Épreuves du BAC E3C, le choix de la répression

Depuis trois semaines les épreuves communes de contrôle continu ont débuté dans les établissements non sans contestations. Ces mobilisations ont fait l’objet d’une féroce répression, aussi bien policière qu’administrative.  

Les E3C qu’est-ce que c’est ?

E3C ou Épreuves communes de contrôle continu, sont les nouvelles épreuves anticipées du baccalauréat pour les élèves de première depuis la réforme du baccalauréat. Ces épreuves se tiennent en contrôle continu, dans les mêmes conditions que n’importe quel autre contrôle, directement dans les salles de classe et avec des sujets différents en fonction des établissements. Les notes obtenues aux E3C représenteront 30 % de la note finale du baccalauréat.

Les épreuves ont débuté il y a un peu plus de trois semaines souvent dans des conditions chaotiques. Tout au long de ces dernières semaines, les témoignages sur les réseaux sociaux ont révélé d’importants problèmes sur la tenue des examens : salle trop petite, manque de surveillants, cours non banalisés, fuite de certains sujets, manque d’anonymat des copies. Certains élèves ont même eu des sujets ne correspondant pas à un chapitre travaillé. Les importantes différences entre les établissements sont dénoncées comme une rupture d’égalité entre les élèves alors même que le bac est un diplôme national.

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Lettre ouverte à Mme Macron (Enseignants-tes du Tarn et Garonne)

Voici une lettre que nous écrivons à Mme Macron. Tous les enseignants du collège vont la signer, l’envoyer, et répéter l’envoi chaque semaine. Si cela vous plait, partagez-la, signez-la, envoyez-la (c’est gratuit quand on écrit au palais de l’Elysée), diffusez-la, demandez à ce qu’on la partage.
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Madame Macron,
Veuillez-nous excuser de vous solliciter directement mais nous peinons à nous faire entendre. Vous connaissez les habitudes de l’Éducation Nationale : entre collègues, on se tutoie.
Permettez donc que nous nous tutoyions ? Car c’est bien à l’ex-professeur de Français que nous écrivons, tout autant qu’à l’épouse du Président de la République. 
Aujourd’hui, notre démocratie est telle qu’il est nécessaire d’user d’un médiateur influent quand les gens au pouvoir restent sourds aux attentes des citoyens. Nous comptons donc sur ton empathie et ton expérience professionnelle pour faire passer notre message à M. le Président et à son Ministre de l’Education Nationale.
Brigitte, te souviens-tu de ton salaire à l’entrée dans le métier ? Combien les premiers temps étaient compliqués : le salaire qui peine à arriver, le logement difficile à trouver, la famille et les amis que l’on doit quitter pour une région que souvent l’on n’a pas choisie. Et te souviens-tu des phrases entendues, et sous-entendues, par les commerçants, par les voisins, parfois même par ta propre famille, au sujet de ton métier ? « Ah ! ce n’est pas si fatigant ! », « et puis les vacances… », « et puis 18 heures de travail seulement ! ». Te souviens-tu du décalage entre ces discours et la masse de travail, les cours à préparer, les copies qui s’accumulent sur le bureau ? Nous sommes sûrs que, comme nous, tu t’en fichais pas mal, parce que ce métier, on le faisait pour autre chose et que,  finalement, on était heureux. Même avec ce petit salaire. On savait qu’avec le temps, il finirait par augmenter, un peu.
Brigitte, te souviens-tu de la rapidité avec laquelle tu as basculé dans le métier après avoir passé le concours ? A peine quelques mois, sans être formée, juste à rêver de ce que tu pourrais être. On a tous rêvé d’être un professeur parfait, charismatique, d’aider les élèves à progresser ou même à s’en sortir. Et ton premier cours ? T‘en souviens-tu ? Forcément, car chacun·e de nous s’en rappelle, qu’il ait semblé durer 2 minutes ou 3 heures. La nuit blanche la veille, la gorge nouée le matin, l’impression de ne pas être prêt·e, la confirmation que l’on ne l’est pas !
Brigitte, te souviens-tu du nombre d’élèves dans tes classes ? Aujourd’hui la différenciation est au cœur du métier. Avec 15 élèves, c’est sympa. Avec 30, beaucoup moins. Elèves comme enseignants, nous en subissons tous les effets.
Brigitte, te souviens-tu que tu faisais bien plus que faire cours ? Te-souviens-tu des rencontres avec les professionnels, les élèves, les parents, les collègues, l’infirmière, la conseillère d’orientation, l’assistante sociale. Parce qu’en fait, on est aussi un peu infirmier, psy, éducateur, assistant social. Qu’on le fait du mieux qu’on peut, avec tout notre cœur, sans y être préparé ni formé mais parce qu’il faut bien pallier le manque de professionnels dans les établissements.
Brigitte, as-tu déjà éprouvé de l’indignation en travaillant avec des AVS ou des surveillants sous-payés ? On sait leur investissement, leur utilité, leur nécessité dans les classes, leur patience aussi.
Brigitte, as-tu déjà été TZR ? Tu sais, ces remplaçants titulaires auxquels on demande d’intervenir dans des zones de plus en plus vastes et qui peinent à obtenir des postes fixes. Te souviens-tu de ces contractuels et contractuelles de plus en plus nombreux, que l’on place devant des élèves sans aucune réelle formation professionnelle et dont on attend autant de compétences qu’un titulaire pour un salaire moindre ?
Brigitte, te souviens-tu de ces soirées grises où le découragement prenait le dessus ? Te souviens-tu de ce continuel sentiment de frustration quand tu n’arrivais pas à t’occuper correctement de tous tes élèves faute de moyens ? Te souviens-tu de cette peur panique de ne pas boucler des programmes bien trop lourds ? Te souviens-tu des remarques acerbes lues ou entendues sur ta profession ? Car s’il y a un métier pour lequel tout un chacun pense être en mesure de juger et de conseiller, c’est bien celui d’enseignant !
Aujourd’hui, la donne a changé : non seulement nous sommes mal rémunérés (je te passe les comparaisons avec les pays de l’OCDE, laissons les chiffres de côté), mais encore on nous vole notre retraite calculée sur les derniers et donc les meilleurs salaires. Pas la peine de nous faire miroiter des primes et des heures supplémentaires, le compte n’y sera pas ! Avant, nous pouvions compter sur des retraites correctes ; aujourd’hui, nous sommes des professeurs sous-payés, demain nous serons des retraités floués.
 Alors, Brigitte, nous comptons sur toi pour en toucher deux mots à ton mari, le Président de la République. S’il te plaît, n’oublie pas ceux dont tu as partagé le métier : nous avons besoin de ta voix pour nous faire entendre, si nous voulons qu’il reste le plus beau du monde.
 Nous vous prions d’agréer, Madame Macron, l’expression de notre respectueuse considération

