Suicide d’un professeur : encore une lettre qui accuse

par Sonia Princet publié le

Une nouvelle affaire dramatique secoue l’Éducation nationale. Un professeur de 52 ans s’est suicidé le 9 septembre. Il enseignait dans un lycée professionnel à Chamalières dans le Puy de Dôme et a dénoncé dans une lettre des pressions de sa hiérarchie. Son fils a décidé il y a quelques jours de médiatiser l’affaire.

Rassemblement des personnels de l'Éducation nationale à  la mémoire de Christine Renon, directrice d'Établissement à Pantin (Seine-Saint-Denis), qui s'est donnée la mort sur son lieu de travail
Rassemblement des personnels de l’Éducation nationale à la mémoire de Christine Renon, directrice d’Établissement à Pantin (Seine-Saint-Denis), qui s’est donnée la mort sur son lieu de travail © Maxppp / Nicolas Parent

Laurent Gatier s’est suicidé à son domicile, une semaine seulement après la rentrée. Ce professeur, très investi, s’était plaint à son entourage d’une situation professionnelle qui se dégradait. Pour son fils Sébastien, étudiant de 20 ans, les raisons de son geste sont sans équivoque : « Le jour de sa mort, le lundi 9 septembre, explique-t-il, il avait laissé une lettre en citant plusieurs personnes de sa hiérarchie, en disant que c’était du harcèlement« .

« Beaucoup de pression, des menaces »

Ce professeur s’occupait notamment du bureau des stages dans son lycée professionnel. Sa charge de travail s’était alourdie et il subissait des intimidations, selon son fils. « Dès qu’il y avait un problème pour un stagiaire par exemple, on l’appelait tard le soir, on lui envoyait des mails avec beaucoup de pression, des menaces, il y avait des appels téléphoniques tard le soir avec beaucoup d’insultes, sa voiture était rayée… raconte-t-il. Mon combat c’est qu’il n’y ait aucun enfant qui vive ce que j’ai vécu ces derniers temps. Et j’ai envie que ce soit reconnu comme accident du travail« .

Deux enquêtes diligentées par l’Éducation nationale

Sébastien a sollicité un rendez-vous auprès du recteur de l’académie de Clermont-Ferrand qui l’a reçu une semaine après le drame. Il lui a apporté la fameuse lettre de son père.

Pour l’instant, Karim Benmiloud, le recteur, en poste depuis cet été seulement, ne confirme pas le lien entre le suicide du professeur et ses conditions de travail : « Nous n’avons pas d’éléments factuels qui permettent de déterminer cela, explique-t-il. C’est la raison pour laquelle nous avons diligenté deux enquêtes. Une enquête du CHSCT au sein de l’établissement et également une enquête de l’inspection générale, que j’ai moi-même saisie la semaine dernière, pour essayer d’étudier les conditions de travail à l’intérieur de l’établissement, essayer de comprendre ce qui a pu se passer, et pour nous, essayer d’agir et de prévenir, prévenir les risques psycho-sociaux et prévenir les situations qui peuvent conduire à ces gestes irréparables« . Le recteur se dit profondément touché et affirme vouloir tout engager pour faire la lumière sur ce qui s’est passé.

Le fils de l’enseignant a également écrit au Procureur de Clermont-Ferrand. Une enquête judiciaire devrait être lancée.

« Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir de la bourgeoisie » – Monique Pinçon-Charlot (Interview)

Emmanuel Macron se défend d’être le président des riches, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot relèvent le défi de lui donner tort dans un livre à la croisée des chemins entre sociologie et politique : Le président des ultra-riches. Un décryptage minutieux des gains obtenus par les grandes fortunes au cours des premiers mois du quinquennat d’Emmanuel Macron donnant une idée claire du retour sur investissement, pour le gotha français, de cette accession éclair au pouvoir de l’ancien ministre de l’économie de François Hollande. Une plongée dans le monde de l’oligarchie où tous les coups sont permis pour faire fructifier les intérêts de la classe dominante au détriment de l’intérêt général. Mr Mondialisation est allé à la rencontre de Monique Pinçon-Charlot, à Paris, pour un entretien exclusif. 

