Nouveau rapport d’Attac : « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ! »

Par Attac France, Observatoire des multinationales

Attac France, en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, publie ce rapport qui synthétise le véritable bilan des entreprises du CAC 40 en matière de justice sociale, justice écologique et justice fiscale.

A l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2019 et de la deuxième édition du « Choose France summit », Attac France fait une série de propositions concrètes lesquelles, si elles étaient mises en œuvre par les pouvoirs publics, contribueraient à répondre aux exigences de justice sociale, fiscale et climatique, aujourd’hui portées par la majorité de la population.

Dans ce rapport il est révélé qu’entre 2010 et 2017 : les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 % en valeur absolue, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3 % et les dividendes versés aux actionnaires de 44 % en valeur absolue également sur la même période, tandis que leurs effectifs en France ont baissé de 20 %.

  • Quelle justice sociale alors que les profits des grandes entreprises françaises, les dividendes et les rémunérations des hauts dirigeants s’envolent quand les effectifs mondiaux stagnent et qu’ils diminuent fortement en France ?
  • Quelle justice climatique alors que les émissions de CO2 des sites les plus polluants du pays ont augmenté de 5 % en 2017 et que ces émissions, notamment issues d’entreprises du CAC 40, échappent largement à la fiscalité carbone ?
  • Quelle justice fiscale alors que les entreprises du CAC 40 ont plus de 2 500 filiales dans les paradis fiscaux et payent moins d’impôts aujourd’hui qu’en 2010 ?

Pour afficher le rapport en « plein écran », cliquez sur ce lien.

Le terrible bilan de deux mois de violences policières

Émilie Massemin (Reporterre)

Depuis le début de la mobilisation Gilets jaunes, plusieurs recensements font état d’au moins 97 blessés graves par les armes de la police, dont quatre ont eu la main arrachée et au moins quatorze ont perdu un oeil. La faute aux lanceurs de balle de défense, aux grenades GLI-F4 et à une doctrine de maintien de l’ordre ultraviolente.

« J’étais en train de filmer avec mon téléphone portable aux Champs-Elysées quand il y a eu un mouvement de foule. J’ai reculé et j’ai senti cette balle de Flash Ball percuter ma tête. J’ai eu l’impression que ma joue droite éclatait. » Axelle Marquise, 28 ans, a été blessée par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) le samedi 8 décembre à Paris, lors d’une manifestation des Gilets jaunes. C’était la première fois de sa vie que cette serveuse à Six-Fours (Var) descendait dans la rue. Les examens médicaux diagnostiqueront une brûlure au deuxième degré, un hématome majeur, une double fracture de la mâchoire et un trismus – contraction constante des muscles de la mâchoire qui l’empêche d’ouvrir la bouche de plus d’un centimètre. « Je dois manger liquide pendant six semaines. J’ai déjà perdu six kilos. Après le rendez-vous le 29 janvier avec la chirurgienne pour vérifier que la fracture est bien réduite, je devrai faire je ne sais combien de séances de kiné pour soigner le trismus. Quand je pourrai enfin ouvrir la bouche, il faudra voir les dégâts au niveau des dents. J’ai perdu un bout de la molaire au fond à droite et je sens que quelque chose ne va pas », décrit-elle à Reporterre. Continuer la lecture de Le terrible bilan de deux mois de violences policières

Le maire de Moissac Jean-Michel Henryot ne se représentera pas en 2020 in DDM

Le maire de Moissac./ Photo DR
Le maire de Moissac./ Photo DR

Un an avant les élections municipales, le maire de Moissac (Tarn-et-Garonne) Jean-Michel Henryot dresse le bilan et évoque l’avenir.

Quel bilan dressez-vous de votre mandat ?

Le mandat a été extrêmement bien rempli avec des éléments d’imprévus qui ont décalé nos projets initiaux (l’inscription à la politique de la ville qui a nécessité un énorme travail, ce qui fait qu’il était difficile de travailler sur le reste). Le grand chambardement sur la communauté de communes a aussi bouleversé beaucoup de choses. Pour autant ce sont des éléments positifs dans ce qu’ils peuvent offrir aux citoyens.

Sur la commune, nous avons pris des engagements sur la sécurité et je pense qu’ils ont été tenus : contrairement à beaucoup de communes du département, les faits de délinquance sur Moissac ont notablement diminué. L’entretien pérennisé des bâtiments municipaux a été mis en place, des projets d’aménagement urbain ont vu le jour, et d’autres projets qui vont suivre. Il y a également un énorme travail fait sur le projet de musée qui est en train d’aboutir. On a mis en place une aire de camping-car qui fonctionne à plein régime, à la totale satisfaction des gens qui la fréquentent.

