La crise mondiale des carburants ne fait que commencer.

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Histoire et société

Le marché pétrolier a cessé d’être un marché au sens classique du terme. C’est un champ de bataille où les prix ne sont plus déterminés par l’offre et la demande, mais par la capacité d’un acheteur donné à trouver un vendeur donné. La grande crise des carburants ne fait que commencer, et la question principale n’est plus de savoir combien coûtera le baril, mais qui pourra se le procurer. Description saisissante de la manière dont les politiques bellicistes des USA suivies par des alliés eux mêmes victimes nous entraînent dans une spirale abyssale.

par Gleb Prostakov, analyste d’affaires

Publié par Danielle Bleitrach, Source : vz.ru

La situation au Moyen-Orient continue de déstabiliser les marchés pétroliers mondiaux. Les prix ont de nouveau dépassé les 100 dollars le baril, et le prix du diesel aux États-Unis a atteint des sommets historiques, des niveaux jusque-là réservés aux récits dystopiques comme « Je suis une légende », dont on se souvient que le monde s’est effondré. Face à cette incertitude extrême, JP Morgan s’est trouvé dans l’incapacité d’établir un scénario de référence pour les marchés pétroliers.

Parallèlement, les principaux acheteurs de pétrole russe s’interrogent : lesquels d’entre eux seront la cible de nouvelles sanctions draconiennes imposées par Trump ? Continuer la lecture de La crise mondiale des carburants ne fait que commencer.

FACE AUX MENSONGES DE MACRON « CHEF DE GUERRE EUROPÉEN « IL Y A EU FABIEN ROUSSEL (Lettre CR aux communistes)

NDLR de Démocrite « de la vie de la cité à …. »:

L’article ci après, la lettre compte rendu aux communistes de Fabien Roussel et les renvois qui s’y trouvent revêtent une importance particulière dans le moment international que nous vivons. Nous ne pouvons rester indifférent à la modélisation d’un monde qui n’aurait comme perspective que la guerre pour le plus grand profit du Capital et de ses affidés aux relents fascisants. Nous voulons la PAIX!

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Histoire et société

Certes nous sommes face à un tel scandale que l’on aurait souhaité une représentation nationale d’une autre envergure mais il faut aussi savoir voir qu’une fois de plus il n’y a que les communistes et leur leader Fabien Roussel pour défendre les travailleurs, la population française, refuser toute xénophobie et en partant de ce positionnement de classe prendre de la hauteur et exiger la paix, l’ouverture immédiate de négociation. mais écoutez en fin la vidéo de Fabien Roussel et comparez là à cette forfaiture. Vous pouvez même remarquer comme il a souhaité rassembler les Français sans la moindre position politicienne.

Publié par Danielle Bleitrach

Macron qui ne sait plus comment se sortir de la crise qu’il a provoqué puisque nous le répétons ce que nous savions en janvier des conséquences d’Ormuz auquel il feint d’être étranger alors que nous avions dénoncé dès cette époque le fait que nous nous retrouvions cobelligérants pour être installés aux côtés de l’armée américaine dans des bases dont la France ignorait tout et ayant promis en particulier aux émirats, une intervention. Continuer la lecture de FACE AUX MENSONGES DE MACRON « CHEF DE GUERRE EUROPÉEN « IL Y A EU FABIEN ROUSSEL (Lettre CR aux communistes)

Sarah ou Fatima (44 ans déjà!)

16 septembre 1982 : Début des massacres de Sabra et Chatila.
Pendant trois jours, dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, à Beyrouth-Ouest, des milices phalangistes libanaises, alliées d’Israël, massacrent plusieurs milliers de civils palestiniens et libanais.
Ce crime est rendu possible par l’occupation israélienne de Beyrouth, commandée par Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, qui laisse les milices entrer et boucler les camps. Hommes, femmes, enfants, vieillards : nul n’est épargné.
Sabra et Chatila restent, dans la mémoire collective, le symbole d’un crime impuni, mais aussi d’une exigence universelle : celle de la justice pour la Palestine et contre l’impérialisme et le colonialisme.