Le député Alain Bruneel (PCF) parodie Star Wars pour dénoncer la réforme des retraites 

Les "résistants" se heurtent au côté obscur avec un méchant Dark Vador incarné par Christophe Castaner.
Les « résistants » se heurtent au côté obscur avec un méchant Dark Vador incarné par Christophe Castaner. Capture vidéo Facebook

l’essentiel Certains élus ne manquent pas d’humour dans le combat politique. C’est le cas d’Alain Bruneel, député communiste du nord de la France qui a réalisé un clip parodique du film Star Wars pour lutter à sa manière contre le projet de loi de réforme des retraites du gouvernement.

Paris – « Episode 10, la guerre des classes »: le député communiste Alain Bruneel et son équipe ont convié « Star Wars » pour dénoncer le projet de réforme des retraites dans un clip parodique.

Dans cette vidéo diffusée sur le compte Facebook de l’élu du Nord, une résistance aux accents ch’ti tente de dérober les plans du gouvernement, au son de la musique des films de George Lucas.

Défile le célèbre bandeau déroulant du générique avec ce message en jaune sur fond d’étoiles: « La République française est en pleine ébullition. Depuis bientôt trois ans, le président des riches défend fidèlement les intérêts du grand capital (…), il s’en prend désormais à nos retraites ».

Le clip met en scène un groupe de « résistants » dans la commune de Sin-le-Noble (Nord), qui tente de voler le projet de réforme des retraites mais se heurte au côté obscur avec un méchant Dark Vador incarné par Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur.

Attaqués par ce dernier qui déclame « Macron est mon maître! », ces résistants parviennent au péril de leur vie à remettre le projet de réforme à la princesse Leia, chargée de trouver un Jedi pour les sauver.

Dans un communiqué, le député a expliqué jeudi vouloir ainsi mettre « la résistance du mouvement social sous les projecteurs », alors que les opposants à la réforme étaient à nouveau dans la rue et que les discussions sur le texte se poursuivaient péniblement en commission à l’Assemblée, avant les débats dans l’hémicycle à partir du 17 février.

Chanson, chorégraphie, lip dub, déguisements, slogans,… Depuis plusieurs semaines, pour se démarquer, certains manifestants ont fait preuve de plus d’imagination que d’autres et cela nous a offert de nombreuses images drôles et insolites dans les cortèges en France.

