Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.
Plus de 1 500 délégués, dont quelque 900 étrangers venus de 63 pays, se sont réunis au Palais des congrès de La Havane pour ce premier colloque international consacré à l’œuvre et à la pensée du dirigeant historique de la Révolution cubaine. La séance inaugurale a été ouverte par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République.
Colloque international « Fidel : héritage et avenir » – La Havane, 10 Aout 2026
Nous sommes ici parce que la pensée de Fidel reste la boussole la plus précise dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse actuellement le peuple cubain.
Miguel Díaz-Canel Bermúdez
Quatre jours durant, forums sectoriels et débats se sont succédé : rencontre des chaires Fidel Castro Ruz, forum parlementaire, forum des femmes, forum des artistes et des intellectuels, forum « Fidel et la politique étrangère de la Révolution cubaine ». Le président cubain a également participé au forum des jeunes « Je crois en vous », convoqué par l’UJC, où il a lancé un appel aux délégations étrangères. Continuer la lecture de CUBA: Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro
Pour l’agroclimatologue Serge Zaka, l’agriculture française a atteint un point où l’adaptation ne peut plus se limiter à gérer les crises au coup par coup. Il appelle à un plan de long terme mêlant nouvelles filières, transformation des pratiques, restauration des sols et meilleure gestion de l’eau.
L’été 2026 montre les limites de notre modèle agricole.
Les canicules qui ont frappé le monde agricole cet été ne relèvent pas d’une crise dont les réponses pourront être ponctuelles. Serge Zaka alerte depuis longtemps sur l’absence de politiques de long terme. À ses yeux, il est urgent de s’adapter à l’horizon 2050.
Les canicules de cet été ont été qualifiées comme un nouveau « cap franchi » par le changement climatique. Est-ce le cas également pour l’agriculture ?
Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en biologie, agroclimatologue
Lorsqu’un mode de production, une civilisation ou une société simple décline, ses manières de gérer les affaires sociales deviennent plus rigides et violentes, et les relations entre les différentes entités constitutives du Système tendent à se militariser.Cette analyse est pertinente à bien des égards : dans le fond elle revient à dire qu’une classe dirigeante sur son déclin est en train de tenter d’enfermer dans la peur et dans la haine ses malheureux concitoyens, une sorte de cauchemar de mort et de déclin dans lequel il ne faut absolument pas se complaire mais au contraire comme nous le faisons aujourd’hui et le plus souvent nous mettre en position de reconstruction.
Le désespoir même de tenter d’enrayer son déclin, l’exacerbation de la concurrence avec les autres pour l’acquisition des ressources (d’autrui), s’est généralement accompagné de la prééminence de la composante thanatos de tout ordre social inégalitaire, ainsi que de l’accélération de l’effondrement des sociétés, du repli autoritaire des élites, de la prévention et, le cas échéant, de la répression des troubles sociaux et des soulèvements populaires qui en découlent.
Rien de nouveau, donc, dans ce qui se passe à notre époque avec la dégénérescence du mode de production capitaliste et de la civilisation qu’il a engendrée. Dès lors que le capitalisme peine à développer les forces productives et, par conséquent, à subvenir aux besoins sociaux, il révèle précisément le contraire : la corrosion de la société même dont il tire sa subsistance et la promotion généralisée de la pauvreté, des difficultés et de la mort. Et aussi une inégalité, une inégalité monstrueuse comme l’humanité n’en a jamais connue (et c’est peu dire).
La métamorphose guerrière des élites devient elle aussi plus évidente, plus totale, plus omniprésente.
Mais dans un mode de production devenu mondialisé, les conséquences acquièrent également un caractère universel. Par la militarisation et la guerre, non seulement la production de mort est rationalisée et accélérée par l’expérimentation et le perfectionnement de nouvelles technologies, mais, plus important encore, la multiplicité des formes de production et d’appropriation qui coexistent dans le capitalisme à l’échelle mondiale est contrainte de servir la loi de la valeur ou, à défaut, celle de la croissance financiarisée, renforçant et complétant ainsi l’ensemble des divisions mondiales du travail (sociale, internationale, de genre, ethnoculturelle, etc.).
