Le 12 novembre, pour une offensive politique de grande ampleur

L’existence d’un service public d’éducation dans le cadre d’une fonction d’État est une fameuse épine dans la mise en œuvre d’une politique de libéralisme autoritaire renforcé. Ses principes fondateurs d’égalité et de recherche de l’intérêt commun entrent en contradiction avec les logiques de meilleure rentabilité pour la finance.

Marchandisation, mise en concurrence, précarisation et individualisation… Le service public d’éducation fait l’objet d’attaques multiples et cohérentes.

L’abandon des missions de service public

Les différentes réformes Blanquer / Macron visent toutes à pratiquer un tri social éliminant des études longues, qualifiantes et émancipatrices des milliers de jeunes des classes populaires principalement.

Le champ est ouvert au privé pour occuper les missions éducatives délaissées par l’État, comme on le voit avec la réforme des rythmes scolaires qui aboutit à toujours moins d’école. Et la formation professionnelle se trouve pour l’essentiel confiée au patronat par le biais de l’apprentissage.

La dégradation des conditions matérielles et morales des personnels

La réduction massive du nombre de postes offerts au concours de recrutement, pour privilégier l’embauche de contractuels précarisés et dépendant des hiérarchies locales. Un pas nouveau vient d’être franchi avec la possibilité des démissions encouragées pour passer en contrats privés.

Des salaires en baisse réelle constante, avec la mise en place de système de rémunérations au mérite et indemnisations diverses destinées à encourager la docilité d’exécution des politiques gouvernementales, y compris lorsqu’elles tournent le dos à l’intérêt public, et à mettre en concurrence les personnels.

La remise en cause d’un statut, point de référence et d’appui

Sous couvert d’égalité, toujours pensée par le bas, la remise en cause du statut des fonctionnaires vise à supprimer un point de référence en matière de sécurité d’emploi et de déroulement de carrière. Nous avons tout à y perdre !

La prochaine réforme des retraites est une véritable contre révolution qui frappera de plein fouet les enseignant·e·s : là encore, sous couvert de justice et d’harmonisation, on applique un système dont la seule vertu est d’être une égalité dans l’injustice : on collecte tout au long de la carrière des points dont on sait ce qu’ils coûteront, mais jamais ce qu’ils rapporteront, au rebours du système de salaire de remplacement déterminé à l’avance : de beaux jours en vue pour les assurances privées !

Défendre le statut général des fonctionnaires, c’est défendre le droit de tou·te·s les salarié·e·s, c’est garantir aux usagers l’égalité de traitement et la recherche de l’intérêt général contre les profits privés.
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L’éducation au service d’un projet de société progressiste

Pour faire face aux défis nouveaux que rencontrent nos sociétés, une élévation globale du niveau de connaissance est indispensable. En tant que citoyens mais aussi dans la vie quotidienne et au travail, nous avons besoin de maîtriser des savoirs toujours plus complexes qui exigent d’allonger la formation initiale.

Les élèves sont tous capables, pour peu que l’on donne à l’école les moyens et le temps dont elle a besoin et aux enseignant·e·s la possibilité de reprendre la main sur leur métier. La confiance ne doit pas être qu’un slogan !

Les communistes proposent

Une meilleure formation initiale et continue des enseignant·e·s et la possibilité de développer recherche et travail en équipe.

Un salaire fortement revalorisé et des garanties statutaires pour les personnels, qui les protègent de l’arbitraire et de la soumission aux intérêts locaux, qui les dispensent de recourir aux expédients et évite la concurrence entre collègues.

Une sortie des missions éducatives des logiques de marché, ce qui suppose non seulement l’extinction progressive du privé, mais aussi l’invention de nouveaux services publics du loisir, de la petite enfance…

Des mesures d’incitation aux métiers de l’enseignement, notamment par l’existence d’un prérecrutement.

Une modernisation du service public d’éducation, comprise comme lutte contre les inégalités, notamment territoriales, ambition plus grande pour la formation de tous les jeunes.

Retrouvez le projet des communistes pour l’éducation : « L’école en commun. Pour un projet communiste de transformation du système éducatif ».

 

À Montech comme ailleurs, Pétain doit rester dans les poubelles de l’histoire !

