L’actualité de cet été, marquée par les canicules et les incendies, a poussé le Rassemblement national à revoir son discours flirtant avec le climatoscepticisme. Mais, dans ses votes et son programme, le parti agit comme un accélérateur du réchauffement climatique.
Intervention de Jean-Paul LEGRAND Université d’été du PCF – Toulouse – 23 août 2026
Lorsqu’on m’a proposé de parler du socialisme, je me suis dit que le sujet était aussi vaste que notre histoire. Nous pourrions passer des heures avec Marx et Engels, Lénine et Gramsci, Mao Zedong et Fidel Castro, ou encore avec Michel Clouscard, Lucien Sève, Louis Althusser, Paul Boccara, Domenico Losurdo et bien d’autres grands intellectuels et militants marxistes qui n’ont jamais séparé la théorie de la pratique révolutionnaire. Mais allons à l’essentiel.
Et l’essentiel en 20 minutes, vous en conviendrez, n’est pas tâche facile. Je vais essayer de faire de mon mieux et je vous remercie de votre fraternelle indulgence.
Car la question politique fondamentale qui nous est posée aujourd’hui est simple : pourquoi reparler encore du socialisme en 2026 ?
Depuis plus de trente ans, on nous explique que l’Histoire aurait tranché, que le capitalisme serait devenu l’horizon indépassable de l’humanité. Pourtant, regardons le monde. Jamais l’humanité n’a produit autant de richesses, jamais elle n’a disposé d’autant de connaissances scientifiques et de capacités techniques.
Et pourtant, jamais autant de femmes et d’hommes n’ont eu le sentiment de ne plus maîtriser leur propre existence. Ils travaillent davantage sans être certains de vivre mieux, voient fermer leur usine et disparaître des services publics, et subissent des décisions prises loin d’eux, dans les conseils d’administration des grands groupes financiers.
Voilà le paradoxe : nous savons produire énormément de choses, mais nous décidons de moins en moins.
NDLR de DEMOCRITE…: D’aucun pourrait nous accuser de ne reprendre qu’une seule source de réflexion, à savoir les écrits « d’Histoire et Société ». C’est vrai! Mais devant l’appauvrissement de la réflexion collective à Gauche et devant l’absence d’une réflexion salutaire de la situation politique du moment qui pourrait être menée par l’Humanité et d’autres journaux de « gauche », nous nous appuyons sur des forces vives car il est vital pour les forces de progrès et plus singulièrement pour les militants du PCF de sortir des injures, anathèmes et autres petitesses qui animent les débats et enfin donner du sens à la construction d’un pacte d’avenir pour notre pays! Avec les écrits présentés sur ce site, nous apportons notre pierre à l’édifice car il nous faut renverser le cours de l’histoire, combattre le capitalisme, retrouver les vertus de la lutte des classes et bâtir l’espoir!
Nous sommes dans une période historique où il faut avoir une vision de l’avenir, celle du bien public et osons le mot de la patrie. C’est nécessaire pour relever la politique de son incapacité actuelle à distinguer le bien du mal quand l’intérêt personnel obscurcit les frontières entre ces deux notions, en particulier pour ce qui est du à la protection réelle aux plus faibles. Ce qui nous renvoie à ce thème de la « sécurité » si galvaudé comme la plupart des enjeux politiciens, il doit être repensé au-delà des idéologies, par rapport aux défis et tâches concrètes qui sont devant nous. La sécurité englobe des niveaux si différents de l’action politique , cela va de la paix et de la guerre au panier de la ménagère, en passant par de vastes questions de civilisation comme l’IA, les migrants, ou le socialisme, les libertés collectives. La politique doit les unifier en donnant au citoyen, aux différents collectifs et en premier lieu à la classe ouvrière, aux travailleurs utiles à la nation, la possibilité de définir ce qui est bien et ce qui est mal, sur tous ces enjeux, pas les tirades moralisatrices, non ce qui a des effets réels bon ou mauvais. C’est un débat de fond, dans l’action , l’expérimentation, qui se pense dans l’immédiat des luttes mais sur des décennies. Il y a doit y avoir de la gravité dans la manière dont nous assumons aujourd’hui nos engagements. l’empoignade autour de la « gauche » de son leadership ne fait que poursuivre la déconsidération de cette référence historique à la gauche, qui devient le contraire de ce qu’il faut pour faire face aux périls et qui jette le peuple français vers ceux qui sont ses pires ennemis. Face à ce paradoxe, il faut au contraire que chacun dise comment il voit la situation, ce que je fais ici.
