Une loi intégrale pour rendre effective une protection intégrale

Publié le 02 septembre 2026

Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont ni des faits divers, ni une succession de drames individuels. Elles révèlent un système qui, trop souvent encore, échoue à prévenir, entendre, enquêter, juger, protéger et réparer.

C’est tout le sens de la proposition de loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants, portée depuis plusieurs mois par une large coalition féministe et enfantiste, pleinement soutenue par le Parti communiste.

Le mot « intégrale » dit beaucoup de l’ambition politique. Parce que les violences ne se découpent pas selon nos organisations administratives, la réponse ne sera plus morcelée entre justice, santé, police, Éducation nationale, protection de l’enfance, hébergement ou accompagnement social.

Prévenir, repérer, recueillir la parole, enquêter, protéger et réparer doivent relever d’une même politique publique.

L’affaire Lyhanna a brutalement rappelé l’urgence. La revue nationale engagée après son meurtre a recensé plus de 85 000 plaintes concernant des violences sexuelles faites aux mineurs encore en cours de traitement. Derrière ces procédures, des enfants attendent des mois, parfois des années, que l’enquête avance.

La protection des enfants ne relève pas d’une promesse : c’est une obligation de l’État.
Cette loi constitue une avancée majeure. Elle porte notamment l’exigence d’actes d’enquête minimaux avant tout classement sans suite, le renforcement de la prévention et de la formation, l’amélioration de l’accueil des victimes et une meilleure articulation des institutions. Cependant, une loi sans moyens est inachevée. Sans magistrats, enquêteur·rice·s, travailleurs sociaux, personnels de santé scolaire et professionnel·les en nombre suffisant, pas de protection effective.

Les droits n’existent réellement que lorsque les services publics sont en capacité de les garantir.

C’est ce que les commissions nationales Féminisme et droits des femmes et Protection de l’enfance ont porté ensemble lors d’un atelier dédié à la loi intégrale lors des universités d’été, à Toulouse.

Les mobilisations de juin, prolongées par la grande marche du 4 juillet, ont déjà fait bouger les lignes : sous la pression citoyenne, l’examen de la loi intégrale a été accéléré et inscrit à l’agenda parlementaire pour la rentrée.

Le 7 septembre sera une nouvelle étape de ce rapport de force.

Les communistes seront pleinement mobilisés, pour que le calendrier soit tenu, que le texte ne soit pas dénaturé par l’arbitrage budgétaire et que les moyens indispensables à son application soient au rendez-vous.
Une loi intégrale pour une protection intégrale.

Véronique Sanchez-Voir

Communiqué – Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles : une urgence sociale !

Refaire de l’École le creuset de l’égalité républicaine : un enjeu majeur pour 2027 + projet du PCF

À l’approche de 2027, l’École s’impose comme un enjeu majeur du débat politique. Face au poids croissant des inégalités sociales sur la réussite scolaire, au déclassement des enseignants et à la ségrégation entre établissements, le conseiller régional socialiste Yannick Trigance défend une ambition : faire de nouveau de l’École le creuset de l’égalité républicaine. Revalorisation du métier enseignant, réduction des effectifs, mixité sociale, lutte contre le harcèlement et inclusion sont au cœur de cette refondation.

Un système parmi les plus inégalitaires de l’OCDE Continuer la lecture de Refaire de l’École le creuset de l’égalité républicaine : un enjeu majeur pour 2027 + projet du PCF

Fournitures scolaires : les élections municipales se poursuivent dans les cartables

A la veille de la rentrée, des municipalités, comme Nice, ont annoncé arrêter la distribution gratuite de fournitures scolaires, jugée trop coûteuse. D’autres, comme Saint-Denis-Pierrefitte, s’apprêtent à prendre le chemin inverse, pour aider les familles.

