Apprendre aux filles à courber l’échine ? !

Action contre les violences faites aux femmes, le 24 novembre 2017, à Paris. Photo : Alain Jocard/AFP

Action contre les violences faites aux femmes, le 24 novembre 2017, à Paris. Photo : Alain Jocard/AFP

La tribune réactionnaire de cent femmes dans leur tour d’ivoire. Par Caroline Bréhat Psychopraticienne (1) et Thibaud Leclech Psychanalyste.

Étrange contrée que la France. Alors que le discours progressiste d’Oprah Winfrey à la remise des golden globes, diffusé par les médias mondiaux, est encensé pour son appui à la campagne « Me Too », « 100 femmes » françaises font publier, dans le Monde du 9 janvier 2018, une « tribune » réactionnaire, pour le droit « d’être importunées par des hommes », un droit perçu par elles comme « indispensable à la liberté sexuelle ».

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Médecine du travail, comment ça se passe depuis la réforme ?

CGT
Le suivi médical des salariés n’est plus systématiquement assuré par le médecin du travail, sauf pour décider avec l’employeur s’ils sont aptes ou pas. Mise à jour suite à l’application des ordonnances réformant le code du travail.

Depuis le 1er janvier 2017, voici comment ça se passe en matière de suivi médical des salariés (en CDI, CDD, Intérim, saisonniers etc.) par la médecine du travail :

la visite d’embauche par le médecin du travail est remplacée par une visite d’information et de prévention, sauf pour les postes-a-risques

Cette visite d’information et de prévention doit être réalisée dans un délai maximum de 3 mois à compter de l’embauche par un médecin du travail ou un médecin collaborateur ou un interne en médecine du travail ou un infirmier.

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Pourquoi l’hôpital public est-il « arrivé au bout d’un système » ?

Une question sociale et de santé publique.
Photo : Martin Bureau/AFP

Photo : Martin Bureau/AFP

Dans les services, la tension monte. Plus de 900 médecins et praticiens ont adressé une lettre ouverte à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.
Avec Dr Claire Gekiere Psychiatre, médecin hospitalier; Dr Christophe Prudhomme, Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, syndicaliste CGT; Nicole Smolski, Présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi et Frédéric Valletoux, Président de la Fédération hospitalière de France. Continuer la lecture de Pourquoi l’hôpital public est-il « arrivé au bout d’un système » ?

Le Cévenol : la SNCF s’acharne contre un train vital + questionnaire usager

Marie Astier (Reporterre)

À une époque, elle était la principale liaison de chemin de fer reliant Paris à Marseille. Désormais, elle est un tronçon régional que les acteurs locaux tentent de sauver. La ligne des Cévennes est emblématique du combat pour la sauvegarde des lignes secondaires, abandonnées de la SNCF. Elles sont pourtant essentielles aux territoires reculés, et une solide alternative à la voiture.

  • Alès (Gard)-Langogne (Lozère), reportage

« Halte de Chamborigaud » : le lieu n’a plus droit à l’appellation de gare. Le panneau, récent, est accroché à un abri aménagé de quelques sièges, permettant au voyageur de s’abriter du froid venteux et piquant des montagnes cévenoles. Une petite dizaine de voitures stationnent sur le parking voisin. Sans cela, on pourrait se croire à un arrêt fantôme. Le bâtiment, qui a autrefois abrité un guichet et même un logement, est barricadé, soulignant la fermeture définitive.

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Christophe Ramaux «Le gouvernement est dans la diversion permanente, il détourne l’attention des vrais enjeux »

Christophe Ramaux Économiste atterré et maître de conférences

Christophe Ramaux Économiste atterré et maître de conférences
Le gouvernement préfère pointer les autres du doigt plutôt que de réfléchir à une politique macroéconomique efficace pour enrayer le chômage.

Emmanuel Macron promet une nouvelle baisse des charges pour les entreprises. Quel effet cette baisse va-t-elle avoir sur l’emploi ?