À Montauban, les manifestants en maillot de bain devant le bureau du candidat LREM in DDM

Les manifestants en maillot de bain devant le bureau de campagne du candidat macroniste
Les manifestants en maillot de bain devant le bureau de campagne du candidat macroniste Louis Rayssac – Louis Rayssac

À Montauban, près de 600 personnes ont défilé contre la réforme des retraites ce jeudi. La manifestation a été émaillée des actions dont la visite des sièges de campagne de certains candidats aux municipales.

Les manifestants contre la réforme des retraites étaient bien réchauffés ce jeudi matin à Montauban. Près de 600 personnes (320 selon la police, 1000 selon les syndicats) ont battu le pavé de la ville. Un défilé sous le signe des élections municipales avec une visite surprise à certains candidats.

Cela a commencé par la maire de Brigitte Barèges, dont on vient d’apprendre qu’elle sera convoquée devant le tribunal correctionnel pour une affaire présumée de détournement de fonds publics. Les manifestants ont scandé un long moment « Barège au cachot » avant d’aller faire un tour devant le siège de campagne de Thierry Viallon, candidat du Rassemblement National. Les esprits se sont légèrement échauffés aux cris de « fascistes » notamment avec un membre du personnel du bureau.

C’est ensuite au tour du candidat Pierre Mardegan de La République En Marche de faire les frais de la réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Si des personnes ont envahi son bureau de campagne en chantant, une quinzaine de professeurs se sont mis en maillot de bain devant sa permanence. Derrière une banderole « Macron nous plume » ils ont chanté « Tu nous plumeras » sur l’air de la chanson « Alouette ». C’est sous les applaudissements qu’ils ont ensuite rejoint le cortège qui s’est terminé sur l’esplanade des Fontaines vers midi.

La Dépêche 82 @LaDepeche82

Invasion en maillot de bain du bureau de @PierreMardegan à

CCAS de Moissac : sanctionnés pour une grève, les salariés attaquent le maire en justice in DDM

En octobre dernier devant le CCAS de Moissac, les employés municipaux du siège se sont mis en grève pour dénoncer un « mal-être » ambiant, des relations tendues avec la direction et « l’absence de réaction » des élus de la ville
En octobre dernier devant le CCAS de Moissac, les employés municipaux du siège se sont mis en grève pour dénoncer un « mal-être » ambiant, des relations tendues avec la direction et « l’absence de réaction » des élus de la ville Photo DDM – Gilles C.

Sanctionnées pour avoir fait des déclarations dans la presse lors d’une grève en octobre dernier, sept employées municipales du CCAS de la ville de Moissac, ont décidé d’attaquer le maire en justice. Visant des atteintes graves aux libertés fondamentales, le secrétaire du CHSCT de la ville a obtenu aussi un référé devant le tribunal administratif de Toulouse, ce jeudi matin.

Le conflit opposant depuis des mois huit salariés du CCAS (centre communal d’action sociale) de Moissac à leur hiérarchie (nos éditions des 14 octobre et 19 janvier derniers), vient de prendre une nouvelle tournure judiciaire. Rappelons que le 14 octobre dernier, huit des onze salariés du siège du CCAS ont débrayé dénonçant dans La Dépêche du Midi un «mal-être» ambiant, des relations tendues avec la direction et «l’absence de réaction» des élus de la ville. Une situation qui génère depuis des mois de nombreux arrêts maladies et un dysfonctionnement du service. Devant l’amplitude du problème, le maire Jean-Michel Henryot et Maryse Baulu, son adjointe au social, ont réclamé un audit à un cabinet d’études pour tenter de résoudre cette crise sociale interne. Continuer la lecture de CCAS de Moissac : sanctionnés pour une grève, les salariés attaquent le maire en justice in DDM

Bac : Un pas de plus dans l’inacceptable in Caf. Peda.

N’oubliez pas de mettre une couverture et un slip propre dans le cartable de votre enfant qui part au lycée. Il pourrait rentrer très tard et en avoir besoin. Avec les deux journées de garde à vue pour aucune poursuite infligée aux lycéens parisiens de 16 ans, on pensait avoir atteint le maximum de la répression contre les lycéens mobilisés contre la réforme du bac. La journée du 3 février nous détrompe : on en est maintenant à l’arrestation préventive avant tout blocage. La fuite des responsabilités a elle aussi progressé.