Une mesure jugée « trop coûteuse »

Le versement de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a débuté le 18 août en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il a été effectué dès le 4 août à Mayotte et à La Réunion. Versée chaque année à près de trois millions de familles, sous conditions de ressources, son montant est de 426,87 euros, 450,41 euros ou 466,02 euros selon l’âge de l’enfant (de 6 à 18 ans). Continuer la lecture de Fournitures scolaires : les élections municipales se poursuivent dans les cartables

2 355 enfants à la rue à la veille de la rentrée : une hausse de 22% depuis 2022

Lettre de Fabien Roussel à celles et ceux qui font vivre l’école

Publié le 28 août 2026

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Madame, Monsieur,

À l’heure où la rentrée scolaire approche, je me permets de vous adresser ces quelques mots.
Vous faites l’un des plus beaux métiers du monde mais il n’est pas reconnu comme il le devrait.

À quelques mois de l’élection présidentielle, beaucoup de promesses vous sont adressées, tout particulièrement par ceux qui vous ont méprisés ces dernières années. Vous saurez les reconnaître. 

Votre rôle dans la société est immense, la question de l’attractivité des métiers de l’éducation est un enjeu majeur. Bien sûr il y a la question des salaires, mais aussi celle des conditions d’enseignement, du statut, notamment pour les AESH, de la formation initiale. Sur toutes ces questions, il faut des changements profonds, à la hauteur de vos missions et de l’enjeu de la démocratisation des savoirs dans toute la société.

Vous seuls savez les moyens importants que la Nation doit avoir l’audace de mobiliser pour faire vivre une belle et grande école publique, garantissant la réussite scolaire à tous nos enfants, qu’ils grandissent dans l’hexagone ou dans les territoires dits d’Outre-mer, en ville ou à la campagne, qu’ils soient en situation de handicap ou pas.

Votre engagement au service de l’école de la République n’est hélas pas reconnu à sa juste valeur : d’ailleurs, tous les ans, vous vous mobilisez pour vos salaires, pour vos conditions de travail et nous sommes à vos côtés.

La baisse démographique, à ce titre, ne doit pas être utilisée pour faire des économies. Au contraire.

Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle.

Les prochaines échéances électorales seront donc importantes pour faire entendre votre voix et faire de l’accès aux connaissances et aux savoirs la priorité du quinquennat à venir.

C’est dans cet esprit que nous nous engageons dans cette bataille : pour redonner de la force et du sens à nos services publics, au sein d’une nouvelle République sociale, laïque, féministe, écologiste.

Face à la menace de l’extrême-droite dont l’école publique n’a rien de bon à attendre, face à l’abstention qui augmente à chaque scrutin, nous vous invitons à vous engager, à nous soutenir.
Nous vous invitons à faire en sorte que la gauche redevienne majoritaire en France et capable de gagner l’élection présidentielle en rassemblant largement nos concitoyennes et nos concitoyens.

Vous pouvez compter sur moi pour faire vivre cet espoir et lui donner de la force.
Je vous souhaite à toutes et à tous, une très belle rentrée.

Chaleureusement,

Fabien ROUSSEL

Salaire des enseignant.es : rétablir la vérité

Après le « trop de vacances », va-t-on vers un « trop payés » ? En cette rentrée 2026, le matraquage médiatique sur le salaire des enseignants ne manquera pas d’égratigner encore l’image du corps enseignant français. Leur rémunération est pourtant bien loin des autres pays de l’OCDE avec une moyenne dépassant les 41h de travail par semaine. Le ministère oublie aussi dans son calcul les 81 293 contractuels qui touchent souvent le SMIC horaire. Continuer la lecture de Salaire des enseignant.es : rétablir la vérité

Parions sur l’École et l’éducation : Un manifeste pour une école du temps long

A propos du discours de Fabien Roussel, en bref ce qui est convaincant par Danielle Bleitrach

