Suicide et travail : le lien reconnu à l’éducation nationale (SNUIPP-FSU)

L’Éducation nationale a reconnu le 11 décembre « l’imputabilité au service » du suicide de Christine Renon, directrice de maternelle, c’est-à-dire son lien avec l’organisation institutionnelle du travail. Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés.

Le communiqué

Suicide de Christine Renon : le lien avec le travail reconnu

Christine Renon, directrice d’une école maternelle de Pantin (93), s’est suicidée le 21 septembre dernier. Sa disparition a suscité un émoi sans précédent dans la profession enseignante et au-delà. Elle a laissé un courrier bouleversant et sans ambiguïté pour expliquer les motifs de son geste. Ce courrier faisait état de la difficulté d’une directrice d’école à faire face aux multiples tâches du quotidien, dont certaines bien éloignées des missions qui lui avaient été confiées et responsables de la perte de sens de son métier d’enseignante.
Elle y décrivait les difficultés d’une directrice d’école et plus généralement la dégradation des conditions de travail des enseignantes et enseignants.

Depuis, et face à l’administration, les représentants des personnels ont porté haut et fort la nécessité pour l’Éducation nationale de mettre tout en œuvre pour prévenir les actes suicidaires et éviter que de tels drames se reproduisent.

L’inspecteur d’académie de Seine-Saint-Denis a accédé le 11 décembre à la demande de reconnaissance de « l’imputabilité au service » du suicide de notre collègue, c’est-à-dire son lien avec l’organisation institutionnelle du travail.
Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, seule condition pour prévenir l’épuisement professionnel et les actes suicidaires. Cela impose de questionner l’organisation du travail et plus globalement le sens du métier.

C’est ce que le SNUipp et la FSU porteront lors du premier groupe de travail sur la prévention des risques suicidaires qui se tiendra le 10 janvier prochain au ministère de l’Éducation nationale. Il y a urgence à améliorer les conditions de travail des directrices et des directeurs d’école, comme de tous les personnels de l’Éducation nationale. 

Paris, le 3 janvier 2020.

Toulouse. Quand les enseignants du second degré se déclarent « à bout de souffle » in DDM

Rassemblement d’enseignants devant le rectorat à Toulouse après le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin./Photo DDM, Marie-Pierre Volle
Rassemblement d’enseignants devant le rectorat à Toulouse après le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin./Photo DDM, Marie-Pierre Volle
Le Snes-FSU publie sa « Grande enquête métier ». Près de 9 000 personnels de l’éducation nationale (89 % de profs), dont plus de 500 à Toulouse, dénoncent des conditions de travail dégradées et un manque de reconnaissance.

En cette période de trêve des confiseurs et de vacances scolaires, le premier syndicat enseignant du second degré (collège et lycée) brosse un portrait plutôt pessimiste des conditions de travail des enseignants. Une tendance qui se retrouve aussi chez les professeurs des écoles. « Conditions d’exercice et évolution des métiers, charge et temps de travail, reconnaissance salariale sont au cœur des revendications des personnels d’éducation », explique le Snes-FSU qui a interrogé, entre septembre et octobre dernier, près de 9 000 enseignants de plusieurs académies (571 à Toulouse), CPE (conseiller principal d’éducation), AED (assistant d’éducation), AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), psychologues de l’éducation. Dans le détail, les sondés sont à 55 % des personnes syndiquées au Snes-FSU ou au Snep-FSU, 44 % sont affectées en lycée, 50 % en collège, 58 % ont plus de 15 ans d’ancienneté et 67 % sont des femmes.

Continuer la lecture de Toulouse. Quand les enseignants du second degré se déclarent « à bout de souffle » in DDM

Message de soutien aux cheminots en grève. « Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là ! »

Les sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon étaient invités à participer à l’assemblée générale des cheminots d’Amiens le 27 décembre dernier. Ils ont adressé un message de soutien que nous publions ci-dessous.

Merci de nous avoir invités, en ce 27 décembre 2019, à votre Assemblée Générale intersyndicale à Amiens, la ville natale d’Emmanuel Macron, le fondé de pouvoir d’une oligarchie capitaliste chargé de la prédation de ce « pognon de dingue » que représentent  les cotisations sociales de la Sécurité sociale et notamment celles de la branche retraite, aujourd’hui directement menacée.

