La gauche peut-elle encore convertir la tristesse en colère ? In regards.fr

Défaites idéologiques, marginalisation, sentiment d’impuissance… Si la gauche a longtemps su trouver dans ses revers la volonté de poursuivre ses combats, elle semble aujourd’hui apathique. Doit-elle enfin affronter ses émotions pour retrouver de l’énergie dans son désespoir ?

 

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2017, le Président et son Premier ministre pratiquent la méthode Coué. Invité du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, Manuel Valls assène : « Ça suffit d’être déprimé, ça suffit d’être honteux », estimant que la gauche « peut gagner la présidentielle si elle défend son bilan ». Quant à François Hollande, il fustige dans L’Obs la « mélancolie de gauche », confondue au passage avec de la nostalgie : « C’était mieux quand le Front populaire instituait les congés payés, quand François Mitterrand abolissait la peine de mort, quand Lionel Jospin instituait les 35 heures. Et surtout quand la gauche était dans l’opposition ».

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Occitanie : la cour de cassation confirme la condamnation de la CACG pour gestion illicite du barrage de la Gimone

© France 3 Midi-Pyrénées

La compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) vient d’être définitivement condamnée par la cour de cassation pour sa gestion illicite du barrage de la Gimone, à la limite de la Haute-Garonne et du Gers.

Par Marie Martin 

La chambre criminelle de la Cour de cassation vient de condamner définitivement la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), une société d’économie mixte spécialisée dans la ressource en eau, dont le siège social se trouve à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Elle est reconnue coupable de ne pas avoir respecté les débits minimums à restituer à la rivière Gimone en aval du barrage de la Gimone.

Les faits remontent à 2012, lorsque le détournement illégal de l’eau de la rivière est constaté. Il provoque un assèchement printanier de la Gimone.

A l’époque, la CAGC se défend : il s’agit d’un acte justifié, selon elle, par les craintes de sécheresse estivale à venir et donc de pénurie d’eau pour les irrigants en fin d’été.

Mais les associations écologiques ne l’entendent pas de cette oreille. La FNE (France Nature Environnement) et la FNE Midi-Pyrénées saisissent la justice en 2015. Le tribunal correctionnel de Montauban condamne alors la CACG à une amende de 5 000 euros, modeste selon les associations, pour les faits de 2012 qui se seraient répétés chaque année.

La CACG fait appel de cette condamnation, laquelle est pourtant confirmée par la cour d’appel de Toulouse. Puis la compagnie d’aménagement dépose un recours devant la cour de cassation.

C’est celle-ci a confirmé le 25 juin 2019 « sa culpabilité au vu des manquements graves et répétés dans la gestion de l’eau« , écrit la FNE dans un communiqué. La CACG est condamnée à 50 000 euros d’amende.

La FNE s’estime évidemment satisfaite de cette décision. Elle rappelle dans un communiqué en date du 10 juillet 2019 que la CACG rassemble départements, régions et chambres régionales d’agriculture mais qu’elle « semble inventer ses propres règles, au lieu de suivre les règlements établis par l’Etat pour garantir le respect de l’intérêt général« .

La CACG se dit déçue de cette décision car elle estime avoir été accusée de manière virulente. Cette condamnation sonne comme « une contradiction avec ce que les agents font sur le terrain chaque jour. Notre objectif est d’assurer le multi-usage de l’eau. Il est dommageable d’en arriver à ce niveau-là. »

Selon la compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, les textes réglementaires en vigueur à l’époque des faits n’étaient « pas clairs« . D’ailleurs, l’Etat a depuis révisé lesdits textes : un arrêté interpréfectoral a été pris en ce sens au mois de juin 2019, nous rapporte la CACG.

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S’occuper des autres, c’est s’occuper de soi

Par Jean-François Marmion in …

L’existence peut être belle, et même mieux encore, lorsqu’on se soucie d’abord de celle des autres. Un lieu commun moralisateur ? En tout cas, c’est ce que mettent en avant les chercheurs en psychologie positive… mais aussi de nombreuses personnes au soir de leur vie.

