Professeurs, travail et fraises Des propos inacceptables !

Les propos de Sibeth Ndiaye disant que le gouvernement « ne demanderait pas aux
enseignants qui ne travaillent pas de traverser toute la France pour aller ramasser des fraises »
sont, dans le contexte actuel, à la fois incompréhensibles, scandaleux et irresponsables.

Les enseignant-es, comme tous les personnels éducatifs et des services publics, travaillent, le plus souvent avec leurs ordinateurs et leurs connexions personnels, dans des conditions difficiles mais en ayant à cœur de faire le maximum pour leurs élèves, leurs étudiants, ce qui nécessite bien souvent un surcroît d’activité.

Ces propos ont certes ensuite fait l’objet d’un tweet de mea culpa de la part de Madame Ndiaye, mais le message selon lequel les enseignant-es ne seraient pas au travail a bien été formulé, jetant le discrédit auprès de l’opinion publique puisqu’il a été énoncé à la tribune en sortie du Conseil des Ministres. C’est pourquoi la FSU exige des excuses publiques de la part de la porte-parole du gouvernement.

A télécharger au format PDF Communiqué FSU : Propos inacceptables de la porte parole du gouvernement

Talis : Les profs français, les plus méprisés du monde ? 

Si les professeurs français sont parmi ceux qui se sentent les moins estimés parmi les pays de l’OCDE cela a peut-être  à voir aussi avec la façon dont leur propre institution les traite. C’est la leçon qu’on peut retenir de la publication par l’OCDE d’un nouveau volume de Talis, une enquête touchant 260 000 professeurs de 48 pays. En 2013 l’OCDE estimait qu’il y avait urgence à valoriser les enseignants français. En 2018, Talis démontre que les enseignants français ne sont pas seulement isolés, sous payés mais aussi méprisés par leur institution.

Les profs les moins bien considérés au monde ?


Que les professeurs français aiment leur métier, ne surprendra personne. Les enquêtes nationales, par exemple le Baromètre Unsa, le montrent tous les ans. Talis le confirme en montrant que les enseignants français sont parmi ceux qui ont les plus grandes attentes pour leurs élèves. 85% des enseignants français  s’estiment satisfaits de leur travail (OCDE 90%). 97% des professeurs français croient dans le succès de leurs élèves, contre 80% en moyenne dans l’OCDE. Sur ce terrain là nous sommes au 4ème rang sur les 48 pays ou territoires participant à  Talis, une enquête de l’OCDE qui a lieu tous les 5 ans. L’OCDE vient juste de publier le second volume de résultats pour Talis 2018. Continuer la lecture de Talis : Les profs français, les plus méprisés du monde ? 

Fabien Roussel – La bataille des « jours d’après » commence maintenant

Notre pays, comme le reste du monde, fait face à une épreuve majeure.  Le nombre de personnes mortes des suites du coronavirus augmente de jour en jour de manière exponentielle. Nous avons affaire à un défi historique, qui appelle la mobilisation de la nation tout entière.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que le PCF a d’emblée proposé la création d’un comité d’urgence nationale, où se réuniraient des représentants du gouvernement, du comité scientifique, des partis politiques, des associations d’élus locaux, des organisations syndicales, du monde économique.

Quoi qu’ils subissent, les Français font face. Ceux qui travaillent dans nos services publics, souvent maltraités, sont aux avant-postes, dans les hôpitaux, dans les communes, dans les collectivités ou encore pour assurer la sécurité. Dans le privé aussi, ils sont nombreux à monter au front, dans les supermarchés, dans les Ephad, dans l’agriculture, dans les transports… Oui, de belles solidarités s’organisent dans tout le pays car le monde du travail est solidaire.

Les communistes et leurs élu·e·s, dans le même état d’esprit, se sont mis à la disposition du pays. Partout, ils s’emploient à construire les actions d’entraide et de solidarité que requiert la situation, à apporter l’aide indispensable aux personnes les plus fragiles comme aux professions en première ligne.

Nos parlementaires ont demandé que tous les salariés au contact avec du public puissent bénéficier de tous les moyens de protection dont ils ont besoin : masques, gel, gants… Ce qui suppose que tout soit mis en oeuvre pour permettre à l’industrie de les produire en quantité suffisante.

