Pétition. Des masques pour tous, gratuits : l’appel lancé par l’Humanité

"Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public", Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP

« Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public », Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP
 

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir. Pour une famille, le budget peut atteindre plus de 200 euros par mois. Exigeons leur gratuité.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Une pétition à signer en suivant ce lien. 

ll y eut d’abord ces mensonges en série sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès. Continuer la lecture de Pétition. Des masques pour tous, gratuits : l’appel lancé par l’Humanité

En Seine-et-Marne, le chantage de l’Éducation nationale pour forcer la réouverture des écoles

Des maires estiment que les conditions sanitaires ne sont pas réunies : en représailles, la direction académique du département menace de ne plus mettre d’enseignants devant les enfants de personnels prioritaires dans les écoles qui resteront fermées. Une manière de mettre la pression sur les élus pour forcer la réouverture des classes.

« Parce que les conditions sanitaires pour garantir la santé de tous les élèves comme des personnels ne sont pas réunies », plusieurs maires de Seine-et-Marne ont décidé de ne pas rouvrir leurs écoles le 11 mai, comme six d’entre eux (à Othis, Dammartin-en-Goële, Saint-Mard, Mitry-Mory, Mesnil-Amelot et Longperrier) l’expliquent dans un courrier adressé à la directrice académique du département, Valérie Debuchy. Celle-ci, mécontente de ces choix, a informé les élus que, par conséquent, « les enfants de personnels prioritaires n’y seraient plus accueillis, et qu’aucun enseignant ne serait disponible pour assurer l’éducation de ces enfants », relatent les édiles.

« C’est une punition à moitié déguisée, une forme de chantage assez dur, juge Charlotte Blondiot-Faride, maire PCF de Mitry-Mory. On nous a bien fait comprendre que tant que nos écoles n’étaient pas rouvertes, la direction académique départementale ne mettrait plus les enseignants à disposition de l’accueil des enfants de personnels soignants prioritaires. Une mission essentielle et qui jusqu’ici se déroulait parfaitement. »

Valérie Debuchy, directrice académique départementale, a justifié sa décision par le fait que les enseignants ayant assuré cet accueil depuis le 16 mars devaient retourner dans leurs classes d’origine et n’étaient donc plus disponibles. Elle renvoie ainsi les maires au pied du mur, et les porte comme responsables de cette situation : « C’est antinomique de refuser l’ouverture d’une école et vouloir, en même temps, accueillir les enfants des soignants et des professions indispensables. Ils doivent se débrouiller avec leur personnel communal s’ils veulent accueillir les enfants de soignants, mais ces enfants doivent pouvoir retourner en classe. »

« On ne manque pourtant pas d’enseignants volontaires, notre planning est d’ailleurs prévu pour les prochaines semaines et n’était pas remis en cause par les professeurs ou le déconfinement », répond la maire de Mitry-Mory. Elle sollicitera les agents municipaux et des animateurs pour poursuivre cet accueil mais toutes les communes n’en auront pas les moyens. « On cherche à nous punir, alors que n’avons pas fait le choix de maintenir nos écoles fermées par posture politique ou par esprit de contrariété, regrette Charlotte Blondiot-Faride. Nous avons estimé que nous n’étions pas en capacité de rouvrir les écoles pour de nombreuses raisons : le délai réduit imposé pour cette réouverture, l’absence d’informations sur le nombre d’effectifs à accueillir, le manque de moyens communaux pour assurer le fonctionnement de l’école et la protection de tous… » La maire estime qu’il était de son droit de prendre cette décision : « À partir du moment où l’État se lave les mains et se décharge largement sur les collectivités locales depuis le début de cette pandémie, je considère que nous sommes dans notre bon droit. D’autant que nous sommes pénalement responsables des conditions d’accueil et de sécurité à respecter dans les écoles. »

Le conseil municipal de Mitry-Mory évaluera à la fin du mois si une réouverture est possible le 2 juin. D’ici là, les communes concernées par la décision de la direction académique départementale demande à celle-ci de revenir sur sa prise de position ou, au minimum, de la transmettre par écrit : « Cette décision est bancale et arbitraire, on ne sait pas sur quels fondements elle s’appuie. Avoir un écrit serait donc la moindre des choses, bien que ce qu’on demande réellement soit bien sûr que la direction académique revienne sur cette décision. »

Coronavirus : la rentrée à risque des écoles de France + Tract plan d’urgence pour l’éducation

In DDM

La rentrée à risque des écoles de France
La rentrée à risque des écoles de France

La semaine prochaine, 1 million d’élèves reprennent le chemin de l’école. Une rentrée à hauts risques alors que l’épidémie du coronavirus n’est pas encore terminée et un vrai casse-tête pour les parents, les enseignants et les élus locaux.

