Retrait du projet de loi SNCF ! Pour un débat sur des alternatives pour tous les services publics !

Les organisations signataires de cet appel….

Le mouvement unitaire du 22 mars a été un très beau premier succès pour la défense du service public. Face à cela, la seule réponse du gouvernement est le passage en force avec un projet de loi et des ordonnances autoritaires présentées en urgence à l’Assemblée Nationale. Il rappelle que « le réseau ferré national est victime de décennies de sous-investissement ». Mais il n’apporte comme perspective que la casse de la SNCF, avec une attaque frontale contre les cheminot-es, la préparation de la privatisation de l’entreprise publique via la mise en concurrence et la fermeture programmée de milliers de kilomètres de voies ferrées (à l’image des lignes Millau-Rodez ou Angoulème-Saillat-Chassenon).

Nous ne voulons pas de la France du tout-camion que prépare le projet de loi proposé par le gouvernement. Nous ne voulons pas d’une France où toute l’activité serait concentrée dans quelques grandes métropoles et quelques grands centres financiers, et où la plupart des territoires, des zones rurales, des villes moyennes seraient abandonnés. Nous ne voulons pas d’un réseau ferré national rabougri sur quelques lignes très rentables reliant à très grande vitesse quelques grandes métropoles.

Face à cette attaque délibérée, la réaction des cheminot-es et de leurs organisations syndicales est juste et légitime.

La très forte mobilisation des 2/3 et 7/8avril et, plus de 80% de cheminots grévistes en Tarn-et-Garonne, montrent qu’elles et ils sont déterminés à mettre en échec les fossoyeurs du rail. Nous soutenons totalement leur mouvement de grève, porteur de progrès pour l’ensemble des populations et des territoires. Leur victoire est essentielle pour l’avenir du pays, pour le service public, pour un aménagement des territoires équilibré et pour affronter les enjeux environnementaux et énergétiques du 21e siècle. Nous appelons toutes et tous à leur apporter un très large soutien, notamment par la mise en place d’Assemblées citoyennes ou de collectifs d’usagers sur le territoire.

Depuis trop longtemps, l’abandon progressif du transport de marchandises par train qui s’est traduit par la fermeture de gares de triage et la prime accordée à la route et au transport routier plombe la SNCF et notre environnement. Nous en faisons la triste expérience dans notre département avec l’abandon progressif de la ligne Castelsarrasin – Beaumont de Lomagne.

De plus, l’ouverture par Macron de lignes de transports par cars au détriment du rail est un non-sens écologique et un mépris pour les personnes à faibles revenus, alors qu’il faudrait plutôt développer des tarifs sociaux SNCF. Nous voulons une France qui prenne le virage de la transition écologique en dynamisant le fret ferroviaire. Nous voulons une France qui valorise et respecte l’ensemble de ses territoires par la desserte des zones rurales et des villes moyennes. Nous voulons le développement du réseau ferré avec la réouverture de lignes et de gares de proximité.

En Tarn-et-Garonne, nous subissons depuis de nombreuses années la destruction organisée du service public ferroviaire. Nous demandons la ré-ouverutre du premier au dernier train des gares de Castelsarrasin et Caussade, nous demandons la remise en service des dessertes TER de Malause,  Pommevic et golfech, nous demandons des guichets ouverts du premier eu dernier train. Nous demandons la rénovation des lignes existantes (exemple : ligne POLT et ligne Toulouse – Bordeaux), le maintient des gares de proximités et la relance des trains de nuit et d’équilibre du territoire.

A travers les cheminots, une confrontation démocratique et sociale se joue dont l’enjeu politique est général. La lutte des cheminot-es est aussi celle de tous les services publics, pour les droits collectifs de tous les salarié-es. Le gouvernement Macron cible le « statut » des cheminots dans le but de remettre en cause tous les statuts du travail, toutes les conquêtes populaires, dans le secteur privé (Code du travail au rabais) tout autant que dans les services publics avec la santé indexée sur la rentabilité et la mise en place de la sélection pour l’entrée à l’université.

Les personnels des services publics ont des propositions à faire pour le progrès des services rendus aux usagers, pour le bien commun de toutes et tous. Dans le secteur privé aussi, les salarié-es sont nombreux-euses à vouloir débattre du travail, de ses finalités, des droits émancipateurs.

Notre pays a besoin d’une relance des investissements 100% publics dans le réseau ferré. La SNCF a besoin des moyens financiers assurant son développement. L’Etat doit prendre en charge la dette qu’il a fait porter à l’entreprise publique indûment, et accorder des recettes pérennes pour le développement du service public ferroviaire.

Nous appelons au retrait immédiat du projet de loi proposé par le gouvernement.

