Montauban : des épreuves du bac sous tension au lycée Bourdelle in DDM

Contôles renforcés ce matin à l'entrée du lycée Bourdelle de Montauban. Face aux risques de perturbations d'enseignant en grève contre la réforme du bac, d'importants moyens avaient été mis en place par la direction du lycée.
Contôles renforcés ce matin à l’entrée du lycée Bourdelle de Montauban. Face aux risques de perturbations d’enseignant en grève contre la réforme du bac, d’importants moyens avaient été mis en place par la direction du lycée. DDM, Manuel Massip

Avec un taux de grévistes chez les professeurs compris entre 36 et 43 %, le lycée Bourdelle a dû s’appuyer sur des fonctionnaires de réserve pour permettre le bon déroulement des épreuves du bac. L’entrée dans le lycée s’est faite sans problème pour les élèves. D’importants moyens de contrôle aux accès avaient été mis en place.

L’image se voulait forte et elle l’a été. Le plus gros lycée de la région n’a pas vacillé ce matin dans l’organisation des premières épreuves du bac 2019. La philosophie pour les séries générales et technologiques tout comme les épreuves de français-histoire qui ont ouvert le bac professionnel ont bien eu lieu. Il faut dire que face aux craintes de blocage des épreuves, le proviseur du lycée Bourdelle Philippe Donatien avait sorti l’artillerie lourde. Dès les grilles du lycée, des agents de sécurité ont contrôlé individuellement les sacs des 700 candidats.

Deux agents de l’équipe mobile de sécurité du rectorat effectuaient un contrôle des convocations. Quelques mètres plus loin, nouvelles vérifications des convocations et identité des candidats à une seconde grille. À l’extérieur, la police nationale était présente pour veiller à la libre circulation des élèves et personnels. « J’ai pris mes dispositions pour que tout se passe bien et que tous les candidats puissent venir composer pour ces épreuves du bac. On m’annonçait le pire avec notamment des points de blocage à l’entrée de l’établissement. Heureusement, il n’en a rien été, se satisfait le proviseur. Nous avons pratiquement doublé le nombre de personnes mobilisées pour la surveillance des épreuves au cas où des personnels se déclarent en grève au dernier moment. Tous les services de l’État sont le pont afin de permettre aux élèves de passer leur bac le plus sereinement possible. »

43% de grévistes au lycée général et technologique

Appelé en renfort, un inspecteur pédagogique régional (IPR) reconnaissait « que si le bac se déroulait bien au lycée Bourdelle, ce serait un bon signal envoyé à tous les autres centres d’examen de la région. » Dans les couloirs, on croisait également des principaux de collège tout comme des assistants d’éducation et des assistants de vie scolaire « mobilisables » pour la surveillance des épreuves.

Direction et syndicats ont annoncé ce matin 43 % de grévistes au lycée général et technologique. Il y en avait 36 % au lycée professionnel. Des mouvements qui n’ont occasionné aucune gêne pour les candidats du bac.

Des enseignants en colère délogés du centre de correction de Montauban par la police in DDM

Les manifestants du lycée agricole Capou avant d'être délogés par la police.

Les manifestants du lycée agricole Capou avant d’être délogés par la police. DDM

l’essentiel Le centre de correction du lycée agricole Capou de Montauban (Tarn-et-Garnne) a été la cible d’un mouvement social, ce lundi, jour de début des épreuves du Bac. La police est intervenue et a fait usage de lacrymogène.

Une trentaine d’enseignants, qui avaient pénétré dans le centre de correction du lycée agricole Capou, à Montauban (Tarn-et-Garonne), ont été délogés par les policiers montalbanais en cette fin d’après-midi.

Ces derniers ont été réquisitionnées par le proviseur et la direction régionale de l’Agriculture et de la forêt (DRAF). Les policiers ont prié chaque occupant de quitter le sit-in, avant de les déloger un par un puis de faire usage, à une seule reprise, selon le commandant Allegri, d’une lacrymogène. Il n’y a eu ni blessé ni interpellation. « Nous sommes très choqués par de telles méthodes. Nous avons été gazés alors que nous quittions la salle, explique Olivier Gautié, co-secrétaire général régional du SNETAP-FSU. Il n’y avait aucune raison de faire usage d’une telle arme. »

Depuis ce matin, à l’appel de plusieurs syndicats, des enseignants avaient décidé de « cibler » ce centre appelant « l’ensemble des personnels de l’enseignement agricole à ne pas répondre aux convocations des examens, en l’absence de propositions de sortie de crise ».  Les manifestants réclament notamment l’abandon de la modification des seuils de dédoublements des classes, le maintien des moyens et l’arrêt des suppressions d’emplois ».