Christophe Ramaux. Ce n’est pas la bonne stratégie. Les études montrent que les allégements généraux sur les bas salaires améliorent peu la compétitivité, puisque cela bénéficie massivement à des entreprises qui ne sont pas exportatrices. On crée des effets d’aubaine, c’est-à-dire des sommes dont les entreprises n’ont pas besoin pour maintenir ou créer de l’emploi.

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Agressés et humiliés par certains élèves, les profs du lycée Gallieni de Toulouse sont en grève

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C’est littéralement un « appel au secours » qu’ont lancé, ce mardi matin, une soixantaine d’enseignants du lycée Joseph-Gallieni (sur 120), route d’Espagne à Toulouse. Devant l’entrée de l’établissement qui accueille plus de 1 000 élèves du CAP au bac professionnel et technologique, une large banderole réclame « un plan Marshall ».

Le malaise ne date pas d’hier, mais la coupe est pleine. Les cours ont été suspendus, ce lundi toute la journée, et remplacés par des ateliers pour que la parole s’exprime et atténue les maux d’un lycée qui est devenu un espace de non-droit. Les profs sont au bord de la crise de nerfs, certains pleurent en racontant leur quotidien fait d’incivilités et de violences.

Agressions, vols, bagarres, violences sexistes , trafic de drogues et élèves fichés S

Agressions verbales et physiques « qui se généralisent et se banalisent », « intrusion d’élèves extérieurs qui viennent semer le trouble et commettent des infractions », vols en classe, à l’internat, généralisation de bagarres violentes dans l’enceinte de l’établissement, violences sexistes subies par les filles, élèves et parents qui viennent la peur au ventre, souffrance des enseignants, trafic de stupéfiants, etc. La liste est longue et les moyens pour lutter plutôt aux abonnés absents, considèrent les équipes pédagogiques en colère.

« Des élèves partis pour tenter d’aller faire le jihad »

Le pot aux roses, c’est la découverte de lycéens fichés S. Cette fameuse fiche émise par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) concerne des individus soupçonnés de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat, sans pour autant qu’ils aient commis de délit ou de crime. Elles peuvent ainsi être attribuées à de simples relations d’un terroriste connu.

« À une prérentrée, un collègue a demandé à la police de connaître les élèves qui ont un casier judiciaire et le policier lui a répondu qu’il ne préférait pas lui donner ces informations, pensant qu’on aurait peur de rentrer dans certaines classes, raconte Virginie, professeur de lettres et histoire. On a eu, une année, des élèves partis pour tenter d’aller faire le jihad. Quand ils sont revenus, le rectorat nous a répondu de faire appel à notre bon sens pour gérer le problème ».

« En cours avec le bracelet électronique »

« Dans les 1 000 élèves du lycée, on a des profils très particuliers, poursuit l’enseignante. Certains sont très volontaires, mais on a aussi une minorité qui relève de structures spécialisées, médicales, ou relatives à la justice : des élèves qui sortent de prison, qui viennent en cours avec le bracelet électronique, d’’autres qui ont un casier judiciaire assez fourni qu’on nous demande d’intégrer. On fait tout pour que la poudrière explose. »

Pour l’heure, Jacques Caillaut, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), assure prendre le problème du lycée Gallieni à bras-le-corps. « Nous apportons déjà des réponses et pas seulement quand les gens se mettent en grève », indique l’inspecteur académique.

Censurée, une réalisatrice dénonce la politique du réseau social

Censurée par Facebook, une réalisatrice dénonce la politique du réseau social

C’est en voulant faire la promotion de son prochain court-métrage sur Facebook que l’actrice et réalisatrice Alexandra Naoum s’est retrouvée confrontée à la politique absurde du réseau social en matière de censure.

La jeune femme, qui voulait payer pour mettre en avant son post dans le cadre d’une campagne de crowdfunding, s’est vu censurer sa publication, qui n’avait pourtant rien d’outrageux. Sur la photo originelle, on voit une poitrine de femme, un sein flouté et l’autre pudiquement couvert par un soutien-gorge. Le cliché était censé illustrer le propos de son film, L’Amazone, l’histoire d’une femme ayant subi une mastectomie suite à un cancer du sein, et qui choisit de ne pas faire appel à la reconstruction. Mais, lorsque la mise en avant lui a été refusée, Alexandra Naoum a décidé de faire appel à une illustratrice pour reproduire la photo en version dessinée. Avant d’essuyer un nouveau refus de Facebook.