Car la financiarisation de l’économie (qui n’est rien d’autre qu’un indicateur du déclin productif du mode de production capitaliste) ne peut se maintenir que par la violence explicite des armes, tout en en faisant un commerce fictif croissant.
« …[L]e plus grand transfert de richesse de l’histoire (…) Nous assistons à la financiarisation absolue de la guerre, un système où l’architecture même du crédit est mathématiquement conçue pour rendre la paix économiquement non viable et le conflit armé une nécessité permanente, structurelle et, surtout, extraordinairement lucrative (…)
La paix n’est pas profitable à BlackRock ; elle représente un risque systémique qui menace de faire s’effondrer son modèle économique. Par conséquent, la militarisation des banques n’est pas qu’une simple politique économique ; c’est la déclaration de guerre de la finance contre la société, la transformation définitive de la mort en l’actif financier le plus parfait, et la confirmation que, dans le nouvel ordre mondial, la seule guerre qui compte est celle qui se livre sur les bilans des banques » ( La militarisation du système financier international – je recommande vivement la lecture de cet article de Marcó del Pont pour comprendre les subtilités du pillage des sociétés par la finance, les armes et la guerre, ainsi que l’explication de la Banque de défense, de sécurité et de résilience de l’OTAN, dont nous avons déjà parlé sur ce blog :LA GUERRE TOTALE ENTRE DANS UNE NOUVELLE PHASE D’INTENSIFICATION – blog d’Andrés Piqueras –).
Les hypermonopoles, largement financiarisés, ont besoin de la guerre comme arme d’autoconservation, une machine de guerre improductive et en constante expansion grâce à laquelle ils comptent s’enrichir, voire se renflouer. Par conséquent, ils nous entraînent vers un hyper-impérialisme qu’ils entendent financer en grande partie aux dépens des sociétés déjà exploitées du monde. Pour y parvenir, ils doivent impliquer toujours plus les États.
C’est ainsi que l’OTAN agit avec ses membres : en les forçant à augmenter leur budget de la mort. Cela entraîne certaines particularités :
« Le marché militaire présente une caractéristique très particulière : son principal client est l’État. Un citoyen peut décider de ne pas acheter de voiture. Une entreprise peut reporter la mise à niveau de son parc informatique. Mais lorsqu’un gouvernement prend un engagement international à atteindre un certain pourcentage des dépenses militaires, la demande est politiquement garantie. Ce mécanisme réduit considérablement le risque commercial. »
Cette reproduction élargie du capital s’enlise de plus en plus, notamment face au déclin des principales puissances impériales. La croissance militarisée cherche à pallier cette stagnation, entre autres mécanismes, par l’intensification du pillage des ressources d’autres pays, la destruction massive des moyens de production et du capital fixé au territoire (infrastructures), ainsi que par l’exacerbation de l’exploitation des populations, l’extorsion d’un tribut économique via la dette dollarisée (payée par l’imposition de mesures de récession et d’austérité dans chaque pays) et le recyclage des dollars provenant du reste du monde grâce aux mécanismes bancaires, financiers et monétaires rendus possibles par le statut de monnaie internationale détenu par le dollar et sa domination sur le système international de compensation des paiements (SWIFT). Autrement dit, cette croissance militarisée vise à assurer la domination des principales puissances capitalistes – et en particulier des États-Unis – afin de continuer à obtenir des « profits extractifs », c’est-à-dire des profits obtenus par l’exploitation des richesses d’autrui, ainsi que des ressources naturelles et énergétiques qui leur permettent d’atténuer le déclin économique.
Mais les dépenses consacrées à l’armement et à la militarisation ne servent pas uniquement une fonction économique ; elles ont aussi un but de contrôle social, par la production de la peur, la création de subjectivités soumises et l’instauration d’une discipline sociale. La guerre, en exaltant la subordination et le commandement, contribue à forger des mentalités conservatrices ; la militarisation favorise les forces réactionnaires au sein de chaque société, encourage un respect aveugle de l’autorité et enseigne et impose un comportement conformiste et soumis, car les opinions dissidentes sont souvent perçues comme antipatriotiques, voire comme traîtresses. Il s’agit de gérer la main-d’œuvre en vue de sa déclassification, de la « nationaliser » (à l’image d’une armée de « citoyens-soldats »), par sa « mobilisation totale » et la subordination conséquente de toute la société à la production de la mort.