À Montech comme ailleurs, Pétain doit rester dans les poubelles de l’histoire !

La section PCF de Montech et les élus communistes de Montech trouvent regrettable que Mr le maire Jacques Moignard ait conclu son intervention à la cérémonie du 11 novembre en donnant lecture du communiqué du Maréchal Pétain du 11 novembre 1918.

Le Maréchal Petain a été frappé d’indignité nationale suite à sa collaboration avec le régime hitlérien. L’Etat français sous ses ordres a participé à la traque des juifs et des opposants politiques. Nous ne pouvons l’oublier, nous, membres du Parti Communiste Français qui en a payé le prix fort.

N’oublions pas non plus le rôle du Maréchal Pétain lors de la première guerre mondiale qui a fait fusiller les mutins en 1917, ceux-là même qui chantaient la chanson de Craonne, chanson qui a fait l’ouverture de la commémoration.

Section PCF Montech

Élus municipaux communistes de Montech

Glyphosate : démasquer les coupables

Lors d'une manifestation contre le glyphosate à Foix (Ariège), le 17 août. Photo : Remi Gabalda/AFP

Lors d’une manifestation contre le glyphosate à Foix (Ariège), le 17 août. Photo : Remi Gabalda/AFP

En Ariège, on a trouvé des traces de glyphosate dans les urines de cent cinquante volontaires. Ils poursuivent en justice ceux qui ont produit le pesticide.

L’affaire Dewayne Jonhson vs Monsanto l’a montré cet été : la lutte contre les pesticides entend elle aussi faire entendre sa cause par la justice. Y compris en France. En juin dernier étaient déposées, au tribunal de Foix, une série de plaintes pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteintes à l’environnement. Toutes partent d’un constat simple, mais rude : il y a du glyphosate dans nos urines.

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La longue route de l’entrecôte française vers l’empire du Milieu

Les broutards, ces jeunes bovins d’une dizaine de mois, dont les naissances atteignent 4 millions de têtes en France tous les ans. Photo : Jeff Pachoud/AFP

Les broutards, ces jeunes bovins d’une dizaine de mois, dont les naissances atteignent 4 millions de têtes en France tous les ans. Photo : Jeff Pachoud/AFP

Ces dernier jours, tandis que des transporteurs de refusaient de charger durant une semaine des veaux et des jeunes bovins non vaccinés contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), le ministre de l’Agriculture était en Chine pour tenter d’y exporter de la viande de bovins nés et engraissés en France avec une bonne part de soja brésilien. Ainsi va la mondialisation concernant le contenu de nos assiettes. Mais, à défaut d’être une réussite écologique, rien ne prouve  que cette route de l’entrecôte connaîtra le même succès économique que naguère la route de la soie.

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Centenaire du 11 novembre 1918. Commémorer pour penser un autre avenir

Vendredi, 9 Novembre, 2018

De villes en villages, la France s’est replongée dans l’un de ses plus grands traumatismes. Une myriade d’initiatives a permis de porter un regard neuf sur la tragédie inaugurale d’un siècle de fer et de feu. De nombreuses familles ont exhumé leurs archives, et avec elles une mémoire enfouie sous d’épaisses couches de non-dits ou de souvenirs cauchemardesques.

Se souvenir de la Grande Guerre, c’est avant tout rester fidèle au deuil porté dès les lendemains de l’armistice par les millions de combattants et de familles confrontés à l’absurdité du carnage. C’est aussi ne pas oublier que ce sont les peuples qui ont exigé la fin de la mare de sang continentale. En ce sens, l’absence de défilé militaire, le jour anniversaire où les armes se turent, respecte la mémoire de ceux qui perpétuèrent le souvenir du champ d’horreurs.

Se souvenir, c’est également célébrer la paix, transformée sous la pression revancharde en un « entracte dérisoire entre deux massacres de peuples », comme le pressentait Romain Rolland. Cette paix évanouie la veille de la déclaration de guerre avec l’assassinat de Jean Jaurès par la propagande belliciste et chauvine incarnée. Cette paix que le mouvement ouvrier européen aura tentée, bien seul, de préserver.