Ils ont aussi appelé à un confinement général bien plus strict que celui mis en place par le gouvernement, puisque c’est le seul moyen, en l’état actuel, de lutter contre la propagation du virus, préconisé l’Organisation mondiale de la santé. Les entreprises qui ne sont pas indispensables à l’activité du pays doivent s’arrêter. Il n’est pas admissible que 45% des salariés continuent de travailler dans des secteurs non essentiels à la gestion de l’urgence sanitaire.

L’état d’urgence sanitaire que le gouvernement vient de faire adopter par les assemblées ne répond pas à ces exigences d’intérêt général. C’est pourquoi nos parlementaires n’ont pas voté les projets de loi qui l’instauraient.

Non seulement notre appel à une mobilisation des forces vives du pays n’a pas été pris en compte, mais le gouvernement s’est arrogé tous les pouvoirs. Il s’est affranchi du contrôle du Parlement afin d’agir par ordonnances pour déréglementer le droit du travail. Les premières décisions viennent de tomber et elles sont édifiantes : les entreprises pourront faire travailler leur salariés jusqu’à 60 heures par semaine au lieu du seuil maximum légal de 48 heures !

Enfin, notre pays doit aussi faire appel à la mobilisation de toute la société, y compris les multinationales, les compagnies d’assurances, les géants du numérique ou les grandes fortunes. A ce jour, rien n’est prévu de ce côté-là. C’est pourtant là que nous trouverons les ressources nécessaires pour surmonter cette crise inédite. Si les forces du travail sont aujourd’hui mobilisées, celles du capital doivent l’être aussi !

La bataille des « jours d’après » commence maintenant. Faisons monter de toutes parts l’exigence que l’intérêt de l’humain et celui de la planète passent avant ceux de l’argent et des logiques de profit.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Le PCF demande le confinement général et la mise à l’arrêt les secteurs non indispensables (Fabien Roussel)

16 018 cas recensés, 1 746 cas graves et 674 décès, soit 112 morts supplémentaires en seulement 24 heures… Le bilan en France de l’épidémie de Covid-19 est terrible. Son évolution rapide exige d’intensifier le confinement des populations, premier rempart à la propagation de l’épidémie.

Les ministres Le Maire, Véran et Pénicaud demandent aux entreprises et à leurs salarié-es de travailler. C’est inadmissible ! Airbus envisage de réouvrir ses lignes de productions tandis que des entreprises du BTP ne savent plus quoi faire ! Le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur la mobilisation des cliniques privées pour la prise en charge des malades.

La seule solution pour stopper l’épidémie, freiner sa propagation, c’est le confinement général. Pourtant 45 % des salarié-es sont aujourd’hui contraint-es de travailler dans des secteurs non indispensables à la gestion de l’urgence sanitaire.

Il est donc urgent que le gouvernement, en lien avec les organisations syndicales et patronales, décide de mettre à l’arrêt des secteurs non indispensables au fonctionnement du pays dans les conditions actuelles. Cette décision ne peut pas relever du bon vouloir des employeurs.

Nous demandons le confinement général et le maintien des rémunérations des salarié-es concerné-es par cette suspension et la prise en charge des indépendants tel que les livreurs.

Pour les salarié-es actuellement en 1ere ligne, personnels soignants, force de l’ordre et de sécurité, auxiliaires de santé, et autres professions nécessaires au fonctionnement du pays dans cette période, nous demandons toutes les mesures de protection et l’arrivée rapide de matériel de protection (masques, gants, gel, ou encore désinfection des locaux collectifs…).

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

Coronavirus: Directeurs, comptez vos morts!

 Comptez vos morts. Chaque jour. C‘est la consigne envoyée par le Dasen des  Bouches du Rhône aux directeurs d’école du département. Le Snuipp 13 demande le retrait de cette consigne. D’autant que la préparation de la rentrée dans le département n’améliore pas l’optimisme.

 « Madame la directrice, monsieur le directeur, comme chaque jour depuis le début de la crise, une remontée d’informations concernant votre école est demandée… Je vous demande de faire remonter le document word prévu pour 10h au plus tard. Vous voudrez bien rajouter les renseignements suivants : nombre de personnel Education nationale… présent à l’école, en télétravail. Nombre de personnel hospitalisé atteint du Covid-19, décès personnel Education nationale enseignant et hors enseignant ».

