Retraités. « On ne supporte plus les donneurs de leçons ! »

Propos recueillis par Jean-Jacques Régibier
Pierre : « On me pique 900 euros cette année, pour compenser peut-être ce qui a été donné aux très riches qui eux ont toujours besoin d’en avoir plus.» Photo: Jean-Jacques Régibier

Pierre : « On me pique 900 euros cette année, pour compenser peut-être ce qui a été donné aux très riches qui eux ont toujours besoin d’en avoir plus.» Photo: Jean-Jacques Régibier

Plusieurs milliers de retraités ont manifesté aujourd’hui dans les rues de Strasbourg, un record si on compare aux précédentes manifestations de retraités, selon les organisations syndicales. En dehors des retraités, beaucoup d’actifs et de jeunes se sont mobilisés. Paroles de manifestants.

Monique, ancienne aide maternelle :

« C’est la première fois que je manifeste pour les retraites mais je reviendrai. C’est toujours les retraités et la classe moyenne qui sont touchés. Les riches mettent leur argent ailleurs, les pauvres n’en ont pas, et la classe moyenne trinque, il y en a marre. Je ne touche pas une grosse retraite, je suis en dessous de ce qui est requis pour payer le 1,7% de CSG, mais comme le quotient familial est plus élevé, je trinque comme tout le monde. Quand ils nous disent que les petites pensions ne sont pas concernées, je suis désolée, ce n’est pas vrai. »

Jean-Paul, ancien salarié de l’informatique :

« On ne supporte plus les donneurs de leçons, et cette arrogance qui ne respecte plus personne. Moi j’ai bossé toute ma vie,  j’ai fait des semaines de 70 heures et aujourd’hui, je perds 720 euros par an. Ma femme a une petite retraite – 360 euros par mois – mais comme ils raisonnent en foyer fiscal, on lui a déduit la CSG. C’est scandaleux. »

Francine :

« J’ai 81 ans, j’ai été traductrice et secrétaire indépendante pour plusieurs éditeurs, je me suis arrêtée de travailler quand mon mari a pris sa retraite. Ce cynisme de la part du gouvernement est insupportable, ça suffit, on ne tape pas là où on doit taper. Ce ton paternaliste de Macron, je ne supporte pas. Il y a de moins en moins de démocratie, je pense qu’il faut que ça s’arrête. En dehors de la manif des retraites, j’ai vu la façon dont a été réprimée la manif des Kurdes à Paris, c’est un scandale. Collomb ne sait même plus arrêter ses flics, il y a un tas de raisons pour lesquelles je suis là. Avant, c’était pas brillant, mais alors là… »

Pierre :

« Je suis retraité des Affaires sanitaires et sociales depuis fin 2011, ma retraite est gelée depuis longtemps, et là on me pique 900 euros cette année, pour compenser peut-être ce qui a été donné aux très riches qui eux ont toujours besoin d’en avoir plus. Et peut-être que si on ne dit rien, l’année prochaine on nous enlèvera le double. »

Serge, retraité de la métallurgie :

«  Il y en a marre de se faire tondre la laine sur le dos par la CSG. C’est inadmissible qu’on essaie de diviser le privé et les retraités. Les retraités aident leurs enfants et leurs petits enfants quand ils le peuvent. Leur retraite, ils ont bossé toute leur vie pour la gagner, c’est pas un cadeau qu’on leur fait. Quand on fait du porte-à-porte pour discuter avec les gens, ce qu’on ressent, c’est ce grand frein dans leur tête : est-ce qu’on peut faire autre chose que manifester ? »

Pierre, ancien salarié d’une banque mutualiste :

« Je perds encore 60 euros avec la CSG, aujourd’hui on continue à pomper les retraites avec la CSG, et ce qui est lamentable, comme on l’entend en boucle à la télé, c’est d’opposer les jeunes aux anciens, d’opposer les générations. »

Sandrine, agent hospitalier :

« Je suis active mais je soutiens les retraités. On va déjà avoir des retraites qui seront moindres que les personnes qui sont là autour de nous, donc cette CSG qui est imposé concerne tout le monde, et aussi ceux qui seront en retraite dans l’avenir. Retraités, actifs ou jeunes, on est tous concernés. »

