Ian Brossat : « Je suis convaincu que les insoumis sont des partenaires » In Regards.fr

Lendemain de Fête de l’Humanité, quelle rentrée pour les communistes ? La gauche peut-elle se rassembler ? Comment se préparent les municipales ? Quelle stratégie ? Existe-t-il un communisme municipal ? Ian Brossat, adjoint PCF à la Maire de Paris, est l’invité de #LaMidinale in Regards.fr!

VERBATIM

 Sur la Fête de l’Humanité 
« Je suis un peu plus optimiste qu’il y a quelques mois : certains [à gauche] ont retenu les leçons des élections européennes. Je crois que chacun a conscience que personne ne peut gagner seul à gauche donc nous sommes condamnés à travailler ensemble. »
« Je suis convaincu que les insoumis sont des partenaires pour nous et qu’on a vocation à travailler ensemble. »
« On est capable de riposter ensemble. La question, c’est : peut-on construire ensemble ? Je ne crois pas qu’il y ait d’obstacles insurmontables. »

 Sur le procès de Mélenchon 
« Quand Mélenchon dit que le Parquet n’est pas indépendant, c’est un fait. »
« La défense de Mélenchon est respectable, même si je ne suis pas sûr que j’aurais choisi la même. »

 Sur le référendum sur Aéroport de Paris 
« Il y a deux grands combats dans cette rentrée : le premier combat, c’est l’aéroport de Paris – la bataille que nous menons pour obtenir un référendum -, et celui des retraites, le plus grand combat social de la rentrée. J’ajoute à ça, évidemment, toutes les mobilisations sur le climat. »

 Sur les municipales à Paris 
« La gauche est en meilleure posture qu’il y a quelques mois. »
« Il y a un an, le bashing contre l’équipe municipale était extrêmement puissant. Au final, on voit qu’il y a un socle solide de Parisiens qui ont plutôt envie que l’expérience municipale se poursuive et n’ont pas envie que Paris devienne la propriété de La République en Marche. »
« À Paris, aux municipales, nous avons toujours fait des listes de rassemblement. On est dans l’union dès le premier tour depuis 1995 (…). Je n’ai pas le sentiment que ça ait conduit à un effacement des communistes à Paris. »
« Si on se fie aux résultats des élections européennes, personne ne peut faire le fier : il faut que chacun tienne compte des réalités. »

 Sur le projet des municipales 
« Si union il y a [les communistes tranchent leur stratégie pour Paris en novembre], je souhaite que cette union puisse se faire sur un contenu : sur la lutte contre la spéculation immobilière, sur la lutte contre l’uberisation de la ville. J’espère que ces propositions seront prises en compte par Anne Hidalgo. »
« Je suis favorable à ce qu’à terme, on ait la gratuité des transports à Paris. »
« Les élus communistes sont reconnus pour innover en matière sociale et de solidarité. »
« Les élus communistes sont ceux qui se battent le plus fort pour le logement social, les politiques de solidarités, les politiques culturelles, les politiques en direction de l’enfance : bien des caractéristiques de maires communistes. »
« Quand on vit dans une ville dirigée par un maire progressiste, on ne vit pas de la même manière que quand on vit dans une ville dirigée par un maire réactionnaire. »
« Une mairie, c’est aussi des valeurs qu’on transmet. Et quand un maire réactionnaire comme Balkany imprègne sa population de valeurs réactionnaires, ça finit par avoir des conséquences sur ce que pensent les gens (…). Les communistes, quand ils dirigent des villes, transmettent des valeurs de solidarité et de partage. »

 Sur la candidature de Cédric Villani 
« Une alliance Villani/Hidalgo, aujourd’hui, n’a pas de sens : Cédric Villani a un CV et a fait un choix politique depuis 2017 qui est de rejoindre Emmanuel Macron. Il a voté toutes les lois du gouvernement – sauf pour le CETA où il a eu piscine. »
« Cédric Villani est porteur du bilan d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe (…). Il n’a rien de progressiste. »

 Sur Emmanuelle Cosse dans la campagne d’Anne Hidalgo 
« Emmanuelle Cosse était une bonne ministre du logement. Elle s’est battue sur l’encadrement des loyers et lorsqu’il a fallu le mettre en place, elle nous a aidés. Je n’ai pas de problème particulier avec Emmanuelle Cosse. »