Comment expliquez-vous que la classe bourgeoise ait été longtemps laissée de côté par la sociologie. Quelles-sont les difficultés que rencontre un sociologue lorsqu’il fait de cette classe son objet d’étude dans son milieu universitaire ? Continuer la lecture de « Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir de la bourgeoisie » – Monique Pinçon-Charlot (Interview)

La majorité prépare le retour des EPEP… in Cafepédagogique.net

Le suicide de C. Renon va t-il être utilisé par le ministre pour ramener les établissements publics de l’enseignement primaire (EPEP) ? Selon Les Echos, la députée LREM Cécile Rilhac prépare un projet de loi en ce sens. Celui-ci est déjà annoncé par G Attal, secrétaire d’Etat auprès de JM Blanquer, à l’Assemblée le 1er octobre. Lancés par F Fillon et l’Institut Montaigne, poussés sous de Robien et Luc Chatel, les EPEP sont un vieux projet qui permet d’accélérer le regroupement des écoles primaires et de mettre à leur tête un chef d’établissement supérieur hiérarchique des enseignants. Un projet qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux EPSF, proposés par C Rilhac, avec le soutien de JM Blanquer, dans le cadre de la loi Blanquer. Alors que les enseignants marquent leur solidarité avec la directrice de Pantin, ce projet là est-il ce qu’elle aurait souhaité pour l’école ?

« Nous savons que, contrairement aux collèges et aux lycées, les écoles ne sont pas des établissements publics et que leurs directeurs n’ont pas les mêmes prérogatives, pas de statut particulier, pas les mêmes possibilités que les personnels de direction des collèges et des lycées. Il y a donc un vrai travail à faire pour simplifier leur quotidien et renforcer leurs missions. Ce travail a été mené par certaines de vos collègues – je pense à Cécile Rilhac et Valérie Bazin-Malgras, qui ont rédigé un rapport sur le sujet. Nous travaillons avec elles à des mesures qui pourraient être présentées à la suite de ces travaux. Je pense que nous pouvons nous accorder sur le fait que ce drame va nous inviter tous, communauté éducative et élus, à avancer sur cette question sans tabous – en tout cas, Jean-Michel Blanquer y est prêt ». Le 1er octobre , répondant à une question du député LFI Bastien Lachaud sur le suicide de C. Renon, Gabriel Attal, secrétaire d’Etat auprès de JM Blanquer, indique clairement la volonté ministérielle de transformer les écoles en établissements publics à travers un projet de loi qui sera déposé par Cécile Rilhac. Cécile Rilhac est la députée LREM qui avait déposé un amendement créant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) dans la loi Blanquer. Un texte immédiatement défendu par le ministre avant d’être retiré de la loi par le Sénat sous la pression des enseignants et des maires.

Dans Les Echos, Cécile Rilhac confirme les propos de G Attal. Elle évoque  » la possibilité au ministre de créer cette nouvelle fonction (chef d’établissement du premier degré) pour « bien encadrer les missions du directeur d’école et avoir une revalorisation indemnitaire beaucoup plus importante par un système de primes ». Ces futurs chefs d’établissement pourraient ne faire que « piloter l’école primaire » à partir d’un certain seuil – qui serait fixé par le ministre ». Selon elle le seuil serait un établissement de 12 classes. Pour elle, c’est la réponse adaptée à la crise des directions d’école. Continuer la lecture de La majorité prépare le retour des EPEP… in Cafepédagogique.net

La montée du fascisme

30 septembre 2019 / Hervé Kempf (Reporterre)

En affirmant qu’« une guerre d’extermination contre l’homme blanc hétérosexuel » se livrait, Éric Zemmour a rompu une digue, marquant la progression constante des idées fascistes dans le pays. Sans que l’oligarchie y répugne vraiment. Ce qui est en jeu dans la bataille politique d’aujourd’hui, c’est notre commune humanité.

Des mots terribles, prononcés samedi 28 septembre, ont à peine choqué. Un essayiste réputé, ayant table ouverte sur — au moins — deux grands médias du pays (Le Figaro et CNews) a pu dire que se livre « une guerre d’extermination contre l’homme blanc hétérosexuel » (à 10’20’’). Le choix du mot est terrible : « extermination ». « Action de tuer entièrement, jusqu’au dernier », nous dit le dictionnaire. Ce que, précisément, le nazisme a voulu faire au peuple juif. Parfaitement conscient de ce que les mots veulent dire, M. Zemmour a évoqué le nazisme pour désigner « l’islamisme » qui menacerait notre société.