Publié par Danielle Bleitrach
On perle de la gauche mais celle-ci a perdu, c’est peu de le dire, son aura,
Je suis tout à fait d’accord avec l’idée qu’il ne faut pas de polémiques stériles à gauche et j’ai dit à ce titre mon appui à la proposition de Fabien Roussel qui va dans ce sens. Bien que je ne sois pas aussi convaincue que lui de la pertinence de la division gauche droite actuellement. Sur ce point, je n’ai rien de définitif, je veux bien reconnaitre que le socialisme à la française, sur lequel nous nous entendons, doit savoir reconnaitre ce qui a toujours relevé de deux idées fortes de la vie politique nationale: la lutte des classes en France, sa capacité à s’élargir aux masses, au « peuple » qui est une catégorie dont les contours sont mouvant mais toujours en référence avec la nation et sa souveraineté, ce qui est tout aussi essentiel pour rassembler le « peuple ». Donc avant d’enterrer les catégories de droite et gauche il faut mesurer les possibles.
Nous nous entendons donc je pense avec le PCF et Fabien Roussel, sur le fait qu’il est indispensable de construire un nouveau rapport de forces parce que celui qui existe en France est marqué par l’hégémonie de l’extrême droite et de le droite, par le conservatisme avant coureur des intérêts financiers.
N’est-ce pas parce que la gauche s’est elle-même identifiée à ces intérêts financiers, faisant la différence seulement sur les moeurs, le conservatisme devenant alors synonyme de sécurité? Jamais la gauche n’a été aussi faible, si coupée du monde du travail et des couches populaires. Le peuple avec la classe ouvrière affaiblie a déserté la gauche pour donner à la sécurité et au patriotisme un aspect chauvin qui est celui qui sert la classe dominante, l’impérialisme. C’est une situation très dangereuse et que l’on retrouve sous des modalités diverses dans toute l’Europe, dans tout l’occident, une classe dominante divisée elle-même, qui n’a plus de perspective autre que la destruction, la guerre, la misère survit grâce à des divisions d’un peuple atomisé, souvent à partir de ce qu’est devenue sa « démocratie ».
Le critère essentiel de ce en quoi on peut se fier est à mes yeux celui de la capacité à unifier ce qui doit l’être pour construire des alternatives concrètes dépassant des antagonismes secondaires. Ces oppositions qui font partie de la diversité mais sur lesquelles on organise la division des exploités en forme de clientélismes.
C’est pour cela que je dis fraternellement à tous ceux qui s’obstinent avec la foi du charbonnier à donner à Mélenchon et au « vote utile » en sa faveur l’espoir d’une dynamique de gauche qu’ils raisonnement mal. Et encore plus mal quand ils accusent les candidats de la gauche d’être à l’origine de la situation. Ce sont les sondages qui disent les tendances et aussi malheureusement les contacts que nous avons tous.
Non seulement les chiffres sont têtus face à ce que représente la gauche mais ils s’aggravent dans le cas de Mélenchon, qui une fois de plus a fait la preuve qu’il était un très mauvais tacticien dans cette ultime campagne, comme il n’a cessé de l’être par courte vue dans le sillage du mitterrandisme qui a inauguré cette partition tactique du peuple, de la classe ouvrière, cette caution donnée au patronat autant qu’aux USA. Cela passe par un « radicalisme » qui fait table rase pour rester seul sur un champ de ruines et de là faire accepter au peuple français ce qui a du être imposé au Chili, en Argentine et partout sous la torture comme les privatisations. En entraînant les « intellectuels » dans cette impasse au chant de « vive la crise, la trahison des élites sur le mode Tapie, la déconsidération des avant-garde sur le plan politique comme sur le plan culturel par démagogie ? . Oui et non, il mène son électoralisme sur cette lancée en continuant à réduire ke PCF tout en prétendant s’inscrire un temps a contrario de cette dérive… Il prétend unir le mitterrandisme, la volonté de réduire le PCF avec ce ,qu’a pu représenter le chavisme et dont on peut reconnaitre les mérites et les limites aujourd’hui face aux mues de l’impérialisme,
La France insoumise dans l’état de désaveu dans lequel était tombé la gauche et l’affaiblissement du PCF, sa vassalisation à la social démocratie et de ce fait à l’atlantisme, est apparu comme un ovni dans le monde politique français: un « mouvement », pas de congrès, pas d’élection des responsables, ni du candidat, pas de débats internes, pas de tendances, pas de cotisations, une direction auto proclamée, et le retour à la vénération de la parole d’un homme, UN trotskiste qui réalisait son être « stalinien » en se prenant pour Chavez.