Grève du bac : La communication est-elle la meilleure des politiques ?

Un quart des enseignant·e·s qui étaient appelé·e·s à surveiller des épreuves du baccalauréat ce jour était en grève. Si toutes les épreuves ont finalement pu se dérouler, les conditions dans lesquelles elles ont été surveillées démontrent que la mobilisation a sérieusement ébranlé l’organisation pourtant rodée du ministère.

La mobilisation des enseignant·e·s en ce premier jour des épreuves écrites du baccalauréat est, quoi qu’en dise Jean-Michel Blanquer, une réussite. Les grévistes étaient en réalité cinq fois plus nombreux qu’annoncés ce matin par le ministre sur France Inter. Nous dénonçons cette tentative de travestir une fois de plus les chiffres en prenant en compte l’ensemble des professeur·e·s, y compris celles et ceux qui n’étaient pas convoqués. Cette communication grossière est d’autant plus ridicule qu’à 7h50, personne ne pouvait sérieusement croire que le ministère avait déjà recensé les grévistes alors même que, sur le terrain, les directions de centres d’examens s’organisaient comme elles pouvaient pour pallier l’absence des grévistes.

Ainsi, dans beaucoup d’établissements, on ne comptait qu’un seul surveillant par salle au lieu de deux. De même, nombreux sont les personnels administratifs, de vie scolaire et les BIATS qui ont été contraints de surveiller des épreuves, abandonnant leur propre travail. Dans certains lycées, ce sont même des inspecteurs ou encore des parents qui ont été appelés en renfort.

Fidèle à sa dérive autoritaire, Jean-Michel Blanquer n’a donc pas hésité à utiliser tous les moyens possibles pour briser la grève des enseignant·e·s, alors même que ce droit est garanti par la constitution. Dans plusieurs académies, les enseignant·e·s, réunis en assemblée générale, ont décidé de reconduire le mouvement à partir de demain et le poursuivre sous forme d’une grève des corrections. Nous continuerons de nous battre avec l’ensemble des personnels mobilisés.

Sociologie du vote. La France populaire et jeune aux électeurs absents

Infographie : Bruno Hédouin

Infographie : Bruno Hédouin

Les couches populaires et les jeunes se sont plus massivement abstenus que la moyenne. La gauche, bien qu’émiettée, n’a pas déserté leur univers politique.

Dimanche soir, le sursaut participatif a sans doute constitué le seul point ayant fait consensus entre observateurs et responsables politiques. Mais le chiffre global de 50 % de votants masque des différences, en fonction de l’âge et de la classe sociale, plus marquées que jamais. Ainsi, moins d’un tiers des 18-35 ans ont glissé un bulletin dans l’urne, contre plus des deux tiers des électeurs âgés de plus de 65 ans. Le taux de participation s’établit à 41 % pour les classes populaires, 55 % pour les classes moyennes supérieures et 69 % pour les retraités. Lors de l’élection présidentielle de 2017, le différentiel ne dépassait pas 15 % entre les plus « civiques » et les plus abstentionnistes (68 % de participation pour les 18-24 ans, 83 % pour les plus de 65 ans). Dimanche, il a atteint une dimension abyssale : 37 % (Elabe). Selon Harris Interactive, les trois principales raisons invoquées pour expliquer l’abstention sont le manque d’intérêt (28 %), d’utilité (27 %) ou l’expression d’un mécontentement (21 %).

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Bilan social educ. Nat.: Explosion des non titulaires et des démissions 

La publication du Bilan social de l’éducation nationale répercute avec un peu de retard les évolutions liées à la politique gouvernementale. Néanmoins, le Bilan 2019 souligne des orientations cohérentes avec la loi de transformation de la Fonction publique : la montée des contractuels et les départs « volontaires » des enseignants. Cette année comme les années précédentes l’éducation nationale n’évite ni les inégalités salariales ni celles de genre.

Doublement des démissions

Signalée par le Café pédagogique dès 2016 à la suite d’un rapport du sénateur Carle, les démissions d’enseignants sont en hausse rapide à l’éducation nationale.  Le Bilan social propose une évolution depuis 2011-2012. Dans le premier degré on est passé de 322 démissions cette année là à 532 en 2015-16 , 694 en 2016-17 et 861 en 2017-18. Dans le second degré on comptait 447 démissions en 2011-12 et 351 en 2014-15. Mais dès 2015-16 ça repart à la hausse : 441 puis 527 et enfin 538 démissions en 2017-18. Ces chiffres ne concernent que les titulaires.