Le passage à la politique de la ville et l’étude Anru ont permis d’amener des réflexions sur le développement de la ville qui va continuer à alimenter les projets. C’est un mandat où on a beaucoup travaillé, sur lequel la charge de travail a été complétée par des impératifs extérieurs. Mais ça nous permet aussi d’asseoir notre volonté de continuer à œuvrer pour le centre-ville de Moissac.

Quels sont les projets pour 2019 ?

Parmi les projets à venir, il y a les travaux du musée de l’abbaye qui vont débuter incessamment, ainsi que tous les projets en cours qu’il faut continuer à développer de façon à ce qu’ils aboutissent dans les meilleurs délais, comme l’inauguration des locaux de la Croix Rouge. On va également transférer le CCAS au cours du premier semestre à la maison de l’emploi et de la solidarité, qui vont entraîner des aménagements à la mairie pour un meilleur accueil et un meilleur accès vis-à-vis de la population.

Allez-vous vous représenter en 2020 ?

Non, je ne me représenterai pas… Je pense qu’il est rationnel de passer le flambeau à des gens plus jeunes pour assumer cette charge lourde.

Lettre ouverte aux forces de l’ordre, A mes anciens collègues…

Moi, Christian Garcia, retraité de la police, observe avec horreur la folie de ce moment.

 

Durant mes 30 ans de vie professionnelle, j’ai agi avec conscience avec en tête les valeurs de la République, attaché que je suis aux droits de l’homme. Je n’ai eu de cesse de faire honneur à l’article XII de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui rappelle : « que la garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique. Cette force est instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

Aujourd’hui, il ne m’est plus possible de me taire !

Une déchirure s’opère sous nos yeux entre notre peuple et sa police, avec des ordres de gouvernants qui prônent la répression. En 2015, nous étions tous « Charlie », et en 2019, les actions de maintien de l’ordre ressemblent à de véritables attaques contre des femmes, des hommes des jeunes et des anciens à coup de matraques, de gaz, de grenades…

Cette folie n’est pas digne de notre démocratie !

J’en appelle à mes anciens collègues, à leurs hiérarchies, a celles et ceux syndiqués qui ont encore le sens de la République pour que cesse le massacre des innocents. Il n’est plus possible de voir ces mains déchiquetées, ces visages tuméfiés, ses centaines de blessés-es en 2 mois qui font de ce mouvement le plus violent de ces dernières années. Ou sont les valeurs d’une police qui prévient, protège le peuple et donc la démocratie ?

J’en appelle à mes anciens collègues, à leurs familles et leurs amis, à tous les progressistes à se rassembler pour faire cesser cette répression indigne d’un XXIème siècle et de notre société. Oui ordre doit rester à la loi mais cela ne peut être la loi du plus fort ! Quand allez-vous refuser de faire de notre peuple votre ennemi ?

J’ai milité et je milite encore pour une autre société, plus juste, plus humaine, plus sociale, plus démocratique et plus écologique et je ne vais pas baisser les bras, encore moins maintenant que hier.

Militant de la paix et du respect de l’humain, je continuerai autant que j’en aurais l’intelligence et la force.

Je vous invite à me rejoindre dans ce combat comme dans tant d’autres.

Christian Garcia, ancien CRS, retraité de la police, syndicaliste CGT et communiste.

95 buts en trois matchs : les footballeuses de Nantes marquent tellement qu’elles jouent contre des garçons

En trois matchs, l’équipe féminine des moins de 15 ans du FC Nantes ont inscrit tellement de buts… qu’elles ne peuvent plus jouer contre des filles !

L\'équipe des U15 face à l’Entente Blain-La Chevallerais, battue... 40-0. Photo postée le 6 octobre 2018 sur le compte Facebook du FC Nantes féminines.
L’équipe des U15 face à l’Entente Blain-La Chevallerais, battue… 40-0. Photo postée le 6 octobre 2018 sur le compte Facebook du FC Nantes féminines. (FACEBOOK)

Elles s’appellent Mathilde, Camille, Juliette, Léa, Justine ou Margaux et elles jouent pour l’équipe féminine des moins de 15 ans du FC Nantes. Et elles sont vraiment douées. Un peu trop d’ailleurs, pour leur championnat. En trois matchs, elles en ont inscrit 95 buts ! 24 lors du premier, 31 lors du deuxième et 40 lors du troisième. Une victoire 40 à 0 qui n’est pas passée inaperçue.