Le glissement à l’extrême droite des sociétés est le résultat escompté de cela, du moins comme première étape avant un processus de fascisation sociale nouveau, plus étendu et plus profond (selon l’évolution des corrélations des forces sociales et les vicissitudes de la guerre totale ou de la guerre systémique permanente à long terme déclenchées par ce mode de production).
Rien de ce qui se passe en Europe à cet égard n’est donc « accidentel » ni simplement dû à la popularité soudaine des partis « ultra-extrêmes ». Il s’agit d’un plan systémique d’envergure, bénéficiant de financements massifs et d’une véritable manipulation sociale.
Il en résulte cette liste inquiétante de partis d’extrême droite au gouvernement (en tant que parti principal ou partenaire clé) [2024-2026] :
Italie – Fratelli d’Italia (FdI). Parti dominant du gouvernement de Giorgia Meloni.
Slovaquie – SNS (en coalition avec Smer-SD). Parti nationaliste d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale de Robert Fico.
Pays-Bas – PVV (Partij voor de Vrijheid). Force centrale du nouveau gouvernement de coalition, décrit comme le plus à droite de l’histoire des Pays-Bas.
Finlande – Perussuomalaiset (Parti des Finlandais). Partenaire clé de la coalition gouvernementale, classé comme « populiste d’extrême droite ».
Croatie – Domovinski pokret (Mouvement de la Patrie), parti nationaliste d’extrême droite, partenaire du gouvernement.
République tchèque – ODD + partenaires d’extrême droite.
Suède – Sverigedemokraterna (SD). Deuxième force parlementaire en importance ; ne fait pas partie du gouvernement, mais ce dernier dépend d’un accord de soutien et de confiance avec le SD.
De plus, ils sont considérés comme la principale force d’opposition ou la principale force en termes de votes :
France – Rassemblement national (RN). Principal parti d’opposition aux élections européennes de 2024 ; en tête des sondages nationaux.
Allemagne – Alternative für Deutschland (AfD). Deuxième plus grand parti au niveau national, le plus important dans plusieurs Länder de l’Est de l’Allemagne.
Hongrie – Fidesz (de l’ancien Premier ministre Orban) et le Mouvement Notre Patrie, tous deux appartenant au mouvement nationaliste d’extrême droite.
Autriche – Parti libre d’Autriche (FPÖ). Principal parti d’opposition, tant dans les sondages que lors de plusieurs élections récentes.
Pologne – Droit et Justice (PiS). Parti national-conservateur aux tendances d’extrême droite ; il a perdu le pouvoir en 2023 et constitue désormais la principale force d’opposition.
Roumanie – AUR. Parti ultranationaliste en pleine ascension, déjà bien représenté et occupant un rôle central dans l’opposition.
D’autres exemples de partis d’extrême droite bien implantés, sans toutefois constituer la principale force d’opposition formelle, incluent Vox en Espagne, Chega au Portugal et les partis fondamentalistes en Belgique, en Estonie, en Bulgarie, en Lettonie, etc. Ces partis ont obtenu d’excellents résultats aux élections européennes et nationales, mais ne représentent pas la principale force d’opposition dans tous les pays. Globalement, certaines études recensent une cinquantaine de partis d’extrême droite en Europe, présents dans presque tous les pays, à l’exception de l’Irlande et de Malte.
Les sbires du Système sont donc déjà à l’œuvre et commettent tous les ravages sociaux possibles. Dès lors, leur éventuelle évolution vers une nouvelle forme de fascisme dépendra de la rapidité et de la violence avec lesquelles la crise capitaliste se développera, ainsi que de l’issue de leur guerre systémique permanente.
