Ecole et pauvreté : Deux ministres, zéro politique ?

In café pédagogique

Grand moment à l’Assemblée nationale le 7 février. Deux commissions, celle des affaires sociales et celle des affaires culturelles, sont réunies pour une journée entière de travail sur l’école et la pauvreté. Si les interventions des experts, le matin, ont été brillantes, le déplacement de deux ministres, JM Blanquer et A Buzyn, n’a donné lieu à aucune annonce si ce n’est des interrogations sur l’avenir de la scolarisation avant 3 ans et des Rased. Trois ans après la publication du rapport de JP Delahaye, l’effort pour faire réussir les enfants pauvres ne s’incarne que dans les dédoublements des CP et Ce1 de Rep+.

Trois experts

De la journée de débats sur l’école et la pauvreté, l’élément le plus intéressant est sans doute les 3 heures d’interventions des 3 experts invités par les commissions : JP Delahaye, MA Grard et V Decker.

« Notre élitisme n’est pas républicain mais social ». JP Delahaye, auteur d’un rapport très remarqué, n’a pas de mal à montrer que le système éducatif fonctionne au bénéfice des enfants favorisés. Il en donne des exemples marquants. Ainsi les bourses collège dont le montant maximum vient d’être augmenté pour atteindre royalement 450 euros par an. Ou encore le retour à la semaine de 4 jours qui risque de « réduire à néant » le bénéfice des CP dédoublés. Ou encore les dispositifs d’aide aux devoirs dont les crédits varient fortement et sont sans comparaison avec l’accompagnement éducatif des CPGE : 70 millions pour 85 000 élèves. « Une solidarité à l’envers » pour JP Delahaye.

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Idées. L’utopie au présent et en actes

Le 7 février 1478 naissait Thomas More, le père moderne de l’Utopie, critique politique et modèle de société idéale. Aujourd’hui, loin de tout modèle, elle appelle un combat de la démocratie pour disputer le pouvoir au capital.

L’Utopie de Thomas More avait une évidente dimension politique. Sa dénonciation de la condition des paysans britanniques garde toute sa force et pourrait s’appliquer encore à nombre de régions dans le monde. Pourtant, les procès faits à l’idée même d’utopie ne manquent pas. Ou bien elle est le fait de doux rêveurs installés sur la Lune ou sur leur lopin de terre bio, ou bien elle vire nécessairement au cauchemar totalitaire. Les deux, d’ailleurs, pouvant aller de pair. Les rêveurs, quand ils arrivent au pouvoir, ne peuvent que devenir des tyrans. C’est évidemment l’argumentaire opposé à l’idée communiste, malheureusement conforté par la faillite matérielle et idéologique de ce qui en a tenu lieu au XXe siècle. Mais, plus largement, la critique porte sur tout projet visant à transformer le monde ou à changer la vie, pour reprendre les termes respectifs de Marx et de Rimbaud. On a même vu se développer, au milieu des années 1970, quand se profilait l’ère ultralibérale de Reagan et Thatcher, l’idée que la raison elle-même, depuis Aristote en passant par Descartes et la Révolution française, était grosse de la terreur et des dictatures. Ce n’est pas fini et, sous des formes diverses, qui concernent aussi bien Donald Trump qu’Emmanuel Macron et bien d’autres, la marée conservatrice continue à gagner du terrain autour d’une idée à maints égards dominante : il n’y a pas d’alternative au système.

Quand bien même on fait mine de déplorer les effarantes inégalités que l’on connaît, quand on s’inquiète pour l’environnement ou que l’on questionne le pouvoir démesuré des géants de la nouvelle économie, en termes financiers comme en termes de contrôle exercé sur les individus, devenus à la fois les usagers et le produit, la marchandise, la valeur d’échange des réseaux sociaux.