Mais il est évident que ce qui faisait son charme au fur et à mesure que montent les périls est particulièrement soumis aux caprices et aux irrationnels d’un tel système qui s’acharne d’une manière sectaire sur tout ce qui contredit le leader et prend pour argent comptant les rumeurs avec une absence totale de connaissance historique qui est transformée pour illustrer la pensée du gourou.
Il a pêché par incapacité à sentir à l’inverse de Roussel ce qu’est la France, son peuple… Y compris quand il prétend comprendre ceux issus de l’immigration et quand il ose la vilenie de faire de Roussel un raciste, il y a des limites à ne pas franchir et elles disent le terrain fallacieux sur lequel on prétend défendre le peuple. Il ne mesure pas la réalité là non plus. Mais le fond est qu’il en est à prévoir sa tactique en imaginant comme il le dit un électorat versatile qui change d’opinion tous les 6 mois et à qui on peut imposer des tactiques contradictoires autour de sa seule personne. Je crois que c’est aussi parce qu’il n’a pas mesuré la situation réelle d’un nombre grandissant de gens qui n’en peuvent plus et qui détestent les jeux politiciens, qui ont la colère. Il reste trop influencé par des couches moyennes, et par une vision géopolitique ancienne. Il n’a pas pris la mesure de la nouvelle figure y compris multipolaire. Il n’est pas le seul mais il veut imposer alors qu’il faut beaucoup travailler ensemble. Rien n’est perdu mais l’autocritique est nécessaire pour reconstruire.
Faute de cette autocritique, et de la persévérance, il est le plus mauvais candidat pour la « gauche » telle qu’elle est et elle est dans un état catastrophique, coupée de la base populaire, du monde du travail, boboisée à l’extrême. Et il porte une lourde responsabilité dans la division de la gauche, j’en veux pour exemple ses deux dernières tactiques totalement absurdes: la première c’est la manière dont il a envoyé ses troupes à l’assaut des mairies de gauche et communistes non seulement cela n’a pas donné grand chose mais cela a fracturé durablement l’électorat et les militants des partis. Non content d’un tel exploit il a remis ça en s’autoproclamant le candidat de la gauche sans la moindre concertation.
J’imagine mal un tel « tacticien », alors qu’il ne représente même pas la totalité des 25% de l’électorat du pays, qui par miracle serait parvenu à la présidence, capable alors de faire le poids s’il est confronté à la violence des marchés financiers à la Tsipras, Sa capacité à mobiliser une résistance populaire dans un tel rapport des forces. Et son entourage brouillon parfois irresponsable n’est pas plus engageant. Continuer à insulter les militants et les dirigeants de gauche est de la folie… Est-ce que vous mesurez la nature de ce qu’est l’adversaire, demandez aux Cubains, aux Palestiniens, aux Iraniens, à toute l’Amérique latine, à la planète, à tous ceux qui choisissent de résister la nature du séisme qui s’abat sur eux ?
Déjà il conduit donc à l’échec et à la plus grande faiblesse devant Marine le Pen au second tour parce qu’il a réussi à être celui dont le plus grand nombre ne veulent pas.
Si cet argument du vote utile dans cette situation avait la moindre pertinence face à l’extrême droite il ne faudrait surtout pas voter pour lui mais pour Hollande ou la droite et on sait où ça mène à l’état de la gauche telle qu’elle est. Cet argument est complètement erroné et chacun mesure bien que si la gauche est dans cet état c’est parce qu’en relation avec les pièges institutionnels il a détruit systématiquement les forces de résistance à l’exploitation accrue et désormais au fascisme, à la guerre.
Fabien Roussel a raison, il faut arrêter ce petit jeu contre les candidats de gauche et chercher les bases d’une reconquête et d’une unité y compris si l’on veut sauver les meubles aux législatives.