En face, les adversaires ont du mal à se faire deux passes, les parents récupèrent des gamines en pleurs. Et les Nantaises, elles, commencent à s’ennuyer. Mais impossible d’offrir une opposition digne de ce nom, Loire-Atlantique. Alors il a fallu prendre une décision.

Les Nantaises invitées à jouer contre des garçons

Elles affrontent désormais des garçons mais seulement en amical. La ligue locale ne veut pas les intégrer au championnat départemental masculin, car selon le président du district de Loire-Atlantique (qui, lui, veut la création d’un championnat régional féminin), interviewé par nos confrères de L’Equipe Magazine,  « les garçons n’aiment pas perdre, de nature, alors être battus par des filles … «  Et le président de poursuivre : « De toute façon elles pratiquent un football différent ».

Dans un pays où le foot féminin est en plein essor – le nombre de licenciées a triplé en sept ans – certains ont visiblement du mal à suivre. Au fait, pour leur premier match face à des garçons, les Nantaises ont gagné 3 à 0.

Décharge sauvage de Gandalou: le propriétaire mis en demeure

Les agents communaux décorés de la Médaille du Travail./ Photo DDM, René Capel
Les agents communaux décorés de la Médaille du Travail./ Photo DDM, René Capel

Après nos révélations sur une lourde pollution environnementale au cœur du quartier de Gandalou à Castelsarrasin, le propriétaire du terrain a été mis en demeure de remettre en état son terrain.

L’affaire de la décharge sauvage située sur un terrain privé à l’angle de la route de Gandalou et du chemin de Merlanes où nous avons révélé les pratiques douteuses d’entreprises locales du BTP, est loin d’être achevée.

La semaine dernière, l’un des agents de la DDT s’est rendu sur place pour réaliser des constatations ainsi que des prélèvements. Le président départemental de France nature environnement (FNE), Jean-Pierre Delfau s’est également joint à lui avec l’un des bénévoles de l’association de défense de la nature et de l’environnement 82, Maximilien Reynès-Dupleix, riverains et lanceur d’alerte dans ce dossier. Dans l’attente du retour des analyses, l’agent de l’État a pu confirmer la présence d’amiante, de solvants, de peintures, de verres ou de béton avec leurs fers. Des tonnes de déchets provenant de plusieurs chantiers locaux qui ont été déposés en toute illégalité par des sociétés du BTP ayant pignon sur rue à Moissac et Castelsarrasin. Continuer la lecture de Décharge sauvage de Gandalou: le propriétaire mis en demeure

Amar présente son nouveau projet associatif in DDM

Associations – Accueil des réfugiés

Jean-Luc Prince, président de l'association Amar./ Photo DDM, Manu Massip
Jean-Luc Prince, président de l’association Amar./ Photo DDM, Manu Massip

L’Association montalbanaise d’aide aux réfugiés (Amar) a présenté son nouveau projet associatif qui fixe toutes les orientations des actions pour les années à venir. «Notre dernier projet rédigé en 2010 avait besoin d’être réactualisé au vu de l’évolution du contexte sur les questions liées à l’asile en France, précise Jean-Luc Prince, président d’Amar. On peut se féliciter du travail coopératif entre les 12 élus du conseil d’administration et les 17 salariés pour aboutir à ce document fondateur qui sera notre guide interne pour les 5 années à venir.»

Ce qui a surtout changé depuis 2010 est le rythme de traitement des dossiers de demandes d’asile. S’il fallait parfois attendre 18 mois entre le dépôt d’une demande et la réponse de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), tout s’est accéléré depuis ces dernières années.

«Nous sommes passés d’un extrême à l’autre. Si avant on se plaignait de laisser des demandeurs d’asile sans réponse près de deux ans, aujourd’hui les délais sont tombés à 4 ou 5 mois. C’est trop court pour réunir des documents administratifs surtout quand on traite avec des pays comme l’Éthiopie ou la Somalie. Nos délais de traduction demandent du temps pour permettre à ces demandeurs de bien rédiger leur récit et faire la preuve que leur fuite les a sauvés d’un extrême danger, explique Joëlle Greder, administratrice de l’association. L’idéal serait de nous laisser entre 9 et 12 mois pour parfaitement accompagner chaque demandeur.»