7 arrestations préventives à Gagny

Le 31 janvier 4 lycéens de Ravel à Paris ont été mis en garde à vue et 3 d’entre eux gardés 2 journées en cellule sans que cela aboutisse à la présentation à un juge. Cette intimidation semblait déjà bien forte, au regard de ce qu’on leur reprochait (avoir brule une poubelle) et de leur âge : 16 ans. Continuer la lecture de Bac : Un pas de plus dans l’inacceptable in Caf. Peda.

Municipales de Moissac : jour de marché

Alors que d’autres s’agitent dans le landernau politique local pour tenter d’exister à défaut d’avoir des idées pour Moissac, TEMS poursuit son chemin et se déploie chaque jour un peu plus pour porter un vent de démocratie.

C’est bien cette jouvence politique élaborée par un collectif citoyen enthousiaste et fort de sa diversité qui donne du sens au vivre ensemble, à la solidarité et à un projet participatif soucieux des enjeux écologiques, sociaux et politiques.

Les communistes ne s’y trompent pas, ils accompagnent du mieux qu’ils peuvent cette liste synonyme d’espoir qui relègue au musée des souvenirs certaines pratiques politiques.

Maximilien Reynès-Dupleix

Montauban : 34 chefs de service donnent leur démission administrative pour sauver l’hôpital public

A cran, ces chefs de service de l'hôpital de Montauban ont mis leur menace de démission à exécution ce mardi matin. / © L.Boffet/FTV
A cran, ces chefs de service de l’hôpital de Montauban ont mis leur menace de démission à exécution ce mardi matin. / © L.Boffet/FTV

« L’hôpital public est à terre« , avaient prévenu les chefs de service de l’hôpital de Montauban à l’instar d’un millier de leurs collègues en France. 34 d’entre eux ont dsémissionné ce mardi matin de leurs fonctions administratives car ils estiment ne pas avoir été entendus du gouvernement. Ils ont menacé de démissionner de leurs fonctions administratives le 14 janvier si le gouvernement n’entendait pas leur voix. Ce mardi matin, c’est chose faite. Ils sont 34 chefs de service et d’unité de l’hôpital public de Montauban à avoir signé collectivement la lettre de démission remise à la direction.

Hôpital de Montauban : 27 médecins menacent de démissionner collectivement de leurs fonctions administratives 

« L’hôpital est au bord de l’effondrement« , tel est le cri d’alarme qu’ont lancé ces médecins à la mi-janvier, comme environ 1.000 autres spécialistes hospitaliers au plan national. Ils pensaient être entendus d’Agnès Buzyn, la ministre de la santé.   « Il y a eu 2 heures de discussion avec la ministre pour tourner en rond« , affirme la neurologue Ségolène Billot.  Continuer la lecture de Montauban : 34 chefs de service donnent leur démission administrative pour sauver l’hôpital public

Retraites des enseignants : une grosse erreur dans le projet de loi (#foutagedeg….)

Le gouvernement a révélé vendredi 24 janvier le texte du projet de loi de la réforme des retraites. L’étude d’impact annexée au texte est très critiquée par les professeurs.

Le%20gouvernement%20a%20annonc%C3%A9%20des%20revalorisations%20salariales,%20afin%20que%20les%20pensions%20de%20retraite%20des%20enseignants%20ne%20baissent%20pas%20dans%20le%20cadre%20du%20syst%C3%A8me%20universel%20%C3%A0%20points.
Le gouvernement a annoncé des revalorisations salariales, afin que les pensions de retraite des enseignants ne baissent pas dans le cadre du système universel à points. | STOCK.ADOBE.COM

Le texte du projet de loi de la réforme des retraites a été révélé vendredi 31 janvier par le gouvernement. En annexe du projet de loi figure une étude d’impact de 1 029 pages, qui doit éclairer les députés sur les conséquences potentielles d’une loi. C’est une exigence constitutionnelle. Sauf que la publication de cas types concernant les fonctionnaires fait réagir – à juste titre – car une erreur manifeste y figure.

Secrétaire administratif B, adjoint administratif C, professeur des écoles… Pour plusieurs métiers, le ministère indique les pertes ou les gains sur leur pension mensuelle à l’âge de 65 ans. Or, une grossière erreur figure dans le document gouvernemental : les pensions des fonctionnaires sont indiquées en net, alors qu’il s’agit de montants bruts.