En ce qui me concerne je ne sais même pas ce que représente un député de gauche ou même communiste, et je ne suis pas la seule, il faut là aussi avoir le courage d’un bilan et repartir sur d’autres propositions. Cette vaine polémique autour de Melenchon sauveur suprême d’une hypothétique dynamique nous masque un véritable travail. J’ai le sentiment que Fabien Roussel est suffisamment resté communiste pour avoir le courage d’oser cette candidature alors qu’aucun cadeau ne lui sera fait.
Je ne peux qu’approuver le choix qu’il inaugure d’aller discuter avec un patron français sur les conditions de réindustrialiser la France… le peuple face à cette question cruciale comprend en priorité les producteurs, les travailleurs utiles, mais peut aussi entraîner une part du patronat et la question des moyens que l’on se donne va bien au-delà des déjeuners en ville avec le CNPF/MEDEF ou les technocrates de l’appareil d’Etat à qui on donne des garanties.
C’est un corps à corps qui doit être relayé partout dans la recherche de solutions face à ce désastre qui se poursuite contre les entreprises françaises, les lieux de production comme contre le service public, il faudrait pouvoir en discuter voilà ce qui me convaincrait pour les législatives et d’autres échéances, la part que chacun a pris dans ce domaine concret. C’est une autre conception de la démocratie, il a besoin d’un parti pas d’un mouvement autour d’un leader sauveur suprême à son heure.
Il faut un peu de raison, les passions illusoires ne servent qu’à entretenir une situation qui est mauvaise et que l’on retrouve dans toute l’UE pour des raisons assez semblables.
Il faut arrête les caprices et les insultes et construire l’unité … Fabien Roussel a au moins du bon sens en orientant sa campagne sur les questions qui préoccupent les Français, les solutions et pas la division que l’on payera parce que l’autoritarisme du pseudo chef ne mène nulle part .
Mais puisque nous en sommes à nous dire franchement ce que nous pensons, tout n’est vraiment pas de la faute de Melenchon et son activisme brouillon a rempli un vide celui laissé par les partis et leurs militants et bien sur au premier rang le parti communiste français qui a été liquidé dans sa capacité d’action même s’il demeure encore le plus actif sur le terrain. tout cela mérite autre chose que des insultes réciproques et la critique doit déboucher sur l’action, son efficacité. C’est là un des enjeux essentiel de Roussel et qui demeure son maillon faible : l’organisation et la formation des militants en particulier dans le monde du travail. Le retour vers les cellules est indispensable. Mais c’est un autre sujet.
La preuve du pudding c’est qu’on le mange, la preuve de l’hégémonie à gauche pour gouverner la France c’est qu’on la réalise…
Danielle Bleitrach
Commentaires
Franck Marsal, le 27 août 2026
Mon oncle, qui était un ouvrier du bâtiment, et qui est mort quelques mois avant sa retraite, ne votait jamais à gauche. Je ne le comprenais pas. Il ne s’intéressait que peu à la politique, mais il me répondait toujours : chaque fois que la gauche est au gouvernement, on en prend plein la gueule.
Qu’est-ce que « la gauche » ? Certains considèrent que c’est le camp du progrès, une sorte de bloc populaire, certains y voient même, à travers l’alliance entre le PS et le PCF une sorte de front unique prolétarien. De la coupe aux lèvres, il y a loin et de la gauche au front prolétarien aussi. Le PS mitterrandien n’est plus la SFIO. Et la « gauche » n’a jamais été un front de classe. Ce qu’on appelle « la gauche » est en fait un produit de la démocratie bourgeoise : une série d’alliances parlementaires à géométries variables autour la division – limitation du champ politique à la politique bourgeoise, celle qu’aujourd’hui les français vomissent.
La gauche est centrée, qu’on le veuille ou non, sur la perspective de changer le système de l’intérieur, par les élections au sein des institutions bourgeoises et surtout sous leur contrôle. Marx avait dit qu’on ne pouvait théoriquement écarter la possibilité d’une victoire révolutionnaire par ce biais. Force est de constater que presque deux siècles plus tard, les exemples concrets sont peu convaincants et qu’on en est toujours principalement à l’hypothèse théorique dans ce domaine. L’avenir sera-t-il différent ?
Selon une enquête de l’Ifop publiée le 25 juin 2026, les Françaises n’ont jamais été aussi nombreuses à se trouver « trop grosses » (61 %, contre 36 % en 1997), tandis que les hommes sont eux aussi de plus en plus nombreux à être insatisfaits de leur corps. Réseaux sociaux, valorisation des corps conformes et industries du bien-être entretiennent une insatisfaction dont le marché vend ensuite les « remèdes ».