Vous venez de voter la reconduction de la grève des cheminots de votre secteur jusqu’au 2 janvier 2020. Votre courage fait notre admiration.  L’un de vous a rappelé  cette maxime d’Henri Krasucki «  La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! », sonnant si juste à l’heure de la destruction de la retraite basée sur la solidarité entre les générations avec un montant juste et garanti pour tous.  La retraite individualisée par points sera aux risques et périls de chacun, mais assurera de nouveaux profits aux  financiers et spéculateurs de haut vol. Ceux-ci veulent le beurre, avec les milliards d’euros des cotisations sociales, l’argent du beurre, avec la disparition d’une solidarité créee à la Libération à un moment où les patrons se faisaient  tout petits après l’engagement de beaucoup d’entre eux au service de la collaboration avec le Maréchal Pétain, et le sourire des cheminots, des travailleurs et des intellectuels.

De tout cela les coffres-forts ambulants des beaux quartiers ne doivent rien avoir!

Le combat est en effet vital pour contrer le processus de déshumanisation engagé par les parasites du capitalisme dont la richesse n’est dûe qu’à l’exploitation des salariés et des travailleurs. Pourtant ceux-ci sont  stigmatisés de « coûts » et  de« charges », tandis que les détenteurs des titres de propriété, dont ils ont en général hérités, se sont auto-proclamés les seuls « créateurs de richesses ». Les 10 milliardaires qui possèdent 90 % des médias français mènent une propagande, une guerre idéologique pour que cette croyance dans la bienfaisance des riches, aboutisse à diviser les pauvres entre eux.

Les difficultés induites par le blocage des transports, en ces moments rituels des fêtes de fin d’année, doivent être acceptées comme dérisoires par rapport à la gravité de la guerre de classe que les plus riches mènent contre les pauvres. Les armes de cette guerre sont celles utilisées par la police contre les manifestants, mais aussi celles idéologiques et linguistiques relayées par  tous les « chiens de garde » chargés de mitrailler la langue venimeuse de l’expertise et du chiffre. Vous, syndicalistes, citoyens et cheminots, vous êtes engagés courageusement dans un bras de fer contre les rapaces qui exigent que vos vies  soient les moins coûteuses et les moins longues possibles. L’espérance de vie des hommes modestes est aujourd’hui, en France, de 71,7 années contre 85 pour les hommes aisés, soit 13 ans de vie volés au nom de l’argent-roi.

Vous êtes  donc notre fer de lance dans le  blocage de l’économie réelle dont les vautours sont bien incapables d’assurer  le fonctionnement.

Ce combat contre la réforme des retraites, conçue par un amiénois aux dents longues, est un peu celui de la dernière chance avant l’accélération de la mise en place d’un processus d’esclavagisation « moderne »  à l’échelle de la planète. Le capitalisme est entré dans la phase néolibérale où la finance mène la danse macabre et mondialisée de la violence de classe. Tous les secteurs de  la vie sont désormais soumis à la marchandisation au  seul profit des actionnaires ! Le vivant, sous toutes ses formes, humaine, animale et végétale, sera bientôt  exclusivement entre leurs mains et leurs algorithmes. Le dérèglement climatique dont les capitalistes, qui ont pillé les ressources naturelles pour s’enrichir, sont les seuls responsables, constitue leur ultime arme pour éliminer la partie la plus pauvre de l’humanité devenue inutile à l’heure des robots et de l’automatisation généralisée. L’intelligence artificielle régnera alors sur une planète au service des riches survivants, une fois que les ouragans, tempêtes, inondations et incendies gigantesques auront fait le sale boulot.

C’est ce qui explique que les émissions de gaz à effet de serre augmentent toujours plus et que les milliardaires du monde entier se construisent des bunkers hautement sécurisés. Nous ne sommes pas dans le même bateau !

Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là, dans le froid, sur le parvis de la gare d’Amiens avec ce  réveillon de Noël partagé dans la solidarité d’un combat juste, citoyen et courageux pour le meilleur du peuple de France. Nous sommes fiers d’être avec vous.

Travailleurs du rail, responsables politiques avec la  présence du député François Ruffin, et intellectuels de la sociologie, notre présence conjointe et complémentaire, confirme la conscience partagée que la lutte pour le retrait définitif et sans concession de la réforme des retraites  mise au point par un ex-banquier d’affaires, constitue le nœud décisif qui empêchera l’irréversibilité de  la descente aux enfers des travailleurs.

L’unité et la solidarité doivent monter en puissance et en visibilité, tels sont nos vœux les plus chers pour la nouvelle année !

PS : Nous sommes rentrés chez nous le cœur léger mais avec un sac à dos alourdi par le cadeau des cheminots. Un livre de 2 kilos qui présente un à un les cheminots victimes de la répression menée par les autorités des nazis allemands et le régime de Vichy au cours de la seconde guerre mondiale. 2672 notices biographiques nous font pénétrer dans la vie de ces héros du rail qui ont permis la victoire sur la bête immonde. Tout un symbole dans l’actualité macroniste !

