Maires courage, jusqu’où ?

Jeudi, 3 Janvier, 2019

Sollicités par Macron pour l’organisation du « grand débat national », après avoir éte superbement ignorés par l’élysée durant dix-huit mois, les maires, usés, sont méfiants. D’autant que le malaise couve depuis bien plus longtemps.

Et Macron découvrit les élus locaux… Pris de court par une révolte sourde et soudaine qui s’est levée partout en France et notamment sur les ronds-points, voilà le président forcé à se tourner vers ceux pour lesquels il affichait jusqu’alors le plus superbe mépris. Il n’avait pas daigné se déplacer au congrès des maires de France, organisé par l’AMF (Association des maires de France) du 20 au 22 novembre dernier, malgré sa promesse formulée l’année précédente.

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« Appel pour un lundi vert » : stop aux mensonges ! Conf. Paysanne

Avec une tribune « pour un lundi vert » truffée d’erreurs et de chiffres hasardeux, 500 personnalités du showbusiness, du milieu politique, de la recherche et du journalisme appellent les citoyennes et les citoyens à ne plus manger ni viande, ni poisson une fois par semaine ou « à aller plus loin en ce sens ».

Cet appel est une preuve supplémentaire de l’insupportable stigmatisation vécue par les éleveurs et les éleveuses qui produisent chaque jour pour vivre de leur travail. Jamais cet appel ne pointe du doigt la responsabilité des industriels et des distributeurs qui, dans leur course aux prix bas, empêchent la généralisation des pratiques d’élevage les plus vertueuses. Jamais cet appel ne souligne les bienfaits de l’élevage paysan pour l’environnement, le respect des animaux et le dynamisme des territoires. Jamais cet appel n’évoque que de nombreuses terres agricoles (estives, alpages, prairies permanentes) ne peuvent être valorisées que par l’élevage extensif.

La Confédération paysanne agit chaque jour, sur le terrain, pour qu’enfin les paysannes et les paysans cessent de se retrouver amalgamés aux systèmes industriels qui les concurrencent et concourent à leur disparition. Nos fêtes paysannes, nos fermes ouvertes et nos marchés paysans sont autant d’événements où les citoyens peuvent échanger sur la réalité de nos élevages.

Chacun doit prendre ses responsabilités face au contenu de cet appel : les people en mal de reconnaissance qui tentent de surfer sur la vague antispéciste, les politiques qui préfèrent appeler les citoyens à se comporter de telle ou telle manière plutôt que de voter des lois et des budgets en faveur d’une amélioration des modes de production, les filières qui appellent à manger toujours plus de viande quelle que soit sa qualité…

Prochainement, nous diffuserons largement un plaidoyer en faveur de l’élevage paysan, sous la forme d’un recueil de paroles des éleveurs et des éleveuses qui, par leur métier et leurs pratiques, font et vivent la nature au quotidien. Nos animaux, notre planète et les citoyen-ne-s méritent mieux que ces mensonges honteux !

Éducation. Ces « stylos rouges » qui veulent corriger le ministre

En France, les enseignants sont les plus mal payés d’Europe. Michael Lumbroso/REA

En France, les enseignants sont les plus mal payés d’Europe. Michael Lumbroso/REA
Vendredi, 4 Janvier, 2019

La colère des enseignants s’exprime à présent via le mouvement des « stylos rouges », né sur Facebook. Il rassemble aujourd’hui plus de 45 000 professeurs déterminés à se faire entendre… et respecter.

C’est l’allocution d’Emmanuel Macron le 10 décembre qui a tout déclenché. Alors que le président de la République égrène les mesures avec lesquelles il espère éteindre le mouvement des gilets jaunes, des centaines de milliers d’oreilles attentives l’écoutent. Et attendent qu’il leur parle aussi, à eux, les enseignants. Les plus mal payés d’Europe, celles et ceux dont les rémunérations n’avancent plus – donc régressent – depuis des années, qui exercent dans des conditions toujours plus difficiles, qui mesurent le hiatus grandissant entre leur mission, leur vocation et la réalité du métier ; qui s’estiment déconsidérés, dénigrés, ni écoutés, ni entendus par leur hiérarchie, à commencer par le ministre qui la chapeaute, même quand ils font grève ou manifestent.

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Pétition citoyenne Pour le Nettoiement de la Décharge Sauvage de Gandalou (82)

Notre quartier, cet ancien village, ne doit pas devenir une poubelle pour les entreprises comme pour les particuliers.

Depuis la mi-novembre et jusqu’à la parution de 2 articles dans la Dépêche suite à une alerte lancée dés le 1er décembre, des dizaines de tonnes de gravats inertes et non inertes ont été déposés puis remblayés sans autorisation légale sur un terrain privé.

La présence d’amiante, de solvants, peintures bâtiments, de verres, de béton avec leurs fers, et d’autres objets font de cette espace une décharge à ciel ouvert !

Une des sources qui coulait au pied de la butte a été recouverte et le ruisseau de Millole qui coule en contre-bas recueille aujourd’hui toute la pollution générée.