Mais au-delà de cela, une preuve supplémentaire que la militarisation sociale, l’économie de guerre permanente, la financiarisation de la production de la mort et la guerre elle-même découlent de raisons systémiques inhérentes au mode de production capitaliste réside dans l’absence de différence de dépenses militaires entre les groupes de droite, d’extrême droite, sociaux-démocrates et néo-gauche au sein de ce système. Car le capital fait front commun en temps de crise, privilégiant toujours la violence. Plus encore si elle génère des profits immédiats, aussi illusoires soient-ils à moyen terme. Le tableau ci-dessous illustre ce phénomène.
Tableau 1: Dépenses militaires en Europe (milliards de dollars), % du PIB et gouvernement
Données approximatives 2024-2026 (selon le SIPRI, l’OTAN et la Banque mondiale). Dépenses exprimées en milliards de dollars américains. La caractérisation gouvernementale repose sur les sources elles-mêmes.
Les dépenses totales de l’UE consacrées à l’industrie funéraire (selon l’AED/Consilium) s’élevaient à environ 343 milliards d’euros en 2024. En 2025, elles atteignaient environ 418 milliards d’euros, soit une hausse de 62,8 % par rapport à 2020. Alors que ces dépenses représentaient 1,9 % du PIB de l’UE en 2024 (contre 1,6 % en 2023), elles sont passées à 2,2 % du PIB de l’UE en 2025.
Comme on le constate, aucune distinction n’est faite entre la militarisation et l’industrie de la mort parmi les diverses expressions politiques du capital (y compris ses homologues de gauche), qui se regroupent autour des intérêts de la classe capitaliste transnationalisée (et de plus en plus financiarisée). Ainsi, la guerre, la militarisation des sociétés, la destruction des services publics et des infrastructures, ainsi que l’appauvrissement généralisé et la destruction de l’environnement qui les accompagnent, se produisent de manière similaire (avec de légères variations d’intensité et de rapidité) dans toutes les formations socio-étatiques européennes.
Pour la gauche alternative, celles et ceux qui luttent pour dépasser le capitalisme, il est vital de reconnaître que la crise capitaliste est entrée dans sa phase de guerre mondiale, qui implique également la fermeture politique et le démantèlement des acquis historiques de la classe ouvrière. Il est essentiel, insistons-nous, de reconfigurer les tactiques, les voies, les procédures, les stratégies et les formes de lutte afin d’affronter et de vaincre les processus de mort , de (re)fascisme, que le Système déchaîne dans cette phase « finale ».
La société dans son ensemble devra, à son tour, se rendre compte d’une manière ou d’une autre que, dans un capitalisme enlisé et irrémédiablement belliqueux, lutter pour une paix anti-impérialiste revient nécessairement à lutter pour une forme de société supérieure : le socialisme.
Franck est rentré hier de Chine, et, au vu de ce qu’il a emmagasiné nous allons avoir pas mal de réflexions qui porteront sur deux points essentiels: 1- nous sommes loin de comprendre ce qu’est la Chine et la nature de son modèle de croissance ce qui est traité ci-dessous. 2- nous devons nous mêmes réfléchir dans un tel contexte à ce que signifie le socialisme et nos capacités à dépasser la simple référence à une nécessaire ré-industrialisation. Tout à fait d’accord avec Franck et cela correspond d’ailleurs à l’exigence d’une ré-interprétation du passé de l’expérience socialiste ses exploits et ses échecs parce qu’il est évident qu’il y a dans le socialisme une force prométhéenne que l’on nous a appris à sous-estimer. (Danielle Bleitrach)
Publié par Franck Marsal
Comme cela était souligné dans un article récemment publié sur Histoire&Société, le développement commercial international de la Chine a commencé par des industries de main d’œuvre, le textile notamment. C’était « des millions d’ouvriers et ouvrières chinois avec des machines à coudre ». Il est vrai que, autant que sa souveraineté, la Chine doit son développement économique d’abord aux travailleurs, ouvriers, paysans, techniciens, ingénieurs …