Jean-Marc :

« Je suis retraité des Finances publiques depuis 2011 je suis là parce que je suis enthousiaste de perdre tous les moins une cinquantaine d’euros de alors qu’à côté de ça, on supprime l’ISF. C’est insupportable, c’est vraiment une politique de classe. »

Arpad, étudiant :

« Nous en tant que jeunes, on est attaqués parce que le gouvernement va détruire le service public au niveau de la Fac et du lycée, du Bac pro. On s’est dit qu’il fallait rejoindre les retraités, et ceux des EPHAD que Macron veut aussi déstabiliser en attaquant le service public. On soutiendra aussi les manifs des cheminots et des hospitaliers parce que tous ensemble on peut faire bloc contre les lois Macron qui visent à détruire le service public. Au moment de la loi Devaquet, ils avaient été obligés de retirer la loi devant la mobilisation, rien n’empêche que ça se passe pareil. A Toulouse, 3 000 étaient en AG mardi, à Paris, ça bouge aussi avec beaucoup de lycées bloqués et de gens dans la rue, et le 22 mars, il y aura une manif contre la sélection. »

Serge Block, secrétaire général des retraités CGT : 

« Je sens la mobilisation plus forte aujourd’hui, on est plus nombreux que le 17 septembre. Dans tous les contacts que j’ai, il ressort que la conscience réelle de la pénibilité de la situation de retraité aujourd’hui est insupportable. La hausse de la CSG a été un catalyseur extraordinaire. Le blocage du taux des retraites depuis 4 ans, la CSG, régression au niveau des remboursements de sécurité social, il y a un moment où le vase déborde ! »

Le PCF « sur de multiples fronts de riposte »

Pour contrer l’offensive antisociale de Macron, Pierre Laurent espère
«   une expression commune des dirigeants de gauche ». Julien Jaulin/Hanslucas

Pour contrer l’offensive antisociale de Macron, Pierre Laurent espère « une expression commune des dirigeants de gauche ». Julien Jaulin/Hanslucas

Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a annoncé hier une série d’initiatives pour répliquer au « pouvoir Macron qui attaque tous azimuts ».

Après une offensive parlementaire, la semaine dernière, à l’occasion de ses niches à l’Assemblée nationale et au Sénat, le PCF a annoncé hier de multiples initiatives « face au pouvoir Macron qui attaque tous azimuts pour détruire le modèle social français et continuer de couvrir de cadeaux les plus riches au détriment du plus grand nombre ». « Nous sommes en train de réussir le déploiement du PCF sur de multiples fronts de riposte, d’opposition et de contre-propositions », a estimé son secrétaire national, Pierre Laurent, à l’occasion d’une conférence de presse.

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« Mauricette, vous faites partie de ces camarades que je n’ai pas pu tutoyer »

Dernier adieu à Mauricette FONTANIER, le 13 mars 2018 à Septfonds

Une des dernières apparitions publiques, il y a un an pour l’hommage à Louis Sabatié

Mauricette,

Il y a plus de cinquante ans que nous nous connaissons et vous faites partie de ces camarades que je n’ai pas pu tutoyer. Sans doute parce que j’étais très jeune quand je vous ai rencontré ou que l’on parlait de vous à la maison, parents communistes et mère à l’UFF. Il en fut de même pour Pierre JUGE, Jean VIGNOBOUL, Roger VIE, André et Mimi MERCADIE…

Je vais essayer d’évoquer vos engagements, les engagements de militante communiste qui jusqu’à votre dernier souffle ont fait partie de votre vie…  Et c’est sûrement parce que vous étiez communiste, parce qu’il y avait besoin de trouver les chemins d’une société plus juste et fraternelle pour le plus grand nombre, que concrètement sur le terrain vous avez mené les combats pour la cause des Femmes, pour aider les plus défavorisés, pour l’Ecole, pour la Culture… pour la Paix et le désarmement : ni Pershing ni SS 20 clamions-nous début des années 80 dans les rues de Montauban ou sur les boulevards parisiens

Vous adhérez au parti communiste en 1950. Cet engagement vous le partagez avec André. En 1959 vous devenez membre de Comité départemental de la fédération et début des années 60, membre du Bureau fédéral.  Vous participez à la Commission du travail du parti en direction des femmes. Membre du secrétariat en 1965 vous êtes responsable à l’Education puis dans les années 68 vous animez la commission du travail en direction des enseignants…. Et jusqu’en 2010 vous êtes membre du Conseil départemental.