Cela ne peut continuer !

Nous demandons :

–          Une enquête en responsabilité pour les entreprises et particuliers qui ont utilisés cette décharge

–          Le nettoiement complet de cet espace avec enlèvement des gravats

–          Le dégagement de la source

–          Le respect de la zone humide et la dépollution du cours d’eau dit de Millole

SIGNEZ

Santé. 1er janvier 2019, les soignantes de néonatalogie inaugurent la grève

«    Nous avons alerté l’ARS, le procureur... Rien n’a bougé depuis. La direction refuse de reconnaître la gravité de la situation.  » Photopqr/La Dépêche du Midi/Maxppp

« Nous avons alerté l’ARS, le procureur… Rien n’a bougé depuis. La direction refuse de reconnaître la gravité de la situation. » Photopqr/La Dépêche du Midi/Maxppp
Jeudi, 3 Janvier, 2019

C’est une première pour les infirmières et aides-soignantes du service des prématurés du CHU de Purpan, à Toulouse, en grève illimitée. Elles refusent de mettre en danger la sécurité des bébés, faute d’effectifs et de moyens suffisants.

«Tout le monde est surpris car en général nous ne faisons pas de bruit », commente Karine, infirmière puéricultrice, en grève illimitée depuis le 1er janvier comme la majorité de ses collègues du service de néonatalogie du CHU de Purpan, à Toulouse. Du jamais-vu dans cet établissement, le seul à prendre en charge les grands prématurés, les bébés souffrant de pathologies graves d’une dizaine de départements et de l’ancienne région Midi-Pyrénées. A-t-elle été inspirée par la mobilisation des gilets jaunes ? « Oui, il y a peut-être eu un déclic. Le fait que cela bouge un peu partout en France », concède la soignante, porte-parole des grévistes. Mais le fond du problème, « c’est la sécurité des bébés. Les sous-effectifs et le manque de moyens matériels qui font courir des risques aux nourrissons. Nous ne pouvons pas l’accepter », estime-t-elle.

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Appel des 113 : nous nous opposons aux modifications de la loi de 1905 (pétition)

Le Comité Laïcité République, ainsi qu’une trentaine d’autres associations et de nombreuses personnalités s’associent pour exprimer leur attachement à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat 1905. Ils s’élèvent contre toute révision de ce texte, même sous prétexte de lutter contre des menées communautaristes.

Depuis 113 ans, la Loi de séparation des Églises et de l’État est un texte fondateur de notre République. Cette loi et nulle autre, assure la liberté de conscience et affirme sans ambiguïté ni faux-semblants que la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Elle garantit le libre exercice des cultes assuré par des associations dont l’objet et le patrimoine doivent être strictement cultuel.

Par l’esprit et la lettre, elle œuvre au rassemblement des êtres humains par-delà leurs différences. Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, elle est au cœur du fonctionnement de notre vie collective, elle est le moteur du développement de nos libertés, elle contribue de manière décisive à l’égalité entre tous les citoyens quelles que soient leurs convictions.

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Pourquoi augmenter les salaires des enseignants ?

L’augmentation de salaire des enseignants est-elle justifiée ? Méritent-ils un traitement à part des autres fonctionnaires ? La question peut être posée alors que le gouvernement vient de faire connaitre ses propositions dans le cadre du PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations). Car si la question de la revalorisation semble commune avec les autres fonctionnaires, en réalité la situation est nettement plus détériorée à l’éducation nationale que dans les autres ministères. Mais pourquoi ?

Les enseignants sont-ils mal payés ? Autant partir des études officielles pour le savoir. En octobre 2015, la Depp, division des études du ministère, a publié une Note sur les salaires enseignants.

Un salaire qui n’a pas évolué comme celui des autres fonctionnaires

Comme les autres fonctionnaires, les enseignants ont vu le « point fonction publique » , c’ets à dire la valeur de l’indice salarial, bloqué de 2010 à 2016 alors que l’inflation et les charges continuaient d’augmenter. En clair le pouvoir d’achat s’est réduit et, en plus, le bulletin de paye a baissé en net. Ainsi le salaire net d’un professeur des écoles débutant est passé de 1649 € en 2013 à 1634 en 2015.

Mais comment évolue le salaire enseignant par rapport à celui des autres fonctionnaires ? Les autres fonctionnaires ont-ils été touchés également par le gel du point Fonction publique ? Une étude Insee publiée en août 2015 montre que ce n’est pas le cas. Les salaires des fonctionnaires ont globalement diminué de 0,7% en 2013. Mais chez les enseignants la baisse a été trois fois plus rapide :  -0,4 pour les non enseignants, – 1,1% pour les enseignants. Cela en euros constants. Les enseignants sont donc bien les champions de la baisse. L’écart s’explique par le fait que dans les autres ministères, le gel du point FP a été partiellement compensé par des primes, ce qui n’est pas le cas à l’Education nationale. Avant c’était pire : en 2012 les salaires enseignants avaient diminué 15 fois plus vite que ceux des autres fonctionnaires… Continuer la lecture de Pourquoi augmenter les salaires des enseignants ?