J’ai écrit cet article avant les incendies catastrophiques en Europe et particulièrement en Gironde, où des centaines de milliers d’habitants ont dû être évacués. Tous les pays vont connaître des catastrophes climatiques. Mais le contraste est saisissant entre la puissance d’action publique que nous percevons ici et l’impuissance organisée que nous observons en Europe. Et, nous devinons que cette puissance d’agir se déploie à deux niveaux, dans l’anticipation de la crise et dans la résolution de la crise elle-même – j’y reviendrai dans un article suivant en abordant la présence humaine qui ici, n’est pas supprimée par la technologie pourtant omniprésente. Juste un exemple, des camarades communistes de Gironde ont ressorti un tract de 1999, émanant de syndicalistes de Dassault et proposant que la France engage un programme de conception et de construction d’un nouvel avion bombardier d’eau. La proposition n’a été sérieusement étudiée par aucun des gouvernements successifs et est restée dans les cartons. Les propositions actuelles sont portées par des ingénieurs ayant créé des startups, et sont encore à l’heure des balbutiements. La Chine, à l’inverse, a développé un nouvel avion, le plus gros avions amphibie du monde, l’AG600 Kunlong. Cet avion est capable d’emporter par écopage (directement sur la mer ou sur un lac, donc très rapidement) 12 tonnes d’eau, le double du Canadair actuel. La France, elle, n’a rien anticipé concernant les méga-feux, qui ont frappé le monde depuis déjà quelques années, notamment en Californie et aux USA. Elle se trouve aujourd’hui totalement démunie. Nos pompiers sont trop peu nombreux et insuffisamment équipés (y compris en protection respiratoire, ce qui provoque de trop nombreuses hospitalisations). La France dispose pourtant de tous les savoir-faire nécessaire. Mais, à la différence de la Chine, l’intérêt de classe de la bourgeoise et de ses fondés de pouvoir fait obstacle à la mise en oeuvre des solutions. C’est l’enjeu du renversement du pouvoir de classe et de la construction d’une société socialiste, l’orientation validée par les communistes lors de leur récent 40ème congrès. .
Publié par Franck Marsal
J’ai expliqué précédemment le mode de développement de l’économie chinoise, par vagues successives de modernisation des outils de production. Ces vagues se recouvrent partiellement, mais l’économie voit constamment cohabiter l’ancien et le nouveau dans une dynamique de progrès général. L’ancien peut rester un certain temps en retard sur le nouveau, mais finit par être emporté dans une vague ultérieure. Cette vision dialectique du développement choisi forme aussi la base de la réponses chinoise aux crises écologiques. Il ne s’agit pas d’opposer le développement à l’écologie et à la qualité de la vie, mais de penser le développement afin qu’il apporte des solutions aux problèmes rencontrés.
Cela s’observe dans l’urbanisme et le schéma de développement des villes.
Le déploiement de l’urbanisme chinois est très intéressant et nous a frappé dès notre arrivée par sa structure. Les villes chinoises ont connu une énorme extension durant les dernières décennies. La population urbaine de la Chine a triplé au cours des 35 dernières années, passant de 310 millions d’habitants en 1990 à 947 millions aujourd’hui. Il a donc fallu loger dans les villes chinoises en 35 près de 10 fois la population totale de la France. Ces villes constituent aujourd’hui des ensembles urbains un cran au dessus de ceux de l’Europe. Sur le classement des 100 premières métropoles mondiales, l’ensemble de l’Europe en place 5, dans l’ordre Moscou (14 millions d’habitants), Londres, Paris, Madrid et St Pétersbourg. La Chine en place 17, dont 2 (Guangzhou – 30 millions d’habitants et Shanghai – 28 millions d’habitants) dans les 10 premières. L’essentiel de la croissance démographique de ces aires urbaines est désormais réalisée. Il est intéressant de voir comment celle-ci a été planifiée et gérée et comment la Chine entend désormais gérer progressivement gérer le renouvellement urbain afin d’améliorer la qualité de vie des habitants, selon le principe des villes « construite par et pour le peuple ».
La croissance accélérée des grandes métropoles soulève partout dans le monde des problèmes écologiques, sanitaires et économiques majeurs. On sait que, historiquement, les villes ont été installées par la plupart des civilisations sur les terres fertiles. L’extension des villes consomme donc ces terres fertiles. L’artificialisation massive de grandes aires urbaines crée également des problèmes de gestion de l’eau (rareté en période de sécheresse car connsommation excessivement concentrée) et inondations en périodes de pluies intenses car le sol a perdu sa capacité d’absorption.