Nous appelons le gouvernement à arrêter sa logique d’affrontement et à s’engager dans un débat démocratique, pour le développement du ferroviaire public, voyageurs et marchandises, de tous les services publics, pour les enjeux environnementaux et sociaux d’aujourd’hui.

Nous demandons l’ouverture d’un grand débat public et démocratique concernant l’avenir des citoyens. Ce n’est pas une affaire de technocrates mais de citoyens !

Nous sommes disponibles, dans le respect du calendrier décidé par les organisations syndicales, pour construire avec toutes celles-ceux qui le souhaitent des initiatives publiques unitaires à large échelle.

Nous sommes disponibles pour être au service des mobilisations sociales en cours, porteuses d’espoir et d’alternative pour tout le pays.

Syrie. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni jouent avec le feu et la guerre

Une photo partagée par l'armée syrienne montre une explosion aux abords de Damas (Syrie) ce samedi 14 avril. Photo Armée Gouvernementale Syrienne / AFP.

Une photo partagée par l’armée syrienne montre une explosion aux abords de Damas (Syrie) ce samedi 14 avril. Photo Armée Gouvernementale Syrienne / AFP.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes contre le régime de Bachar al-Assad. La Russie condamne un acte qui sera suivi de conséquences. Amnesty internationale demande que « Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires.

Les frappes militaires occidentales en Syrie reviennent à « insulter le président russe », un acte qui sera suivi de conséquences, a averti vendredi l’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. « Nous avions averti que de tels actions appelleraient des conséquences », a écrit le diplomate dans un communiqué. « Nos mises en garde ont été ignorées », a-t-il déploré, peu après que les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni ont déclenché des frappes contre le régime de Bachar al-Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques contre des civils.

Les factrices et facteurs de Montaigu de Quercy en grève illimitée à compter du lundi 16 avril

POURQUOI? 

Suite à un départ à la retraite, un agent a été embauché en CDD puis envoyé en formation en alternance à Albi durant plusieurs mois. A la fin de sa formation , La Poste a décidé de ne pas renouveler son contrat (malgré ses excellentes notes et ses compétences prouvées dans son nouveau métier). Aujourd’hui, les factrices et facteurs de Montaigu de Quercy se trouvent en sous-effectif avec des tournées à découverts (tournées non distribuées).

Elles et ils ont donc décidé de se mettre en grève pour exiger l’embauche de l’agent en contrat précaire vers un contrat en durée indéterminée. Sur le site courrier de Montaigu se trouve une tournée sans titulaire mais également un poste en CDI de remplaçant  est à pourvoir pour distribuer les tournées de Lauzerte et Montaigu .

Malgré cela, la direction locale s’entête lors des négociations du jeudi 12 avril, à ne pas embaucher l’agent pourtant déjà formé sur site. Pourtant, La Poste a les moyens en affichant un bénéfice record pour l’année 2018 de 851 millions d’€uros et s’octroie même plusieurs subventions de l’état comme par exemple les 330 millions d’euros en moyenne, chaque année, du CICE ou d’exonération de cotisation durant l’embauche du contrat professionnel à hauteur de 2000€ par an. Malgré cela, La Poste n’a de cesse de sacrifier l’emploi, les conditions de travail, et le service rendu aux usagers.

Les factrices et facteurs de Montaigu de Quercy appellent les usagères et usagers

à venir les soutenir lors d’un rassemblement devant la mairie (et La Poste)

LUNDI 16 AVRIL à partir de 9h

D’autre mobilisations  sont prévues (informations à retrouver sur le site internet CGT FAPT 82) si la direction de La Poste s’entête à ne pas faire aboutir une revendication plus que légitime.

NON A LA SUPPRESSION DES CIO! (PETITION)

le Ministère a annoncé la fermeture des 390 CIO de France : c’est la mort d’un service public.

Lieu d’accueil, d’écoute et de conseil en orientation, neutre et gratuit pour tout public.

Si les CIO disparaissent, qui s’occupera des non scolarisés demandant un retour en formation, des décrocheurs, des étudiants, des adultes, des personnes en situation de handicap cherchant des informations sur leur scolarité, des jeunes migrants, des scolaires ne bénéficiant pas des services des psy En dans leurs établissements (privés, agricoles…)?

NON à la fermeture des CIO!

Merci pour votre soutien. 

Montauban : le cheminot qui veut « faire dérailler Macron »

Thomas Portes, membre du PCF et délégué CGT, a choisi, en plus du terrain, les réseaux sociaux pour combattre la réforme de la SNCF. Portrait.

De notre correspondant à Toulouse,

S'il espère « une convergence des luttes », Thomas Portes estime qu'il « ne faut pas se bercer d'illusions, on ne rejouera pas Mai 68 ».

