Covid 19: La Poste aurait caché l’existence de 24 millions de masques

Un scandale en chasse un autre à La Poste.

Alors que Sud-PTT a assigné l’entreprise en référé pour obtenir une évaluation des risques professionnels, qu’un front syndical large dénonce l’insuffisance des mesures de protection depuis le début de la crise du Covid-19, la pièce numéro 38 du dossier transmise par le groupe dans le cadre de cette procédure judiciaire et que nous nous sommes procurée, confirme que la société est en possession de 486 000 paquets de 50 masques, soit 24 millions 300 unités entreposées au Centre d’approvisionnement de Bris-Compte-Robert (Seine-et-Marne).

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Bac : La fronde des profs de français 

 » Mais qu’arrive-t-il à notre ministre avec le français ? « , demande le collectif Lettres vives, qui regroupe des professeurs de français. Des professeurs de lettres se demandent pourquoi ils sont les seuls à devoir participer à une épreuve en présentiel. Ils jugent aussi l’épreuve inégalitaire et s’interrogent sur leur sécurité sanitaire.

Une méconnaissance de l’épreuve pour l’Afef

« Les élèves n’ont fait que deux trimestres avec des textes difficiles », rappelle Viviane Youx, présidente de l’Afef, une association de professeurs de français. Contactée par le Café pédagogique, elle s’interroge sur la réponse ministérielle qui consiste uniquement à alléger un peu le nombre de textes présentés, 15 en série générale et 12 en technologique. « La plupart des élèves de série générale n’ont vu en classe que 7 à 10 textes avant la fermeture », estime t-elle. « Parler de l’oral en ne mentionnant que le nombre de textes c’est exclure la seconde partie de l’oral où l’élève parle de ses lectures alors que c’est ça qui devrait être au cœur de l’épreuve ». Pour elle pas question de prendre en compte ce qui a été fait durant le confinement tellement les conditions de travail des élèves sont inégalitaires. « A priori si on doit faire un oral on supprime les textes et on le fait sur une lecture des élèves ». Continuer la lecture de Bac : La fronde des profs de français 

Covid 19 et Consommation. Comment la solidarité s’active pour assurer la chaîne alimentaire en cette période de crise

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. » explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP

« Nous sommes, par définition, adaptés aux situations de crise. »
explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. © Loic Venance / AFP
 

En pleine catastrophe sanitaire, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne et les épiceries équitables s’organisent pour ne laisser de côté, ni les producteurs, ni les consommateurs. Exemple en Île-de-France.

À l’heure où la fermeture des marchés et l’arrêt de la restauration collective mettent à mal certains producteurs, structures associatives et entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’organisent pour maintenir leur activité. Même avec quelques ratés, les Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) se montrent particulièrement résilientes dans ce contexte de crise sanitaire, au bénéfice mutuel de ceux qui mangent et de ceux qui font manger. « Nous estimons que 95 % de nos 300 structures ont réussi à maintenir leurs distributions », explique Mathilde Szalecki, salariée de la fédération des Amap d’Île-de-France. Pour y parvenir, il a fallu réagir vite. « Dès les premières annonces gouvernementales, nous avons pris les devants et contacté chaque préfecture pour demander l’autorisation de maintenir nos activités. » À chaque fois, les réponses ont été positives. « De notre côté, le maître mot a été de nous réorganiser coûte que coûte, afin de ne pas laisser nos producteurs seuls face à leurs invendus, ni de contraindre nos amapiens à se tourner vers les supermarchés. »

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Défi de la gauche : pour Olivier Besancenot, « une réappropriation collective et publique est à inventer »

Olivier Besancenot (Photo : Christophe Saidi/Sipa)
 

Toute la semaine, l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « Jour d’après ». Entretien avec le porte-parole du NPA, qui plaide pour un « choc de solidarité ».

En quoi la crise que nous traversons démontre la nécessité de rompre avec le système actuel ?

Olivier Besancenot. C’est désormais une question de survie. On pressentait déjà à quel point la phase de mondialisation libérale des 30 dernières années – promesse de stabilité pour les marchés financiers – avait atteint ses limites. Même mondialisé, le capitalisme a fini par faire le tour de la planète. Ce n’est pas un puits sans fond. On l’a vu avec la crise financière de 2008, avec la crise climatique et maintenant avec la crise sanitaire. Le système est confronté de manière dramatique à ses propres contradictions. Mais, pour reprendre la formule de Walter Benjamin, le capitalisme ne mourra jamais de mort naturelle. Tout l’enjeu est de l’y aider. Car le jour d’après peut, si on les laisse faire, être pire que le jour d’avant.