L’ordre du monde qui accoucha du massacre reposait sur la compétition entre puissances impériales et coloniales, le venin nationaliste distillé et un capitalisme assis sur l’exploitation débridée des travailleurs. Après l’armistice, cet ordre apparut pour ce qu’il était : un immense désordre qui laissait la pulsion de mort envahir les peuples. L’intuition que le monde devait changer de base devenait dès lors nécessité. Dans de nombreux pays, dans les colonies, se levèrent soldats, ouvriers et paysans pour la paix, le pain et la liberté. Des partis communistes essaimèrent partout sur les décombres.

Mais une commémoration dit toujours plus du présent que du passé. Notre pays a fait de grands pas, ces dernières années, en reconnaissant fusillés pour l’exemple et mutins courageux, et le sacrifice des troupes coloniales. En a-t-il autant fait pour conjurer les risques de nouveaux affrontements meurtriers ? Rien n’est moins sûr.

Le président a choisi de donner à cette commémoration une coloration très politique, cheminant sur la ligne de front d’un territoire meurtri par l’Histoire, aujourd’hui sacrifié sur l’autel d’une violente guerre économique, comme le rappelle fort à propos le nouveau prix Goncourt. Le message et les actes d’espoir et de rassemblement attendus se sont transformés en un étrange éloge de Philippe Pétain, pourtant frappé d’indignité nationale et définitivement déchu de ses titres militaires. Son infamie collaborationniste s’est muée en de simples « choix funestes », sous les vivats de l’extrême droite. Propos de division au moment où M. Macron prétend prendre le drapeau de la lutte contre le nationalisme et la xénophobie ici et en Europe… Quelle hypocrisie !

Commémorer, c’est ne jamais oublier qu’aux côtés des paysans bretons ou des ouvriers de Sedan, se trouvaient dans la boue des tranchées nos frères brimés des colonies, les grands-parents de ceux que les autorités européennes et gouvernementales rejettent toujours, parfois même à la mer.

Commémorer, enfin, c’est ne pas oublier ce que l’Europe a pu produire au cours de cette première moitié du XXe siècle. Aujourd’hui, le continent est en proie à de nouveaux spasmes nationalistes qui prospèrent sur la compétition forcenée érigée en dogme par d’iniques traités européens. Les budgets d’armement flambent sur l’ensemble de la planète et la France, désormais arrimée à l’Otan, y contribue grandement en armant les pires dictatures au monde, tout en tournant le dos à l’aspiration majoritairement exprimée aux Nations unies de dénucléariser les arsenaux militaires. Et le président avance l’idée d’une « armée européenne » appelée à s’insérer dans de funestes rivalités de blocs pour soutenir la guerre économique.

Le XXe siècle a été inauguré par la grande boucherie. Jaurès, le fondateur de notre journal, à vouloir la conjurer y laissa la vie. Aujourd’hui, chacun pressent les dangers de la combinaison d’une mondialisation financière sans rivage et d’un national-capitalisme renaissant, accélérant le désastre social et environnemental, les reculs démocratiques, et attisant des tensions internationales potentiellement dévastatrices. Trouver et unir les forces qui ne s’y résolvent pas est sans doute le meilleur moyen d’honorer ce centième anniversaire. Pourquoi n’ouvrirait-il pas débats et actions pour révolutionner la construction européenne, en ouvrant la perspective d’une nouvelle Union des peuples et des nations associés, libres et solidaires ; une Union des peuples à construire avec patience pour la paix et l’intérêt général humain et environnemental ?

Par Patrick Le Hyaric

« Frères obscurs, personne ne vous nomme »

Creil (Oise).

Creil (Oise).
Vendredi, 9 Novembre, 2018

Un demi-million de soldats coloniaux furent mobilisés par la France durant la Première Guerre mondiale, souvent au prix de recrutements forcés. Sur les champs de bataille du Vieux Continent, 15 % d’entre eux périrent.

Enveloppé dans un long manteau noir, appuyé sur une canne, le président Poincaré file droit devant lui, sans un regard pour les troupes qu’il inspecte. Un pas derrière lui, le général de la 6e armée, Charles Mangin, passe en revue d’un air satisfait « ses » troupes d’Afrique, arrivées du Midi. Une colonne d’hommes noirs, qu’on devine transis de froid, présentant leurs armes. La scène fut photographiée le 2 avril 1917, tout près de Fismes, un village de la Marne.