La civilisation a atteint son seuil de contre-productivité

2 janvier 2019 / Arthur Keller

L’incapacité des « responsables » à faire face au changement climatique révèle l’impasse du monde actuel. Car c’est le paradigme qui le domine qu’il faut changer, et sans attendre que la « solution » vienne d’en haut.

Arthur Keller est auteur, conférencier et consultant spécialiste des vulnérabilités des sociétés industrielles et des stratégies de résilience.


Trois ans et environ 110 milliards de tonnes de CO2 après l’historique COP21, le monde a assisté à un meurtre en direct et le monde a laissé faire : la COP24 fut le lieu d’un assassinat prémédité des pays les moins développés et des États insulaires par les États-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Brésil et quelques autres nations pétrolières. Spectateurs indolents du carnage : une Pologne flasque, une Europe divisée qui s’enferme dans des tournoiements pathétiques autour d’on ne sait quel pot et un Macron champion de l’absence plus que de la Terre. En somme : d’un côté des peuples désemparés faisant face à une disparition à moyen terme si le réchauffement planétaire dépasse les 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle ; de l’autre quelques oligarchies financières donnant dans l’antijeu pour attiédir les efforts collectifs de lutte contre le dérèglement ; et témoins de la scène, l’esprit manifestement ailleurs, des pays affichant une apathie moralement insoutenable. Continuer la lecture de La civilisation a atteint son seuil de contre-productivité

Pour une loi d’amnistie de faits commis à l’occasion de mouvements sociaux par A. Chassaigne

 Les sanctions pénales se multiplient à la suite d’infractions commises sur la voie publique ou dans les lieux publics à l’occasion du mouvement des gilets jaunes et d’activités syndicales ou revendicatives de salariés, d’agents publics, de professions libérales ou d’exploitants agricoles.

Des peines particulièrement sévères sont prises à l’encontre de manifestants qui n’ont commis aucune violence physique contre des personnes ou dégradations volontaires de biens. Certaines infractions retenues sont par exemple la distribution de tracts, l’obstruction à la libre circulation, considérées comme des manifestations sur la voie publique interdites dans les conditions fixées par la loi. De nombreux manifestants ne sont pas condamnés sur des faits précis mais uniquement pour leur participation à un « groupement formé en vue de commettre des dégradations », souvent à l’issue de plusieurs jours de garde à vue.

Ces condamnations frappent des concitoyens qui se sont légitimement engagés dans ces mouvements sociaux. Ils se sont exprimés pour faire respecter leurs droits fondamentaux, protéger leurs conditions de vie, pour défendre non seulement leur dignité mais aussi l’intérêt général.

Dans ces conditions, je me suis adressé solennellement au Président de la République pour qu’il se prononce, dans son allocution du 31 décembre, en faveur d’une amnistie telle qu’elle est prévue par l’article 133-9 du code pénal et légitimée par une « tradition républicaine » (16 lois d’amnistie votées depuis le début de la 5ème république, notamment à la suite de différents mouvements sociaux). Le Président de la République doit comprendre la souffrance et la colère exprimées au travers de ces mouvements populaires qui ont pu conduire des manifestants à commettre des infractions d’une gravité modérée, qui ne peuvent être assimilées aux actes exécutés par des groupes de casseurs en bandes organisées.

Cette annonce présidentielle ferait alors l’objet d’une loi qui pourrait être soumise au Parlement dès la rentrée de janvier. Cette loi préciserait le champ d’application temporelle et définirait strictement les critères du champ d’application matérielle, notamment les délits concernés, les circonstances durant lesquelles ils devront avoir été commis, les infractions exclues.

En ce début d’année, sans occulter l’insuffisance des mesures prises et les multiples revendications à satisfaire, cette initiative présidentielle serait un geste politique fort et une mesure d’apaisement dans une période aussi socialement troublée.

Contact presse : Corinne Ould’Ameur – 04 73 95 74 90

chassaigne.a@wanadoo.fr www.andrechassaigne.org

Des éoliennes sur votre terrain ? Attention aux ennuis !

Par Michel Gay in Contrepoints

Sur le projet de centrale éolienne en mer entre l’île de Noirmoutier et l’île d’Yeu, le collectif  « Touche pas à nos îles » a reçu par erreur un e-mail injurieux d’un commissaire enquêteur qui qualifie les opposants de « personnes sans scrupules et au QI qui n’est pas celui du Géranium« .

Pourtant, les opposants aux éoliennes sur terre ou en mer (appelées aussi off-shore) ont quelques raisons à faire valoir pour faire couler ces projets nuisibles reposant davantage sur le business et l’idéologie que sur l’écologie.

Éoliennes abandonnées

Les racines du mal peuvent être profondes sur terre et en mer comme le montre un passé récent. Continuer la lecture de Des éoliennes sur votre terrain ? Attention aux ennuis !