Jamais les Françaises et les Français ne s’étaient jugés aussi durement sur leur poids. Selon une enquête publiée le 25 juin 2026 pour Darwin Nutrition, 61 % des femmes se trouvent aujourd’hui « trop grosses », contre 41 % en 2001 et 36 % en 1997. Chez les hommes, cette perception concerne désormais 48 % des personnes interrogées, contre 34 % vingt-cinq ans plus tôt.
« L’impossibilité de correspondre aux normes corporelles dominantes reste extrêmement douloureuse », observe Lauren Malka, journaliste et essayiste, autrice de Mangeuses. Histoire de celles qui dévorent, savourent ou se privent à l’excès (Éditions Points). Continuer la lecture de Comment le capitalisme remodèle la perception de nos corps
Il y a quatre-vingt-dix ans, le poète, dramaturge et compositeur espagnol était tué par les milices franquistes à Grenade, un mois après le coup d’État perpétré par Franco. Irréductible, son œuvre témoigne d’un engagement politique et poétique dont les échos nous parviennent encore.
L’extrême droite allemande n’en demandait pas tant. L’ex égérie de la gauche populiste entend rompre en Saxe Anhalt le cordon sanitaire contre l’AfD.
par Bruno Odent, journaliste à l’Humanité, ancien chef du service monde
Sarah Wagenknecht s’engage contre le cordon sanitaire à l’égard de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) – règle pourtant observée jusqu’à présent par tout l’arc démocratique allemand – et avance l’idée d’une éventuelle coalition avec l’extrême droite.
Épilogue d’une terrible dérive politique ou aboutissement logique scellant le rapprochement entre une ultra droite nationaliste et une « gauche » populiste souverainiste et dégagiste que l’ancienne dirigeante de Die Linke et présidente du groupe de ce parti au Bundestag, porte avec son mari, Oskar Lafontaine, ex chef du SPD ? Continuer la lecture de Allemagne: Sarah Wagenknecht prête à s’allier à l’AfD
Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.
Plus de 1 500 délégués, dont quelque 900 étrangers venus de 63 pays, se sont réunis au Palais des congrès de La Havane pour ce premier colloque international consacré à l’œuvre et à la pensée du dirigeant historique de la Révolution cubaine. La séance inaugurale a été ouverte par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République.
Colloque international « Fidel : héritage et avenir » – La Havane, 10 Aout 2026
Nous sommes ici parce que la pensée de Fidel reste la boussole la plus précise dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse actuellement le peuple cubain.
Miguel Díaz-Canel Bermúdez
Quatre jours durant, forums sectoriels et débats se sont succédé : rencontre des chaires Fidel Castro Ruz, forum parlementaire, forum des femmes, forum des artistes et des intellectuels, forum « Fidel et la politique étrangère de la Révolution cubaine ». Le président cubain a également participé au forum des jeunes « Je crois en vous », convoqué par l’UJC, où il a lancé un appel aux délégations étrangères. Continuer la lecture de CUBA: Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro
Qui d’autre que lui, en Europe, peut prétendre avoir réussi, par l’argent et par la ruse, à s’acheter une respectabilité auprès des grandes puissances, en dépit des fleuves de sang qu’il a fait couler ? Plus de cinquante ans après la mort du Caudillo, les innombrables crimes de son régime fasciste n’ont jamais été jugés. Loi d’amnistie, relation privilégiée avec les États-Unis, tourisme de masse ou encore football… Tant de stratagèmes qui lui ont permis d’être le chef d’orchestre de la plus longue dictature du XXe siècle.
C’est l’histoire d’un type qui « est mort dans son lit ». Et puis voilà. « Les institutions espagnoles, l’administration, l’armée, relate l’historienne Cristina Sanchez, se sont couchés en fascistes et se sont réveillés le lendemain matin en soi-disant démocrates.
Le groupe lepéniste, qui refuse toute augmentation d’impôts, a permis aux macronistes de maintenir plusieurs cadeaux fiscaux aux entreprises et de repousser la taxe Zucman. Tout en prétendant défendre les « intérêts du peuple ».
Le 13 mai 2026, en entrant dans l’Hémicycle, les députés s’attendent à un après-midi plutôt tranquille. La proposition de loi à l’ordre du jour, visant à « soutenir l’innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant », est censée faire consensus.