 Sur la liste indépendante des écologistes à Paris 
« Leur droit, c’est de se présenter et leur devoir, c’est de connaitre qu’ils faisaient partie de la majorité municipale. »
« Ce que dit Jadot est ahurissant : les Verts ont voté tous les budgets depuis 2002. »
« Quand j’entends Jadot expliquer que les Verts n’ont pas soutenu Anne Hidalgo, il prend quelques libertés avec la vérité, comme l’aurait dit Bertrand Delanoë. »
« Ils ont toujours présenté une liste indépendante. Simplement, il faut avoir l’honnêteté de dire qu’on gère cette ville ensemble. »

 Sur l’écologie et les communistes 
« Tout le monde sait qu’on ne peut pas se débarrasser du jour au lentement de l’énergie nucléaire et tout le monde sait, dans le même temps, qu’il faut réduire la part du nucléaire. »
« Les propositions de Fabien Roussel vont dans le bon sens. Les communistes ne défendent pas le nucléaire de façon dogmatique. »

« Ce sont les plus pauvres des plus pauvres qui trinquent ! »

Trente-sept associations de lutte contre la pauvreté, regroupées dans le collectif Alerte, s’alarment. La politique de l’exécutif comporte, selon elles, plus de reculs que d’avancées sociales.

Les présidents d’associations réunis lundi 9 septembre au siège du Secours catholique à Paris avaient plus de griefs que de félicitations à adresser au gouvernement au moment où sa stratégie contre la pauvreté entre dans une deuxième phase pour le moment encore floue.

Christophe Devys, président du collectif Alerte, souligne quelques petites avancées sur le front social : « Il y a quelques bonnes mesures dans les annonces du gouvernement depuis un an comme l’obligation de formation jusqu’à 18 ans ou la volonté affichée d’en finir avec la sortie sèche de l’aide sociale à l’enfance à la majorité. » Pour le reste, l’heure est à l’inquiétude. Patrick Bouffard de Médecins du monde espère que malgré les rumeurs de suppression, l’aide médicale d’État (AME) survivra au budget 2020 car « le dispositif qui ne coûte qu’un peu moins de 0,5 % des dépenses de santé permet au plus défavorisés d’oser se soigner ».

Véronique Fayet du Secours catholique déplore, elle, « que ne soit pas réservé aux mineurs non accompagnés l’accueil inconditionnel qui leur est normalement dû ». Elle a rappelé que les migrants étaient les plus pauvres parmi les pauvres et « ne devait pas être oublié d’une politique disant lutter contre la précarité ».

« La dignité ne doit pas être conditionné seulement à l’accès à un travail »

Les associations ont été nombreuses à critiquer la réforme de l’assurance chômage présentée en juillet dernier. Pour Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, la réforme va avoir une effet très défavorable sur les plus précaires :

L’impact va être colossal, la précarité va se renforcer car beaucoup vont passer du chômage aux minimas sociaux à cause du durcissement des conditions d’indemnisation.

La précarité s’installe de plus en plus chez les familles les moins aisées. Monique Dupuy, présidente de l’Unaf (Union nationale des associations familiales) regrette que « les prestations familiales ne soit pas indexées sur l’inflation, ce qui aboutit à une baisse du pouvoir d’achat ». Pascale Ribes, de France Handicap, exprime également sa colère : « Il y 1 million de personnes handicapées sous le seuil de pauvreté. Parmi elles, certaines ne pourront jamais travailler. La dignité ne doit pas être conditionné seulement à l’accès à un travail. »

La défiance monte, mais les associations veulent jouer le jeu de la négociation, alors que le gouvernement vient de lancer une série de consultations sur le futur de l’insertion en France. « Nous n’allons pas sortir de la négociation pour le moment car le gouvernement nous dit que tout est encore ouvert. Mais on constate que jusqu’à maintenant ce sont les plus pauvres des plus pauvres qui trinquent », constate avec amertume Claire Hédon, présidente d’ADT Quart monde.


Relaxe des décrocheurs : le PCF salue une décision courageuse d’un juge indépendant

En février dernier, 11 militants écologistes ont décroché le portrait présidentiel dans la mairie du 2ème arrondissement de Lyon pour dénoncer le non respect de ses engagements par le gouvernement, face à la menace du changement climatique.

Le maire a porté plainte pour vol et deux jeunes comparaissaient pour répondre de ce délit.

A l’audience du 2 septembre, le Procureur avait requis contre eux une condamnation à 500 euros d’amende.

Dans le jugement du 16 septembre, le tribunal a cependant prononcé une relaxe « au bénéfice de l’état de nécessité et pour motif légitime ».