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« Je remercie l’Institution de ne pas salir mon nom… »

Le 21 septembre dernier, Christine Renon, directrice d’école à Pantin (93) a mis fin à ses jours sur son lieu de travail.

Notre collègue a signé sa lettre « Une directrice épuisée. » (pour la lire en intégralité, cliquez ici). Au-delà de la grande émotion que suscite ce décès dans l’ensemble de la communauté éducative, il pose aussi des questions sur les conditions de travail des directrices et directeurs et plus généralement de l’ensemble des personnels présents au quotidien dans les écoles.

La perte de sens du métier, l’empilement des tâches et des procédures, les pressions hiérarchiques, le mépris de notre professionnalité…  Combien sommes-nous à nous retrouver peu ou prou dans ce qu’elle décrit ? Directeur-trices,adjoint-es, RASED, CPC, AESH etc, nous sommes toutes et tous, à des degrés divers et dans nos missions respectives, concerné-es par la souffrance au travail et le risque d’épuisement professionnel.

Le 3 octobre est le jour des obsèques de Christine. C’est ce jour-là aussi qu’à la demande de l’intersyndicale de Seine-Saint-Denis, se réunira un CHSCT extraordinaire dans le 93.

Pour le SNUipp/FSU82, chacun.e, quelle que soit l’école dans laquelle il ou elle travaille, chaque équipe pédagogique où qu’elle se trouve, doit pouvoir agir le 3 octobre et avoir le sentiment d’appartenir à une communauté de solidarité et d’action.

C’est pour cela que nous avons pris contact avec les autres organisations syndicales départementales afin de faire de cette journée une première réaction collective de la profession face à un drame qui nous concerne toutes et tous .

Nous vous proposons de participer à un rassemblement

jeudi 3 octobre devant la DSDEN à partir de 17 heures avec un brassard ou des vêtements noirs

que vous pouvez également porter et revêtir durant la journée , si vous le souhaitez vous pouvez vous mettre en grève pour marquer symboliquement ce jour (déclaration avant minuit ce soir).

Les enseignant-e-s du second degré sont également invités à participer à cette démarche par le SNES-FSU82 la CGT82.

Lire le communiqué du SNUipp/FSU 93 ICI

Lire aussi l’analyse de Paul Devin, secrétaire général du SNPI-FSU, syndicat des inspecteurs (IEN et IA-IPR).

Communiqué national du SNUipp-FSU ICI

Frédéric Grimaud « Il y a une perte de sens du travail enseignant » + communiqué SNUIPP-FSU + La lettre

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Spécialiste de la souffrance au travail, Frédéric Grimaud déplore l’impact des nouveaux modes de management dans l’éducation nationale.

Frédéric Grimaud.Chercheur à l’université d’Aix-Marseille.

Professeur des écoles, membre de l’Institut de recherche de la FSU et chercheur à l’université d’Aix-Marseille, Frédéric Grimaud travaille sur la souffrance au travail des enseignants. Auteur du Travail contrarié des directeurs d’école, à paraître prochainement aux éditions Syllepse, il décrypte l’impact néfaste des nouvelles formes de management dans l’éducation nationale, notamment sur la santé de ses collègues.

Ce nouveau suicide témoigne une fois de plus du mal-être enseignant. Vous qui travaillez depuis des années sur la question, quel constat dressez-vous ?

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Immigration : Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron

« Monsieur le Président, vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en !

Pour la deuxième fois en moins d’un an, vous voulez imposer le thème de l’immigration dans l’actualité. À six mois des élections, c’est une vieille ficelle ! Après le vote tout récent de la loi « Asile et Immigration », c’est même de l’acharnement !

Vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons en !

Le sujet mérite mieux que d’être instrumentalisé pour diviser les citoyens, pour imposer votre duo avec l’extrême droite et au final pour flétrir notre République.

Parlons de ces familles qui quittent des pays dont les richesses sont pillées, dont les États sont placés sous tutelle de banques internationales et de dictateurs corrompus, dont les infrastructures publiques ont été bradées à des multinationales ! Parlons des coopérations à développer, qui permettraient à chaque peuple de retrouver sa souveraineté sur ses ressources et son économie.

Parlons de la taxe sur les transactions financières que vous avez refusé d’élargir pour ne pas heurter le monde de la finance, nous privant de deux milliards d’euros destinés à ces pays.

