« Un bon moyen de romprel’isolement et la solitude en période de confinement. Et puis, il fallait faire quelque chose pour pallier le manque de masques… » Voilà comment Marion Léon caractérise la chaîne de solidarité qu’elle a mise en place avec une poignée de bénévoles, à Montauban, dès le premier jour du confinement.
En temps normal, la jeune femme est professeur de physique-chimie au collège Olympe de Gouges. Mais dès le 17 mars, celle qui est responsable aussi de Féminité sans-abri, une association qui récupère des produits d’hygiène, de beauté et des protections intimes pour les distribuer aux femmes à la rue, a voulu tenter une nouvelle expérience. Marion cochera toutes les cases de ses aspirations du moment, avant de trouver la bonne formule : aider les autres, près de chez soi, concrètement. Face au manque de masques, elle décide ainsi d’en fabriquer en tissu et de les offrir. Elle pense à ses amis soignants et travailleurs sociaux « qui vont bosser sans aucune protection », puis à tous ceux qui en ont besoin, visibles et invisibles.
Mélinda est directrice d’une école de douze classes en Seine-Saint-Denis. Depuis l’annonce de la réouverture des écoles, son humeur varie entre soulagement et sueurs froides. « J’ai tellement envie de revoir mes petits loups, et les collègues… Mais j’ai peur, pas peur de la maladie réellement, mais peur de ma responsabilité si un cluster voit le jour dans notre école ». Les élèves de son école font partie de ceux ciblés par le président, ceux pour qui confinement rime avec augmentation de la précarité, ceux pour qui un repas à la cantine en moins ça compte vraiment, ceux pour qui vivre avec papa, maman et les frères et sœurs sans avoir un espace à soi, c’est dur, c’est très dur. Alors la reprise elle y tient, mais pas à n’importe quel prix. « Je sais que nous devons y retourner, il le faut mais je veux qu’on prenne le temps de construire cela entre collègues et avec la collectivité ». 
Le protocole sanitaire national des écoles maternelles et élémentaires s’inspire des recommandations du Conseil scientifique Covid-19 rendues publiques le 24 avril. Il fixe d’abord des principes généraux qui ont été validés par le ministère. Par exemple, les personnels présentant des facteurs de risque connus ne doivent pas travailler en présentiel. Une liste des facteurs à risque est publiée. 
« J’ai bien entendu les mots de progressivité , prudence et adaptation mais je n’ai pas compris comment ça se met en musique dans l’école ». Pour Francette Popineau « on manque de progressivité et du prudence pour l’école ». Elle relève que le premier degré est seul déconfiné d’un coup le 11 mai alors que le second degré sera réouvert plus tard, voir peut-être pas du tout pour le lycée.