En tant que réalisatrice, c’est tout naturellement qu’Alexandra Naoum a décidé de dénoncer en vidéo la politique de Facebook en matière de nudité, une politique absurde qui a déjà été maintes fois pointée du doigt et qui oscille entre extrême pudibonderie et hypersexualisation des femmes.

Moyen-Orient. De la Palestine à l’Iran, la cohérente stratégie de Trump

Photo : Reuters

Photo : Reuters
Les conservateurs américains soutiennent les manifestations en Iran tout en préparant une remise en cause de l’accord sur le nucléaire. Parallèlement le président américain menace les Palestiniens.
Après cinq jours d’importantes protestations du 28 décembre au 1er janvier, l’Iran a retrouvé généralement le calme au prix d’un déploiement important des forces de sécurité. Aucune protestation n’a eu lieu ces trois derniers jours à Téhéran. En province, de petites manifestations se sont produites à nouveau jeudi soir selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux sans que l’on puisse vérifier leur authenticité.
Durant ces protestations contre la vie chère et le pouvoir, qui ont touché plusieurs villes de province et dans une moindre mesure Téhéran, 21 personnes en majorité des manifestants ont été tuées et des centaines arrêtées. Des biens publics ont été endommagés ou incendiés. Continuer la lecture de Moyen-Orient. De la Palestine à l’Iran, la cohérente stratégie de Trump

Violences faites aux femmes. « Adhérer ne suffit pas à devenir féministe »

Des référents nationaux seront mis en place pour accompagner les victimes au sein du PCF. Patrick Nussbaum

Des référents nationaux seront mis en place pour accompagner les victimes au sein du PCF. Patrick Nussbaum

Camille Lainé (MJCF) et Pierre Laurent (PCF) appellent le mouvement communiste à mener un travail de fond après les révélations de plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viol en son sein.

Aude (1) vivait sans doute l’un de ses premiers grands rassemblements politiques. En juin 2016, elle se rend au congrès du PCF, accompagnée de deux autres jeunes adhérents du Mouvement des jeunes communistes français, l’autre nom des « JC ». Ils prolongent les débats tard le soir avec un responsable de section de Limoges âgé de 25 ans, qui les impressionne. Celui-ci invite la petite troupe à finir la soirée dans sa chambre d’hôtel. Il poursuit la discussion avec la jeune fille, tandis que ses compères, ivres, s’endorment. C’est à ce moment qu’il se jette sur elle. Elle le repousse une première fois. « Il a continué, il glissait la main sous mon pull, me caressant. Je l’ai repoussé. Il a stoppé puis recommencé », raconte la jeune femme, qui passera la nuit transie « de peur ».

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Rupture conventionnelle collective, dix questions sur son mode d’emploi

PHOTO PASCAL GUYOT / AFP

PHOTO PASCAL GUYOT / AFP

Pour contourner les licenciements économiques, l’ordonnance relative à la sécurisation des relations de travail a créé une nouvelle disposition : la rupture conventionnelle collective. Date d’application : dès qu’un accord collectif est passé et homologué par la Direccte. Ce qui est possible depuis le 4 janvier 2018.

A quoi sert la rupture conventionnelle collective ?

Elle permet aux entreprises de contourner le PSE – Plan de sauvegarde de l’emploi lorsqu’elles envisagent des suppressions d’emplois. Ca évite les procédures lourdes et coûteuses (pour les entreprises) des licenciements collectifs.

C’est ce que prévoit l’article 10 de l’ordonnance 3  qui dit bien que « un accord collectif peut déterminer le contenu d’une rupture conventionnelle collective excluant tout licenciement pour atteindre les objectifs… de suppression d’emplois. »

Attention, elle ne met pas fin au PSE qui reste une possibilité pour l’entreprise en cas de difficultés économiques entraînant des licenciements.

Un accord collectif doit donc la prévoir ?

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