La Chine n’a pas réglé ce problème en interdisant l’artificialisation des sols mais en la contrôlant. Les problèmes que nous essayons de résoudre de manière maladroite par des lois, comme la lutte contre l’artificialisation des sols, le maintien de la biodiversité et la bonne gestion de la ressource en eau, ont été réglés ici par la planification.
Dans toutes les villes que nous traversons, nous observons plusieurs aspects :
1) le centre historique est demeuré la partie relativement plus vétuste, entourée d’une périphérie qui frappe par son modernisme.
2) En première périphérie, se trouve un mélange de quartiers de bureaux, de parcs verdoyants et d’habitations.
3) En seconde périphérie, un mélange dominé par de vastes zones vertes, dont d’importantes zones agricoles, et parsemé de zones d’habitations, organisées par grappes, formant des villes nouvelles tout autour de la ville centre.
4) Les quartiers d’habitations modernes sont constitués de séries d’immeubles de 20 à 30 étages, quasiment tous climatisés, formant des ensembles homogènes
5) L’ensemble de ces éléments sont reliés par un réseau multimodal de transport et par un vaste réseau de larges routes et autoroutes. Les transports incluent un réseau de trains de banlieue rapides (jusqu’à 160 km/h) et de métro (à Shanghai, il est prévu que 58 % des habitants soient à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro), complété par un vaste réseau capillaire d’autobus assurant la desserte fine.
Ainsi, les zones artificialisées sont limitées et réparties au milieu d’un espace vert à vocation écologique et agricole dominant à la périphérie des villes.
Cette organisation découle de plusieurs principes urbanistiques :
1) Ne pas laisser les villes s’étendre de manière sauvage mais maîtriser l’expansion urbaine
2) Créer des villes satellites, dans lesquelles on peut vivre, travailler et se divertir sans aller dans la ville-centre (« villes 15 minutes »)
3) Créer autour des villes centres des « ceintures vertes » et des « couloirs écologiques » obligatoires et très vastes, qui contribuent à la lutte contre la pollution, au maintien de la biodiversité, à la gestion de l’eau, à la sécurité alimentaire et à la qualité de la vie des habitants. La périphérie forme ainsi une zone intermédiaire entre l’urbain et le rural, sans l’étalement urbain des zones pavillonnaires que nous connaissons en France et plus généralement en occident.
La Chine a ainsi également développé un vaste réseau de trains à grande vitesse pour relier ces villes les unes aux autres. Ces trains sont rapides, nombreux. Ils permettent de se déplacer rapidement entre les grandes métropoles, mais n’oublient pas de desservir – quitte à perdre quelques dizaines de minutes sur le trajet global – des villes moyennes (de moins d’un million d’habitants à l’échelle de la Chine). Il est ainsi fréquent d’avoir un arrêt tous les 80 ou 100 km. La desserte est pensée dans son ensemble afin de répondre aux besoins globaux de la population. Les moyens (lignes, gares et trains) sont dimensionnés pour cela, avec un réseau, une quantité de rames et des dimensions de gares stupéfiantes. L’ensemble est opéré sans créer de concurrence artificielle entre les villes mais au contraire pour obtenir un développement cohérent et harmonieux entre elles.
Ce principe d’organisation permet également d’organiser une logistique, un système de transport et l’ensemble des éléments de vie sociale avec à la fois qualité et coût réduit, d’autant que l’ensemble du développement est pensé en amont. Au lieu d’opposer le développement à l’écologie, les deux sont pensés et déployés ensemble, par la planification de longue durée. Le problème du renouvellement des centres urbains plus anciens peut ensuite être abordé dans la durée, une fois que ces centres ont été désengorgés.
