Par Hassane Zerrouky
Ceuta s’est vidée. Le calme est revenu. Les jeunes migrants ont regagné leur foyer, à l’exception de 79 d’entre eux qui y ont perdu la vie — onze morts selon Rabat, qui n’est sorti de son silence que cinq jours après le déclenchement de cette crise migratoire qui a fait l’actualité. Le roi Mohammed VI s’en lavait les mains. Le monarque n’avait d’yeux que pour sa fête du Trône, organisée dans la station balnéaire de M’diq, à 26 km de Ceuta, et pour son cérémonial au cours duquel les dignitaires du Makhzen – membres du gouvernement, hauts fonctionnaires civils et militaires, présidents du Parlement, du Conseil constitutionnel et autres institutions du royaume – s’avançaient courbés, l’un derrière l’autre, pour baiser la main du monarque, ainsi que celles du prince héritier Moulay Hassan et du frère du roi, Moulay Rachid.
À l’issue de cette cérémonie d’allégeance aux accents d’un autre âge, le monarque est rentré à Rabat sans évoquer les événements survenus à quelques kilomètres de là, ni adresser le moindre mot de compassion aux familles de ces jeunes, ces moins que rien aux yeux du Makhzen, morts pour avoir rêvé d’une autre vie.
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Florent Le Du 
Pierre Barbancey 