Fallait-il rouvrir les écoles le 11 mai alors que l’épidémie du coronavirus n’est pas encore derrière nous ? Fallait-il aller à l’encontre de l’avis du Conseil scientifique sur le Covid-19, mis en place par Emmanuel Macron pour éclairer les décisions de l’exécutif, qui préconisait une reprise des cours à la rentrée de septembre, arguant « le risque de transmission important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités » ? Fallait-il ignorer le principe, éprouvé par nombre d’autres pays dans le monde, selon lequel les écoles confinées les premières doivent être déconfinées les dernières ? Y a-t-il un risque de regrouper les enfants dont la contagiosité reste controversée voire mystérieuse selon les épidémiologistes ?

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Cécile Rol-Tanguy est décédée

Cecile Rol Tanguy, le 9 avril 2005 photo Francine Bajande

Cecile Rol Tanguy, le 9 avril 2005 photo Francine Bajande

Dès la première heure, elle a résisté au nazisme. Épouse du colonel Henri Rol-Tanguy, Cécile, Grand officier de la légion d‘honneur, a été aux premiers rangs de la libération de Paris en août 1944. « Le feu de l’engagement semblait couler dans ses veines », a salué la présidence de la République.

Au Palais de l’Élysée, alors que François Hollande venait de l’élever au grade de Grand officier de la légion d’honneur, Cécile Rol-Tanguy déclarait : « Cette distinction, monsieur le Président, je l’accepte au nom de toutes les femmes résistantes oubliées, celles dont on n’a jamais parlé, celles qui n’ont rien eu. »

Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite le Bihan à Royan avait fêté au mois d’avril 2019 ses cent ans entourée de sa famille et de ses nombreux amis. Elle est décédée ce vendredi 8 mai 2020 chez elle, à midi, à Monteaux (Loir et Cher), entouré des siens. Comme un symbole.

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#11MAI « Ne laissons pas le marché spéculer sur la crise sanitaire, il faut la gratuité des masques! »

En direct avec Loïc Pen, médecin urgentiste à Creil, responsable départemental CGT, le point à la veille du déconfinement. Masques, tests… où en sommes-nous ?

Stéphane Peu : « Chez Macron, l’état d’urgence est addictif »

Pour Stéphane Peu, l’exécutif « demande tous les pouvoirs et se défausse sur les maires, les directeurs d’établissement et les chefs d’entreprise   ». © Julien Jaulin/Hans Lucas

Pour Stéphane Peu, l’exécutif « demande tous les pouvoirs et se défausse sur les maires, les directeurs d’établissement et les chefs d’entreprise ». © Julien Jaulin/Hans Lucas
 

Entretien. Le député PCF Stéphane Peu appelle à mettre un terme au plus vite à ce régime d’exception qui place la démocratie sous cloche au pire moment.

Que pensez-vous de la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 24 juillet ?

Stéphane Peu. Les députés PCF voteront contre. J’ai un avis très sévère sur ce texte. On ne lutte pas efficacement contre le Covid-19 sans la confiance et l’implication de la population. Or la gestion de la crise par l’exécutif fait que la France est le pays d’Europe le plus défiant vis-à-vis de son gouvernement. Emmanuel Macron était en retard, il n’a pas tenu compte des alertes de l’OMS et il a voulu compenser en adoptant un discours martial contre-productif. L’état d’urgence sanitaire renvoie à une philosophie de guerre.

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Reprise : Quelle responsabilité pour les enseignants et les chefs d’établissement ? 

Responsable pénalement ou pas ? Face aux risques qui accompagnent la réouverture des écoles et des établissements scolaires, au terme d’un débat houleux, les sénateurs adoptent le 4 mai un amendement qui, pensent-ils, exonère les maires de toute responsabilité. Mais qu’en est-il des enseignants et chefs d’établissement ? Nous avons interrogé deux syndicats de chefs d’établissement et une avocate spécialisée dans le droit scolaire, Me Valérie Piau. Mais si le risque judiciaire semble faible, rien ne peut diminuer la responsabilité morale et rien ne pourrait aussi contenir un éventuel ressentiment politique…

Le Sénat remué par la responsabilité des maires

Quatre mai :  » La redondance des amendements témoigne du malaise qui s’exprime dans notre pays face à la réouverture des écoles. Oui, nous insistons sur la responsabilité des maires. » Explique la sénatrice Cécile Cukierman devant un Sénat qui examine plusieurs amendements sur cette responsabilité. Pour le rapporteur, Philippe Bas,  » les maires n’ont aucune décision à prendre à ce sujet, car le code de l’Éducation nationale confère cette responsabilité aux directeurs d’école, sous l’autorité des académies… Tous les amendements protégeant les maires à l’occasion de l’ouverture des écoles n’ont donc pas d’objet ». Continuer la lecture de Reprise : Quelle responsabilité pour les enseignants et les chefs d’établissement ? 