Réfléchir à la belle vie, c’est se la compliquer… La définir tient déjà du casse-tête. Une belle vie va-t-elle de pair avec le plaisir ? Le bonheur ? L’absence de maux ? La sagesse ? Si j’ai tout pour être heureux selon un observateur extérieur mais que je ne le suis pas, ai-je une belle vie ? Et inversement, le sage qui parviendrait à garder un sourire sincère dans le dénuement grâce à la fidélité à ses valeurs, bénéficierait-il d’une belle vie ? Ajoutons à cela que dans toute la littérature scientifique anglophone, on ne parle pas de « belle », mais de « bonne » vie : a good life. Est-ce vraiment la même chose ? Continuer la lecture de S’occuper des autres, c’est s’occuper de soi

Santé. La plongée d’un député dans l’enfer des urgences

Alain Bruneel est l’un des parlementaires communistes à avoir initié le tour de France des hôpitaux en 2018.

Alain Bruneel est l’un des parlementaires communistes à avoir initié le tour de France des hôpitaux en 2018.
Il était venu à Moissac en juillet 2018!!!

L’élu PCF du Nord Alain Bruneel a passé six heures aux urgences de Douai pour juger par lui-même les conditions de travail et d’accueil des patients : « Dramatique ».

Enveloppée de verre, la façade moderne de l’hôpital de Douai, dans le Nord, ne laisse rien deviner de la fièvre qui monte derrière ses murs. Il est 21 h 30 lorsque Alain Bruneel pousse la porte des urgences. Le député communiste, venu incognito, vendredi, pour juger de ses propres yeux ce que vivent les usagers et les agents, ne sera pas déçu du voyage. Le service est saturé. 200 autres patients sont déjà enregistrés. Première étape : le « tri ». Alain Bruneel prétend souffrir de violents maux de ventre. « Une fois que ma tension et ma température ont été prises, j’ai été installé sur un brancard dans une salle de régulation avant qu’une deuxième infirmière se charge de me faire un électrocardiogramme. » Il est « abasourdi » que seules deux infirmières de régulation assument toute une nuit l’accueil des patients, l’appel des familles, le lien avec le Samu ou les ambulanciers. « De véritables héroïnes », lâche-t-il.

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Économie. « Sur les épaules de Marx », pour comprendre le capitalisme sur son écran

Depuis le premier épisode en janvier, «  Sur les épaules de Marx » voit son audience s’accroître progressivement.

Depuis le premier épisode en janvier, « Sur les épaules de Marx » voit son audience s’accroître progressivement.

Un groupe de jeunes militants communistes réalise et diffuse sur Internet des vidéos qui décryptent l’actualité à travers la grille d’analyse marxiste. Après une première saison encourageante, la deuxième sort le 7 juillet.

Des tampons hygiéniques représentant « les richesses créées par les travailleurs » transitent dans des bols sur lesquels on peut lire « profits », « salaires », « cotisations » ou « impôts ». La vidéo YouTube de la série « Sur les épaules de Marx », intitulée « Cachez ce brut que je ne saurais voir », s’efforce de vulgariser au maximum la répartition des richesses et de démystifier l’augmentation du Smic promise en décembre 2018 par Emmanuel Macron. En ligne depuis près de quatre mois, l’épisode a depuis rencontré un petit succès, ouvrant la voie à une saison 2 promise pour le 7 juillet.

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Grenelle contre les violences conjugales : Il faut un milliard pour protéger les femmes ! Fabien Roussel

Environ 220 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont chaque année victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire. Depuis le début de l’année 2019, soit en 6 mois, 75 femmes ont été tuées sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints, c’est-à-dire 1 femme tous les 2 jours et demi. Un grand nombre d’entre elles avaient pourtant porté plainte. Nos institutions dysfonctionnent face aux violences sexistes et sexuelles dans le couple, face aux violences dites « conjugales » et ne sont clairement pas à la hauteur de l’ampleur de la situation.

Si le gouvernement organise un Grenelle, il doit avoir pour priorité l’engagement de l’État dans un plan ambitieux d’éradication de ces violences.

Un grenelle ça n’est pas un espace de simple communication, ce sont des moyens et des actions ! Un grenelle qui ne se limite pas aux effets d’annonces et aux plans de communication de Mme Schiappa . Continuer la lecture de Grenelle contre les violences conjugales : Il faut un milliard pour protéger les femmes ! Fabien Roussel

Bac 2019. Les personnels de direction ont-ils obéi à un ordre illégal ?