Rendue publique par le Snuipp13, cette circulaire du dasen des Bouches du Rhône a choqué les enseignants encore à leur poste, notamment ceux qui accueillent les enfants de soignants sans gel, parfois sans savon et bien sur sans masque. Le Snuipp dénonce « un très grave manque de décence et de respect envers les personnels ».

Elle arrive au moment où le Dasen maintient les opérations de carte scolaire (à distance) et où la dotation de 70 postes du département est insuffisante pour assurer les dédoublements en GS en Rep+.  Il n’aura lieu que dans une partie des écoles bien que de nombreuses fermetures de classe soient décidées. Les TPS font particulièrement les frais du manque de postes.

Sur le site du Snuipp13

Par fjarraud , le mercredi 25 mars 2020.

Tribune : Continuité pédagogique ou rupture d’égalité ?  + Pétition

L’enseignement à distance ne doit pas être la mise à distance de notre projet éducatifL’impérieuse et immédiate « continuité pédagogique » a été promulguée le 12 mars au soir, après des semaines de déni, sans préparation ni réflexion ni consultation. Nous mesurons peu à peu combien ce télé-enseignement fait écran à toute tentative de réflexion éthique et pédagogique, déjà parasitée pendant trois jours par des injonctions aussi médiatisées qu’anxiogènes et contradictoires. Pour le ministre Blanquer et sa chaîne de « commandement » administratif, l’urgence, c’était de mettre tout le monde au travail quels qu’en soient les risques. La « nation apprenante » se devait d’envoyer ses petits soldats sur le front de la bataille scolaire et pédagogique.

Combattre les inégalités, n’abandonner aucune famille sur les bas-côtés des autoroutes numériques, accueillir la vie et les angoisses liées à la mort dans le contexte de la pandémie ? Assurément, là n’étaient pas les préoccupations premières du ministre de l’éducation nationale.  Pourtant, l’accès à l’éducation, comme celui aux loisirs et à la culture, est un droit pour chaque enfant, chaque jeune.Pour nous, l’indispensable réponse sanitaire ne saurait autoriser toutes les dérives marchandes ni acter le renoncement, y compris en période de confinement, aux valeurs communes d’égalité et de fraternité de l’école publique.

Nous sommes prêts, disait le ministre.

Prêt•es… sur le plan informatique ? Le ministre aurait mieux fait d’annoncer une semaine de transition, le temps de pouvoir s’organiser avec les familles et de ne pas laisser nos élèves sans boussole dans la jungle des plateformes numériques. Mais non, l’important était de communiquer sans fin : tout était sous contrôle… Continuer la lecture de Tribune : Continuité pédagogique ou rupture d’égalité ?  + Pétition

Covid-19 : Le nouveau décret et l’accueil des enfants dans les écoles 

Un nouveau décret concernant les mesures prises à propos de la crise sanitaire est publié au JO. Il apporte très peu de changements. On notera qu’il mentionne pour l’accueil des enfants de soignants « un accueil est assuré par les établissements et services mentionnés aux 1° et 2° du I, dans des conditions de nature à prévenir le risque de propagation du virus, pour les enfants de moins de seize ans des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire ». Même si les mesures de précaution sont insuffisantes pour se protéger du virus, le nombre d’enfants à accueillir devrait augmenter. Lors du débat à l’Assemblée du 22 mars, la question de l’accueil des enfants des forces de l’ordre a été posée par le député Millienne. M. Pénicaud a répondu : « Nous prendrons, dans les heures et les jours qui viennent, des mesures qui produiront leur effet dans les semaines qui viennent ».

Un arrêté pourrait être pris le 25 mars. Il semble que des consignes soient déjà données en ce sens. Cette décision devrait augmenter sensiblement le nombre d’enfants à accueillir posant de façon accrue la question de la sécurité des enseignants au contact sans protection des enfants. Elle posera aussi la question des « volontaires » qui risquent en ces circonstances de ne plus être assez nombreux. Des pressions sont déjà exercées sur des enseignants. Le ministre n’a pas écarté la possibilité d’astreintes.

Le nouveau décret

Le débat à l’Assemblée

 

Par fjarraud , le mardi 24 mars 2020.