Vous êtes une grande humaniste, chacun le sait : il ne faut pas frapper deux fois à votre porte pour demander de l’aide : vous avez hébergé des gens dans le besoin, aider à faire des démarches, être à l’écoute de celle ou celui qui a besoin de partager et d’échanger…

Vous êtes également exigeante, « perfectionniste », avant-gardiste ; vous aviez une approche critique qui nous interpelait dans les débats qui ne manquaient pas de traverser nos réunions…

Le rassemblement de la gauche est pour vous un impératif incontournable…

Jusqu’au bout, vous êtes une militante et citoyenne active : lors des dernières élections municipales de 2014 vous soutenez, et êtes candidate sur la liste « Ensemble pour Septfonds ».

En 1967, vous portez les couleurs du PCF dans le canton de Montauban-Est et en 1983 vous serez élue sur la liste de gauche aux élections municipales de Montauban. Vous êtes membre des commissions de l’environnement, des transports, de la Commission paritaire, de la commission de la Culture.

La Culture justement, vous participez à la grande aventure du Festival de Montauban dont vous êtes, dès sa création, un membre de la Direction et apportez votre concours à son infatigable initiateur Félix Castan. La place Nationale et les rues de Montauban résonnent, entre autres, des textes de Bénédetto , et de notre belle langue, la langue occitane …

Dans la période que nous traversons, lourde d’inquiétude pour notre planète, pour notre pays, je ne peux m’empêcher de vous lire quelques lignes de l’écrivain Michel PIQUEMAL que vous auriez sans doute faites vôtres :

« La vie et le monde s’acharnent à nous rogner les ailes, mais c’est notre devoir absolu de nous efforcer en retour de les étendre, le plus large possible. Je dis non, je refuse, j’accuse, je mets en doute … je me révolte donc je suis ».

Au moment de ce dernier adieu, permettez-moi de vous dire Mauricette combien nous gardons dans nos cœurs le plaisir d’avoir partagé des combats exaltants et des moments amicaux inoubliables.

A Françoise et Arthur, qui avez su adoucir la fin de vie de votre mère et grand-mère, à Louis, Paul et Nicole, à Ophélie, et Michel-Ange…. à toutes celles, tous ceux que ce deuil affecte soyez assurés de notre fraternelle affection et de nos sincères condoléances.

Mauricette, nous ne vous oublierons pas.

Marie-Claude MANERA, Pour le PCF 82

Ici avec Marie-Jo Veyres

L’Europe veut-elle ruiner ses paysans en amplifiant le réchauffement climatique ?

Un accord de libre échange entre l’Union européenne et le pays du Mercosur ne serait pas que ruineux pour l’agriculture européenne et française. Il augmenterait aussi le bilan carbone de notre alimentation quotidienne en raison d’une accélération de la déforestation en Amazonie, de transports toujours plus longs pour les produits alimentaires, d’une déprise agricole en de nombreux territoire en France comme dans les autres pays de l’Union. Un tel accord n’a pas lieu d’être.  Continuer la lecture de L’Europe veut-elle ruiner ses paysans en amplifiant le réchauffement climatique ?