Le PCF salue la motivation innovante du tribunal et se réjouit de cette victoire du combat écologique face aux carences de l’État constatées par le Tribunal.

Le PCF considère que cette belle décision légitime le principe de la désobéissance civique non violente, pour mener de justes combats lorsqu’il est le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le Président de la République et le peuple.

Cécile Cukierman, porte-parole du PCF et sénatrice de la Loire

Référendum ADP : vers le million et au-delà? in POLITIS.fr

À la Fête de l’Humanité, ce week-end, les forces politiques et syndicales ont relancé la campagne pour le RIP sur ADP. Un combat qui s’annonce ardu.

Le référendum d’initiative partagé ( RIP) sur la privatisation d’Aéroports de Paris était partout au parc de La Courneuve cette année. Sur des tee-shirts et des stickers ornés du slogan « Moi j’ai signé et toi ? » Mais surtout dans de très nombreux stands où des militants recueillaient sur papier (via des formulaires Cerfa), sur des tablettes et même sur des bornes prévus à cet effet, les soutiens à la fameuse proposition de loi référendaire. Les 4 717 396 signatures nécessaires semblent encore très loin – à la date du 11 septembre, le Conseil constitutionnel en avait enregistré 761 000 – mais dans les nombreux débats consacrés à la question, on ne voulait pas céder au pessimisme.

À lire aussi >> Le référendum ADP cherche à redécoller

Isabelle Bigand-Viviani, secrétaire générale de la CGT de l’aéroport d’Orly, invitée au stand PCF du Val-de-Marne, souligne le chemin déjà parcouru :

Au début lorsqu’on se battait au sein d’ADP contre la privatisation, on passait pour des Don Quichotte qui luttent contre des moulins à vents. Aujourd’hui, on est arrivé à ce RIP et on ne lâchera rien jusqu’au 12 mars ! [Jour de clôture du recueil des soutiens, NDLR]

© Politis

Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne et l’un des 248 parlementaires qui ont permis au référendum d’initiative partagée de voir le jour, croit en un rebond de la mobilisation:

Cette Fête de l’Huma peut-être une caisse de résonance. Il y a un objectif atteignable, c’est le million de soutiens. Et, à partir de là, le RIP aura bien plus d’écho médiatique.

Atteindre le million, c’est aussi trouver matière à interpeller le président de la République qui a déclaré vouloir abaisser le seuil du RIP à un million dans la futur réforme constitutionnelle. Pour Stéphane Peu, député PCF et tête d’affiche d’un autre débat sur le sujet, « le million, on peut y arriver assez rapidement. Mais après, il va falloir sortir de nos chapelles partidaires et aller convaincre sur le terrain les citoyens que la privatisation est une aberration ».

Une aberrante privatisation

Privatiser Aéroports de Paris serait d’abord un non-sens économique. Selon Dominique Plihon, économiste membre d’Attac : « Budgétairement, cela n’a pas de sens ; c’est une rentrée d’argent à court terme lors de la vente mais une perte de finances à long terme pour l’État qui ne disposera plus des bénéfices d’ADP. » Cela serait aussi « une aberration écologique », estime Mathilde Panot, députée LFI pour qui « toute législation visant à réduire le trafic aérien serait rendu impossible». Aberration enfin et peut-être surtout constitutionnelle. L’écrivain et professeur de droit Paul Cassia a rappelé que notre constitution depuis 1946 interdit la privatisation d’un monopole de fait et d’un service public national. Or, selon lui, « ADP rentre parfaitement dans cette définition ». L’argument constitutionnel est d’ailleurs un de ceux repris par les partisans de droite du référendum ADP.

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Un long chemin

Pour que le référendum advienne, il va falloir faire face à bien des obstacles qu’a bien résumés Alain Girard, conseiller municipal d’Orly : « Il y a plusieurs problèmes. D’abord le manque d’informations. Beaucoup ne savent pas que le RIP a lieu ou comment il fonctionne, et puis il y a la fracture numérique. » À la Fête de l’Humanité, beaucoup répètent qu’il faut faire désormais « un gros travail d’éducation populaire ». Se rendre sur les places de marché avec des tablettes pour faire signer, aller convaincre certaines mairies qui ne le font pas encore d’ouvrir des bureaux de vote pour les plus éloignés du numérique. Et puis expliquer sans cesse les tenants et aboutissants du RIP, en quoi cela concerne chaque citoyen. Le difficile objectif des 4 millions ne pourra être atteint qu’à ce prix.

