Les discours populistes affluent sur les élections municipales avec des candidats d’extrême droite qui avance masqués pour conquérir les hôtels de ville. Ce populisme municipal parle de « bon sens », de « gestion », de « retour à l’ordre ». Il se prétend pragmatique, quand il est profondément idéologique. Il promet l’efficacité, quand il prépare la brutalité sociale. Il se drape dans la proximité, quand il organise l’exclusion.
À droite et à l’extrême droite, on met ainsi en place un sans-étiquettisme avec une stratégie de personnalisation excessive des candidats. Laure Lavalette, à Toulon, a, par exemple, effacé le Rassemblement national de ses affiches pour ravir une ville qui pourrait, à en croire les sondages, être la plus grande prise de guerre de son parti avec 180 000 habitants. La députée d’extrême droite déclare même, dans le Monde : « Je suis une étiquette à moi toute seule ! »
Pareil pour Sarah Knafo, la candidate Reconquête à la mairie de Paris, copiant la couleur jaune et les codes sur les réseaux sociaux de la campagne victorieuse de Zohran Mamdani, le maire socialiste de New York. Sauf que la candidate du parti d’Éric Zemmour, trumpiste à la française, promet la privatisation des services publics, la diminution de moitié du nombre d’agents municipaux et la suppression des subventions aux associations.
Alors que Zohran prévoit l’encadrement des loyers, des épiceries solidaires, la gratuité des transports en commun et des crèches. À Paris, Rachida Dati rêve, pour gagner, d’une union des droites, sans pour autant pouvoir franchir le Rubicon. À Marseille, Martine Vassal a mis en route, sans mauvais jeu de mots, la vassalisation de la droite envers l’extrême droite. Dans les deux cas, la tentation est la même : banaliser l’extrême droite, l’inviter à la table des alliances, faire comme si ses idées n’étaient qu’une option politique parmi d’autres.
Face à cela, des contre-modèles existent. Celle de nos communes solidaires, écologiques, populaires. Celle des municipalités qui résistent aux logiques de concurrence. Celle d’élus qui investissent dans l’école, la culture, le sport, la santé, la solidarité, l’écologie, la tranquillité publique et la participation citoyenne. Et souvent les candidats progressistes et du PCF sont les mieux placés pour faire vivre le municipalisme et gagner la bataille politique face à ce populisme municipal d’extrême droite.
Avertissement aux électeurs : le populisme, même à l’échelle d’une ville, n’est jamais neutre.
Il transforme les services publics en variables d’ajustement. Il abîme, au quotidien, la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité. Il instrumentalise les communes pour servir ses desseins nationaux et affaiblir la République tout entière.
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Philippe Rio