Les élèves du lycée François-Mitterrand ont déambulé dans la rue hier après-midi pour exprimer leur mécontentement sur la nouvelle réforme du baccalauréat.
La pluie ne les a pas découragés, bien au contraire. Plus d’une centaine d’élèves de première se sont rassemblés devant le lycée en début d’après-midi avant d’arpenter les rues et se retrouver devant l’hôtel de ville, le tout dans une ambiance bon enfant. « On n’en peut plus. Cette réforme est arrivée trop rapidement. On ne sait pas comment s’organiser. On en a ras-le-bol », explique un élève.
La nouvelle formule du baccalauréat prévoit une évaluation en contrôle continu (40 % de la note finale) puis les épreuves finales (60 %) et un grand oral.

Les étudiants de première technologique ont commencé les épreuves mardi, tandis que ceux de première générale ont planché sur un sujet de LV2 (espagnol ou italien).
« Lors de la compréhension orale, ils nous ont donné un titre qui ne correspondait pas à l’audio. C’est quelque chose que nous n’avons jamais travaillé. On va voir si on a la possibilité de repasser l’examen.»Inégalité de traitement
Les élèves ont également reproché à la direction d’interdire l’accès au self et au dortoir pour ceux ayant manqué une heure de cours. « Ce point est inscrit dans le règlement intérieur du lycée, je ne fais qu’appliquer la règle » s’est défendue Valérie Mulès, la proviseure.
Après être restés une dizaine de minutes sur la place Roger-Delthil sous la surveillance des policiers municipaux, les lycéens ont entonné la Marseillaise, avant de repartir en cours sous les airs de « Non aux E3C, pour l’égalité. » Interrogée sur la situation, la proviseure n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
« La situation est bloquée dans un peu plus d’une vingtaine de lycées (en Normandie) mais s’étend de jour en jour », expliquent Joel Delhopital et Hugues Broustail dans une allocution au Conseil Syndical National du Snpden, le 13 janvier 2020. Les deux secrétaires académiques du premier syndicat de personnels de direction parlent franchement des difficultés crées par la réforme du bac. Et ils en disent probablement trop, puisque ce texte, en ligne sur le site Snpden de Rouen, vient d’être retiré.

Encore rares mais en forte hausse, les démissions d’enseignants s’inscrivent dans des trajectoires diverses, sur fond d’une critique commune de conditions de travail dégradées.

« Ca avance un peu puisqu’on a eu quelques éléments sur le budget 2021 qui prévoirait 500 millions pour la revalorisation. Il y a un petit engagement sur cette somme », a déclaré Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu, à la sortie de la réunion avec JM BLanquer le 13 janvier au soir. A vrai dire l’annonce de 500 millions avait déjà été faite par G Darmanin en décembre. Le 9 janvier, JM Blanquer annonçait « de premières augmentations pour l’année civile 2021… C’est entre 400 et 500 millions par an supplémentaires, qui s’ajoutent année après année… Les augmentations de salaires, tout au long de cette décennie 2020… Le budget de l’éducation nationale pourrait passer de 1 milliard à 1.3 à 1.5 milliard en 2021. 1.3 milliard, j’espère un peu plus ».