Lorsqu’un mode de production, une civilisation ou une société simple décline, ses manières de gérer les affaires sociales deviennent plus rigides et violentes, et les relations entre les différentes entités constitutives du Système tendent à se militariser.Cette analyse est pertinente à bien des égards : dans le fond elle revient à dire qu’une classe dirigeante sur son déclin est en train de tenter d’enfermer dans la peur et dans la haine ses malheureux concitoyens, une sorte de cauchemar de mort et de déclin dans lequel il ne faut absolument pas se complaire mais au contraire comme nous le faisons aujourd’hui et le plus souvent nous mettre en position de reconstruction.
Le désespoir même de tenter d’enrayer son déclin, l’exacerbation de la concurrence avec les autres pour l’acquisition des ressources (d’autrui), s’est généralement accompagné de la prééminence de la composante thanatos de tout ordre social inégalitaire, ainsi que de l’accélération de l’effondrement des sociétés, du repli autoritaire des élites, de la prévention et, le cas échéant, de la répression des troubles sociaux et des soulèvements populaires qui en découlent.
Rien de nouveau, donc, dans ce qui se passe à notre époque avec la dégénérescence du mode de production capitaliste et de la civilisation qu’il a engendrée. Dès lors que le capitalisme peine à développer les forces productives et, par conséquent, à subvenir aux besoins sociaux, il révèle précisément le contraire : la corrosion de la société même dont il tire sa subsistance et la promotion généralisée de la pauvreté, des difficultés et de la mort. Et aussi une inégalité, une inégalité monstrueuse comme l’humanité n’en a jamais connue (et c’est peu dire).
La métamorphose guerrière des élites devient elle aussi plus évidente, plus totale, plus omniprésente.
Mais dans un mode de production devenu mondialisé, les conséquences acquièrent également un caractère universel. Par la militarisation et la guerre, non seulement la production de mort est rationalisée et accélérée par l’expérimentation et le perfectionnement de nouvelles technologies, mais, plus important encore, la multiplicité des formes de production et d’appropriation qui coexistent dans le capitalisme à l’échelle mondiale est contrainte de servir la loi de la valeur ou, à défaut, celle de la croissance financiarisée, renforçant et complétant ainsi l’ensemble des divisions mondiales du travail (sociale, internationale, de genre, ethnoculturelle, etc.).
Car la financiarisation de l’économie (qui n’est rien d’autre qu’un indicateur du déclin productif du mode de production capitaliste) ne peut se maintenir que par la violence explicite des armes, tout en en faisant un commerce fictif croissant.
« …[L]e plus grand transfert de richesse de l’histoire (…) Nous assistons à la financiarisation absolue de la guerre, un système où l’architecture même du crédit est mathématiquement conçue pour rendre la paix économiquement non viable et le conflit armé une nécessité permanente, structurelle et, surtout, extraordinairement lucrative (…)
La paix n’est pas profitable à BlackRock ; elle représente un risque systémique qui menace de faire s’effondrer son modèle économique. Par conséquent, la militarisation des banques n’est pas qu’une simple politique économique ; c’est la déclaration de guerre de la finance contre la société, la transformation définitive de la mort en l’actif financier le plus parfait, et la confirmation que, dans le nouvel ordre mondial, la seule guerre qui compte est celle qui se livre sur les bilans des banques » ( La militarisation du système financier international – je recommande vivement la lecture de cet article de Marcó del Pont pour comprendre les subtilités du pillage des sociétés par la finance, les armes et la guerre, ainsi que l’explication de la Banque de défense, de sécurité et de résilience de l’OTAN, dont nous avons déjà parlé sur ce blog :LA GUERRE TOTALE ENTRE DANS UNE NOUVELLE PHASE D’INTENSIFICATION – blog d’Andrés Piqueras –).
Les hypermonopoles, largement financiarisés, ont besoin de la guerre comme arme d’autoconservation, une machine de guerre improductive et en constante expansion grâce à laquelle ils comptent s’enrichir, voire se renflouer. Par conséquent, ils nous entraînent vers un hyper-impérialisme qu’ils entendent financer en grande partie aux dépens des sociétés déjà exploitées du monde. Pour y parvenir, ils doivent impliquer toujours plus les États.