Parlons des 5 milliards d’euros que représente la contribution des migrants à la création de richesses dans notre pays, quand l’Aide médicale d’État, que vous voulez remettre en cause, ne coûte que 900 millions.

Parlons de celles et ceux qui fuient tous ces conflits dans lesquels nous portons une part de responsabilité, dont l’OTAN a été l’acteur ces dernières années : l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yemen. Comment peut-on laisser mourir en Méditerranée des hommes, des femmes, des enfants qui fuient le chaos, les bombes, parfois nos bombes ?

Parlons des migrations à venir, que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. Si nous n’agissons pas fortement, ces migrations vont se multiplier, jetant sur les routes des familles qui auront tout perdu. L’Union européenne est parmi les 3 principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ?

Parlons donc des moyens à développer en urgence pour que l’Europe tienne ses engagements en faveur du climat.

Parlons de ces travailleurs sans papiers que de très grandes entreprises exploitent sans vergogne en les contraignant à la clandestinité. Quand allez vous les régulariser ?

Parlons des travailleurs que vous livrez à la concurrence avec vos traités européens, qui sont soumis  au dumping social opposant les salarié-es de toute l’Union Européenne, dumping que votre directive « travailleurs détachés » n’a en rien remis en cause… Nous voulons les mêmes droits pour tous !

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », affirme la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Alors, pourquoi aujourd’hui, dans un pays qui en a tous les moyens, ne pas reconnaître le droit de vote des étrangers résidant et payant leurs impôts en France ?

Non, de tout cela vous ne voulez pas débattre car vous préférez que la nation s’écharpe sur l’Aide médicale d’État et sur les allocations sociales, ou qu’elle se préoccupe seulement de distinguer les migrants selon qu’ils fuient la guerre, une catastrophe naturelle ou la misère ?

Vous voulez que nous débattions pour savoir si 28 pays et 500 millions d’Européens sont en capacité d’accueillir quelques dizaines de milliers d’êtres humains, quelque 3% de migrants à travers le monde, risquant leur vie sur un bateau en Méditerranée ? Les pays du pourtour méditerranéen peuvent-il s’exempter du droit maritime et du droit international ?

Monsieur le Président, l’ennemi ne vient pas en bateau. Il vient en jet privé et il se moque des frontières. La pression n’est pas migratoire, elle vient de la finance. Si des entreprises délocalisent, ça n’a jamais été à cause d’un immigré. C’est à cause d’un capital avide de profits qui ronge comme un cancer notre économie, nos emplois, nos droits.

Tous ces hommes et toutes ces femmes que vous stigmatisez sont nos frères et nos sœurs. Nous ne faisons pas de distinctions entre eux. Nous réclamons des droits pour tous, condition d’un accueil réussi. Le droit à la dignité humaine, dans un monde de justice et de paix, dans une France humaniste et universaliste.

Pour ouvrir vraiment un débat sérieux et porter des solutions de progrès, je vous adresse ce jour le manifeste « Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire », qu’a récemment rendu public le Parti communiste français. »

Paris, le 25 septembre 2019
Fabien Roussel,
Secrétaire national du PCF, député du Nord

Panique à la Réserve Fédérale et retour du Credit Crunch sur un océan de dettes

CADTM – 19 septembre par Eric Toussaint

En catastrophe, mardi 17 septembre 2019, la Réserve fédérale des États-Unis a injecté 53,2 milliards de dollars dans les banques car celles-ci ne trouvaient pas assez de financement au jour le jour sur le marché interbancaire et auprès de Money market funds (voir encadré « Qu’est-ce que les Money Market Funds ? »). Elle a remis cela le mercredi 18 et le jeudi 19 septembre (https://www.wsj.com/articles/short-term-funding-spike-raises-hopes-for-fed-cuts-11568807648 ). Ce type d’intervention fait penser au mois de septembre 2008 quand les grandes banques en pleine déconfiture ont arrêté de se prêter mutuellement de l’argent (ce qui a notamment provoqué la faillite de Lehman Brothers) et qu’elles ont dû appeler à l’aide les banques centrales. Les grandes banques privées n’avaient plus confiance les unes dans les autres. Le marché bancaire s’était subitement asséché, le terme credit crunch était apparu dans la presse pour désigner ce phénomène. A partir de ce moment, la Fed a injecté de manière permanente des liquidités dans les grandes banques privées des États-Unis et elle a également, jusque 2011 permis, aux banques européennes d’avoir accès à des liquidités en dollars de manière massive. Et pour cause : les banques étasuniennes et banques européennes étaient tellement interconnectées qu’un manque de liquidités en dollars en Europe aurait pu empêcher les banques européennes de tenir leurs engagements vis-à-vis des banques des États-Unis provoquant de graves difficultés pour celles-ci. Continuer la lecture de Panique à la Réserve Fédérale et retour du Credit Crunch sur un océan de dettes