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© Politis


Pour que LCI corrige son mensonge sur la rémunération des professeurs de l’EN (pétition)

Ce jour mercredi 11 septembre 2019, la chaine LCI a diffusé sur sa matinale un plateau sur lequel il a été question de la rémunération des professeurs de l’éducation nationale Française.

Voir le replay ici

Il a en particulier été pointé que leur revendications basées sur le fait qu’ils sont les moins bien payés d’europe étaient mal fondées.

S’en suit une présentation de chiffres tous aussi hallucinants les uns que les autres, nous apprenant qu’un professeur des écoles est payé (en moyenne) presque 3000€.

PETITION

Selon la grille salariale officielle 2019, un professeur des écoles en 2019 en classe normale, ne peut prétendre à une rémunération supérieure à 2900€ BRUT qu’après 22 ans d’ancienneté ! Qui est au passage l’avant dernier échelon…

Les chiffres pour les collèges et lycées sont tout autant éloignés de la vérité. Continuer la lecture de Pour que LCI corrige son mensonge sur la rémunération des professeurs de l’EN (pétition)

Dans les salles de classe, les profs non titulaires se multiplient in Slate.fr

Face à la pénurie d’enseignant·es, l’Éducation nationale a de plus en plus recours aux contractuel·les. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend cette fois une nouvelle tournure.

Très limitées jusqu'à présent, les embauches de profs sous contrat en primaire augmentent. | Martin Bureau / AFP
Très limitées jusqu’à présent, les embauches de profs sous contrat en primaire augmentent. | Martin Bureau / AFP

Ces embauches de profs contractuel·les sont en plein essor, d’après les derniers bilans du ministère de l’Éducation nationale. Leurs effectifs progressent en moyenne de 2,7 % par an depuis 2010-2011. Entre les années scolaires 2016-2017 et 2017-2018, ils ont bondi de 11,8 %, alors que le nombre de titulaires n’a évolué que de 0,5 %.

A LIRE AUSSI les prises de position du PCFen cette rentrée 2019

Cette hausse se concentre surtout sur les collèges et les lycées. En 2008, on comptait 2.730 enseignant·es non titulaires dans le premier degré, un nombre resté stable jusqu’en 2016, où il monte à 3.110, puis à 4.092 en 2017. Dans le second degré, on passe de 24.282 non titulaires en 2008 à 33.668 en 2011, un chiffre qui s’est globalement maintenu jusqu’en 2016 (36.201) et 2017 (39.791). Continuer la lecture de Dans les salles de classe, les profs non titulaires se multiplient in Slate.fr

EPS : Un rapport de la cours des comptes hors sol pour Benoit Hubert (SNEP-FSU)

« Le rapport ne rend pas compte de la réalité concrète ». Interrogé par le Café pédagogique, Benoit Hubert, secrétaire général du Snep Fsu, le syndicat ultra majoritaire des professeurs d’EPS, réagit de façon modérée au rapport de la Cour des comptes sur le sport scolaire. Pour lui le rapport « pose des problématiques qu’il serait intéressant de creuser pour voir comment avancer sur certaines questions ». Mais il récuse les éléments sur l’efficacité de l’EPS :  » Difficile de faire plus et mieux dans les conditions actuelles et surtout sans recrutement supplémentaire ».

Une approche comptable

 « Après les précédents rapports essentiellement à charge celui-ci se place davantage sur une recherche de pistes pour développer la pratique physique et sportive », estime le secrétaire général du Snep Fsu. Le syndicat représente 9 enseignants d’EPS sur 10.

« Un des problèmes majeurs mais c’est inhérent à la fonction de la cour des comptes, tout est analysé en termes de coûts et non d’investissement. Son travail devrait se continuer en intégrant les coût de santé induits par la sédentarisation, le surpoids et l’obésité et en cherchant à savoir si l’augmentation de la pratique a une incidence ou pas sur ces coûts.

