Les couturières bénévoles de Montauban ont déjà produit 3 000 masques

l’essentiel Trois semaines après le lancement de leur initiative sur les réseaux sociaux, le groupe « Des Masques pour Montauban » compte 43 couturières.

En temps normal, Marion aurait bien profité de ses vacances scolaires. Elle avait même prévu de randonner, cette semaine, sur le chemin de Stevenson, à travers les Cévennes. Mais alors que le pays est touché par l’épidémie de coronavirus, cette professeur de physique et chimie du collège Olympe-de-Gouges, à Montauban, a dû revoir tous ses plans. Elle a ainsi troqué les copies et ses chaussures de randonnée contre la machine à coudre et le fer à repasser. Confinée dans sa maison qui donne sur le très beau vallon de la Mandoune, à Montauban, elle passe ses journées à confectionner des masques, qu’elle distribue ensuite à ceux qui en ont besoin.

Marion Léon s’est lancée dans cette aventure solidaire le jeudi 19 mars, deux jours après le déclenchement du confinement.

Déjà membre de l’association féminité sans-abri, dont l’objectif est de venir en aide aux femmes sans domicile fixe en leur apportant des produits d’hygiène, l’enseignante a créé, avec une poignée d’autres bénévoles, un groupe Facebook baptisé « Des masques pour Montauban » qui revendique désormais 300 abonnés, notamment une petite armée de 43 couturières bénévoles de Montauban et de Tarn-et-Garonne.

Infirmiers, aides-soignants, personnels des Ehpad (établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes), le groupe a déjà fourni la bagatelle de 3 000 masques depuis le 19 mars au personnel soignant mais aussi à des éducateurs, des caissières de supermarché ou des artisans. » L’équipement de protection est alors fabriqué en tissu, en respectant les recommandations préconisées par l’Afnor (association française de normalisation). « Le masque est confectionné à partir de deux couches de tissu, en laissant une fente au milieu pour permettre à l’utilisateur d’y glisser un mouchoir, une compresse ou encore mieux, une lingette dépoussiérante électrostatique qui, selon les spécialistes, se rapproche le plus du masque chirurgical », explique la professeure de physique et chimie. Elle en profite pour remercier aussi le pressing de Sapiac « qui lave gratuitement les draps et les t-shirts que l’on récupère. »

Les couturières bénévoles ont déjà produit 3 000 masques
Les couturières bénévoles ont déjà produit 3 000 masques

Comment les masques sont-ils ensuite livrés ?

« Nous avons des transporteurs, que l’on appelle, dans le groupe, les passeurs. Ils sont chargés de livrer les masques… devant les portes des bénéficiaires. Chez moi, par exemple, je regroupe pas mal de commandes et c’est devenu un véritable drive-in où les passeurs viennent se servir », explique encore Marion.

Bien évidemment, « toute notre démarche est solidaire et gratuite. Les masques sont gratuits. On a des entreprises qui veulent nous les payer, mais on a refusé de recevoir de l’argent, même pour acheter du matériel. S’ils veulent faire à tout prix une bonne action on les dirige vers des dons toujours possibles à des associations comme Féminité sans-abri, Emmaüs 82 ou le Secours populaire. »

En somme, ces masques n’auraient que des vertus. « Les couturières sont toutes très heureuses et très fières de participer à cette opération d’entraide. Cela favorise en plus le lien social en cette période d’isolement et de confinement. »

Une association voit le jour

Le succès est tel que le groupe Facebook baptisé « Des Masques pour Montauban » se transforme en association. « ça officialise la démarche. On a désormais un statut », expliquent les responsables. Membre de la première heure, Cécile Roblin sera la présidente de l’association qui au-delà des masques, confectionne aussi des blouses pour les soignants. « Je porte ici une blouse cousue par Jacky Benassac pour les sages-femmes libérales du Tarn-et-Garonne. »

Thierry Dupuy

Covid 19: Disparition. Liliane Marchais est décédée

Une femme remarquable que j’ai eu l’honneur de rencontrer à plusieurs reprises à Champigny. Je me souviens d’un réveillon à Arcueil avec elle et Georges en décembre 1978… Je logeais alors chez les Penvern! Au revoir Liliane, au revoir Madame…
Maximilien (en deuil)
Georges et Liliane Marchais à la fête de l'Humanité. Photo AFP

Georges et Liliane Marchais à la fête de l’Humanité. Photo AFP
 

La figure du parti communiste, ancienne dirigeante du Val-de-Marne, épouse de Georges Marchais, est décédée à l’âge de 84 ans des suites du Covid-19.