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Histoire et société

Il me semble que nous avons tous intérêt, et les militants communistes au premier chef, à bien mesurer ce qu’une telle orientation exige de ceux qui s’engagent. D’abord à arrêter de se situer seulement par rapport aux autres candidats dans une guéguerre qui personnellement me donne envie de fuir. Ce discours était d’une autre tenue. Laissons les polémiques sordides à ceux qui ne vivent que de ce type de politique : une des forces du discours de Fabien Roussel a été de s’élever au-dessus de cette foire d’empoigne et de s’inscrire pleinement dans cette bataille électorale, tout en ne restant pas enfermé dans cette échéance, et surtout dans les jeux politiciens des plateaux de télévision. Il a été très pragmatique et a insisté sur les luttes de la rentrée, ce qui peut empêcher l’étranglement du capital contre le travail, les ménages, les vieux, les jeunes, un calendrier.

Voilà pour l’immédiat, l’incontournable, mais il y a la perspective.

Là il a lié étroitement son programme de candidat à une perspective dans laquelle les propositions du PCF ont une tout autre dimension:

le gouffre entre les discours et la réalité s’accroit encore par Franck Marsal

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In Histoire et société par Franck Marsal le 14 aout 2026

Dans le Zugzwang, Danielle a décrit la situation de l’impérialisme en la comparant à celle du jeu d’échec (d’où provient le terme de zugzwang), lorsqu’un des joueurs, contraint de jouer, n’a face à lui que des coups qui vont progressivement dégrader sa situation et l’amener à la défaite. Dans ce genre de situation, on peut parfois gagner du temps en minimisant les risques, en étant patients et en favorisant la défense. A l’inverse, en adoptant une stratégie plus agressive, les pertes vont s’accélérer et un effondrement final de la défense devenir plus proche et plus probable. Continuer la lecture de le gouffre entre les discours et la réalité s’accroit encore par Franck Marsal

Comment les colonies de vacances doivent se réinventer pour éviter leur disparition

NDLR de Démocrite: Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été en colo: enfant avec mes parents (encadrants pour les pionniers) puis à Labenne (devenu mon QG de l’été) et ensuite ado en camp des Eclaireurs-ses, pour continuer avec des camps de solidarité à l’étranger. C’est donc naturellement que dés 1979, je suis devenu animateur et très vite directeur le tout pendant 41 ans… Militant du droit aux vacances, je continue à prôner l’existence des séjours collectifs accessibles à toute et tous avec des encadrements répondant aux besoins de l’enfant d’aujourd’hui dans le cadre d’un véritable service public d’éducation (j’ai aussi été formateur socio-éducatif durant 30 ans).

Faute d’argent, d’envie ou du fait des craintes de leurs parents, les plus jeunes sont de moins en moins nombreux à partir en centres de vacances. Pour leur redonner le goût des séjours collectifs, les associations retravaillent leurs offres et revendiquent des politiques publiques consacrées aux temps de l’enfant.

Cent cinquante ans après leur invention par un pasteur suisse, qui voulait fortifier la santé de petits Zurichois en les menant à la campagne, les séjours collectifs pour enfants et adolescents ont toujours la cote. Trois quarts des Français en ont une bonne opinion.

Neuf personnes sur dix estiment même que les colonies de vacances, camps de jeunesse et de scouts permettent de découvrir de nouvelles activités, favorisent le vivre-ensemble, développent l’autonomie et contribuent à la déconnexion des écrans, selon une étude de l’Ifop pour des organisations de l’éducation populaire et du tourisme social publiée en juin. Un véritable plébiscite.

Pourtant, les colos attirent de moins en moins : entre 2018-2019 et 2024-2025, on recense 132 000 départs de mineurs en moins (- 9 %). « Sur la seule dernière année observée, le nombre de départs en séjours avec hébergement recule de 4 %, soit 50 000 départs en moins », constate le baromètre 2026 Vacances et activités collectives des 5-19 ans, établi par l’Ovlej (Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes) et le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Continuer la lecture de Comment les colonies de vacances doivent se réinventer pour éviter leur disparition