Paradoxalement, cette nouvelle économie semble aujourd’hui prendre pour une part la place de l’utopie. La lutte des classes étant décrétée morte, place à la start-up où se tutoient leaders et collaborateurs en manches de chemise. Le PDG du groupe géant Sodexo se déclare proche de l’écologiste Pierre Rabhi… On feint d’oublier qu’il existe toujours dans tous les pays des millions d’ouvriers. Place aux travailleurs libres que sont les jeunes chauffeurs Uber, au libre partage des réseaux Airbnb. Les anciens hippies de San Francisco sont devenus les cerveaux de la Silicon Valley en étant persuadés d’avoir inventé un nouveau monde. Ils ont alimenté les fortunes les plus colossales de toute l’histoire humaine en étant, tout autant que les anciens prolétaires, dépossédés des fruits de leur travail, ayant simplement oublié au passage que, là ou il y a du capital, il y a des capitalistes, et que ce sont eux les décideurs.

Mais, précisément, le capitalisme d’aujourd’hui s’appuie, consciemment ou non, sur le rejet des anciennes formes de l’exploitation, sur des aspirations grandissantes à la liberté, au « libre épanouissement des facultés créatrices de chacun », selon les mots de Marx. Y compris dans nombre d’entreprises traditionnelles, avec les formes nouvelles du management participatif, collaboratif ou de quelque nom qu’on l’appelle. En d’autres termes, le capitalisme d’aujourd’hui utilise à son profit les moteurs même de l’utopie. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, ce sont sans doute les mêmes aspirations que l’on retrouve dans nombre d’expériences contestant les modes de vie et de consommation actuelle, mais, aussi bien, avec une conscience aiguë de l’urgence de vivre autrement et de changer le cours des choses, avec des mouvements comme les Indignés, Occupy Wall Street, Nuit debout, probablement ce qu’on a appelé les printemps arabes… L’utopie court dans les consciences plus que jamais, sans doute, mais pour partie à cloche-pied.

L’Utopie se voulait critique politique et modèle d’une société idéale. Il faut faire notre deuil des modèles, s’il y en eu. Il y a à inventer des pratiques nourries des multiples expériences, qui veulent imprimer un nouveau cours aux choses, utilisant précisément en les retournant comme une nouvelle terre les champs du numérique, de la gestion des entreprises ou des collectivités, mais avec la claire conscience qu’il s’agit bien aussi de pratiques et de luttes politiques. L’utopie appelle un combat permanent de la démocratie, à tous les niveaux, pour disputer le pouvoir au capital et à son personnel politique. Elle est ce combat démocratique même, au présent.

Maurice Ulrich
journaliste

Livre. « La guerre des métaux rares » anticipe un monde de pénurie

Près de la ville de Baotou (Chine), capitale de l'extraction des métaux rares. Photo : Ed Jones/AFP

Près de la ville de Baotou (Chine), capitale de l’extraction des métaux rares. Photo : Ed Jones/AFP

Publié en janvier 2018, le livre de Guillaume Pitron (1) arrive à point nommé pour mettre un peu de plomb dans la cervelle des décideurs politiques et économiques qui oublient trop facilement que la « transition écologique » tournée vers la production d’énergies renouvelables est aussi lestée d’un important bilan carbone en amont. Il nous prévient aussi que la pénurie de métaux rares en sera l’étape suivante.

La guerre des métaux rares de Guillaume Pitron

éditions Les liens qui libèrent , 296 pages , 20€
Ce livre arrive au bon moment. Beaucoup de gens gagneraient à le lire à commencer par les décideurs politiques quelque soit leur niveau de responsabilité, tant ils ont des choses à apprendre pour réapprendre à devenir cohérents. Cela est vrai aussi pour les décideurs économiques, voire parfois pour leurs interlocuteurs syndicaux, sans oublier le grand public. L’ouvrage de Guillaume Pitron nous donne une idée de ce que seront les prochaines décennies sur une planète déjà fortement marquée par le réchauffement climatique.
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Énergie. Chez Enedis, l’emploi trinque pour muscler EDF

