L’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard a affirmé que des « milliers » de très riches ne paient aucun impôt sur le revenu et que l’administration est au courant. De quoi relancer l’offensive de la gauche sur la taxation des milliardaires, sujet sur lequel elle a gagné une bataille culturelle.
La direction communiste a initié, samedi, les travaux du 40e congrès, qui aura lieu cet été à Lille. L’objectif est de définir un projet de très long terme, pour les « quinze ou vingt prochaines années », afin de rendre lisible son ambition.
« On parle de processus révolutionnaire, de changement de société sans nommer ce vers quoi on veut aller. Nous avons besoin de verbaliser les étapes pour aller vers le communisme. (…) Cela participe de la clarification d’un projet de rupture », explique Fabien Roussel.
Il faut relancer le débat sur l’échec stratégique de la « gauche » et particulièrement des partis communistes européens, non pas depuis 15 ans et l’émergence de cette « nouvelle nouvelle gauche » mais depuis 50 ans, depuis le tournant euro-communiste, le dos tourné aux pays socialistes (qui a contribué à alimenter la crise de 1989-1991) et l’abandon de la perspective de la révolution sociale. Cet article a le mérite de soulever ce débat et de nous permettre un retour particulier sur les quinze dernières années, mais je dois dire que je suis davantage en accord avec le commentaire de Danielle qui en appelle au retour au combat communiste, qu’avec les conclusions de l’article où l’on sent poindre le renouvellement d’une nouvelle tentative de la « gauche radicale ». La « gauche » moderne, c’est en fait le nom qui a été donné, notamment en France, à un projet politique de réinvention du réformisme et de l’opportunisme destiné à marginaliser les partis communistes, à empêcher leur reconstruction. « L’union de la gauche » était censée permettre de « changer la vie », puis de « combattre l’extrême-droite ». Elle a surtout servi à empêcher la sévère critique que méritaient le réformisme et l’opportunisme. Sur ces bases fausses, les acquis historiques de la Libération ont été liquidés, l’industrie a été détruite, les classes populaires ont été laminées et l’extrême-droite a prospéré comme jamais. Le projet de Thorez, Duclos, Frachon et de toute cette génération qui a construit le parti et en a fait la première force politique du pays n’était pas celui-là. C’était l’unité de la classe ouvrière, par le Front Unique ouvrier, qui dénonça sans relâche le réformisme, en particulier dans le mouvement syndical, développant une puissante génération de cadres syndicaux révolutionnaires, qui formeront l’ossature de la CGT réunifiée de 1945. C’était ensuite, lorsque les conditions historiques avaient évolué, c’est-à-dire lorsque la social-démocratie comprit que le développement du fascisme menait à sa liquidation avec les exemples italien, allemand et espagnol et réalisait un tournant politique en conséquence, lorsque le peuple dans son ensemble réalisait l’imminence du danger fasciste, l’unité du peuple à travers le Front populaire. Enfin, après une nouvelle étape historique, lorsque la trahison des classes dirigeantes fut consommée, ce fut l’unité de la nation à travers le Front National, le vrai, celui de la résistance et non l’organisation fondée par Le Pen et des résidus des SS dans les années 1970. L’articulation de ces trois étapes peut se présenter différemment dans des conditions historiques nouvelles, qui sont celles, comme le dit Danielle, du vent de l’histoire qui tourne, sous l’effet du développement historique des pays du Sud, dans la brèche ouverte contre le mur du sous-développement par la Chine socialiste. Mais la réarticulation nécessite une analyse fine et réaliste, et non la confusion la plus totale des notions pour servir simplement de couverture au pire opportunisme, schéma que nous voyons malheureusement se reproduire sans fin depuis des décennies (note de Franck Marsal pour Histoire&Société).
