Condamnation de Marine Le Pen : des menaces contre les magistrats et une mise en cause de la justice qui « ne peuvent être acceptées dans une société démocratique »

Menaces contre les magistrats et discours dénonçant une décision politique et arbitraire. Les virulentes réactions à l’énoncé de la condamnation de Marine Le Pen lundi 31 mars ont été dénoncées par le Conseil supérieur de la magistrature. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est également intervenu pour dénoncer des menaces « inacceptables dans une démocratie et préoccupantes pour l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

 

Dans une ambiance délétère entretenue par l’extrême droite mais aussi par la droite à l’issue de la condamnation, lundi 31 mars, de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du RN, les magistrats en charge du dossier ont été victimes de menaces. Dans un communiqué où il fait part de « sa vive préoccupation », le premier président de la cour d’appel de Paris Jacques Boulard a dénoncé le fait que la décision rendue par le tribunal suscite « en particulier sur les réseaux sociaux, des attaques personnelles à l’encontre des trois magistrats composant la collégialité ».

« Dans un État de droit démocratique, la critique d’une décision de justice ne peut en aucun cas s’exprimer par des menaces formulées à l’égard des magistrats », ajoute-t-il appelant « au respect de l’institution judiciaire ». Le phénomène est tel que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est également intervenu. « Les menaces proférées contre les magistrats du Tribunal judiciaire de Paris sont inacceptables dans une démocratie et préoccupantes pour l’indépendance de l’autorité judiciaire », a-t-il posté sur le réseau social X.

« Ces réactions sont de nature à remettre en cause gravement l’indépendance de l’autorité judiciaire »

Le tweet ne précise pas si la récrimination inclut la multiplication des discours mettant en cause une décision qui serait « politique » de la justice, à l’instar de Marine Le Pen au 20 heures de TF1 et de tous ses soutiens – et même au-delà, le premier ministre François Bayrou se disant par exemple « troublé » par le jugement – tout au long de la journée d’hier. Jusqu’à la pétition du RN, présentée par Jordan Bardella comme un outil de « mobilisation populaire » pour dénoncer « la dictature des juges ». « Cela ressemble beaucoup à notre pays », a déclaré Donald Trump, lui-même en guerre contre la justice et prêt à outrepasser la Constitution pour se présenter à un 3e mandat de président des États-Unis.

Pour le Conseil supérieur de la magistrature, c’est tout aussi problématique. « Les menaces visant personnellement les magistrats en charge du dossier, tout comme les prises de parole de responsables politiques sur le bien-fondé des poursuites ou de la condamnation, en particulier au cours du délibéré, ne peuvent être acceptées dans une société démocratique », écrit l’organe constitutionnel français chargé de garantir l’indépendance des magistrats.

« Ces réactions sont de nature à remettre en cause gravement l’indépendance de l’autorité judiciaire », ajoute-t-il rappelant « qu’en application du principe de légalité dont le respect est garanti par l’exercice des voies de recours, seules les peines limitativement énumérées par la loi, et donc votées par la représentation nationale, peuvent être prononcées par les magistrats ».


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