25 nationalités accueillies en 2018 Continuer la lecture de Amar présente son nouveau projet associatif in DDM

Démocratie. En Auvergne, des gilets jaune convoquent leur député

À la Maison du peuple, le 10 janvier. «  Cet échange direct, sans filtre, reflète la diversité de notre peuple, avec ses inquiétudes, ses colères, sa recherche de solutions, ses impatiences    », a constaté André Chassaigne.

À la Maison du peuple, le 10 janvier. « Cet échange direct, sans filtre, reflète la diversité de notre peuple, avec ses inquiétudes, ses colères, sa recherche de solutions, ses impatiences », a constaté André Chassaigne.

Les manifestants de Lezoux, près de Clermont-Ferrand, ont invité jeudi l’élu PCF André Chassaigne à une rencontre publique, la première du genre dans ce département.

La Maison du peuple n’a jamais si bien porté son nom. Jeudi 10 janvier, à Lezoux, 250 gilets jaunes, des soutiens, des curieux aussi, ont répondu présent à l’invitation des gilets jaunes lancée au député de la circonscription, le communiste André Chassaigne. Dans une salle comble, à l’image du mouvement, beaucoup de femmes, de nombreux retraités. De la colère aussi, comme celle que laisse éclater un restaurateur.

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Évaluations CP : on y retourne ?

Sourd aux remarques et aux propositions des enseignants, le ministère entend engager fin janvier une nouvelle phase d’évaluation dans les classes de CP, calquée sur la première et tout aussi sujette à caution. Pour le SNUipp-FSU, c’est toujours non.

La première vague imposée aux classes de CP et de CE1 avait suscité une levée de boucliers des enseignants mais aussi d’une large partie du monde de la recherche en éducation.
Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves.

évaluation ®Myra / NAJA

Bis repetita ?

Le 9 janvier le ministère mettait en ligne un descriptif des exercices de la seconde phase qui doit se dérouler du 21 janvier au 1er février.
Des évaluations de mi-CP, présentées comme devant permettre d’apprécier les progrès des élèves en français et en mathématiques et devant définir les ajustements à apporter à l’accompagnement. Là encore, les tests sont centrés sur la maîtrise du décodage, laissant trop peu de place à la compréhension, à l’encodage et à la production d’écrit, sans prendre en compte les progrès en cours et les rythmes d’apprentissages différents d’un élève à l’autre.

Le SNUipp-FSU est pourtant intervenu tous azimuts et a d’ailleurs obtenu quelques bougés : la reconnaissance que les temps indiqués ne sont pas les temps réels de passation, la diminution du nombre d’exercices, la mise à disposition d’une version adaptable pour toutes les écoles, une conception différente du document remis aux familles, reposant sur les acquis déjà en place sans mention de score.
Mais ces modifications ne sont en rien suffisantes. Elles ne permettent pas de modifier en profondeur le sens de ces évaluations qui ne seront pas plus au service des élèves et des enseignants que les premières.

Abandon du dispositif

Le SNUipp-FSU continue donc à contester ces évaluations destinées avant tout à justifier la politique éducative de la rue de Grenelle, engageant un pilotage du système par les résultats, des changements dans les programmes et des méthodes qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves.
Il invite toutes les enseignantes et tous les enseignants à s’interroger en équipes sur la finalité de ces évaluations et sur le rôle que le ministère entend leur faire jouer. Il réitère sa demande d’abandon de ce dispositif et propose aux autres organisations syndicales de s’adresser ensemble au ministre en ce sens.

Fusillée par les franquistes, l’intellectuelle Renée Lafont enfin exhumée ?

Antonio, fils d'une victime du franquisme, ouvrant symboliquement la fosse où pourrait être le corps de Renée Lafont. / Photo DDM, P.C.
Antonio, fils d’une victime du franquisme, ouvrant symboliquement la fosse où pourrait être le corps de Renée Lafont. / Photo DDM, P.C.

Appuyé sur son fils, Antonio Cabello Paniagua s’avance. À 86 ans, ses jambes vacillent un peu. Mais ses bras ne tremblent pas. Il abat avec une rare force ces premiers coups de houe qui ouvrent enfin la plus vieille fosse commune des fusillés du cimetière de La Salud, près des remparts de Cordoue. Pioche d’une libération, crépitement d’applaudissements… «Pour mon père». Continuer la lecture de Fusillée par les franquistes, l’intellectuelle Renée Lafont enfin exhumée ?