S’il espère « une convergence des luttes », Thomas Portes estime qu’il « ne faut pas se bercer d’illusions, on ne rejouera pas Mai 68 ». © Stéphane Thépot

NDDL, « On a joués le jeu, on a été floués »

Daniel Roucous avec AFP
 

C’est ce qu’estime Sarah, une agricultrice de la ZAD NDDL alors que ce matin 11 avril, les opérations d’expulsions et de destructions continuent.

« On a joué le jeu et on a été floués », a déclaré à l’AFP Sarah, une des zadistes de Notre-Dame-des-Landes engagés dans un dialogue avec les autorités dans l’espoir de bâtir un projet agricole sur le site, se disait « révoltée » mardi, au lendemain de la destruction de sa bergerie, synonyme pour elle d’une trahison de la préfecture.

« On est révolté, on ne peut pas être autrement. On fait toutes les démarches pour essayer de construire un dialogue et ils choisissent la voie de la violence, de la destruction, (…) c’est inadmissible ce qui s’est passé », a témoigné la trentenaire à la frêle silhouette, le visage encore très marqué 24 heures après la démolition de la bergerie des « 100 Noms ».

Cette destruction représente pour beaucoup d’opposants au projet d’aéroport un « point de non retour » dans le dialogue entamé avec les autorités sur l’avenir agricole du site. L’Acipa, association historique, a ainsi appelé à la « mobilisation générale » après cette « aberration », si la préfecture « ne (retirait) pas ses troupes » dès mardi soir.

Après les « 100 Noms », les gendarmes mobiles ont ciblé un potager collectif. Une intervention au coeur d’une activité agricole qui a suscité colère et incompréhension chez les opposants. « Ils attaquent des projets agricoles, contrairement à ce qu’ils avaient dit », a dénoncé Sarah, rappelant la volonté affichée du gouvernement de n’expulser que les zadistes refusant de déclarer les exploitations ou rejetant toute légalisation.

Lors d’un point presse avec une vingtaine d’autres occupants, qui ont tour à tour décliné prénom – parfois d’emprunt – et projet agricole en cours sur la ZAD, la jeune femme portait une agnelle morte qu’elle dit avoir retrouvée sous les débris de la bergerie. « On a joué le jeu et on a été complètement floués », ne décolère pas Sarah.

Selon elle, dans une lettre collective sollicitant un « rendez-vous de régularisation » à la Mutualité sociale agricole (MSA), le signataire a donné son nom et fait savoir qu’il habitait les « 100 Noms », où il développe un projet d’installation en élevage de brebis laitières.

Dans ce lieu-dit, le « groupe moutons », dont fait partie Sarah, « a identifié les brebis il y a une dizaine de jours » et « toutes ont été pucées ». « Ils savaient très bien qu’on était en train de se régulariser. C’est mensonger de dire le contraire », a lancé la jeune éleveuse, qui désirait également monter un projet de troupeau-école.

« Il faut arrêter de dire n’importe quoi, il faut arrêter de se foutre de nous, (…) ils veulent encore essayer de sauver la face mais clairement, ils ne sont plus crédibles », estime Sarah.

En lien

Nanterre : « En plus de la violence réelle, une violence symbolique extrêmement forte »

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

La députée communiste Elsa Faucillon va demander au Premier ministre, à l'Assemblée ce mardi, s’il entend régler tous les problèmes qui se posent à lui à coup de CRS. Photo : Christophe Archambault/AFP

La députée communiste Elsa Faucillon va demander au Premier ministre, à l’Assemblée ce mardi, s’il entend régler tous les problèmes qui se posent à lui à coup de CRS. Photo : Christophe Archambault/AFP

Après l’évacuation de l’université Paris-X lundi et la garde-à-vue de six étudiants, la députée communiste Elsa Faucillon s’est rendue au commissariat de Nanterre et s’apprête à interpeller le gouvernement dans l’hémicycle.

Vous vous êtes rendue, comme députée des Hauts-de-Seine, au commissariat de Nanterre après l’évacuation de l’université et l’arrestation de six étudiants lundi. Comment réagissez-vous à ces événements ? Continuer la lecture de Nanterre : « En plus de la violence réelle, une violence symbolique extrêmement forte »

Nouveau parfum de révolte… Par P. Le Hyaric

Le pays semble avoir, une fois encore, montré sa capacité de résilience face à l’obscurantisme assassin. Les ressorts d’indignation restent heureusement intacts : nos concitoyens refusent, dans leur grande majorité, de s’habituer à l’horreur en faisant corps, malgré les rodomontades d’une droite extrémisée et de l’extrême droite.