Le ministre a écrit à tous les personnels de direction vendredi 5 juillet.

Dans son message il nous fait part de propos forts et avec une phrase que le snU.pden-fsu approuve totalement : « Une fois encore, vous avez incarné les valeurs de notre République en préservant l’espace scolaire des emprises de tous ordres. »

Oui ! Représentants de l’Etat, nous sommes les représentants des valeurs de la République. Nous ne sommes pas les représentants d’un gouvernement ! Nous respectons évidemment la démocratie et un des mandats de notre syndicat est de la faire vivre au sein de nos établissements. Mais ce qui s’est passé ces derniers jours mérite que l’on se pose et que l’on réfléchisse au sens de ce que nous avons fait dans les lycées pour le bac et de ce que nous faisons pour faire fonctionner au mieux nos établissements. Les propos syndicaux qui suivent ne concernent que notre profession.

Le ministre nous a fait savoir, d’abord par voie de presse, que si nos jurys ne disposaient pas des notes de certaines épreuves du bac, il convenait de prendre celles du « contrôle continu ».

Le terme « contrôle continu » se veut faire référence au contrôle continu existant pour le bac pro par exemple. Il est question là par contre des moyennes des trois trimestres de l’année et il n’a jamais été fait mention dans le bac 2019 de prise en compte d’un quelconque « contrôle continu. »

Qui peut dire dans l’histoire de notre démocratie qu’un jour, un ministre seul a décidé de changer les règles ainsi en cours de partie, induisant ainsi l’iniquité d’un examen national ?

Nous avons tous essayé de faire le maximum pour que nos élèves, leurs parents…puissent avoir accès aux résultats du bac 2019, de la même manière que nous avions tout fait pour que les épreuves se déroulent au mieux.

Mais il convient de se poser quelques questions sur ce que nous avons mis en place (sous avec les pressions des IA-IPR et DASEN comme il se doit et notre volonté de tout faire fonctionner envers et contre tout, comme d’habitude) :

  • Des élèves ont été recalés avec les notes de « contrôle continu » alors qu’avec leur note aux épreuves, ils sont admis.
  • Des élèves ont été recalés avec les notes de « contrôle continu » alors qu’ils sont admissibles aux épreuves du second groupe. Ils n’ont pas pu réviser pendant le week-end comme d’autres pour se préparer au rattrapage.
  • Des élèves sont déclarés refusés alors qu’ils devraient avoir leur bac et sont écartés pour l’instant de parcoursup.
  • On ne parlera pas de ceux admis du premier coup ou au rattrapage alors que leurs véritables notes ne le leur permettent pas.

Nous savons tous quelles sont les obligations des fonctionnaires : « Tout fonctionnaire doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »

Evidemment , nous ne sommes pas dans le cas de gendarmes mettant le feu sous l’ordre d’un préfet comme on l’a vu il y a quelques années en Corse et qui ont été condamnés comme il se doit…

Mais qui peut affirmer que nous avons agi en toute légalité dans le cadre des valeurs de la République ?

Nous laissons à chacun (e ) le temps de la réflexion…

Ce lundi 8 juillet auront lieu les épreuves du second groupe. Chacun (e ) doit réfléchir à ce qu’on nous demande de faire…

Quelques jours avant les vacances le Ministre nous a fait parvenir à tous ses remerciements pour cette année scolaire écoulée et il nous a souhaité de bonnes vacances…ainsi qu’une bonne préparation de rentrée…C’est vrai que cette année a été particulièrement difficile et que les vacances vont être les bienvenues …Enfin, des vacances…amoindries par la complexité des emplois du temps à réaliser par les proviseurs-adjoints en raison des alignements multiples avec les différentes spécialités pour les classes de première…

On nous en demande de plus en plus…

Jusqu’où accepterons-nous de nous plier à ces injonctions qui sont même contradictoires avec les valeurs dont nous sommes censés être les garants ?