Liliane Marchais est une figure familière pour le peuple de France et le monde ouvrier. Son visage et son parcours incarnent ce pays, son parti communiste. « Comme tous ceux qui l’ont rencontrée, je me souviendrai toujours de ses yeux bleus, de son sourire toujours présent et de ses éternelles Gitane aux lèvres, comme de la sagesse et de la camaraderie qu’elle apportait dans toutes ses rencontres. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF (voir son message ci-dessous) a annoncé publiquement ce jeudi 9 avril la disparition de l’ancienne dirigeante communiste du Val-de-Marne à l’âge de 84 ans. Issue d’une famille ouvrière, la jeune Liliane Grelot, titulaire du certificat d’études primaires et d’un CAP, entre comme ouvrière câbleuse (d’abord gainière elle deviendra contrôleuse) à la CSF de Malakoff.  Elle s’identifie alors pleinement à la classe ouvrière de la première ceinture de la « banlieue rouge » parisienne. Elle est une fille de la « Jeune garde ».
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L’air est pur, vraiment ? En pleine épidémie, la pollution issue des épandages agricoles pourrait s’avérer très nocive…

Le printemps, c’est la saison des premières récoltes, mais aussi des épandages : herbicides, pour limiter les « mauvaises » herbes, et engrais, pour fertiliser les sols. (Photo : Jean-François Monier/AFP)

Le printemps, c’est la saison des premières récoltes, mais aussi des épandages : herbicides, pour limiter les « mauvaises » herbes, et engrais, pour fertiliser les sols. (Photo : Jean-François Monier/AFP)
 

Malgré une chute spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, issues du trafic routier, le territoire est balayé par une pollution aux particules fines. À Strasbourg, à Paris ou en Bretagne, les premiers pics ont été signalés le 28 mars. Le collectif Air Santé Climat demande à l’État de limiter les épandages pour lutter contre le Covid-19, en plein confinement. Des pratiques qui posent aussi la question du mode de production.

Depuis deux semaines, les mesures de l’air voient rouge. Que se passe-t-il ? « Ces pollutions sont classiques à cette période. Ces particules fines sont majoritairement d’origine agricole », explique Thomas Bourdrel, médecin radiologue à Strasbourg et cofondateur du collectif Air Santé Climat.

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Fabien Roussel, secrétaire national du PCF : « L’idéal communiste est plus que jamais d’actualité »

« Rétablir l’ISF, supprimer la flat tax, revenir sur les exonérations de cotisations accordées sans contrepartie, c’est possible tout de suite..»  Fabien Roussel. © Lahcène Abib

« Rétablir l’ISF, supprimer la flat tax, revenir sur les exonérations de cotisations accordées sans contrepartie, c’est possible tout de suite..» Fabien Roussel. © Lahcène Abib
 

Toute la semaine, l’Humanité a interrogé les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ». Dernier entretien avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, qui estime possible de « financer tout de suite la reconquête des services publics ».

Le jour d’après la crise sanitaire s’annonce comme celui de la crise économique. Le gouvernement a évoqué d’éventuelles nationalisations, la relocalisation de certaines productions ou encore des dispositifs d’aide. Est-ce à la hauteur ? Quelles politiques proposez-vous pour éviter chômage et précarisation de masse ?

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En douce: L’Education nationale arme les EMS 

Nouveau saut pour l’Education nationale. Un arrêté publié au JO du 9 avril autorise l’Education nationale à armer les Equipes mobiles de sécurité du rectorat de Mayotte. Ils pourront utiliser des matraques téléscopiques et des tonfas, armes de la catégorie D.  Crées dans un but éducatif, les EMS changent de nature et deviennent dans ce rectorat , peut-être ailleurs également prochainement, une police supplétive.

On nous dira que la situation à Mayotte est exceptionnelle. Mais on sait que ce genre de décision essaime. C’est un véritable glissement sécuritaire à l’Education nationale assumé par le ministre.

Dorénavant, comme le dit l’arrêté, « le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse peut acquérir et détenir des matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques téléscopiques et tonfas téléscopiques, relevant de la catégorie D ». Les personnels de l’Education nationale vont-ils bientôt les rencontrer ?

Au JO

Covid 19: La Poste aurait caché l’existence de 24 millions de masques

Un scandale en chasse un autre à La Poste.

Alors que Sud-PTT a assigné l’entreprise en référé pour obtenir une évaluation des risques professionnels, qu’un front syndical large dénonce l’insuffisance des mesures de protection depuis le début de la crise du Covid-19, la pièce numéro 38 du dossier transmise par le groupe dans le cadre de cette procédure judiciaire et que nous nous sommes procurée, confirme que la société est en possession de 486 000 paquets de 50 masques, soit 24 millions 300 unités entreposées au Centre d’approvisionnement de Bris-Compte-Robert (Seine-et-Marne).