Le rapport ne rend pas compte de la réalité

Un des éléments qui transparait, et qui pointe l’éloignement progressif de l’EPS de la culture sportive,  revient à ce que nous dénonçons de longue date : manque de précision sur les contenus spécifiques aux APSA, manque concernant une évaluation par APSA qui donne à voir les acquisitions des élèves, faiblesse des horaires et notamment dans le premier degré etc. L’évolution récente des textes va encore plus loin dans cette problématique. Par sa rédaction il offre potentiellement prise aux propositions qui veulent réunir EPS et mouvement sportif. Une EPS forte sur ses objectifs visant à doter l’ensemble des élèves d’une culture sportive et artistique de qualité aurait rendu caduque une grande partie du rapport. En même temps il faut dire que le rapport reste à la surface des choses : ce n’est pas parce que les textes officiels sont ce qu’ils sont que les enseignants dans leur grande majorité ne font pas au quotidien une éducation sportive et artistique de qualité. En clair le rapport ne rend pas compte de la réalité concrète », affirme Benoit Hubert.

Efficacité : difficile de faire mieux

« La problématique de ce type de rapport c’est que, comme d’habitude, l’EPS est sommé d’administrer la preuve de son intérêt et de son « efficacité » dans le système éducatif. Jamais ces questions ne sont posées pour les autres disciplines scolaires. Nous attendons donc le rapport sur les maths ou le français… », poursuit-il.

« Le jargon pointé est un jargon professionnel au même titre qu’on en trouve dans tous les programmes disciplinaires. A force d’épuration les programmes ne sont plus des outils professionnels efficaces et rendent opaques les différenciation entre le sport « civil » et l’EPS. Ainsi la proposition d’évaluer des « performances sportives » entretient ce flou. Il s’agit sur la base de contenus exigeants d’évaluer une performance scolaire dans les pratiques et non de revenir à des tables Letessier de performances ou des tests standardisés par trop discriminants et non révélateurs des apprentissages réalisés.

Par contre, les remarques sur le sport scolaire nous semble infondés. Rapporter que le rapport coût / efficacité n’est pas probant semble exagéré. Selon leurs chiffres 95% des 37621 enseignants d’EPS assurent le sport scolaire soit 34600 pour 1 187 200 élèves soit plus de 30 élèves par animateurs. Difficile de faire plus et mieux dans les conditions actuelles et surtout sans recrutement supplémentaire. La cours fait état de 540 ETP depuis 2013? peut être mais cela n’avait pas permis de revenir sur l’ensemble des pertes subies sous le mandat de Nicolas Sarkozy et le décrochage avec la démographie est flagrant. De plus 540 ETP ne font pas 540 postes et 540 forfait AS loin de là…

Dire que le forfait d’animation du sport scolaire partie intégrante de nos ORS est quelque chose de facultatif est une contre vérité. Vouloir rapprocher les deux structures USEP-UNSS pour au final n’en former qu’une seule est utopique et nécessiterait soit de supprimer les statuts sui generi de l’UNSS ou d’en finir avec l’intervention de la Ligue de l’enseignement ».

Pour développer le sport, développer l’EPS

En conclusion, B Hubert estime que « ce rapport pose des problématiques qu’il serait intéressant de creuser pour voir comment avancer sur certaines questions. La réponse du ministre de l’Education me fait penser à une forteresse assiégée qui réfute toutes les propositions de réflexion et les balaie d’un revers de main. Je trouve par exemple assez drôle le passage sur les référentiels par champ d’apprentissage. Jusqu’alors l’institution s’enorgueillissait du fait que grâce aux référentiels par APSA on pouvait dire et notamment à la représentation nationale, ce qui était appris par les élèves. Maintenant, après des dizaines d’année, on trouve ça trop complexe et on se contente de généralités qui seront déclinées localement. Le localisme de la certification gagne également le terrain de l’EPS.

Enfin nous craignons que la volonté de proposer un rapprochement structurel entre l’EPS et le sport se fasse pour de mauvaises raisons : réduire encore l’investissement de l’Etat en laissant libre cours à des porosités du point de vue de intervenants. Il faut au contraire affirmer que la seule garantie aujourd’hui du développement de la culture sportive pour tous reste l’obligation scolaire avec des enseignants bien formés pour ça. Développer la pratique sportive et artistique c’est d’abord développer l’EPS pour tous et toutes.

Sur le rapport de la Cour des Comptes

Par fjarraud , le vendredi 13 septembre 2019.

Municipales en 82 : après 19 ans de « parenthèse », le retour de Jean-Michel Baylet

Jean-Michel Baylet a quitté la scène municipale et  l’hôtel de ville de Valence d’Agen en…2001. 19 ans après, l’ex maire est de nouveau candidat.

