidarité ».

En quoi la crise que nous traversons démontre la nécessité de rompre avec le système actuel ?

Olivier Besancenot. C’est désormais une question de survie. On pressentait déjà à quel point la phase de mondialisation libérale des 30 dernières années – promesse de stabilité pour les marchés financiers – avait atteint ses limites. Même mondialisé, le capitalisme a fini par faire le tour de la planète. Ce n’est pas un puits sans fond. On l’a vu avec la crise financière de 2008, avec la crise climatique et maintenant avec la crise sanitaire. Le système est confronté de manière dramatique à ses propres contradictions. Mais, pour reprendre la formule de Walter Benjamin, le capitalisme ne mourra jamais de mort naturelle. Tout l’enjeu est de l’y aider. Car le jour d’après peut, si on les laisse faire, être pire que le jour d’avant.

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Guillaume Balas (Génération.s) : L’avenir de la gauche ? « un grand plan d’investissement européen orienté vers les transitions écologiques »

« Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.», Guillaume Balas (Génération.s.) © Julien Jaulin/hanslucas

Entretien. Chaque jour de la semaine à venir,  l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ».  Aujourd’hui, le coordinateur de Génération.s., Guillaume Balas.

De nombreux responsables politiques, syndicaux et associatifs appellent à préparer dès à présent le « monde d’après » la pandémie. Quels chantiers doit ouvrir la crise sanitaire ?

Guillaume Balas. C’est l’ensemble des sociétés humaines telles qu’elles fonctionnent qui doit être remis en cause. Une phase de l’histoire de la mondialisation s’achève. On ne peut plus continuer avec des interconnexions sans contrôle, ni avec un modèle qui étend sans cesse les activités humaines sans respecter les territoires naturels. Mais, nous ne pouvons pas rompre avec le productivisme sans remettre en cause la doctrine néolibérale du libre-échange absolu, voire le modèle capitaliste et son exaltation de la propriété privée comme valeur première. Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques – face à la tentation de l’autoritarisme et du nationalisme –, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.

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Les charognards à l’affût ! Par Patrick Le Hyaric

« En même temps » qu’ils multiplient les éloges sur les personnels de santé des hôpitaux publics, nos gouvernants commandent en douce des rapports qui visent à poursuivre l’asphyxie de notre système de santé public !

(Découvrez la note de la CDC en fin d’article)

Cette haute trahison, cette forfaiture, intervient alors que médecins, infirmiers ou réanimateurs se saignent aux quatre veines pour soigner et sauver des vies en mettant la leur en danger, du fait même des pénuries et négligences gouvernementales. Ce sale coup se prépare dans les arrière-cuisines peu ragoutantes des industries chimiques, des assurances privées, des banques et des cabinets ministériels. Les voici qui affûtent en bande organisée des projets pour tirer parti du drame planétaire et relancer le business capitaliste. Continuer la lecture de Les charognards à l’affût ! Par Patrick Le Hyaric

Covid 19: Le défi de la gauche, construire dès maintenant  le « monde d’après »

(Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP)

(Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP)

Le coronavirus révèle le mur auquel nous ont conduits les politiques libérales. Tout en promettant un « jour d’après » différent, Emmanuel Macron poursuit sur sa lancée. Pour la gauche, il ne faut pas perdre de temps et travailler sur la société dans laquelle nous voulons vivre.

« Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. » La sentence présidentielle, prononcée pour la première fois le 16 mars à l’annonce du confinement, a marqué les esprits. Et pour cause : la crise sanitaire met dramatiquement en pleine lumière les failles béantes creusées par le rouleau compresseur néolibéral, alimentant un système capitaliste enserré dans ses propres contradictions. Hôpitaux et personnel soignant débordés, manque de masques, de gel, de respirateurs, salariés maintenus au travail sans protection adéquate… Emmanuel Macron, saluant, quelques jours plus tôt, les « héros en blouse blanche », a juré que toutes les conséquences de cette crise inédite seront tirées, jusqu’à estimer que des « biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché ».

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Covid 19 – Le bac doit rester un diplôme national : Pas d’instrumentalisation de la crise (PCF)

Aujourd’hui, les annonces gouvernementales sur le baccalauréat confirment l’option du contrôle continu pour l’ensemble des épreuves.

Aux côtés des jeunes, des enseignant.es et des familles, nous serons vigilants sur les conditions de mise en œuvre du contrôle continu. Les commissions mises en place devront faire preuve de souplesse. Au-delà de l’assiduité, il faudra tenir compte des possibilités pour chaque élève d’être là jusqu’au 4 juillet.

Depuis des mois, le ministre Blanquer cherche à imposer une réforme du baccalauréat fondée sur la généralisation du contrôle continu, malgré l’opposition de la communauté éducative. Une telle réforme, associée à la sélection à l’entrée de l’université et à la création de Parcoursup, a des conséquences graves : elle transforme la relation entre les enseignants et les élèves, en remplaçant l’apprentissage par la sélection; elle remet en cause la valeur nationale du baccalauréat et créée un marché de l’éducation dans lequel les établissements et les familles sont mis en concurrence.

En choisissant de faire passer le bac en contrôle continu cette année, Jean-Michel Blanquer cherche à instrumentaliser la crise pour imposer sa politique. D’autres solutions auraient pu être trouvées, garantissant un minimum d’épreuves nationales communes. Depuis deux semaines, nous proposons des programmes réduits, des sujets au choix et le maintien d’épreuves nationales dans une ou deux matières.

En maintenant le calendrier de Parcoursup malgré la situation exceptionnelle, en contraignant les lycéens à faire leurs choix de formations et à constituer leurs dossiers dans des conditions aussi précaires, le gouvernement espère réduire l’accès à l’enseignement supérieur.

La crise sanitaire est en train de devenir une crise éducative. Le gouvernement et le ministre Blanquer en sont responsables.

Par ses mensonges et son mépris, le ministre de l’Éducation nationale a perdu la confiance de la communauté éducative. Il n’est plus l’homme de la situation. Pour restaurer la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système éducatif en temps de crise, il faut d’urgence donner des garanties sur le caractère exceptionnel de l’utilisation du contrôle continu, annoncer le retrait de la réforme Blanquer du baccalauréat et de la sélection à l’entrée de l’université.