2020

Il n’y a de vœux que ceux forgés dans les luttes, porteurs d’espoirs.

En 2020, mes vœux seront de ces rêves-lutions qui fondent notre humanité.

A toutes et tous, la vie… c’est maintenant !

L’image contient peut-être : Maximilien Reynès-Dupleix, sourit, barbe et gros plan

En retirant la réforme des retraites, le Président peut reprendre la main pour ouvrir un dialogue sincère (Fabien Roussel)

Le Président de la République doit s’exprimer ce mardi 31 décembre. Après 26 jours de mobilisations et de grèves, il doit entendre qu’une grande partie du pays ne veut pas de sa réforme. Et la retirer.

Car une grande réforme, si elle porte l’ambition de transformer profondément notre système de retraite, devrait avoir pour objectif d’être porteuse de progrès pour tous et de rassembler une large majorité de nos concitoyens, notamment les premiers concernés, les salarié.e.s, la jeunesse et les partenaires sociaux.

C’était l’ambition affichée d’Ambroise Croizat et du gouvernement du général de Gaulle en 1946. Ils y sont parvenus.
Ce gouvernement en est tellement loin. Tous les syndicats et l’ensemble des forces de gauche et écologistes sont contre une réforme budgétaire qui va allonger la durée de notre vie au travail. Seul le Medef applaudit. Et encore, timidement.

Cette réforme concentre ce qu’il y a de pire : elle plafonne les dépenses à 14% du PIB, remplaçant des trimestres par des points, troquant la solidarité par l’individualisation des retraites, changeant le mode de calcul des pensions pour retenir les pires années au lieu des meilleures, portant l’âge de départ en retraite sans malus à 64 ans, réduisant le bénéficie des pensions de réversion, ouvrant en grand la porte aux retraites par capitalisation et aux fonds de pension. Et quand il parle négociation, ce gouvernement ne propose en somme que la clause du grand père. Comment qualifier une société qui dit à ses enfants: « c’est vous qui paierez ! » Où est la solidarité ?

Après 25 jours de conflit, les salariés et leurs représentants syndicaux ont montré leur détermination. Les forces de gauche et écologistes demandent également que cette réforme soit retirée pour ouvrir de véritables négociations.

D’autres propositions ont été formulées pour financer les améliorations du système actuel. Bien sûr toutes ces propositions vont à l’encontre du projet du gouvernement  de faire travailler plus longtemps les Françaises  et les Français Mais elles portent en elles la marque du progrès et de la justice sociale, de la solidarité, du partage des richesses et du recul des inégalités. Alors discutons-en.
Tout cela alimente la colère d’autant plus qu’il n’y a pas urgence à réformer notre système de retraite.
Sans compter le ras le bol généralisé qui souffle et grandit dans le pays, comme si tous les mauvais coups subis par nos concitoyens depuis deux ans et demi remontaient aujourd’hui.

Un président à l’écoute du peuple et de tous les français doit avoir l’humilité d’entendre aussi tout cela. Retirer cette réforme, ce n’est pas perdre. C’est reprendre la main pour ouvrir une nouvelle période faite d’apaisement et d’un dialogue sincère. L’acte 2 du quinquennat peut commencer ce 31 décembre si le président ouvre une période de dialogue sans imposer sa réforme.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Auch: Estelle Aries, enseignante mobilisée : «Les collègues sont épuisés» in DDM

  • La détermination d’Estelle Aries ne faiblit pas. / DDM Gaëtane Rohr
La détermination d’Estelle Aries ne faiblit pas. / DDM Gaëtane Rohr

Pas de trêve pour les fêtes. L’intersyndicale (CGT, Sud/Solidaires, FO, CFE-CGC, Modef, FSU, Confédération paysanne, UNL) continue de mobiliser ses troupes contre la réforme des retraites. Elle tenait un barnum, hier, place de la Libération, en même temps que se tenait le marché, pour une opération de tractage. En attendant la manifestation prévue le 9 janvier. Parmi les militants de la première heure, une enseignante du premier degré, Estelle Aries, syndiquée à la FSU.