Paris, le 8 juillet 2019

Le bureau national

La loi « haine » va transformer Internet en télévision

 

par La Quadrature du Net,

Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune, un article de La Quadrature du Net qui revient sur le rôle du CSA dans la proposition de loi « contre la haine en ligne » actuellement examinée par l’Assemblée Nationale. Et alerte sur des dispositions qui vont contribuer à faire d’Internet un ORTF 2.0. (Acrimed)

La proposition de loi portée par Laetitia Avia prétend vouloir faire du CSA « l’accompagnateur des plateformes » dans la lutte « contre la haine en ligne ». En réalité, la loi va beaucoup plus loin. Comme cela est redouté depuis plusieurs années, elle amorce la transformation de l’autorité en un grand régulateur de l’Internet, dans la droite lignée du « Comité Supérieur de la Télématique » fantasmé par François Fillon dès 1996. Entretenant la dangereuse confusion entre Internet et la télévision, la loi Avia participe à la centralisation et à l’extra-judiciarisation de l’Internet. Quitte à risquer de le transformer en une sorte de sombre ORTF 2.0.

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Les gaz lacrymogènes : dangereux pour la santé, mais… silence d’État !

15 mars 2018  (Reporterre)

 

Les gaz lacrymogènes sont largement utilisés par les gouvernements français. Leur composition évolue vers plus de toxicité, semble-t-il, ce qui est nocif pour les manifestants et… pour les policiers. Mais à la différence de tout autre produit chimique, fabricants et État ne disent rien sur sa composition. La transparence est nécessaire. Reporterre ouvre cette question de santé publique.

On pourrait penser que la composition des grenades lacrymogènes déversées abondamment sur les manifestants – mais aussi à usage privé, dans des cartouches de défense individuelle – est bien connue, étant donnés les enjeux de santé publique que pose leur emploi massif. Mais ces composés chimiques lacrymogènes et leurs effets sur la santé demeurent en France dans une opacité strictement gardée. Un tabou complet. Un non-dit officiel. Une zone inaccessible, soigneusement maintenue hors de toute transparence. Reporterre s’est confronté à cet écran de fumée officiel, sans ménager ses efforts, sollicitant ministères et cabinets, service de santé des Armées, fabricants, qui refusent toute réponse, et spécialistes qui ne disposent pas de données précises. Circulez, il n’y a rien à voir. Et pourtant…

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« L’affaire du bac ne fait que commencer », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !

C’est un scandale inédit, probablement du jamais-vu dans l’histoire de l’éducation nationale. Depuis vendredi, les récits qui émanent des jurys d’harmonisation des notes du bac révèlent l’étendue du désastre provoqué par l’intransigeance du ministre de l’Éducation nationale. Note de telle manière arbitrairement décidée en fonction de la moyenne de toutes les autres, substitution de l’administration aux jurys souverains, appréciation forcément subjective à partir des résultats de l’année, anonymat des candidats rompu…le bac 2019 fait naufrage avant même d’être achevé.

Face à cette évidente rupture d’égalité, nombre de professeurs, grévistes ou non, ont claqué la porte des jurys. Tout à son affaire de réussir à mater le mouvement de grève des professeurs, Jean-Michel Blanquer a pris le risque que l’ampleur des irrégularités entache la fiabilité de l’examen. Les recalés, les discriminés, leurs parents, les professeurs placés devant un amateurisme invraisemblable d’ajustement des règles ne vont pas en rester là. Les plaintes vont se multiplier. L’affaire ne fait que commencer.

Car, au final, en matière de diplôme national, fausser un seul résultat revient à les fausser tous. Le gouvernement, engagé dans un passage en force vers le contrôle continu, n’a pas hésité à saisir l’alibi de la grève des enseignants pour changer les règles en cours de route. C’est déloyal et illégal. Les professeurs en grève ont eu recours à la rétention des notes pour tenter, enfin, de se faire entendre. Les copies étaient corrigées. Ils ont voulu marquer le coup, juste quelques heures. Le gouvernement leur a délibérément refusé ce dialogue. Le ministre va maintenant tenter de leur faire porter le chapeau du fiasco. Il promet déjà des sanctions, quitte à piétiner le droit de grève, alors qu’il met en place une école de la méritocratie en train de briser le socle sur lequel repose leur métier.