« Mépris », « dictature technocratique », « hyperprésident » : André Chassaigne (PCF) éreinte l’exécutif

Sous les applaudissements de l’ensemble de l’opposition, le chef de file des députés communistes a dénoncé, mardi, l’attitude du gouvernement vis-à-vis du Parlement. Réponse du Premier ministre : toutes les techniques utilisées par le gouvernement – recours aux ordonnances, vote bloqué – « sont prévues par la Constitution »…

Recours répétés aux ordonnances, déclenchement d’un vote bloqué au Sénat, projet de limiter le droit d’amendement des parlementaires… Pour André Chassaigne, la coupe est pleine. Mardi, lors des questions au gouvernement, le député communiste a dit tout le mal qu’il pensait des méthodes de l’exécutif :

« Ces coups de force répétés marquent une dangereuse dérive aux accents de dictature technocratique. André Chassaigne, président du groupe GDR, 13 mars 2018″

« Dictature technocratique », l’accusation a suscité la vive indignation des députés de la majorité. Pas de quoi freiner les ardeurs du chef de groupe, qui redoute le contenu de la future réforme des institutions. Il en appelle au référendum :

« L’avenir de notre démocratie qui est en jeu, c’est pourquoi le peuple doit décider en dernier ressort de l’adoption ou non de cette réforme structurelle.André Chassaigne, président du groupe GDR, 13 mars 2018 »

L’élu du Puy-de-Dôme a égratigné au passage Emmanuel Macron, qualifié d' »hyperprésident », auteur d’une « casse sociale » susceptible d’être « amplifiée » par les projets de loi à venir.

« Je ne suis pas d’accord avec vous »

Face aux applaudissements des bancs de l’opposition, Édouard Philippe a tenté de calmer le jeu et a rappelé les règles de la Ve République :

« Je vois donc un député communiste expliquer dans cette Assemblée que le recours à des dispositions constitutionnelles est un déni de démocratie, je ne suis pas d’accord avec vous !Édouard Philippe, 13 mars 2018″

En revanche, le premier ministre a pris soin de ne pas s’engager sur la tenue d’un éventuel référendum. La méthode susceptible de mener à bien la réforme constitutionnelle reste en effet la grande inconnue, le gouvernement poursuivant ses consultations sur ce sujet délicat.

« Dans le cochon tout est bon » : ce n’est pas une raison pour faire des cochonneries

Par Jean Ortiz

Mon père, comme tous les pauvres, les semi-prolétaires du village, élevait chaque année un cochon.

Le jour de « pèle-porc », des « cochonnailles », nous le descendions sur des espèces de brancards, pour le sacrifier dans un hangar. Porté comme un saint de Semaine sainte sur « un paso » (une plate-forme), les cris de l’animal résonnaient dans tout le quartier du Castel. J’avais envie de traiter mon père et les « costaleros » (les porteurs) d’assassins, mais le jambon, c’est bon ! Contradictions de la dialectique porcine ! Le cochon, au village, jouissait du respect que l’on doit à ceux qui rendent la vie moins dure.

Tout cela pour dire qu’il y a des cochons plus respectables que les hommes, politiques, élus, technocrates, qui font des cochonneries. Et c’en est une que d’agrandir une porcherie située à l’entrée d’un ancien camp français « de concentration » (à La Lande et à Jude) où furent enfermés, au total, de 1939 à 1945, 16 000 républicains espagnols, puis des Juifs, des Polonais, des communistes français à la suite des rafles de juillet 1942 contre les « individus dangereux »… 295 Juifs seront déportés vers Auschwitz les 24 août 1942 et les 2-3 septembre 1942.

Septfonds, quel joli nom ! Sept sources, un petit village du Tarn-et-Garonne. A 5 km de Caussade. Il reste du camp « de concentration » (ainsi appelé à l’époque), devenus lieux nationaux de mémoire (et de recherche), le Mémorial, le cimetière, plus loin la gare de Borredon, remise à neuf par les militants; ici étaient déversés, wagon après wagon, réfugiés, prisonniers, « subversifs », accueillis (sans ménagement) par des barbelés, des gendarmes mobiles, des tirailleurs sénégalais… La porcherie industrielle devrait produire 6 000 porcs à l’année, à l’étroit dans leurs cases, élevés sans doute au soja transgénique… On imagine les nuisances ; pire que le gaz moutarde ! Les pauvres cochons, enfermés dans une cellule, où ils étouffent toute leur courte vie, et l’air du camp, devenu irrespirable.