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Guillaume Balas (Génération.s) : L’avenir de la gauche ? « un grand plan d’investissement européen orienté vers les transitions écologiques »

« Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.», Guillaume Balas (Génération.s.) © Julien Jaulin/hanslucas

Entretien. Chaque jour de la semaine à venir,  l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ».  Aujourd’hui, le coordinateur de Génération.s., Guillaume Balas.

De nombreux responsables politiques, syndicaux et associatifs appellent à préparer dès à présent le « monde d’après » la pandémie. Quels chantiers doit ouvrir la crise sanitaire ?

Guillaume Balas. C’est l’ensemble des sociétés humaines telles qu’elles fonctionnent qui doit être remis en cause. Une phase de l’histoire de la mondialisation s’achève. On ne peut plus continuer avec des interconnexions sans contrôle, ni avec un modèle qui étend sans cesse les activités humaines sans respecter les territoires naturels. Mais, nous ne pouvons pas rompre avec le productivisme sans remettre en cause la doctrine néolibérale du libre-échange absolu, voire le modèle capitaliste et son exaltation de la propriété privée comme valeur première. Il nous faut réfléchir à des sociétés postcapitalistes à la fois démocratiques – face à la tentation de l’autoritarisme et du nationalisme –, écologiques, et avec une nouvelle forme de répartition des richesses et de la protection sociale.

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Les charognards à l’affût ! Par Patrick Le Hyaric

« En même temps » qu’ils multiplient les éloges sur les personnels de santé des hôpitaux publics, nos gouvernants commandent en douce des rapports qui visent à poursuivre l’asphyxie de notre système de santé public !

(Découvrez la note de la CDC en fin d’article)

Cette haute trahison, cette forfaiture, intervient alors que médecins, infirmiers ou réanimateurs se saignent aux quatre veines pour soigner et sauver des vies en mettant la leur en danger, du fait même des pénuries et négligences gouvernementales. Ce sale coup se prépare dans les arrière-cuisines peu ragoutantes des industries chimiques, des assurances privées, des banques et des cabinets ministériels. Les voici qui affûtent en bande organisée des projets pour tirer parti du drame planétaire et relancer le business capitaliste. Continuer la lecture de Les charognards à l’affût ! Par Patrick Le Hyaric

Covid 19: Le défi de la gauche, construire dès maintenant  le « monde d’après »

(Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP)

(Photo : Pascal Pochard-Casabianca/AFP)

Le coronavirus révèle le mur auquel nous ont conduits les politiques libérales. Tout en promettant un « jour d’après » différent, Emmanuel Macron poursuit sur sa lancée. Pour la gauche, il ne faut pas perdre de temps et travailler sur la société dans laquelle nous voulons vivre.

« Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. » La sentence présidentielle, prononcée pour la première fois le 16 mars à l’annonce du confinement, a marqué les esprits. Et pour cause : la crise sanitaire met dramatiquement en pleine lumière les failles béantes creusées par le rouleau compresseur néolibéral, alimentant un système capitaliste enserré dans ses propres contradictions. Hôpitaux et personnel soignant débordés, manque de masques, de gel, de respirateurs, salariés maintenus au travail sans protection adéquate… Emmanuel Macron, saluant, quelques jours plus tôt, les « héros en blouse blanche », a juré que toutes les conséquences de cette crise inédite seront tirées, jusqu’à estimer que des « biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché ».

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Covid 19 – Le bac doit rester un diplôme national : Pas d’instrumentalisation de la crise (PCF)

Aujourd’hui, les annonces gouvernementales sur le baccalauréat confirment l’option du contrôle continu pour l’ensemble des épreuves.

Aux côtés des jeunes, des enseignant.es et des familles, nous serons vigilants sur les conditions de mise en œuvre du contrôle continu. Les commissions mises en place devront faire preuve de souplesse. Au-delà de l’assiduité, il faudra tenir compte des possibilités pour chaque élève d’être là jusqu’au 4 juillet.

Depuis des mois, le ministre Blanquer cherche à imposer une réforme du baccalauréat fondée sur la généralisation du contrôle continu, malgré l’opposition de la communauté éducative. Une telle réforme, associée à la sélection à l’entrée de l’université et à la création de Parcoursup, a des conséquences graves : elle transforme la relation entre les enseignants et les élèves, en remplaçant l’apprentissage par la sélection; elle remet en cause la valeur nationale du baccalauréat et créée un marché de l’éducation dans lequel les établissements et les familles sont mis en concurrence.

En choisissant de faire passer le bac en contrôle continu cette année, Jean-Michel Blanquer cherche à instrumentaliser la crise pour imposer sa politique. D’autres solutions auraient pu être trouvées, garantissant un minimum d’épreuves nationales communes. Depuis deux semaines, nous proposons des programmes réduits, des sujets au choix et le maintien d’épreuves nationales dans une ou deux matières.