Ces décennies, comme je l’analyse dans mon livre à paraître en 2026, le Zugzwang ou la fin du libéralisme libertaire, et après ? (1) ont commencé au moins dans le années 1980, et celle qui s’étend en Europe à partir de 2010, dans le monde, a atteint aujourd’hui la fin peu glorieuse de cette dérive qui a été d’abord comme Syriza anticommuniste sur le fond. C’est ce qui se passe en France, avec l’incapacité à se mobiliser contre la guerre et les sordides élections municipales. Depuis 1980, le PCF s’est auto-liquidé et ceux qui ont accompli cela sont toujours en place, censurent, étouffent tout ce qui peut naître, entretiennent la division, la médiocrité (2). Cela s’accompagne de ce parfum de mort autour de l’icône que parait mériter la « République française » et sur laquelle, à l’inverse de cette incroyable classe politico-médiatique j’ai honte de voir ce qu’elle est devenue, comme notre malheureux pays en plein accès de pétainisme. C’est cette histoire qui est en train de s’achever alors que le « vent de l’Histoire » a tourné que je décris dans « le Zugzwang » ou « c’est la fin du libéralisme libertaire, et après? « . Ceux qui auront le courage et la lucidité de tirer un trait sur les « illusions » de l’eurocommunisme, du mitterrandisme se placeront peut-être en position de la victoire d’un autre monde et ils surmonteront les divisions en choisissant le sens de l’histoire, de la paix et du développement (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
(1) je rappelle que le Le zugzwang est une situation aux échecs où le joueur n’a plus aucun mouvement favorable possible – toute action de sa part entraîne une détérioration fatale de sa position sur le plateau de jeu.
(2) après la prestation du député de la Seine saint Denis, Peu, président du Groupe de la Gauche démocratique, au meeting de la LFI, qui vise entre autres le maire de Saint-Amand-les-Eaux, il va peut-être être difficile d’expliquer qu’il est légitime de censurer l’ignoble stalinienne que serait Danielle Bleitrach dans l’Huma, la propriété des mêmes… et que tout cela ne fait pas le lit de l’extrême-droite, je dis ça, je dis rien, de toute façon malheureusement cela n’a plus grande importance…
Il y a dix ans, des partis contestataires du sud de l’Europe étaient élus sur la promesse de transformer le capitalisme. Leur échec recèle des leçons que la gauche contemporaine ne peut ignorer.
Syriza et Podemos figurent parmi les projets de la gauche européenne qui ont échoué au cours de la dernière décennie. (Matt Cardy/Getty)
Alors que de nouveaux projets de gauche prennent de l’ampleur – du récent triomphe de Mamdani à l’émergence d’un nouveau parti de gauche en Grande-Bretagne – il est pertinent de revenir sur le « moment de la gauche » en Europe dans les années 2010. Il y a dix ans, les espoirs étaient grands. Bien que le gouvernement SYRIZA vienne de capituler face à la Troïka, on fondait encore des espoirs sur d’autres partis de gauche d’Europe du Sud (Podemos, le Bloc de Gauche), un Parti travailliste britannique revigoré et le nouveau parti de Mélenchon en France. Dix ans plus tard, pourtant, le néolibéralisme reste fermement ancré, de plus en plus autoritaire et ouvertement belliciste. Pire encore, l’extrême droite s’est imposée comme le principal adversaire du centre politique, malgré le caractère largement illusoire de sa prétendue rupture avec l’orthodoxie néolibérale. Comment en sommes-nous arrivés là ?Continuer la lecture de Les décennies perdues de la gauche européenne et les élections municipales de 2026, rien n’est joué !
Sous la pression des mouvements paysans, le Conseil européen a été contraint de reporter au 12 janvier prochain la signature du traité commercial entre l’Union européenne et les pays de la zone MERCOSUR – Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine, auxquels s’ajoute la Bolivie.
Cette petite mise en scène cache, une nouvelle fois, le fond d’un texte dont l’unique objectif est de renforcer la spécialisation de l’Amérique latine dans une agriculture industrialisée et « chimisée », le pillage de ses minerais rares et l’ouverture de ses marchés aux industries européennes, en particulier allemandes. Continuer la lecture de MERCOSUR : le grand bluff Par Patrick Le Hyaric
👉 C’est quoi, concrètement, le féminisme municipal ? On a posé la question à plusieurs camarades engagées dans les communes : qu’est-ce que ça veut dire mener une politique féministe à l’échelle municipale ?