C’est ainsi que l’OTAN agit avec ses membres : en les forçant à augmenter leur budget de la mort. Cela entraîne certaines particularités :
« Le marché militaire présente une caractéristique très particulière : son principal client est l’État. Un citoyen peut décider de ne pas acheter de voiture. Une entreprise peut reporter la mise à niveau de son parc informatique. Mais lorsqu’un gouvernement prend un engagement international à atteindre un certain pourcentage des dépenses militaires, la demande est politiquement garantie. Ce mécanisme réduit considérablement le risque commercial. »
Cette reproduction élargie du capital s’enlise de plus en plus, notamment face au déclin des principales puissances impériales. La croissance militarisée cherche à pallier cette stagnation, entre autres mécanismes, par l’intensification du pillage des ressources d’autres pays, la destruction massive des moyens de production et du capital fixé au territoire (infrastructures), ainsi que par l’exacerbation de l’exploitation des populations, l’extorsion d’un tribut économique via la dette dollarisée (payée par l’imposition de mesures de récession et d’austérité dans chaque pays) et le recyclage des dollars provenant du reste du monde grâce aux mécanismes bancaires, financiers et monétaires rendus possibles par le statut de monnaie internationale détenu par le dollar et sa domination sur le système international de compensation des paiements (SWIFT). Autrement dit, cette croissance militarisée vise à assurer la domination des principales puissances capitalistes – et en particulier des États-Unis – afin de continuer à obtenir des « profits extractifs », c’est-à-dire des profits obtenus par l’exploitation des richesses d’autrui, ainsi que des ressources naturelles et énergétiques qui leur permettent d’atténuer le déclin économique.
Mais les dépenses consacrées à l’armement et à la militarisation ne servent pas uniquement une fonction économique ; elles ont aussi un but de contrôle social, par la production de la peur, la création de subjectivités soumises et l’instauration d’une discipline sociale. La guerre, en exaltant la subordination et le commandement, contribue à forger des mentalités conservatrices ; la militarisation favorise les forces réactionnaires au sein de chaque société, encourage un respect aveugle de l’autorité et enseigne et impose un comportement conformiste et soumis, car les opinions dissidentes sont souvent perçues comme antipatriotiques, voire comme traîtresses. Il s’agit de gérer la main-d’œuvre en vue de sa déclassification, de la « nationaliser » (à l’image d’une armée de « citoyens-soldats »), par sa « mobilisation totale » et la subordination conséquente de toute la société à la production de la mort.
Le glissement à l’extrême droite des sociétés est le résultat escompté de cela, du moins comme première étape avant un processus de fascisation sociale nouveau, plus étendu et plus profond (selon l’évolution des corrélations des forces sociales et les vicissitudes de la guerre totale ou de la guerre systémique permanente à long terme déclenchées par ce mode de production).
Rien de ce qui se passe en Europe à cet égard n’est donc « accidentel » ni simplement dû à la popularité soudaine des partis « ultra-extrêmes ». Il s’agit d’un plan systémique d’envergure, bénéficiant de financements massifs et d’une véritable manipulation sociale.
Il en résulte cette liste inquiétante de partis d’extrême droite au gouvernement (en tant que parti principal ou partenaire clé) [2024-2026] :
Italie – Fratelli d’Italia (FdI). Parti dominant du gouvernement de Giorgia Meloni.
Slovaquie – SNS (en coalition avec Smer-SD). Parti nationaliste d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale de Robert Fico.
Pays-Bas – PVV (Partij voor de Vrijheid). Force centrale du nouveau gouvernement de coalition, décrit comme le plus à droite de l’histoire des Pays-Bas.
Finlande – Perussuomalaiset (Parti des Finlandais). Partenaire clé de la coalition gouvernementale, classé comme « populiste d’extrême droite ».
Croatie – Domovinski pokret (Mouvement de la Patrie), parti nationaliste d’extrême droite, partenaire du gouvernement.
République tchèque – ODD + partenaires d’extrême droite.
Suède – Sverigedemokraterna (SD). Deuxième force parlementaire en importance ; ne fait pas partie du gouvernement, mais ce dernier dépend d’un accord de soutien et de confiance avec le SD.
De plus, ils sont considérés comme la principale force d’opposition ou la principale force en termes de votes :
France – Rassemblement national (RN). Principal parti d’opposition aux élections européennes de 2024 ; en tête des sondages nationaux.
Allemagne – Alternative für Deutschland (AfD). Deuxième plus grand parti au niveau national, le plus important dans plusieurs Länder de l’Est de l’Allemagne.