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Pcf. Dernière ligne droite avant un congrès inédit

Photo Julien Jaulin/Hans Lucas.

Photo Julien Jaulin/Hans Lucas.
Vendredi, 9 Novembre, 2018

Ce week-end, les fédérations du PCF commencent à amender le texte de « base commune » de son congrès et à plancher sur l’épineuse question de sa direction.

À quinze jours de son congrès, une cinquantaine de fédérations du PCF planchera ce week-end sur le nouveau texte de « base commune » adopté par les communistes début octobre. Ce vote avait porté en tête un texte « alternatif » à celui proposé par le Conseil national, créant une situation inédite dans l’histoire du PCF. Stratégie politique, direction… ces enjeux devraient à nouveau occuper les échanges ce week-end et ceux de la deuxième vague de congrès locaux, la semaine suivante.

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Emmanuel Macron doit renoncer à sa tentative de réhabilitation de Pétain

Itinérance mémorielle –

Par / 7 novembre 2018

Le groupe CRCE n’accepte pas la tentative de réhabilitation de Philippe Pétain, chef de l’État français de Vichy, par Emmanuel Macron lors d’un déplacement organisé pour célébrer le centenaire de la fin de la Guerre de 1914-1918.
Affirmer aujourd’hui que cet homme fut « un grand soldat », c’est oublier bien vite qu’il fut frappé d’indignité nationale le 15 aout 1945 du fait de sa collaboration active et décisive avec l’occupant nazi, et déchu dans ce cadre de son grade de maréchal.

Emmanuel Macron, dans sa déclaration, se prévaut à nouveau de sa « pensée complexe ». Mais il n’y a rien de complexe dans la place occupée dans l’histoire de France par Pétain.

En 1917, il fut de ceux qui envoyèrent au peloton d’exécution les soldats qui n’en pouvaient plus de cette boucherie effroyable, dépourvue de sens, et refusaient de tirer sur leurs frères des tranchées d’en face.
En 1940, il prit la tête de la soumission au régime nazi et décida, toléra, et couvrit les exactions commises par la police de Vichy et la sinistre milice. Pétain, faut-il le rappeler à monsieur Macron, fut responsable de l’arrestation, puis de la déportation, de dizaines de milliers de Juifs, et participa à la répression sanglante contre la Résistance française.

Emmanuel Macron se trompe d’Histoire, et réécrit son propre roman national. 14-18 est une page terrible de l’histoire de notre pays qui n’épargna pas un village, pas une famille de France. Ce que nous devons célébrer aujourd’hui, c’est la souffrance d’un peuple, son sacrifice et certainement pas un maréchal qui marqua, par la suite, d’infamie l’histoire de notre pays.

Le groupe CRCE demande solennellement au Président de la République, par respect pour ceux qui dans l’ombre ou la lumière, furent les victimes de Philippe Pétain, de revenir sur ces propos et de rétablir la vérité.

Nouvelle-calédonie-kanaky. Malgré la déception, le camp de l’indépendance se renforce

Hier, à Nouméa, la mobilisation reste d’actualité. Les voitures, sur lesquelles flottaient les drapeaux de Kanaky, ont traversé les rues de la ville. Théo Rouby/AFP

Dimanche, à Nouméa, la mobilisation reste d’actualité. Les voitures, sur lesquelles flottaient les drapeaux de Kanaky, ont traversé les rues de la ville. Théo Rouby/AFP

Avec une forte participation (80,63 %), la défaite du oui (43,6 %, contre 56,8 % pour le non) tient à environ 20 000 voix. A contrario, l’île d’Ouvéa penchait nettement pour se séparer de la France, mais l’abstention était en hausse.

La population d’Ouvéa n’a pas communié longtemps hier, après la révélation du résultat du référendum, noté au feutre sur le tableau blanc de la mairie : les ­Calédoniens inscrits pour ce scrutin ont choisi à 56,4 % de rester rattachés à la France. Un score d’autant plus incontestable qu’il repose sur une forte participation, 80,63 % des inscrits s’étant exprimés. Quelques applaudissements épars ont salué la fin d’une journée historique, puis les pick-up, sur lesquels flottaient les grands drapeaux de Kanaky, se sont égaillés sans bruit dans la nuit noire de l’atoll.

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