Tout cela rend insupportable cet épandage de lisier sur la dignité et la mémoire de nos parents et grands-parents, Républicains espagnols. Une profanation, à 500 m seulement du Mémorial qui leur est dédié.

Au cimetière reposent les restes des « indésirables », des « individus dangereux » de l’époque, (assez semblables à ceux d’aujourd’hui), arrêtés par le gouvernement du radical-socialiste Daladier. Dans ces contrées de la « France profonde », règnent de petits « caudillos » locaux, ou régionaux, très souvent  « de  gauche », qui voudraient faire la pluie et le beau temps. Ces politiciens pro-porcherie rêvent d’enfouir à tout jamais, avec le lisier, les mémoires de lutte et de résistance, en les couvrant délibérément de discrédit, de criminalisation, de honte, de merde, d’épandages divers, quitte à commettre des crimes de lèse-mémoire. Ce qui sort de leur bouche est souvent monstrueux (Evangile selon Matthieu, XV,11).

Au Moyen-âge, à Paris, les cochons servaient à nettoyer les rues. Aujourd’hui, une oligarchie les utilise au contraire pour souiller, empoisonner durablement. Le cochon, le Sus Serofa Domesticus , si proche de l’homme et connoté de moins en moins négativement, est mis au service insupportable de la mal bouffe et de l’argent. Malgré leurs déchirures, les antifascistes espagnols, communistes, anarchistes, socialistes… portaient d’autres valeurs que la majorité des élus « pro-porcins », qui se prononcent en fait pour un enfouissement des mémoires populaires, celles de la Guerre d’Espagne , de l’anti-fascisme, de la Résistance, des camps, de la déportation… Sept-Fonds fut hélas aussi un maillon vers Drancy et les camps d’extermination et de la mort.

Depuis des mois, les associations mémorielles diverses, l’AGE des guérilleros espagnols UNE-FFI en France, la coordination d’associations mémorielles « Caminar », le Centre d’Investigation Ciimer, présidé par Carmen Negrín, etc., hurlent de colère et de douleur. Les ploutocrates qui nous gouvernent font pour l’heure l’autruche, à défaut… Mais l’indignation monte… Des milliers de démocrates, pas seulement des fils de la Guerre d’Espagne, exigent du gouvernement qu’il intervienne pour interdire, à cet endroit symbolique, l’extension d’une porcherie. Ce qui serait une authentique cochonnerie, une véritable offense à la mémoire historique. Qui vivre verrat.

Sous le masque

L’éditorial de Patrick Apel-Muller.

Le Front national, rebaptisé Rassemblement, a trouvé son grand homme. L’extrême droite l’a pêché outre-Atlantique, dans ces eaux troubles qui baignent l’entourage de Donald Trump. Steve Bannon fut le conseiller du président américain, mais plus encore son trait d’union avec le Ku Klux Klan et les suprémacistes blancs, les marchands d’armes de la NRA et les églises fanatiques. Durant des années, il a animé des sites d’information spécialisés dans la rumeur et les fausses nouvelles au profit de l’extrême droite. Aux responsables frontistes réunis en congrès, il a lancé samedi : « Laissez-vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes. Portez-le comme un badge d’honneur… » L’extrême droite a maquillé son nom mais elle a trouvé son successeur au vieux Le Pen, en cet inspirateur d’une internationale brune dont Marion Maréchal-Le Pen voudrait former les cadres.

Certes, Marine Le Pen a perdu du crédit. Mais elle juge avec les siens que la brutalité du capitalisme mondialisé, le libéralisme autoritaire d’Emmanuel Macron et l’affaiblissement d’une gauche combative et rassemblée lui donneront la possibilité de surfer sur la vague brune qui a déjà maculé l’Italie, l’Autriche, la Hongrie… Voilà pourquoi elle modère son discours anti-européen. Le continent, s’il venait ainsi à être défiguré par la haine des migrants et l’obsession sécuritaire, lui deviendrait tout à fait sympathique.