Dans la rubrique « seconde carrière » du Café pédagogique, nous avons souvent croisé des enseignants démissionnaires. Ainsi G Perret, expliquait  » J’ai eu des classes difficiles à tenir, des parents d’élèves peu coopératifs, situation très déstabilisante psychologiquement. Certains se permettaient de venir faire la discipline dans les classes de mes collègues, d’autres voulaient interférer sur la pédagogie en indiquant à notre place comment enseigner les programmes aux élèves, etc. Je n’avais pas de soutien des parents pour mener des projets avec les élèves, peu de soutien de la part de la hiérarchie », en 2012. C Malaussena évoque ainsi ses dernières années d’enseignante dans le 1er degré :  » Les dernières années, au niveau du primaire, vu toutes les réformes auxquelles on a été soumis sans qu’on en comprenne toujours le sens, vu le poids de plus en plus lourd qui a commencé à se faire sentir sur le plan purement administratif, j’ai commencé à ressentir la perte de sens dans mon travail, comme si le système m’obligeait à brider ma créativité et m’imposait de plus en plus de contraintes ». Continuer la lecture de Bilan social educ. Nat.: Explosion des non titulaires et des démissions 

Il faut décréter l’état d’urgence sanitaire

Organisation et transformation du système de santé (question préalable)

Par / 3 juin 2019

Madame la présidente, mesdames les ministres, mes chers collègues, notre groupe a déposé cette motion tendant à opposer la question préalable du fait de notre désaccord avec la philosophie générale du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé.

Face aux inégalités croissantes en matière d’accès aux soins, comment penser que l’efficience de notre système de santé passe essentiellement par une réorganisation et une mutualisation de moyens rabotés, chaque année, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale ?

Comment ne pas dénoncer les dangers que ce projet comporte en réformant la carte hospitalière et en réduisant les hôpitaux de proximité à de véritables coquilles vides ?

Alors, bien sûr, quelques mesures vont dans le bon sens, et si notre motion n’est pas votée, nous les soutiendrons. Mais elles sont noyées par votre refus de sortir du carcan de l’austérité budgétaire.

Ainsi, vous proposez la suppression du numerus clausus que nous demandions depuis longtemps. Mais c’est une mesure en trompe-l’œil, puisque vous en transférez la responsabilité aux présidents d’université sans leur donner plus de moyens. Et pourquoi ne pas l’avoir aussi supprimé pour les paramédicaux, singulièrement les orthophonistes, qui manquent, sur tous les territoires, en exercice libéral comme hospitalier ? Continuer la lecture de Il faut décréter l’état d’urgence sanitaire

Les urgences de l’hôpital de Moissac elles aussi en grève « illimitée » in DDM

Les urgentistes en grève à Moissac.
Les urgentistes en grève à Moissac. DDM – Gilles Caprais

L’essentiel: Une large majorité du personnel soignant s’oppose depuis ce jeudi matin au non-remplacement de cinq postes. L’accueil des patients est assuré.

À Moissac aussi, les urgentistes sont en rogne. Trois jours après le début des hostilités à l’hôpital de Montauban, la « quasi-totalité » des 40 soignants, soutenus par une intersyndicale FO-CFDT-CGT, ont entamé ce jeudi matin une grève « illimitée » qui n’affecte pas l’accès aux soins. Les grévistes dénoncent le non-remplacement de cinq postes, une mesure qui réclamera au personnel des « efforts supplémentaires », jugés « inacceptables » par Thomas Giraud, infirmier de nuit. « La charge de travail augmente depuis plusieurs années, et les effectifs n’augmentent pas. Cette fois-ci, on nous dit qu’on aura de la chance si on parvient à conserver les congés qu’on doit prendre prochainement. Je suis divorcé, je dois voir mes enfants, c’est très compliqué à vivre. »

Lundi, les délégués syndicaux avaient rencontré la direction de l’hôpital ; ils n’en ont tiré « aucune » satisfaction.
« Le personnel soignant a exprimé sa souffrance au travail, il n’a reçu que du mépris de la part de la direction, lance Mireille Riol, infirmière, déléguée syndicale CGT. On veut bien entendre que cet hôpital n’a pas d’argent. Ce n’est pas leur faute, c’est celle des politiques de santé. Sauf que le personnel soignant n’est pas responsable de cette situation et n’a pas à en souffrir. »

« Période difficile pour le recrutement »

Pour Jacques Cabrières, directeur général de l’hôpital, les difficultés à remplacer les postes ne sont « pas forcément » une histoire de budget. « Cette période de l’année est toujours difficile pour le recrutement. Il y a les grandes vacances, et puis c’est le moment de la sortie des écoles d’infirmière. »

Le directeur, qui salue la « conscience professionnelle » des agents qui assurent les soins, se dit prêt à discuter des « modalités » pour parvenir à assurer le remplacement de la poignée de postes qui a mis le feu aux poudres.