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Bac : La fronde des profs de français 

 » Mais qu’arrive-t-il à notre ministre avec le français ? « , demande le collectif Lettres vives, qui regroupe des professeurs de français. Des professeurs de lettres se demandent pourquoi ils sont les seuls à devoir participer à une épreuve en présentiel. Ils jugent aussi l’épreuve inégalitaire et s’interrogent sur leur sécurité sanitaire.

Une méconnaissance de l’épreuve pour l’Afef

« Les élèves n’ont fait que deux trimestres avec des textes difficiles », rappelle Viviane Youx, présidente de l’Afef, une association de professeurs de français. Contactée par le Café pédagogique, elle s’interroge sur la réponse ministérielle qui consiste uniquement à alléger un peu le nombre de textes présentés, 15 en série générale et 12 en technologique. « La plupart des élèves de série générale n’ont vu en classe que 7 à 10 textes avant la fermeture », estime t-elle. « Parler de l’oral en ne mentionnant que le nombre de textes c’est exclure la seconde partie de l’oral où l’élève parle de ses lectures alors que c’est ça qui devrait être au cœur de l’épreuve ». Pour elle pas question de prendre en compte ce qui a été fait durant le confinement tellement les conditions de travail des élèves sont inégalitaires. « A priori si on doit faire un oral on supprime les textes et on le fait sur une lecture des élèves ». Continuer la lecture de Bac : La fronde des profs de français 

Covid 19 et Consommation. Comment la solidarité s’active pour assurer la chaîne alimentaire en cette période de crise

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. » explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. »
explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP
 

En pleine catastrophe sanitaire, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne et les épiceries équitables s’organisent pour ne laisser de côté, ni les producteurs, ni les consommateurs. Exemple en Île-de-France.

À l’heure où la fermeture des marchés et l’arrêt de la restauration collective mettent à mal certains producteurs, structures associatives et entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’organisent pour maintenir leur activité. Même avec quelques ratés, les Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) se montrent particulièrement résilientes dans ce contexte de crise sanitaire, au bénéfice mutuel de ceux qui mangent et de ceux qui font manger. « Nous estimons que 95 % de nos 300 structures ont réussi à maintenir leurs distributions », explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. Pour y parvenir, il a fallu réagir vite. « Dès les premières annonces gouvernementales, nous avons pris les devants et contacté chaque préfecture pour demander l’autorisation de maintenir nos activités. » À chaque fois, les réponses ont été positives. « De notre côté, le maître mot a été de nous réorganiser coûte que coûte, afin de ne pas laisser nos producteurs seuls face à leurs invendus, ni de contraindre nos amapiens à se tourner vers les supermarchés. »

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Défi de la gauche : pour Olivier Besancenot, « une réappropriation collective et publique est à inventer »

Olivier Besancenot (Photo : Christophe Saidi/Sipa)
 

Toute la semaine, l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « Jour d’après ». Entretien avec le porte-parole du NPA, qui plaide pour un « choc de solidarité ».

En quoi la crise que nous traversons démontre la nécessité de rompre avec le système actuel ?

Olivier Besancenot. C’est désormais une question de survie. On pressentait déjà à quel point la phase de mondialisation libérale des 30 dernières années – promesse de stabilité pour les marchés financiers – avait atteint ses limites. Même mondialisé, le capitalisme a fini par faire le tour de la planète. Ce n’est pas un puits sans fond. On l’a vu avec la crise financière de 2008, avec la crise climatique et maintenant avec la crise sanitaire. Le système est confronté de manière dramatique à ses propres contradictions. Mais, pour reprendre la formule de Walter Benjamin, le capitalisme ne mourra jamais de mort naturelle. Tout l’enjeu est de l’y aider. Car le jour d’après peut, si on les laisse faire, être pire que le jour d’avant.

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Guillaume Balas (Génération.s) : L’avenir de la gauche ? « un grand plan d’investissement européen orienté vers les transitions écologiques »

« Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.», Guillaume Balas (Génération.s.) © Julien Jaulin/hanslucas

Entretien. Chaque jour de la semaine à venir,  l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ».  Aujourd’hui, le coordinateur de Génération.s., Guillaume Balas.

De nombreux responsables politiques, syndicaux et associatifs appellent à préparer dès à présent le « monde d’après » la pandémie. Quels chantiers doit ouvrir la crise sanitaire ?

Guillaume Balas. C’est l’ensemble des sociétés humaines telles qu’elles fonctionnent qui doit être remis en cause. Une phase de l’histoire de la mondialisation s’achève. On ne peut plus continuer avec des interconnexions sans contrôle, ni avec un modèle qui étend sans cesse les activités humaines sans respecter les territoires naturels. Mais, nous ne pouvons pas rompre avec le productivisme sans remettre en cause la doctrine néolibérale du libre-échange absolu, voire le modèle capitaliste et son exaltation de la propriété privée comme valeur première. Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques – face à la tentation de l’autoritarisme et du nationalisme –, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.

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