La CGT a révélé la suppression de 2 000 postes en deux ans, sur les 38 507 existants, une modération salariale, ainsi qu’une remise en cause de la plupart des accords sociaux. Photo : Georges Gobet/AFP

La CGT a révélé la suppression de 2 000 postes en deux ans, sur les 38 507 existants, une modération salariale, ainsi qu’une remise en cause de la plupart des accords sociaux. Photo : Georges Gobet/AFP

La CGT alerte sur le plan d’économies et de suppression de 2 000 postes imposé à l’ex-ERDF par sa maison mère, en mal de cash pour tous ses projets.

EDF a besoin d’argent, de beaucoup d’argent, pour mener à bien les chantiers colossaux que son principal actionnaire, l’État, lui a fixés. En plus d’être devenu, le mois dernier, actionnaire à 75 % des activités réacteurs nucléaires d’Areva, valorisées à 2,47 milliards d’euros, le champion tricolore de l’électricité doit débourser 51 milliards d’euros d’ici à 2025 afin de prolonger l’existence de ses 58 réacteurs et, en sus, débloquer deux tiers des 21 milliards d’euros nécessaires à la construction des deux réacteurs EPR d’Hinkley Point, en Angleterre. Endetté à hauteur de 35 milliards d’euros et affaibli par les actuels prix bas de l’électricité en Europe, EDF puise donc allégrement dans les coffres de ses filiales.

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PCF. C'est le moment !

« C’est le moment de notre propre révolution pour hisser le PCF à la hauteur des défis de notre temps ». Texte collectif de Jeunes dirigeant.e.s et élu.e.s du PCF
Comme nous y invite notre congrès, nous prenons ensemble la parole pour porter une haute ambition : poser les bases d’un communisme du XXI°siècle et révolutionner notre parti, sa stratégie, son organisation.
Cela implique de faire lucidement le bilan de nos difficultés pour les dépasser. Soyons francs : malgré toute l’énergie des militant.e.s et des élu.e.s communistes, malgré toutes les initiatives prises pour répondre aux intérêts populaires, notre parti perd pied dans la vie politique nationale. Notre recul de plusieurs centaines de milliers de voix aux dernières élections législatives et le caractère inaudible de nos décisions nous conduisent à une marginalisation que la recomposition politique en cours peut rendre durable. Comme une majorité de communistes, nous ne nous y résignons pas. Continuer la lecture de PCF. C'est le moment !

Septfonds : l’histoire ne peut être souillée

Fin décembre, la préfecture de Tarn et Garonne vient d’autoriser l’extension de la taille d’une exploitation agricole qui produira annuellement plus de 6000 porcs charcutiers … sur le site attenant au camp de Jude, où, à partir de 1939, furent internés 30 000 personnes, majoritairement réfugiés espagnols ayant combattu Franco durant la guerre d’Espagne mais aussi des soldats de l’armée polonaise ainsi que des civils juifs.

Dans ce camp de concentration, qui ne dit pas son nom, des êtres humains ont perdu la vie.

Un Mémorial a été aménagé en 1996 et a été inscrit sur la liste des Monuments et des Sites du Patrimoine national en septembre 2011.

Les communistes de Tarn et Garonne s’opposent fermement à un tel projet. Des hommes et des femmes ont lutté contre le fascisme au péril de leur vie afin que les générations  leur succédant puissent vivre dans un monde de démocratie et de liberté où les valeurs de paix ne seraient pas un vain mot. Ce lieu chargé de leur histoire, de notre histoire commune ne peut  et ne doit pas être souillé par cet élevage.

Il est indigne de la part des élus de Septfonds d’avoir voter un projet tel que celui-ci. Quel cynisme de leur part ! Quel affront pour toutes celles et ceux qui ont combattus le fascisme.

Aucun intérêt privé quel que soit sa nature ne peut laminer l’histoire et les lieux de mémoire.