👉 Services publics, urbanisme, transports, santé, petite enfance
👉 Lutte contre les violences sexistes et sexuelles
👉 Sécurité dans l’espace public
👉 Place des femmes en politique et dans les exécutifs locaux
👉 Émancipation, égalité réelle et accès aux droits À travers leurs réponses, une conviction se dégage :
➡️ le féminisme municipal, c’est transformer la ville pour qu’elle soit pensée pour toutes et tous.
➡️ renforcer les services publics, c’est une politique féministe.
➡️ Et pour beaucoup, le féminisme municipal rejoint le combat du communisme municipal.
📣 Une vidéo pour nourrir le débat, outiller les militant·es et préparer les batailles municipales à venir.
« Les réformes du lycée ont favorisé la concurrence entre élèves, enseignants et établissements, avec pour conséquence principale, un effondrement des collectifs de travail » déclare Gabriel Perez. L’auteur de l’ouvrage On achève bien l’école, Empêcher les professeurs d’enseigner et les élèves d’apprendre (Grasset) analyse les réformes Blanquer et leurs effets : évaluations, indicateurs, Parcoursup, réforme du lycée, réforme du baccalauréat, perte d’espaces collectifs… Continuer la lecture de Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »
L’analyse des élections chiliennes demanderait d’autres développements encore, sur le rôle destructeur de la social-démocratie, et sur le retour de la doctrine Monroe, mais voici l’essentiel de ce qu’il faut savoir au préalable (article signalé par Danielle Bleitrach, note et traduction de Marianne Dunlop)
Il y a environ 15 ans, nous parcourions avec une équipe de tournage de la télévision ukrainienne la ville argentine de Bariloche à la recherche de traces de fascistes en fuite. On y trouvait l’hôtel nazi « Campana », acheté par Reinhard Kopp, qui avait participé à l’extermination des habitants des Balkans et de Hongrie et organisé la fuite des fascistes vers l’Amérique du Sud. Dans les années 50, Josef Mengele, le « docteur la mort » qui menait des expériences sur les prisonniers à Auschwitz, y avait ses quartiers, tout comme Adolf Eichmann, « l’architecte en chef de l’Holocauste », responsable dans l’Allemagne nazie de la logistique de la « solution finale de la question juive », qui s’est ensuite installé dans la capitale, où il a été découvert par le Mossad, qui l’a enlevé et transféré en Israël pour y être jugé et exécuté.
Placé en redressement judiciaire depuis octobre, le groupe centenaire d’électroménager Brandt a vu la justice prononcer sa liquidation, jeudi 11 décembre. Près de 750 emplois sont concernés par la décision du tribunal des affaires économiques de Nanterre, alors qu’un projet de création de Scop était sur la table.
Le tribunal des affaires économiques de Nanterre a prononcé, jeudi 11 décembre, la liquidation du groupe centenaire d’électroménager Brandt. Le sort de l’entreprise en redressement judiciaire depuis deux mois a été annoncé le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, à l’Agence France-Presse (AFP). Près de 750 emplois vont être supprimés. Leurs salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.
Face-à-face sur BFM TV entre Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Patrick Martin, président du Medef. Au programme : ultrariches, inégalités, salaires, dividendes, désindustrialisation, budget de la Sécu, retraites, jeunesse, guerre commerciale avec la Chine, accords de libre-échange et place du RN dans l’arc républicain.
Devant le site de production situé à Vendôme (Loir-et-Cher) – un second se trouve à Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans (Loiret) -, une soixantaine de salariés – sur 93 – ont fait part de leur colère. « C’est une décision très choquante, a fustigé Célia Pinto, auprès de l’AFP. On a tout fait, mais ça n’a pas marché, on était bien ici, on est tous sous le choc. Les fêtes de Noël seront tristes. » Comme d’autres, elle a décidé de brûler des documents administratifs devant l’usine, façon de dire « au revoir à Brandt ».