En maintenant le calendrier de Parcoursup malgré la situation exceptionnelle, en contraignant les lycéens à faire leurs choix de formations et à constituer leurs dossiers dans des conditions aussi précaires, le gouvernement espère réduire l’accès à l’enseignement supérieur.

La crise sanitaire est en train de devenir une crise éducative. Le gouvernement et le ministre Blanquer en sont responsables.

Par ses mensonges et son mépris, le ministre de l’Éducation nationale a perdu la confiance de la communauté éducative. Il n’est plus l’homme de la situation. Pour restaurer la confiance nécessaire au bon fonctionnement du système éducatif en temps de crise, il faut d’urgence donner des garanties sur le caractère exceptionnel de l’utilisation du contrôle continu, annoncer le retrait de la réforme Blanquer du baccalauréat et de la sélection à l’entrée de l’université.

Covid 19: Le bac 2020 aura lieu au contrôle continu 

Finalement Edouard Philippe n’a pas laissé Jean-Michel Blanquer annoncer les épreuves du bac 2020. Le premier ministre a annoncé lui-même sur TF1 l’annulation des épreuves habituelles du bac et son remplacement par le contrôle continu intégral ou quasi intégral. Il a également laissé planer le doute sur la réouverture des écoles d’ici la fin de l’année scolaire. JM Blanquer donnera les détails de l’organisation de l’examen le 3 avril à 11 heures.

Contrôle continu sur 2 ou 3 trimestres

 JM Blanquer avait annoncé qu’il donnerait d’ici la fin de la semaine, après une large consultation, ses décisions sur le bac. C’est Edouard Philippe qui l’a fait le 2 avril. « Ce qui est à peu près acquis c’est qu’il n’est pas possible qu’ils puissent passer le baccalauréat dans les conditions normales », a-t-il déclaré faisant allusion à l’épidémie de Covid-19 et à la fermeture des établissements scolaires.

Le premier ministre annonce que le bac aura bien lieu mais « d’une façon neuve et originale ». Il fixe trois modes d’examen qui tous font le choix du contrôle continu. « Soit elles auront lieu sur le fondement  du contrôle continu, basé sur les premiers et deuxièmes trimestres. Et si les cours peuvent reprendre dans de bonnes conditions au cours du mois de mai ou juin alors le dernier trimestre sera pris en compte.. Soit on peut espérer conjuguer à ce contrôle continu complet une épreuve qui serait organisée à la fin du mois de juin ». Continuer la lecture de Covid 19: Le bac 2020 aura lieu au contrôle continu 

Hôpital public: la note explosive de la Caisse des dépôts in Médiapart

À la demande d’Emmanuel Macron, la Caisse des dépôts travaille à un plan pour l’hôpital public. Mediapart en révèle le contenu. Au lieu de défendre l’intérêt général, il vise à accélérer la marchandisation de la santé et sa privatisation rampante.

Depuis que la crise sanitaire a déferlé sur le pays, Emmanuel Macron a dit à plusieurs reprises qu’il veillerait à défendre l’État-providence. Une conversion surprenante : dans le passé, il a toujours défendu des positions néolibérales, très critiques à l’encontre de cet État-providence. Mais il assure désormais qu’il ne sera pas prisonnier de ces croyances. « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, a-t-il dit lors de son allocution au pays le 12 mars, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, [pour] notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe […]. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »

Malgré tout, sans doute est-il prématuré de croire dès à présent qu’Emmanuel Macron a changé. En tout cas, le plan que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est en train d’élaborer à sa demande pour l’hôpital public, et dont Mediapart est en mesure de révéler la première ébauche, va totalement à rebours de ses déclarations. Ce document expose une série de propositions qui s’inscrivent toutes dans la philosophie néolibérale qu’Emmanuel Macron a toujours défendue par le passé. Privatisation rampante au travers de sulfureux partenariats public-privé (PPP), marchandisation accélérée de la santé : voilà un plan qui tourne le dos aux valeurs de l’État-providence.

Si l’on en croit les critiques que nous avons recueillies auprès de plusieurs experts de l’économie de la santé ou de l’hôpital, ce plan pourrait même attiser de violentes polémiques dans le pays, tant il contredit la posture prise par le chef de l’État depuis le début de la pandémie.

L’origine de ce plan est connue. En déplacement à Mulhouse, mercredi 25 mars, pour visiter l’hôpital militaire de campagne qui venait d’y être construit, le chef de l’État a fait des promesses fortes, mais sans en révéler les modalités, ni les montants, ni le calendrier. Il a juste assuré qu’« à l’issue de cette crise, un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital ». Sans emporter la conviction, il a encore dit : « Beaucoup a été fait, sans doute pas suffisamment vite, pas suffisamment fort. » C’est dans ce cadre présidentiel que s’inscrivent les travaux préparatoires de la CDC. Continuer la lecture de Hôpital public: la note explosive de la Caisse des dépôts in Médiapart