Jean-Michel Baylet. Photo : MaxPPP

Jean-Michel Baylet repart en campagne. A 73 ans, l’ex ministre de François Hollande (mais aussi de François Mitterrand) est candidat aux Municipales dans le Tarn-et-Garonne. Le maire (sortant) de Valence d’Agen ne se représente pas et son successeur potentiel (pour ne pas dire naturel) est tout trouvé. Il s’agit de son prédecesseur : Jean-Michel Baylet.Le président d’honneur du PRG a occupé l’hôtel de ville de Valence pendant 23 ans. Avant ce long mandat, c’est Evelyne Baylet qui a été élue (pendant 17 ans) à la mairie. Une élection qui assurait le passage de relais avec les 24 années de Jean Baylet à la tête de la municipalité.

Au total, les Baylet se sont installés à la mairie de Valence pendant…64 ans. Si on ajoute l’oncle de la famille, Jean-Baptiste Chameil, le bail municipal est de 100 ans. Continuer la lecture de Municipales en 82 : après 19 ans de « parenthèse », le retour de Jean-Michel Baylet

Des saisonniers du Tarn-et-Garonne attaquent leurs patrons en justice

Les saisonniers ayant recours à la justice travaillaient dans cette exploitation agricole près de Moissac. / © France 3 Occitanie / Amélie Poisson
Les saisonniers ayant recours à la justice travaillaient dans cette exploitation agricole près de Moissac. / © France 3 Occitanie / Amélie Poisson

12 travailleurs saisonniers du Tarn-et-Garonne ont décidé de saisir le conseil des Prud’hommes de Montauban. Ils dénoncent des conditions de travail et d’hébergement indignes. Leurs salaires n’ont pas été versés. Leurs employeurs avaient déjà été condamnés pour des pratiques similaires.

Ils sont espagnols, argentin ou encore français. Pendant plusieurs semaines ils ont travaillé dans une exploitation agricole du Tarn-et-Garonne. Entre début juillet et fin août, ils ont ramassé des prunes ou des courgettes. Loïc Bats est l’un d’entre eux. A 22 ans, le jeune homme n’en est pas à sa première expérience : depuis l’âge de 14 ans, il gagne un peu d’argent en participant aux cueillettes dans le département. Continuer la lecture de Des saisonniers du Tarn-et-Garonne attaquent leurs patrons en justice

Comment les salaires enseignants ont baissé  

Sur la durée d’une carrière, entre 1982 et 2018, le salaire moyen d’un certifié à niveau d’ancienneté équivalent a baissé de 20%. C’est une des données réunies par un professeur de SES, Bernard Schwengler, et diffusées par le Sgen Cfdt le 10 septembre. Que croyez vous qu’il advint pour les autres enseignants ? L’évolution est identique. Et pour les autres fonctionnaires cadres A ? Leurs salaires ont augmenté de 20% sur la même période…

On savait que le revenu des enseignants français a diminué ces dernières années. L’OCDE avait même montré que c’était une spécificité française : entre 2000 et 2010  les salaires enseignants des pays de l’OCDE ont connu une croissance sensible à l’exception des professeurs japonais et français. Avec la crise mondiale, de 2010 à 2012 les salaires enseignants ont généralement reculé dans les pays de l’OCDE. Mais à partir de 2013 ils repartent à la hausse. Sauf en France où le gel du point fonction publique s’impose, à l’exception de 2016 et 2017.


Professeur de SES, Bernard Schwengler montre à quel point la baisse de revenu est brutale en France sur une période plus longue : de 1982 à 2018.


Sur cette période un certifié de 10 ans d’ancienneté perd 20% de revenu, un professeur des écoles un peu moins (8%) compte tenu des mesures spécifiques prises à la fin du quinquennat Hollande.

B Schwengler compare l’évolution des salaires enseignants à ceux des autres cadres de la Fonction publique. Alors que les salaires nets annuels des enseignants diminuent fortement, ce n’est pas le cas de ceux des autres cadres. Ainsi les personnels de direction voient leur revenu progresser de 11%. Les inspecteurs de 20%. Les magistrats de 24%.

Comment expliquer ces évolutions ? Il y a bien sur une volonté politique. Mais techniquement la hausse prend souvent la forme de primes. Alors que le taux de primes explose chez les cadres non enseignants (multiplication par 2.4 de 1982 à 2009) il stagne chez les enseignants (multiplication par 1.2). « Les cadres non enseignants avaient un taux de prime moins de 2.5 fois supérieur à celui des enseignants en 1982. Il est près de 5 fois supérieur en 2009 ».

F Jarraud

OCDE sur les salaires enseignants