La grande question sociale que le gouvernement cherche à enfouir sous le tapis de bombes des contre-réformes ne s’est pas effacée non plus face au terrorisme fanatique. Ainsi la jeunesse montre-t-elle aujourd’hui son puissant refus de se laisser trier, à travers le système d’orientation post-bac Parcoursup, selon les objectifs fixés par des algorithmes répondant aux besoins d’un système économique en crise, comme elle refusait hier de se laisser tirer au sort. Ce refus, ajouté à la résurgence de groupuscules d’extrême droite, met en ébullition les universités du pays qui se réunissent spontanément en assemblées générales pour rejoindre le mouvement social en cours.

Dans un même mouvement se retrouvent ainsi étudiants et retraités dont certains médias répètent à longueur d’ondes et d’écrans qu’ils nourriraient des vues opposées. Il se peut au contraire qu’ils expriment un même ras-le-bol de la déconsidération dont ils font l’objet, les uns pressurés et percevant des pensions de retraites souvent misérables après une vie de labeur et de cotisations ; les autres appelés à rejoindre les rangs d’un salariat précarisé. De la même manière, les salariés qui bénéficient d’un statut protecteur dans les différentes fonctions publiques qui ploient sous les difficultés, notamment à l’hôpital ou à la SNCF, et ceux qui sont soumis à la loi la plus rude du salariat précarisé, dans la distribution, le travail à la tâche dit « ubérisé », commencent à nourrir un combat commun. L’ampleur du mouvement des salariés de Carrefour indique lui aussi un changement.

S’il faut se méfier des comparaisons historiques trop faciles, cinquante ans après les événements de 1968,  de frappantes similitudes s’expriment dans les sociétés dites « développées ». Car les évènements de 1968 ne venaient pas de nulle part et n’étaient en rien des évènements franco-français. Le monde entier entrait alors en effervescence, secoué par des contradictions entre des structures sociales archaïques, un impérialisme féroce, et des forces productives, pour reprendre les mots de Marx, qui portaient en elles de nouveaux développements. C’est toute la jeunesse du monde capitaliste avancé et une partie importante de son salariat qui réclamait un changement de paradigme. Il se peut que certaines des caractéristiques de notre époque ne soient pas si éloignées…

Comment, dès lors, ne pas observer dans « le clair-obscur » des crises, à la fois la clarté du mouvement de la jeunesse nord-américaine qui se lève contre la violence endémique et les crimes racistes qui frappent son pays, et l’obscurité du trumpisme national-capitaliste ; la clarté des mouvements pour l’égalité et l’obscurité des forces d’extrême-droite et fanatiques qui reprennent du poil de la bête. Notre continent est ainsi traversé par les mêmes puissantes contradictions qui s’aiguisent de mois en mois et de scrutins en scrutins. Et la planète entière est hantée par le désastre écologique qui, à lui seul, rend urgents un nouveau type de développement et une nouvelle manière de produire qui ne soient pas indexés sur la recherche continue du taux de profit. Nul part le statu quo n’est réclamé, encore moins le retour à une situation antérieure. C’est bien l’exigence d’un progrès social, écologique, démocratique qui s’affirme à tâtons.

Dès lors de nouvelles convergences sociales peuvent s’affirmer pour faire chuter de son piédestal bonapartiste le Prince-Président Macron, plus fragile qu’il ne le laisse croire comme le montrait déjà son résultat de premier tour de l’élection présidentielle. Le lien organique et personnalisé qu’il prétend cultiver avec le peuple, à grand renfort de communication, pourrait bien lui revenir comme un boomerang. Etudiants, salariés précaires, agents publics déconsidérés mais à l’avant-garde de la République sociale, retraités et jeunesse des quartiers populaires condamnés à la fatalité sociale, mais aussi petits paysans doutant de plus en plus du sens de leur métier, cadres soumis à des ordres absurdes, chacune, chacun peut adjoindre ses forces dans les semaines qui viennent pour relever, ensemble, un défi qui s’avère être civilisationnel.

L’esclavage s’aggrave en Europe au XXIème siècle

C’est un véritable cri d’alarme que lancent les experts du Conseil de l’Europe ( GRETA ) dans leur rapport annuel sur la situation de la traite des êtres humains en Europe. Avant l’exploitation sexuelle, l’exploitation par le travail est devenue la forme prédominante de l’esclavage moderne. Les premières victimes en sont les migrants.

L’esclavage est-il en train de devenir une pratique florissante en ce début de XXIème siècle en Europe ? On aurait presque du mal à y croire si ce n’étaient les experts internationaux du Conseil de l’Europe qui en fassent la démonstration, chiffres et centaines de documents à l’appui, pays par pays.