
Avec un taux de grévistes chez les professeurs compris entre 36 et 43 %, le lycée Bourdelle a dû s’appuyer sur des fonctionnaires de réserve pour permettre le bon déroulement des épreuves du bac. L’entrée dans le lycée s’est faite sans problème pour les élèves. D’importants moyens de contrôle aux accès avaient été mis en place.
L’image se voulait forte et elle l’a été. Le plus gros lycée de la région n’a pas vacillé ce matin dans l’organisation des premières épreuves du bac 2019. La philosophie pour les séries générales et technologiques tout comme les épreuves de français-histoire qui ont ouvert le bac professionnel ont bien eu lieu. Il faut dire que face aux craintes de blocage des épreuves, le proviseur du lycée Bourdelle Philippe Donatien avait sorti l’artillerie lourde. Dès les grilles du lycée, des agents de sécurité ont contrôlé individuellement les sacs des 700 candidats.
Deux agents de l’équipe mobile de sécurité du rectorat effectuaient un contrôle des convocations. Quelques mètres plus loin, nouvelles vérifications des convocations et identité des candidats à une seconde grille. À l’extérieur, la police nationale était présente pour veiller à la libre circulation des élèves et personnels. « J’ai pris mes dispositions pour que tout se passe bien et que tous les candidats puissent venir composer pour ces épreuves du bac. On m’annonçait le pire avec notamment des points de blocage à l’entrée de l’établissement. Heureusement, il n’en a rien été, se satisfait le proviseur. Nous avons pratiquement doublé le nombre de personnes mobilisées pour la surveillance des épreuves au cas où des personnels se déclarent en grève au dernier moment. Tous les services de l’État sont le pont afin de permettre aux élèves de passer leur bac le plus sereinement possible. »
43% de grévistes au lycée général et technologique
Appelé en renfort, un inspecteur pédagogique régional (IPR) reconnaissait « que si le bac se déroulait bien au lycée Bourdelle, ce serait un bon signal envoyé à tous les autres centres d’examen de la région. » Dans les couloirs, on croisait également des principaux de collège tout comme des assistants d’éducation et des assistants de vie scolaire « mobilisables » pour la surveillance des épreuves.
Direction et syndicats ont annoncé ce matin 43 % de grévistes au lycée général et technologique. Il y en avait 36 % au lycée professionnel. Des mouvements qui n’ont occasionné aucune gêne pour les candidats du bac.
Un quart des enseignant·e·s qui étaient appelé·e·s à surveiller des épreuves du baccalauréat ce jour était en grève. Si toutes les épreuves ont finalement pu se dérouler, les conditions dans lesquelles elles ont été surveillées démontrent que la mobilisation a sérieusement ébranlé l’organisation pourtant rodée du ministère.
Signalée par le Café pédagogique dès 2016 à la suite d’un rapport du sénateur Carle, les démissions d’enseignants sont en hausse rapide à l’éducation nationale. Le Bilan social propose une évolution depuis 2011-2012. Dans le premier degré on est passé de 322 démissions cette année là à 532 en 2015-16 , 694 en 2016-17 et 861 en 2017-18. Dans le second degré on comptait 447 démissions en 2011-12 et 351 en 2014-15. Mais dès 2015-16 ça repart à la hausse : 441 puis 527 et enfin 538 démissions en 2017-18. Ces chiffres ne concernent que les titulaires.