Comme on peut l’imaginer, cette organisation urbaine est à la fois qualitative, écologique et fonctionnelle. Elle répond à un double objectif d’harmonie et d’efficacité, très caractéristique de la culture chinoise. Dans la pensée chinoise, le passé n’est pas fétichisé. Il est une base pour s’ancrer dans le présent et se projeter dans l’avenir. Il n’y a pas d’opposition entre développement et écologie, mais nécessité de penser le développement afin qu’il résolve les problèmes écologiques. Il n’y a nulle part d’opposition non plus entre le riche patrimoine historique et culturel de la Chine mais articulation entre patrimoine, culture historique et modernité. Cette capacité à s’ancrer dans une culture millénaire pour penser la modernité et s’y adapter est tout à fait saisissante et elle plonge ses racines dans l’histoire longue de la Chine, qui, il y a déjà plus de deux mille ans, bâtissait des infrastructures tout à fait impressionnantes, comme le système d’irrigation et de contrôle des crues de Dujiangang, près de Chengdu ou le grand canal Hangzhou – Beijing.
La France a su aussi, a des périodes clés de son histoire, allier tradition et modernité, trouver en elle-même les ressources de son avenir par son inventivité et son esprit créatif. Ce fut une contribution essentielle des communistes, dans la période 1945 – 1946, que de jeter les bases d’une vaste modernisation de notre pays. Cela mena la France à établir le meilleur système de production électrique d’Europe,à maîtriser l’énergie nucléaire, à inventer le train à grande vitesse, à créer une industrie aéronautique de premier plan, à conquérir l’espace proche et à deux doigts d’inventer internet.
La France n’a pas perdu ses capacités, mais un vaste sursaut est nécessaire. Il devra s’appuyer sur la modernisation de 1945 mais aussi tirer les leçons du vaste recul dans lequel l’anti-communiste, le réformisme et le libéralisme nous ont enfermés depuis 50 ans.
« Robespierre dans la mémoire populaire, aujourd’hui » c’est le thème de la conférence qui a été donnée par Pierre Outteryck de l’association des Amis de Robespierre samedi 25 juillet à 11 heures au Panthéon (Paris 5e).
Par Pierre Outteryck de l’association des Amis de Robespierre (ARBR).
Le manque de temps consacré à la Révolution et à Robespierre dans les établissements d’enseignement publics et privés favorise la méconnaissance de notre histoire. La Liberté, l’Égalité, la Souveraineté populaire et la Laïcité sont les piliers de notre République.
Maximilien de Robespierre naquit en 1758 à Arras. Il est pétri des textes de Rousseau et du Siècle des Lumières, porteurs de l’émancipation universelle de l’Humanité. Avocat dès 1781, il défend la mise en place d’un paratonnerre, symbole du progrès scientifique, à Saint-Omer menacé de destruction par les échevins. En novembre 1783, il entre à l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras dont il est élu directeur en 1786. Continuer la lecture de Perpétuer le leg révolutionnaire de Robespierre
Malgré la canicule et le souffle brulant dont elle nous enveloppe, alors que se multiplient les images d’apocalypse d’une France en proie aux flammes, je m’obstine à aller au cinéma. la Bataille de Gaulle, comme la guerre, le deuxième épisode « j’écris ton nom ». j’avais lu des compte rendus enthousiastes même dithyrambiques proclamant qu’il y avait là une ouverture grandiose sur l’Histoire des deux épisodes de Baudry . Dans ces temps de défaite et de trahison, on pouvait se réjouir de voir célébrée la France qui n’aurait jamais arrêté de se battre et la permanence de l’Etat républicain, de ce point de vue le parti pris était intéressant. Oui l’action de De gaulle, relayée par celle de deux hommes Leclerc et Jean Moulin, aujourd’hui bradée, nous a assuré un siège aux Nations Unies une place parmi les vainqueurs et plus tard l’application du programme du CNR. La France jusqu’à Macron n’a pas eu de bases de l’Otan, ne les a pas partagées du côté d’Ormuz, et a eu sa propre dissuasion, elle a même un temps, rompu par Sarkozy, déserté le commandement de l’OTAN, refusé de participer à des aventures en Irak… Prononcé le discours de Phnom Penh . Mais s’il est juste de le célébrer, il est intolérable que l’air du temps s’impose, celui d’un négationnisme du rôle des peuples et de la lutte des classes dans les guerres. Ainsi est-ce que sans les communistes, sans ce qui les a précédés, et ce depuis Valmy, la résistance patriotique de la Commune, peut-on concevoir un modèles républicain universaliste dans l’émancipation et vraiment souverain. Comment peut-on l’oublier et au nom de quoi ce film prétend le gommer ? ce ne sont pas seulement les communistes, l’Union soviétique est également niée, Stalingrad, l’avancée de l’armée rouge et même la manière dont Staline a soutenu la France, est gommé dans ce huis clos de ce qui devient un théâtre de boulevard où l’on retrouve l’histoire de la III e République, celle de Lavisse débouchant sur le pire et le meilleur de l’endoctrinement républicain.