« Nous rencontrerons les syndicats dans le courant de la semaine prochaine », annonce M. Cabrières, qui ne se prononce pas sur les chances d’aboutir à un protocole de fin de conflit. Les syndicats attendent des concessions. « La balle est dans le camp de la direction », avertit l’intersyndicale.

Gilles Caprais

Inégalités. Derrière les discours sur l’assistanat, une France favorisée qui défend ses privilèges

Les écarts de richesse continuent de se creuser en France, relève le nouveau rapport de l’Observatoire des inégalités, publié aujourd’hui. Le haut de l’échelle est de plus en plus favorisé, notamment en matière fiscale et scolaire, alors que les catégories populaires sont heurtées par la précarité. Tendance renforcée depuis l’arrivée du président Macron.

C’est un bilan sévère que dresse l’Observatoire des inégalités (OI) dans son troisième rapport annuel sur les inégalités en France. Certes, ces dernières n’explosent pas. Notre système de redistribution, le fameux « pognon de dingue » dénoncé par le président Macron, offre encore un filet de sécurité aux plus pauvres et permet à la France d’être, au niveau européen, un élève moyen en matière d’écart entre les riches et les pauvres. Pour autant, le paysage est loin d’être satisfaisant. Même après les impôts dont ils se plaignent, les catégories les plus aisées – les 10 % les plus riches – continuent d’accumuler les avantages. Bons salaires, conditions de vie favorables, accès aux meilleures formations : leurs capitaux financier et culturel les protègent de l’insécurité sociale. Continuer la lecture de Inégalités. Derrière les discours sur l’assistanat, une France favorisée qui défend ses privilèges

Garrido – Jadot : le populisme contre la gauche… In REGARDS.fr

Certains gagnent, d’autres perdent mais en ce moment, ils ont la même obsession : les écolos et les insoumis s’en prennent à la gauche pour viser l’hégémonie. Une stratégie à risque.

 

Les élections européennes passées, le débat stratégique à gauche redémarre sur les chapeaux de roues. C’est dire que ce scrutin n’a rien résolu de la crise à gauche. Dans l’espace social-démocrate, Place publique a perdu son pari de rassembler autre chose que les restes du Parti socialiste. Quant au PCF, he is NOT back. L’exploit de La France insoumise en 2017 semble loin. Une plus ample réaction de Jean-Luc Mélenchon est attendue, mais, à en entendre les députés La France insoumise Danièle Obono ou Eric Coquerel, rien à signaler, circulez, y’a rien à voir. Se remettre à travailler est la seule option envisagée après l’échec, avoué douloureusement.

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« Il y a eu une mésinterprétation par La France insoumise du vote de 2017 » in Regards.fr

19,58%… 11,03%… 6,31%. En deux ans, La France insoumise a vu ses résultats électoraux chuter. Pourquoi ? Comment ? Où sont passés les sept millions d’électeurs de « JLM 2017 » ? Quel rapport entre la ligne politique et l’électorat ? Éléments de réponse avec Rémi Lefebvre et Mathieu Gallard.

 

Dimanche 26 mai, après des semaines de sondages annonçant La France insoumise (LFI) proche voire au-delà des 10%, le résultat des urnes est sans appel : 6,31%. Tout juste 25.000 voix devant le Parti socialiste emmené par Raphaël Glucksmann. C’est ce qu’on appelle une douche froide. Pour la plupart des insoumis, cette déconvenue électorale s’explique par la ligne. Mais c’est là que le bât blesse. De quelle ligne parle-t-on ? Dans la Midinale de Regards, le 28 mai dernier, Raquel Garrido arguait : « La ligne Autain a été mise en œuvre lors de cette élection européenne. Et elle a pris 6%. »

La ligne, la ligne… Quelle est-elle la ligne ? A-t-elle changé entre 2017 et 2019 ? Que s’est-il passé pour que LFI flirte tout juste avec le score du Front de gauche des européennes de 2014 (6,33%), là où chacun espérait voir plutôt celui de la présidentielle de 2017 (19,58%) ou, au pire, celui du premier tour des législatives (11,03%) ? Et, finalement, quel est le lien (et l’écart) entre la ligne affichée et le comportement de l’électorat ?

Mathieu Gallard est directeur d’études à l’institut Ipsos. Rémi Lefebvre est professeur de Sciences politiques à l’Université de Lille et membre de la GRS.

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