L’extrême droite juge aussi qu’elle a tout à gagner à ce que « les Républicains » viennent braconner sur ses terres. Elle parie que l’entreprise de charme de Laurent Wauquiez aura le destin de celle de Silvio ­Berlusconi, vidé de ses forces par une alliance qui respectabilise son sulfureux partenaire. Déjà Thierry ­Mariani est tombé du côté obscur. D’autres peuvent suivre. Ce qui pourrait vraiment affaiblir le « RN » serait une mobilisation populaire sur des revendications d’égalité, de justice, de services publics, de biens communs, face à l’entreprise de destruction macronienne.

Patrick Apel Muller

De Mélenchon au FN Sciences-Po, voici la « timeline » de Davy Rodriguez (FNJ)

De Mélenchon au FN Sciences-Po, voici la « timeline » de Davy Rodriguez

En 2012, il faisait la campagne de Jean-Luc Mélenchon et soutenait Chavez. Par glissements, il applaudit Zemmour, Ménard, et mène à présent la formation FN de Sciences-Po, qui vient d’être reconnue.

Sur une vidéo postée sur Twitter ce week-end, en plein congrès du FN, on entend Davy Rodriguez, numéro 2 du Front national de la jeunesse et assistant parlementaire de Marine Le Pen et Sébastien Chenu, proférer une insulte raciste, « espèce de sale nègre ».

Selon BuzzFeed, elle vise le vigile d’un bar à Lille (Nord). Davy Rodriguez nie les faits mais il a été suspendu. En octobre 2015, Rue89 avait remonté la timeline de son compte Facebook public. (De nos archives) Pour devenir une association de Sciences-Po, le FN doit recueillir 120 suffrages sur plus de 10 000 étudiants, en quatre jours de vote. Dès le premier jour, ce jeudi en milieu de journée, il a déjà obtenu le nombre de voix nécessaire.

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Espagne. Cinq millions de grévistes pour un 8 mars historique

La mobilisation massive pour les droits des femmes, comme ici à Bilbao, « doit être interprétée comme un mandat du monde du travail et des citoyens au gouvernement pour qu’il prenne des mesures contre le fossé de genre et l’inégalité », estiment les deux grandes centrales syndicales.V. West/Reuters

La mobilisation massive pour les droits des femmes, comme ici à Bilbao, « doit être interprétée comme un mandat du monde du travail et des citoyens au gouvernement pour qu’il prenne des mesures contre le fossé de genre et l’inégalité », estiment les deux grandes centrales syndicales.V. West/Reuters

L’appel à cesser le travail pour la Journée internationale des droits des femmes, hier, a été accompagné de rassemblements très suivis.

Machisme, harcèlement, inégalités de salaires, féminicides. « Il n’y a pas qu’une raison de faire grève, il y en a trop ! » proféraient les organisations féministes qui appelaient à arrêter le travail en Espagne à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Il y avait au moins 5,9 millions de raisons de faire grève. C’est le nombre d’arrêts de travail de deux heures, jeudi, comptabilisés par les syndicats Commissions ouvrières (CCOO) et Union générale du travail (UGT). Femmes et hommes ont croisé les bras. Un chiffre impressionnant, à la mesure de la formidable mobilisation.

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Réforme ferroviaire. La CGT cheminots contre-attaque sur le fond

Paris, le 7 mars, conférence de presse avec le secrétaire de la CGT cheminots Laurent Brun. Aurélien Morissard/IP3/MaxPPP

Paris, le 7 mars, conférence de presse avec le secrétaire de la CGT cheminots Laurent Brun. Aurélien Morissard/IP3/MaxPPP

Face à la presse puis au Parlement, le premier syndicat de la SNCF a présenté son plan pour l’avenir du ferroviaire. Un contre-pied aux orientations libérales du gouvernement.

Alors qu’une nouvelle réforme du système ferroviaire est annoncée par le gouvernement « avant l’été », la fédération CGT des cheminots – première organisation syndicale de la SNCF – a rendu public, hier, son propre projet de réforme, « Ensemble pour le fer », qui garantit le développement d’un véritable service public du transport ferroviaire. Car au fond, de réformes en réorganisations « parties d’objectifs de traitement des questions financières pour arriver à des usines à gaz dans l’organisation de la production (…), le problème est tout simplement pris à l’envers », affirme Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots.

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