COVID 19: Marion et ses 70 couturières ont vu plus loin que le bout de leur nez… in DDM

Montauban. Marion Lélon  prépare une livraison.
Montauban. Marion Lélon prépare une livraison.

« Un bon moyen de romprel’isolement et la solitude en période de confinement. Et puis, il fallait faire quelque chose pour pallier le manque de masques… » Voilà comment Marion Léon caractérise la chaîne de solidarité qu’elle a mise en place avec une poignée de bénévoles, à Montauban, dès le premier jour du confinement.

En temps normal, la jeune femme est professeur de physique-chimie au collège Olympe de Gouges. Mais dès le 17 mars, celle qui est responsable aussi de Féminité sans-abri, une association qui récupère des produits d’hygiène, de beauté et des protections intimes pour les distribuer aux femmes à la rue, a voulu tenter une nouvelle expérience. Marion cochera toutes les cases de ses aspirations du moment, avant de trouver la bonne formule : aider les autres, près de chez soi, concrètement. Face au manque de masques, elle décide ainsi d’en fabriquer en tissu et de les offrir. Elle pense à ses amis soignants et travailleurs sociaux « qui vont bosser sans aucune protection », puis à tous ceux qui en ont besoin, visibles et invisibles.

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Reprise : Les professeurs entre l’envie, l’impossible, l’impensable… 

Lundi 11 mai, les écoles rouvriront. JM. Blanquer en a décidé ainsi, « une question d’honneur » a-t-il dit. Mais les enseignantes et enseignants sont-ils prêts ? Outre les inquiétudes qu’ils ressentent et pour la grande majorité la volonté de revoir leurs élèves, c’est la communication ministérielle qu’ils déplorent. Aucun texte officiel et un protocole sanitaire qui a tardé à arriver dans les boites mail des directeurs et directrices. Les équipes pédagogiques doivent informer les parents au plus tard le 7 mai des modalités d’accueil de leurs enfants, elles ont donc deux jours pour organiser la « rentrée », une rentrée bien loin de toutes celles qu’ils ont connues jusqu’ici… Ils nous font part de leurs inquiétudes, et de leur colère pour certains.

« J’ai peur, pas peur de la maladie réellement, mais peur de ma responsabilité si un cluster voit le jour dans notre école »

Mélinda est directrice d’une école de douze classes en Seine-Saint-Denis. Depuis l’annonce de la réouverture des écoles, son humeur varie entre soulagement et sueurs froides. « J’ai tellement envie de revoir mes petits loups, et les collègues… Mais j’ai peur, pas peur de la maladie réellement, mais peur de ma responsabilité si un cluster voit le jour dans notre école ». Les élèves de son école font partie de ceux ciblés par le président, ceux pour qui confinement rime avec augmentation de la précarité, ceux pour qui un repas à la cantine en moins ça compte vraiment, ceux pour qui vivre avec papa, maman et les frères et sœurs sans avoir un espace à soi, c’est dur, c’est très dur. Alors la reprise elle y tient, mais pas à n’importe quel prix. « Je sais que nous devons y retourner, il le faut mais je veux qu’on prenne le temps de construire cela entre collègues et avec la collectivité ». Continuer la lecture de Reprise : Les professeurs entre l’envie, l’impossible, l’impensable… 

Confiné mais pas muet, retour sur un 1er mai si particulier + florilège de photos Castel/Moissac

Ce vendredi 1er mai, quelques manifestants étaient rassemblés devant l'hôpital de la Timone, à Marseille © Christophe Simon/AFP

Ce vendredi 1er mai, quelques manifestants étaient rassemblés devant l’hôpital de la Timone, à Marseille © Christophe Simon/AFP
 

Empêchés de manifester, militants et citoyens se sont mobilisés toute la journée sur la toile et aux balcons. Quelques rassemblements ont également eu lieu, mais sont restés marginaux.

« C’est la première fois en 75 ans que l’on ne marche pas, à l’exception des années de guerre ». Devant les portes de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, Fabien Roussel est venu, au petit matin de ce Premier mai si particulier, distribuer aux soignants qui terminaient leur nuit de garde, un brin de muguet. Pas de manifestations, mais quelques mots échangés avec ceux qui sont chaque jour, confrontés à ce virus, « c’est le muguet du Parti communiste Français, c’est offert ». Pour le secrétaire national du PCF, pas question de braver le confinement, mais bien de « marquer le coup devant cet hôpital, de nous manifester auprès du monde du travail, sur le terrain ».

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