Vendredi 20 mars au soir, quelques minutes avant la fin de la campagne officielle, quatre soutiens de la liste de Vincent Bouget (PCF) ont été attaqués par des partisans du candidat de droite Franck Proust. Deux d’entre eux ont dû être conduits à l’hôpital.

La porosité entre droite et extrême droite s’observe aussi dans les méthodes. Vendredi soir, alors que la campagne officielle touchait à sa fin, plusieurs militants communistes ont été violemment agressés à Nîmes (Gard) par des partisans et animateurs de la campagne du candidat de droite Franck Proust.
Les faits n’ont été révélés que ce lundi afin de ne pas troubler la séquence électorale, alors que l’extrême droite était qualifiée au second tour du scrutin municipal qui s’est conclu par la victoire du communiste Vincent Bouget.
Peu après 23 heures, vendredi, quatre militants communistes ont collé dix affiches pour la liste du candidat d’union de la gauche au-dessus des affiches du RN, sur les hauts de Nîmes, au niveau des Neuf-Arcades, sur l’ancienne route d’Alès. « Nous avons décidé de rester sur place jusqu’à minuit pour garder le panneau » et s’assurer que les affiches ne soient pas recouvertes, témoigne un militant.
Des fractures et 15 jours d’ITT
Deux partisans de la liste de droite sont alors arrivés. Face aux refus des communistes de voir leurs affiches recouvertes, l’un d’eux a passé un appel. Deux scooters et trois voitures sont rapidement arrivés sur place, d’où sont sorties une dizaine de personnes. L’une des voitures était siglée du club de handball de la ville.
Les coups ont alors commencé à pleuvoir sur deux militants communistes. « Ils m’ont attrapé par le col, jeté sur le capot d’une voiture. J’ai glissé par terre. L’un d’entre eux m’a tenu par le cou. Je me suis débattu, et quelques-uns m’ont donné des coups de pied et de poing » sur le corps et au visage, témoigne Grégory Marin, par ailleurs journaliste de l’Humanité, qui s’en sort avec les os du visage et du nez cassés et des contusions sur d’autres parties du corps.
« Je suis tombé au sol avec mon agresseur. Les gars avec lui nous ont séparés. Et m’ont donné des coups de pied au sol. J’ai des côtes et une dent cassées, l’oreille interne touchée, j’ai des vertiges », raconte Édouard. Un témoignage confirmé par une vidéo prise par un automobiliste, que nous avons pu consulter.
Après ce déferlement de violence, les militants de droite ont arraché les affiches et pris la fuite avant l’arrivée de la police. Les deux communistes roués de coups ont été conduits au CHU Carémeau et ont déposé plainte. Le médecin légiste a constaté une incapacité totale de travail de quinze jours pour l’un, de dix jours pour l’autre. Deux autres militants, bousculés, devaient déposer plainte également au commissariat de Nîmes.
Les numéros de plaques d’immatriculation ont été relevés. Les images de la caméra de vidéosurveillance ont été récupérées par la police. Une enquête est ouverte pour violences en réunion occasionnant une ITT de plus de huit jours, un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
« J’espère qu’il y aura des suites », dit Édouard. « Ils sont tombés sur la jeunesse dorée qui faisait campagne pour la droite. Cela aurait pu tourner bien plus mal », dénonce Frédéric Deschamps, animateur de la section communiste.
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