Piste de l’attentat raciste, tirs à l’arme automatique, appartement piégé avec des bonbonnes de gaz, au moins un mort… + com PCF

Ce que l’on sait de la fusillade dans les Yvelines!

Un individu a tiré à plusieurs reprises à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, tuant une personne et en blessant au moins quatre autres, ce vendredi 23 octobre. L’homme a été arrêté par la police, la piste de l’attentat raciste semble se confirmer. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’affaire.

Des policiers interviennent sur le site d’une station-service où un homme a ouvert le feu depuis sa voiture, tuant une personne et en blessant quatre autres selon des sources policières, à Trappes, en banlieue parisienne, le 23 octobre 2026.
©Dimitar DILKOFF / AFP 

Un homme a ouvert le feu à de multiples reprises avec une arme automatique depuis un véhicule, à différents endroits, à Trappes et à La Verrière (Yvelines), ce vendredi matin vers 10 h 30.


Il y a au moins cinq victimes, d’après les premiers éléments et témoignages. Selon la police, une personne est morte, quatre autres blessées, dont une en urgence absolue. Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a indiqué sur BFMTV que « le tireur a manifestement tiré au hasard et avait envie de faire un carnage. Il y a eu de nombreux tirs à travers différents quartiers de la ville ».

Communiqué PCF: Trappes et La Verrière : le racisme tue

Selon l’édile, l’auteur de l’attaque a tiré sur une station-service, une maison de santé ainsi qu’une aire de jeu. La piste de l’attentat raciste est évoquée par le maire de La Verrière, Nicolas Dainville (Divers droite), pour qui le tireur a visé « des personnes de couleur ». Selon lui, une enfant de 12 ans qui a été « gravement blessée par huit impacts de balle a été transportée à l’hôpital Necker à Paris ».

À ce sujet, Ali Rabeh a répondu que « la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine », mais a dit attendre que soit faite « la transparence sur ses motivations ». La victime décédée serait âgée de 26 ans. La fillette de 12 ans serait « entre la vie et la mort », selon lui.

Lors d’un point presse tenu à 14 heures 30, le maire de Trappes a dénoncé « objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe. C’est probablement l’un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste. Nous sommes collectivement responsables de ce qui vient de se passer et de ce qui pourrait se passer de nouveau dans notre pays, et notre responsabilité à tous, c’est la désescalade, c’est la concorde républicaine », a-t-il ajouté.

Un homme de 38 ans interpellé à Coignières

L’homme âgé de 38 ans a été interpellé rapidement par des policiers à Coignières (Yvelines), a précisé la police, qui indique que les faits se sont produits vers 10 h 30. Selon le député des Yvelines, Laurent Mazaury (UDI), l’assaillant “ne s’est pas caché” de dire qu’il était “là pour tuer des personnes qu’il considérait être d’origine étrangère”.

Selon un témoignage recueilli par l’Humanité, « la résidence Brigitte, à Plaisir (une commune voisine, NDLR), où habite le tireur, a été bouclée dès 11 heures. Les policiers ont expliqué qu’il y avait une fuite de gaz et ont évacué tous les personnes présentes. » Les policiers d’élite du Raid et les services de déminage ont été déployés, en fait, pour sécuriser le logement du présumé tireur. Selon BFMTV, celui-ci était en réalité piégé avec des bonbonnes de gaz.

Témoignage de Matthieu Bolle-Reddat, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Yvelines

« Nous étions en réunion de travail dans notre local, situé 24 rue Jean-Jaurès. Cet axe est parallèle à la nationale 10, lieu où s’est déroulée la première attaque du tireur qui a notamment touché une petite fille à huit reprises et tué un homme parce qu’il était noir. Nous avons entendu tous les coups de feu, des tirs en rafales. Nous sommes restés réfugiés à l’intérieur jusqu’à ce que la police vienne nous dire que c’était terminé », raconte, encore sous le choc, Matthieu Bolle-Reddat, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Yvelines.

L’homme est en larmes et en colère au bout du fil. « Ce qui me rend furieux c’est que, depuis des années, Trappes subit un bashing dans les médias : “Trappes, ville des islamistes”, “Trappes la ville où les femmes n’ont pas le droit d’aller au bar”. Des médias et des politiques de droite et d’extrême droite ont jeté en pâture notre ville populaire. Et donc quand un raciste veut passer à l’acte, tuer des Noirs et des Arabes, il vient chez nous. La stigmatisation de populations entières et la fascisation des esprits conduisent à ces tueries. Il faut que tout cela s’arrête ! », dénonce le syndicaliste, qui se positionne pour la dissolution du Rassemblement national et « des milices néo-nazies qui répandent et organisent la haine».

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a précisé vendredi à la mi-journée qu’un « individu à bord d’un véhicule a tiré à l’arme, semble-t-il, de guerre, en tout cas, une arme automatique sur cinq personnes en différents endroits ». Selon les premiers éléments, il s’agirait d’une arme datant de la Seconde guerre mondiale, un pistolet-mitrailleur de fabrication anglaise Sten. On ne sait pas s’il possédait un permis pour une telle arme.

Le Parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire

Le Parquet national antiterroriste a annoncé, dans un communiqué, se saisir de ces faits et a ouvert une enquête des chefs « d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée » ou encore d’« association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes ».

Laurent Nuñez s’est rendu sur place cet après-midi, accompagné de la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. Celle-là même qui a refusé de qualifier de raciste l’expression de « grand remplacement ». À cette occasion, le ministre de l’Intérieur a pointé « un crime terroriste, un acte extrêmement grave », ajoutant que les policiers de la brigade anticriminalité qui ont arrêté le tueur ont « très probablement – l’enquête le confirmera ou pas – interrompu ce périple meurtrier en cours », qui « aura duré un petit quart d’heure » et « qui a fait beaucoup de victimes ».

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a réagi sur X : « Profonde émotion suite à l’attaque à l’arme à feu survenue à Trappes et La Verrière. Une personne est décédée. Plusieurs autres sont grièvement blessées. Nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, ainsi qu’à tous les habitants des Yvelines », a-t-il déclaré.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait dans la foulée de l’attaque qualifié sur X les faits de « très graves ». « L’ensemble des moyens des forces de sécurité et de l’autorité judiciaire sont pleinement mobilisés. Le Parquet national antiterroriste a annoncé se placer en observation. Les autorités compétentes communiqueront en temps voulu », avait-il ajouté.

 


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