Agriculture : « JackPac » pour les plus gros…

 
C’est un véritable camouflet pour la très grande majorité des agriculteurs de notre département et d’ailleurs que de lire les montants des aides PAC européennes qui sont versées dans notre département.
Nous l’avons souvent dit, les subventions ne peuvent et ne doivent plus être les principales sources de revenus pour les exploitants, les éleveurs et les arboriculteurs de nos campagnes.
En effet, et nous le réaffirmons, c’est de la culture ou de l’élevage reconnu a son juste niveau de rémunération que les paysans doivent tirer leurs revenus et vivre décemment avec leur famille. Le système capitaliste subventionnés en a décidé autrement, enfermant les exploitations dans la spirale d’un productivisme sans cesse grandissant qui demande force de pesticides et d’engrais payés au prix forts, endettant plus encore celles et ceux qui triment pour un salaire de misère, quand ce dernier existe.
Or nous le constatons à la lecture du site gouvernemental (Période Octobre 2015-Octobre 2016) « TELEPAC, Publication des bénéficiaires d’aides PAC », il y a subvention et « subvention ». Ainsi la lecture des fichiers est édifiante, en Tarn et Garonne, les sommes vont de 172,83 à 4 482 959,02 euros (BLUE WHALE à Montauban pour une aide aux fruits et légumes…).
Et elles sont nombreuses les sociétés d’importance qui engrangent des aides comme à Moissac la COOPERATIVE FRUITIERE QUERCY GASCOGNE avec 447 414,71 ou BOYER SA avec 997 793,92 pour des melons calibrés au plus juste, les autres finissant dans le digesteur local à méthanol ou alors broyés dans les champs, quand ce n’est pas à la déchetterie pour le déplaisir des riverains. Dans le secteur des fruits avec 308 304,25 la SICA SARL QUERCY LOMAGNE de Castelsarrasin devient presque le parent pauvre du secteur fruitier.
Où sont donc l’équité et la justice dans cette profusion de millions dispersés ?
Car à n’en pas douter, les retombées locales sont loin d’être évidente : poursuite du salariat saisonnier, précarisé et smicardisé, absence d’impôts sur les sociétés car les plus gros sont en coopérative aux mains de syndicats de gestion proche de certain parti politique locaux, absence de transparence quant à l’utilisation de ces fonds…
Alors que d’un côté, des agriculteurs expriment leur colère dans des conditions parfois contestables, de l’autre ceux qui les exploitent en achetant leur production ou en louant leurs terres à cultiver se « gavent » de subventions sans que pour autant les premiers en bénéficient en retour. Il est temps que nous nous engagions dans un cercle vertueux avec plutôt des aides à la transformation des terres brulées par les pesticides et nitrates en terres compatiblement BIO avec des productions permettant aux exploitants de vivre dignement. Ces derniers jours, il ne nous semble pas avoir entendu les dirigeants médiatisés d’un syndicat agricole œuvrer dans ce sens-là…
Qui a dit que ce monde est injuste ?
Maximilien Reynès-Dupleix, secrétaire de la Section PCF Castelsarrasin/Moissac.

La France doit s’opposer à la relance de la course aux armements nucléaires décidée par Trump

A travers la nouvelle politique nucléaire des Etats-Unis (2018 Nuclear Posture Review) dévoilée par la presse américaine le 2 février dernier, l’administration Trump entend relancer la course aux armements nucléaires via la construction de nouvelles armes nucléaires tactiques destinées à être utilisées pour des objectifs limités. Ces bombes dites « mini-bombes » ont une puissance égale ou supérieure aux bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki.

