En ce moment si particulier, nous adressons à chacune et chacun d’entre vous nos pensées les plus solidaires et espérons que vous affrontez cette épreuve dans les meilleures conditions.
Nos équipes de journalistes travaillent d’arrache-pied avec les lourdes contraintes du confinement. Ils déploient des trésors de courage et d’inventivité pour vous apporter des informations fiables, documentées, des analyses, des points de vue « pour donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde ».
Nous prenons le parti des intérêts de celles et ceux qui sont actuellement au front : personnels de santé, caissières, agents communaux, éboueurs, agriculteurs, livreurs, pompiers, électriciens, gaziers, postiers, chauffeurs-livreurs, enseignants, policiers… Nous donnons la parole aux soignants comme aux malades, aux associations comme aux spécialistes de la médecine. Nous ouvrons nos pages à des réflexions qui aident à réfléchir le présent comme l’avenir. Nous établissons par des faits le lien ténu entre les décisions austéritaires de ces dernières années et l’actuelle crise sanitaire. L’Humanité combat les régressions sociales et démocratiques qu’organise le pouvoir à la faveur des événements. L’Humanité, l’Humanité Dimanche, et humanite.fr montrent ainsi leur utilité au débat démocratique : utiles pour se défendre, utiles quand elles partagent les initiatives de solidarité, utiles pour rester en contact et penser l’avenir.
Seulement, les réductions des points de vente de journaux, la diminution des tournées décidée par La Poste peuvent vous priver de l’Humanité et de l’Humanité-Dimanche dans les semaines à venir. Nous avons donc pris la décision d’offrir un abonnement numérique à tous les abonnés. Celles et ceux qui achetaient leurs journaux dans une maison de presse ou en kiosque peuvent accéder à un abonnement temporaire. Ainsi, vous pouvez lire l’Humanité chaque soir à partir de 22 heures en version numérique en vous rendant sur humanite.fr/numerique. Vous pourrez dès lors activer votre accès si vous êtes abonné ou si vous voulez acheter le numéro du jour en lecture numérique. Il en va de même concernant l’Humanité-Dimanche, qui sera à votre disposition dès le mercredi soir.
Vous pourrez aussi acheter le hors-série Jean Ferrat, intime et la revue Travailler Au Futur en lecture numérique dès samedi matin en vous rendant sur boutique.humanite.fr. Dans quelques jours, nous vous proposerons de nous faire parvenir des adresses numériques de vos proches afin que nous puissions leur proposer de découvrir l’Humanité ou l’Humanité-Dimanche.
En ces moments compliqués, nous mobilisons toutes nos forces pour rester à votre service. Prenez bien soin de vous. Et restons en contact.


Dans toute l’Europe, des dizaines de millions de personnes vivent confinées, les relations sociales sont drastiquement réduites. Des mesures contraignantes, sans précédent sur notre continent, sont prises un peu partout. La situation appelle de la part de chacune et de chacun esprit de responsabilité et de solidarité. Mais, ne parlons pas de « guerre » ! Car, dans le meilleur des cas, il s’agit d’un abus de langage, peu respectueux des peuples soumis à une guerre réelle. Et dans le pire, d’une tentative de susciter des réflexes de discipline aveugle, de culte du chef et de repli sur soi.



« Madame la directrice, monsieur le directeur, comme chaque jour depuis le début de la crise, une remontée d’informations concernant votre école est demandée… Je vous demande de faire remonter le document word prévu pour 10h au plus tard. Vous voudrez bien rajouter les renseignements suivants : nombre de personnel Education nationale… présent à l’école, en télétravail. Nombre de personnel hospitalisé atteint du Covid-19, décès personnel Education nationale enseignant et hors enseignant ».
Combattre les inégalités, n’abandonner aucune famille sur les bas-côtés des autoroutes numériques, accueillir la vie et les angoisses liées à la mort dans le contexte de la pandémie ? Assurément, là n’étaient pas les préoccupations premières du ministre de l’éducation nationale. Pourtant, l’accès à l’éducation, comme celui aux loisirs et à la culture, est un droit pour chaque enfant, chaque jeune.Pour nous, l’indispensable réponse sanitaire ne saurait autoriser toutes les dérives marchandes ni acter le renoncement, y compris en période de confinement, aux valeurs communes d’égalité et de fraternité de l’école publique.
Un nouveau décret concernant les mesures prises à propos de la crise sanitaire est publié au JO. Il apporte très peu de changements. On notera qu’il mentionne pour l’accueil des enfants de soignants « un accueil est assuré par les établissements et services mentionnés aux 1° et 2° du I, dans des conditions de nature à prévenir le risque de propagation du virus, pour les enfants de moins de seize ans des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire ». Même si les mesures de précaution sont insuffisantes pour se protéger du virus, le nombre d’enfants à accueillir devrait augmenter. Lors du débat à l’Assemblée du 22 mars, la question de l’accueil des enfants des forces de l’ordre a été posée par le député Millienne. M. Pénicaud a répondu : « Nous prendrons, dans les heures et les jours qui viennent, des mesures qui produiront leur effet dans les semaines qui viennent ».