Hongrie – Fidesz (de l’ancien Premier ministre Orban) et le Mouvement Notre Patrie, tous deux appartenant au mouvement nationaliste d’extrême droite.
Autriche – Parti libre d’Autriche (FPÖ). Principal parti d’opposition, tant dans les sondages que lors de plusieurs élections récentes.
Pologne – Droit et Justice (PiS). Parti national-conservateur aux tendances d’extrême droite ; il a perdu le pouvoir en 2023 et constitue désormais la principale force d’opposition.
Roumanie – AUR. Parti ultranationaliste en pleine ascension, déjà bien représenté et occupant un rôle central dans l’opposition.
D’autres exemples de partis d’extrême droite bien implantés, sans toutefois constituer la principale force d’opposition formelle, incluent Vox en Espagne, Chega au Portugal et les partis fondamentalistes en Belgique, en Estonie, en Bulgarie, en Lettonie, etc. Ces partis ont obtenu d’excellents résultats aux élections européennes et nationales, mais ne représentent pas la principale force d’opposition dans tous les pays. Globalement, certaines études recensent une cinquantaine de partis d’extrême droite en Europe, présents dans presque tous les pays, à l’exception de l’Irlande et de Malte.
Les sbires du Système sont donc déjà à l’œuvre et commettent tous les ravages sociaux possibles. Dès lors, leur éventuelle évolution vers une nouvelle forme de fascisme dépendra de la rapidité et de la violence avec lesquelles la crise capitaliste se développera, ainsi que de l’issue de leur guerre systémique permanente.
Mais au-delà de cela, une preuve supplémentaire que la militarisation sociale, l’économie de guerre permanente, la financiarisation de la production de la mort et la guerre elle-même découlent de raisons systémiques inhérentes au mode de production capitaliste réside dans l’absence de différence de dépenses militaires entre les groupes de droite, d’extrême droite, sociaux-démocrates et néo-gauche au sein de ce système. Car le capital fait front commun en temps de crise, privilégiant toujours la violence. Plus encore si elle génère des profits immédiats, aussi illusoires soient-ils à moyen terme. Le tableau ci-dessous illustre ce phénomène.
Tableau 1: Dépenses militaires en Europe (milliards de dollars), % du PIB et gouvernement
Données approximatives 2024-2026 (selon le SIPRI, l’OTAN et la Banque mondiale). Dépenses exprimées en milliards de dollars américains. La caractérisation gouvernementale repose sur les sources elles-mêmes.
Les dépenses totales de l’UE consacrées à l’industrie funéraire (selon l’AED/Consilium) s’élevaient à environ 343 milliards d’euros en 2024. En 2025, elles atteignaient environ 418 milliards d’euros, soit une hausse de 62,8 % par rapport à 2020. Alors que ces dépenses représentaient 1,9 % du PIB de l’UE en 2024 (contre 1,6 % en 2023), elles sont passées à 2,2 % du PIB de l’UE en 2025.
Comme on le constate, aucune distinction n’est faite entre la militarisation et l’industrie de la mort parmi les diverses expressions politiques du capital (y compris ses homologues de gauche), qui se regroupent autour des intérêts de la classe capitaliste transnationalisée (et de plus en plus financiarisée). Ainsi, la guerre, la militarisation des sociétés, la destruction des services publics et des infrastructures, ainsi que l’appauvrissement généralisé et la destruction de l’environnement qui les accompagnent, se produisent de manière similaire (avec de légères variations d’intensité et de rapidité) dans toutes les formations socio-étatiques européennes.
Pour la gauche alternative, celles et ceux qui luttent pour dépasser le capitalisme, il est vital de reconnaître que la crise capitaliste est entrée dans sa phase de guerre mondiale, qui implique également la fermeture politique et le démantèlement des acquis historiques de la classe ouvrière. Il est essentiel, insistons-nous, de reconfigurer les tactiques, les voies, les procédures, les stratégies et les formes de lutte afin d’affronter et de vaincre les processus de mort , de (re)fascisme, que le Système déchaîne dans cette phase « finale ».
La société dans son ensemble devra, à son tour, se rendre compte d’une manière ou d’une autre que, dans un capitalisme enlisé et irrémédiablement belliqueux, lutter pour une paix anti-impérialiste revient nécessairement à lutter pour une forme de société supérieure : le socialisme.