Page extraite de l’étude d’impact du projet de loi de réforme des retraites. Pour tous les cas types de fonctionnaires, une erreur y figure : les montants de pension indiqués sont en brut (alors que la légende indique qu’ils sont en net). | EXTRAIT DE L’ÉTUDE D’IMPACT PUBLIÉE PAR LE GOUVERNEMENT

Ainsi, il est indiqué qu’un professeur des écoles né en 1980, ayant commencé à travailler à 22 ans et ayant fait toute sa carrière dans la fonction publique, gagnerait une pension de 2 955 € dans le régime actuel en partant à 65 ans et 2 856 € dans le système universel (avant la revalorisation salariale promise). Des chiffres erronés qui ont fait bondir – à juste titre – plusieurs de nos lecteurs. Si on applique une baisse de 20 % pour arriver approximativement au montant net, la pension de ce même enseignant atteindrait donc 2 364 € dans le régime actuel, et 2 284 € dans le régime universel.

Voici six cas types indiquant le montant brut mensuel des pensions de fonctionnaires, avec le régime actuel et avec le régime universel à points. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

Projections « farfelues »

Par ailleurs, « ces cas type ne reflètent pas la réalité, c’est artificiel, ça ne rime à rien, peste Jean-Rémi Girard, du syndicat Snalc. Les quatre cas types présentés par le gouvernement sont des professeurs qui n’existent pas ou très peu. » Avec le niveau master exigé (bac + 5) et le difficile concours à décrocher, devenir enseignant à 22 ans est très rare.

« Il existe aussi des enseignants qui exerçaient un autre métier avant, des temps partiels [NDLR. : surtout chez les femmes, très nombreuses dans ce métier], des profs en mobilité, souligne Eric Charbonnier, analyste de l’éducation à l’OCDE. Et pour le cas type du prof des écoles, il est intégré une prime de 8 %, cela ne veut pas dire que tous les enseignants la touchent, loin de là… »

Les situations peuvent être très différentes d’un enseignant à l’autre, en fonction de son statut, de son niveau d’éducation, de ses primes (directeur et directrice d’école, professeur et professeure principaux, réseau éducation prioritaire…). Pour Eric Charbonnier, le gouvernement « aurait dû jouer la prudence et indiquer plutôt des fourchettes de pensions ».

Par ailleurs, il est précisé que ces calculs se font sur la base d’un point d’indice qui évolue en même temps que l’inflation. « Mais le point d’indice est gelé depuis 2010, sauf en 2016 et 2017, rappelle Jean-Rémi Girard. Dans la vraie vie, cette hypothèse économique est complètement farfelue ! »

L’exaspération est grande du côté des syndicats d’enseignants, car ils réclament depuis des années une revalorisation des salaires des professeurs, en dehors de cette réforme des retraites. En effet, après dix ou quinze ans de carrière, un enseignant du primaire en France touche 20 % de moins que la moyenne des pays de l’OCDE.

Les deux observateurs réclament un « vrai simulateur avec des hypothèses économiques plausibles », où chaque professeur entrera ses caractéristiques individuelles. Seul moyen de rassurer le corps enseignant.

Montpellier : proviseurs et chefs d’établissement du secondaire au bord du burn-out

Les chefs d'établissement de l'académie de Montpellier à bout de souffle
Les chefs d’établissement de l’académie de Montpellier à bout de souffle Midi Libre / M. P

Une cinquantaine de proviseurs, principaux et adjoints du second degré ont manifesté devant le Rectorat ce vendredi pour dénoncer leur mal-être face aux charges de travail de plus en plus lourdes.

La bannière tenue à bout de bras par une cinquantaine de responsables d’établissements d’enseignement du secondaire du secteur, devant le rectorat ce vendredi 31 janvier, en disait long sur le degré d’épuisement face aux charges de travail auxquelles sont confrontés ces cadres « limite légale des 48 h par semaine largement dépassée, souffrance au travail » .

Des moyens supplémentaires

Une délégation a été reçue par le Rectorat où Olivier Briffaut, secrétaire académique Indépendance et Direction (DFO) a fait passer son message :  » Nous sommes à bout, inquiets pour la santé des collègues, 60 à 70 h par semaine avec des réformes à assumer, avec des modalités de mise en œuvre incroyables en termes de pression, le contrôle continu E3C par exemple et autres. La rectrice est très attentive, bienveillante, elle fait ce qu’elle peut. Elle n’a pas dans les mains la possibilité de nommer du personnel supplémentaire, de changer des applications informatiques si le ministère ne délègue pas des moyens ».

« On nous rajoute toujours plus de missions, sans reconnaissance financière,  sans personnel supplémentaire, il y a une souffrance au travail », a fait part le délégué en détaillant quelques pistes : « Un agenda social vient d’être ouvert au ministère après nos alertes, il faut aller vite en termes de personnel, de rémunération, il faut une prise en compte de la souffrance au travail ».