Marches pour le climat : « M. Macron, remballez votre mépris et agissez ! » (Ian Brossat)

Selon Le Parisien, le Président de la République, dans l’avion qui l’emmenait à New York, s’est une nouvelle fois livré à des propos particulièrement méprisants.

Cette fois, ce sont les jeunes qui participent par dizaines de milliers aux marches pour le climat qui font l’objet de la condescendance présidentielle. « Les dénonciations, on est au courant. Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique, mais ce n’est pas le problème ». Cette arrogance sans borne est insupportable. Emmanuel Macron a pour mandat de représenter les Français, pas de les accabler de ses propos suffisants et fielleux.

De plus, le chef de l’État fait mine de ne pas comprendre que les marches pour le climat ne se cantonnent pas à la dénonciation de la situation catastrophique du réchauffement climatique, mais exigent d’abord et avant tout de l’action de la part des gouvernements. Or, en matière de transition écologique, le Président se signale par sa passivité criminelle. Pire, derrière les déclarations d’intentions, il continue en réalité « business as usual », en apportant son soutien aux traités de libre-échange comme le CETA, aux projets destructeurs (EuropaCity, CDG Express…), et aux industriels de l’énergie carbonée (renouvellement des concessions aux compagnies d’hydrocarbure, exonérations fiscales sur les énergies fossiles, division par deux du crédit d’impôt pour la transition énergétique, accord donné à Total pour importer 550 000 tonnes d’huile de palme…). Tout récemment encore, le gouvernement a acté la fin du train des primeurs Perpignan-Rungis, donnant ainsi son feu vert à l’arrivée de 25 000 camions polluants supplémentaires sur les routes pour le remplacer.

Alors oui, M. Macron, les jeunes ont raison de se mobiliser par milliers pour dénoncer votre inaction et votre double discours. Remballez votre mépris et agissez vraiment pour sauver le climat !

Ian Brossat, porte-parole du PCF,

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Réfugiés, immigration… Faut-il capituler devant Marine Le Pen ?

Déjà en 2017, la banalisation par LREM de l’extrême droite était en marche (M. Lopez RN, M. Charles DLF et M. Valles LREM discutant sur le marché de Moissac Avril 2017)

Emmanuel Macron a décidé d’infléchir le discours officiel sur l’immigration vers l’extrême droite. Le choix présidentiel témoigne d’un manque tragique d’humanité, de courage et de lucidité. Il n’est pas digne de la France.

on reprend ses mots (« l’angélisme »), attise comme elle la peur et, comble du cynisme, il se réclame des « plus pauvres » contre « les bourgeois des centres-villes » pour appeler à « armer » la France contre les risques d’invasion migratoire à venir. Il entend faire, avec le Rassemblement national, ce que le socialisme au pouvoir a fait naguère avec l’ultralibéralisme : composer avec lui pour limiter son expansion. À ce jeu, on sait qui a tiré les marrons du feu : ce ne furent en tout cas ni la gauche ni les peuples.

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Le Pen va bien, merci pour elle

1. « Regarder en face » la réalité, nous dit aujourd’hui le chef de l’État. Encore faut-il les bonnes lunettes, la bonne échelle et les bonnes clefs pour le faire. Si l’on prend le cas des pays les plus riches, ceux de l’OCDE, les données disponibles évoquent certes une hausse des flux migratoires dans leur ensemble : la proportion d’immigrés dans la population (12%) a augmenté de 3% depuis 2000. Toutefois, les déplacements ne viennent pas avant tout des populations les plus démunies. Les principaux pays d’origine sont le Mexique, l’Inde, la Chine et les pays de l’Est européen : pas les plus favorisés, mais pas non plus les plus misérables… Continuer la lecture de Réfugiés, immigration… Faut-il capituler devant Marine Le Pen ?