La décision de Trump est irresponsable, provocatrice et fait courir à l’humanité entière le grave danger d’utiliser à nouveau des bombes atomiques.
Irresponsable car elle intervient après l’adoption par les Nations unies en juillet 2017 d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Celui-ci rappelle l’illégalité de ces armes et prévoit leur élimination en application de l’article 6 du traité de non-prolifération.Provocatrice car elle est annoncée le jour même où entre en vigueur le traité (New Start) signé avec la Russie en 2010 sur la réduction des armes stratégiques qui sont encore au nombre de 18 000 dans le monde.

Le PCF attire l’attention sur la gravité de ce projet et appelle toutes les personnes de bonne volonté à s’opposer à cette politique.
Le PCF demande que la France s’engage contre la course aux armements nucléaires relancée par Trump.
Elle s’honorerait à s’investir sur la scène internationale en impulsant une nouvelle politique étrangère et de sécurité au service de la paix et du désarmement.
Pour commencer, la France doit renoncer à la prétendue « modernisation » de son arsenal nucléaire dont le coût minimum est évalué à 6 milliards d’euros par an.
Elle doit également signer et ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires, qui a été adopté par 122 Etats et déjà ratifié par 53 d’entre eux. Ainsi, le PCF entend prendre toute sa place dans la campagne lancée en France et dans le monde pour que le traité soit ratifié par le plus grand nombre d’Etats possible et appelle à signer la pétition nationale!

Patrick Artus « Marx avait raison » : l’avertissement d’un économiste libéral

Un trader à la Bourse de New York, le 6 octobre 2008, ap  rès la chute de 10  000 points du Dow Jones, qui a été le point de départ de la crise. Timothy A. Clary / AFP

Un trader à la Bourse de New York, le 6 octobre 2008, ap  rès la chute de 10 000 points du Dow Jones, qui a été le point de départ de la crise. Timothy A. Clary / AFP

Si les capitalistes utilisent la spéculation et réduisent les salaires, c’est, explique l’économiste de la banque Natixis Patrick Artus, pour contrer la baisse tendancielle du taux de profit décrite par Marx. Au risque de déstabiliser l’économie tout entière et de la faire basculer dans la crise.

Personne ne s’attendait à ce que l’offensive vienne de ce côté-là de la barricade. Encore moins du cœur même du capital financier.

« La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Marx », donne pour titre à sa dernière note pour la banque Natixis l’économiste Patrick Artus. Graphiques à l’appui, celui-ci entend démontrer la réalité décrite par Marx de l’une des contradictions fondamentales du capitalisme et aussi l’un de ses moteurs, connue sous le nom de « baisse tendancielle du taux de profit ».

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Malgré de nombreuses vocations, l’engagement local fragilisé

« Excès de paperasserie, technicité et lourdeur des dossiers, difficulté à concilier vie de famille, vie professionnelle et mandat municipal  », autant de motifs invoqués par ceux qui ont rendu leur fauteuil ou qui ne comptent pas se représenter au prochain scrutin. Olivier Coret/divergence

« Excès de paperasserie, technicité et lourdeur des dossiers, difficulté à concilier vie de famille, vie professionnelle et mandat municipal », autant de motifs invoqués par ceux qui ont rendu leur fauteuil ou qui ne comptent pas se représenter au prochain scrutin. Olivier Coret/divergence

Démocratie locale. À mi-mandat, certains élus municipaux font le choix de démissionner ou de ne pas se représenter. Davantage qu’une crise des vocations, le symptôme d’un système politique local qui, entre austérité et réagencement institutionnel, se modifie en profondeur.

Si l’élu du Morbihan, Pascal Gilbert, évoque des problèmes relationnels, il ne fait pas mystère de capacités budgétaires de plus en plus restreintes et d’une technicité sans cesse plus exigeante. « Autour de moi, de nombreux élus songent d’ailleurs à jeter l’éponge ou à ne pas se représenter aux prochaines élections. » Ailleurs en France, la presse régionale se fait aussi régulièrement l’écho de démissions dans les exécutifs municipaux. Pour autant, peut-on parler de crise de la vocation chez les élus locaux ?

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