Pourtant le parti pris adopté par Baudry aurait dû faire la part belle aux communistes, comme à l’URSS. puisqu’il s’agit de la manière dont grâce à l’action déterminée de quelques individus la France a échappé au partage et à la mise en tutelle atlantiste qui va désormais gérer le monde en s’accommodant des fascistes. Continuer la lecture de AUX COMMUNISTES LA PATRIE PEU RECONNAISSANTE par D. Bleitracht
Cinquante-six ans après la publication de « la Reproduction » par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, le maintien de l’ordre social et le rôle de l’école font l’objet de nouveaux travaux de recherche.
Comment naissent les inégalités ? Comment se reproduit l’ordre social ? Quel rôle joue l’école ? Ces questions étaient au cœur d’une émission réalisée par l’humanite.fr qui a réuni les sociologues Bertrand Geay et Monique Pinçon-Charlot et l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, autour de la Reproduction au XXIe siècle, ouvrage collectif sur l’actualité de la sociologie de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.
Toujours dans le cadre de ce week end dont les publications insistent sur la propagande dont nous sommes les victimes – et qui a souvent existé surtout en période de guerre (1)- mais qui prend aujourd’hui alors que la guerre n’est pas déclarée officiellement, une dimension telle que l’avenir de l’humanité est clairement posé face à la fascisation dont une partie de la gauche se fait un des vecteurs.
Entre 2009 et 2012, l’essayiste Raphaël Glucksmann, un de ceux que l’on tente de transformer en « présidentiable » fut l’indispensable « conseiller spécial » du président pro-Occident Mikhaïl Saakachvili, au point d’être au cœur de discussions sur l’importation d’armes… Comment un trafiquant d’armes, celui qui a collaboré avec une marionnette de l’occident cocaïnomane notoire qui après la Georgie a sévi à Odessa, partout chassé parce que devenu par ses vices incontrôlable peut-il être en France un des visages de la « démocratie » et de la gauche ? Voire plus fantastique encore celui d’un défenseur des droits de l’homme. juil. 13, 2026 (1) Marc Bloch avait écrit un texte célèbre sur les rumeurs dans les tranchées de la première guerre mondiale, nous sommes bien dans « une guerre de position » aujourd »hui.
par Danielle Bleitrach (Source : marcendeweld.substack.com) Enquête sur les années géorgiennes de Raphaël Glucksmann publiée en avril 2024 dans Marianne.
Depuis qu’ils ont été élus, les maires d’extrême droite retirent les subventions aux associations qui leur déplaisent, tentent d’imposer leur vision de la culture ou encore s’attaquent aux libertés syndicales. Bilan provisoire.
Marine Le Pen, désormais candidate à l’élection présidentielle, prétend défendre « notre modèle social » et des « services publics de qualité ».
Or, les politiques concrètement mises en œuvre dans la soixantaine de villes gérées par le Rassemblement national (RN) montrent le contraire.
Par exemple, le maire RN de Montargis (Loiret) a stoppé la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer. Ailleurs, ce sont des centres sociaux ou le Planning familial qui sont fragilisés.
À Carpentras (Vaucluse), la ferme municipale, qui produisait en bio des légumes servis dans les cantines scolaires, a été fermée par le maire RN.
Côté culture, dans plusieurs villes d’extrême droite, des festivals de musique ou de cinéma sont annulés, des expositions déprogrammées. À Moissac, le maire RN a même déclaré : « On ne va pas financer des événements pour découvrir la culture des Papous ! »…
Les maires lepénistes s’attaquent aussi à de nombreux symboles, comme la cérémonie du 1er Mai en mémoire des mineurs morts à Liévain (Pas-de-Calais) ou celle de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Vierzon (Cher).