Sécurité sanitaire : Quand Blanquer dérape à nouveau  

Intervenant le 20 mars longuement sur BFM, le ministre de l’éducation nationale a pris le risque d’inviter les parents à venir chercher des documents pédagogiques en plein confinement. Il a également déclaré que les masques sont inutiles pour les enseignants qui accueillent des enfants de soignants. Ces déclarations sont suivies d’effets dans les académies où on fait parfois peu de cas de la santé des enseignants. Autre motif d’inquiétude : les déclarations contradictoires du ministre sur les congés d’été. La FSU saisit le premier ministre.

La sécurité des enseignants menacée

JM Blanquer a-t-il compris les consignes gouvernementales ? Amené à se contredire de façon répétée depuis le 12 mars, le ministre de l’éducation nationale a fait à nouveau peu de cas, le 20 mars sur BFM, des consignes de confinement données par le gouvernement.

Interrogé sur la sécurité sanitaire des professeurs qui accueillent des enfants de soignants, le ministre se dit « très attentif à ce que les conditions soient les meilleures possibles ».  Mais les précautions qu’il présente se limitent à du savon et de petits groupes d’élèves (10 au maximum). « Normalement ça doit permettre la distance nécessaire entre les élèves et le professeur », assure t-il. « Les autorités sanitaires disent que le masque n’est pas utile dans ces circonstances », ajoute –il. Continuer la lecture de Sécurité sanitaire : Quand Blanquer dérape à nouveau  

Disparition. Lucien Sève s’est éteint.

Le grand philosophe marxiste est décédé lundi du Coronavirus à l’âge de 93 ans. Il laisse derrière lui une œuvre intellectuelle considérable et trop méconnue. L’Humanité lui rendra hommage dans son édition du mardi 24 mars.  Redécouvrez le dernier entretien qu’il nous avait accordé en novembre dernier.

LE « COMMUNISME » EST MORT, VIVE LE COMMUNISME !

À l’occasion des trente ans de l’écroulement du mur de Berlin, le philosophe Lucien Sève, qui vient de publier le Communisme ? (La Dispute), revient sur l’expérience soviétique définitivement marquée par le stalinisme et évoque les « déjà-là de communisme » pour sortir du capitalisme mortifère.

L’écroulement du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, est présenté par les médias dominants comme « la mort du communisme ». Vous venez de publier le Communisme ?, où vous affirmez au contraire sa pleine actualité. Comment comprendre alors ce qui s’est produit au XX e siècle ? Continuer la lecture de Disparition. Lucien Sève s’est éteint.

La continuité pédagogique dans la tourmente in Caf. Péda. 

Comment font les professeur.es de français pour assurer la « continuité pédagogique » ? Si les outils varient, les témoignages concordent, d’une académie à l’autre, au collège ou au lycée : engagement fort, pragmatisme, adaptabilité, inventivité, surcharge de travail pour les enseignant•es et potentiellement les élèves, difficultés d’utilisation des dispositifs institutionnels, problèmes pour joindre toutes les familles, peur de creuser une fracture scolaire et sociale, difficile porosité vie professionnelle / vie privée, exaspération face à certaines consignes ou propos de la hiérarchie, solidarités nouvelles, bonheurs pédagogiques inédits…  Peut-on se transformer du jour au lendemain en experts de l’e-learning ? Enseigner à distance avec le numérique, cela s’apprend : choix et maitrise des outils, élaboration des scénarios, réinvention de la relation avec les élèves, gestion de la temporalité … Cela est en train de s’apprendre. Et cela s’apprend parfois des élèves eux-mêmes…

Agnès : Les élèves me forment

 « Dès le samedi 14 mars, une classe de 2nde m’a contactée pour me proposer qu’on travaille à partir du serveur Discord. Ielles avaient organisé en moins de 24 heures des espaces pour toutes les disciplines, invité tout le monde…J’ai posé d’emblée que je n’y connaissais rien, n’avais jamais entendu parler de Discord, n’étais ni sur facebook, twitter ou instagram, en un mot que j’étais d’une « ignorance extrême », mais que je ne demandais qu’à apprendre. Ielles m’ont guidée avec beaucoup de patience et de pédagogie bienveillante (genre « Allez madame, on croit en vous, vous allez y arriver ») dans un monde virtuel de salons textuels et vocaux étranger par son langage et ses codes, mais j’apprends la langue. Continuer la lecture de La continuité pédagogique dans la tourmente in Caf. Péda.