Estelle Aries aide les enfants allophones à acquérir le bagage nécessaire en langue française afin de rejoindre leurs camarades de la même tranche d’âge en classe. Elle enseigne dans les écoles d’Eauze, Castelnau-d’Auzan et de Montréal à des enfants originaires d’Espagne, du Portugal, du Maghreb…

Continuer la lecture de Auch: Estelle Aries, enseignante mobilisée : «Les collègues sont épuisés» in DDM

Les (dis)simulateurs de retraites… in regards.fr

 Par Bernard Marx

On a fait un tour sur les simulateurs de la réforme des retraites du gouvernement et, devinez quoi, il y a tout plein de dissimulations !

Pour que chacun et chacune puisse juger des bienfaits de la réforme des retraites qu’il veut imposer coûte que coûte, le gouvernement a annoncé à grands coups de communiqués, la mise en place de simulateurs permettant de juger sur pièce en fonction de sa situation personnelle, professionnelle et familiale. La vérité allait sortir du puits au lieu des mensonges distillés par les mauvais simulateurs des syndicalistes. « Les équipes du haut-commissaire aux retraites s’en occupent, a martialement affirmé Edouard Philippe le 15 décembre. Je leur ai demandé de faire un maximum de cas types, par exemple : « Je suis professeur dans la fonction publique, j’ai 50 ans et trois enfants, quelle sera ma retraite demain ? » Ces cas types, je les veux avant le 18 décembre. »

LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
>>
La réforme des retraites, fidèle au Conseil national de la Résistance ? Voilà pourquoi c’est faux

Il a fallu attendre une journée de plus. Mais pas pour la bonne cause. L’opération simulateur du gouvernement est un vaste enfumage. En fait de simulations, ce sont les dissimulations qui abondent.

Continuer la lecture de Les (dis)simulateurs de retraites… in regards.fr

Propositions du PCF pour une réforme des retraites digne du 21e siècle

Retrouvez tous les matériels Retraites de la campagne du PCF 

La réforme proposée par le gouvernement est certainement la pire de ces 30 dernières années. Tout le monde serait perdant : tous les secteurs d’activités, du privé comme du public, les ouvriers comme les cadres, les femmes, les précaires, les jeunes, les salariés affiliés au régime général comme ceux dépendant de régimes spéciaux et les non-salariés.

Un objectif : satisfaire l’avidité du grand capital financier en bloquant les ressources affectées aux retraites publiques par répartition à 14 % du PIB alors que les besoins de financement, liés à l’allongement de la durée de la vie et à l’augmentation du nombre de retraités, sont croissants.

Le grand enjeu de cette réforme est donc la mobilisation des ressources, des richesses, et de l’inventivité du corps social pour répondre à cet immense progrès de civilisation qui est l’allongement de la durée de la vie et donc de dégager les moyens financiers pour ce grand défi. Nous voulons nous adresser à la jeunesse et construire avec elle un système solidaire par répartition digne de ce siècle.

Le financement est le cœur de la réforme des retraites. Une réforme de progrès de la retraite pose trois questions.

La première : Le partage des richesses, comment nous produisons les richesses, et comment nous les partageons et les utilisons pour satisfaire les besoins de la population ?

La deuxième : Les entreprises, comment les responsabiliser pour qu’elles développent l’emploi et les salaires et non l’inverse ?

La troisième : Comment l’allongement de la durée de la vie devient un apport à la société au lieu d’être vu comme un coût ?

Mais le président Macron est décidément beaucoup plus à l’écoute des compagnies d’assurance et des fonds de pension qu’à l’écoute des citoyen·ne·s. Continuer la lecture de Propositions du PCF pour une réforme des retraites digne du 21e siècle

Et si nous avions obligation de travailler moins? in lesstylosrouges.fr

Une limitation de droit de notre temps de travail?

La directive Européenne 2003/88/CE est passée inaperçue chez les personnels de l’Education Nationale. Pourtant un rappel à la loi concernant le temps de travail des pompiers la remet au devant de la scène.

Cette directive dispose notamment que :

  • un repos journalier d’une durée minimale de 11 heures consécutives soit accordé pour chaque période de 24 heures ;
  • un temps de pause doit être cadré obligatoirement par un texte pour tout temps de travail journalier de plus de 6h ;
  • il est interdit de travailler plus de 48h par semaine sur une période de référence ne dépassant pas 15 jours.

Dans une décision, la Cour rappelle que le facteur déterminant pour la qualification de « temps de travail » au sens de la directive est le fait que le travailleur est contraint d’être physiquement présent sur le lieu déterminé par l’employeur et de s’y tenir à la disposition de ce dernier pour pouvoir immédiatement fournir les prestations appropriées en cas de besoin. Continuer la lecture de Et si nous avions obligation de travailler moins? in lesstylosrouges.fr