 

Sarah ou Fatima

Que tu t’appelles Sarah

Ou bien Fatima

Qu’importe ton prénom

La mort t’emporte en un sourire

Que de la pierre surgisse la colère…

Je ne saurais jamais,

L’exacte liberté

Une empreinte un visage

La montagne levée au bras de l’assassin

Que de la pierre surgisse la colère…

Mais je me souviendrais

La peur au ventre, de ta course

Une folle lueur dans leurs yeux

Les fusils braqués, prêts à tirer

Que de la pierre surgisse la colère…

Dans la nuit, je te verrais

Absentes, dans ces rues

Sous la poussée de l’assaut

Le feu, les horreurs subites

Que des cendres surgissent les pierres…

Le lendemain, à l’actualité

Présente, sur tant de télé

Les os brisés, la chair béante

Des blessures jetées à mon visage

Que des cendres surgissent les mots…

Que tu t’appelles Sarah

Ou bien Fatima

Qu’importe ton prénom

La mort t’emporte sur un sourire

Que mes mots…  Mes mots servent de pierres…

Maximilien, Septembre 1982

Après les canicules et la sécheresse, que faire ? : table ronde avec Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal

Après un été marqué par des canicules et des sécheresses hors normes, l’urgence climatique ne peut plus être pensée comme une simple parenthèse à gérer. Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal interrogent les réponses immédiates à apporter, mais aussi les transformations économiques, sociales et démocratiques indispensables pour s’attaquer aux causes du dérèglement.

La sécheresse a touché l’ensemble de la France cet été. Le lac des Brenets, à la frontière franco-suisse, s’est retrouvé à sec dès le mois de juillet.
© Fabrice COFFRINI / AFP

Canicules à répétition, sécheresses, incendies : l’été 2026 a donné un avant-goût d’un dérèglement climatique appelé à s’intensifier. Mais comment éviter que l’adaptation à l’urgence ne serve de prétexte à renoncer à agir sur ses causes ? La climatologue Yamina Saheb, le sociologue Alain Bihr et Amar Bellal, coauteur du plan « climat-empreinte 2050 » du PCF, confrontent leurs analyses. Tous mettent en avant, au-delà des réponses techniques, la nécessité de transformer profondément nos modes de production, de consommation et d’organisation collective.

Lire aussi: La sécheresse et la crise alimentaire: comprendre les mécanismes réels

Après cet été qui nous est apparu hors normes, sommes-nous vraiment entrés dans un nouveau régime climatique ? Continuer la lecture de Après les canicules et la sécheresse, que faire ? : table ronde avec Yamina Saheb, Alain Bihr et Amar Bellal

Mort de Tony Gatlif : le cinéaste nomade qui filmait la vie en toute liberté

Tony Gatlif, réalisateur entre autres de Latcho Drom et de Gadjo Dilo, est mort à l’âge de 77 ans. Il a filmé le peuple gitan comme personne. Souvent récompensé, prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2004 pour Exils, son cinéma était une ode à la musique, à la vie, à la liberté.

Après une rencontre incroyable avec le grand Michel Simon, il suit des cours d’art dramatique. Il apprend ses textes phonétiquement, lui qui avait pratiqué l’école buissonnière et savait à peine lire. ©Franck CRUSIAUX/REA

Il est né Boualem Dahmani à Alger, le 10 septembre 1948, d’un père kabyle et d’une mère gitane. C’est bien plus tard qu’il s’appellera Tony Gatlif. Il a grandi dans le quartier populaire de Belcourt avant de quitter son pays natal, direction Paris. C’est un minot de 12 ans qui débarque, seul, gare de Lyon, sans port, sans attache. Continuer la lecture de Mort de Tony Gatlif : le cinéaste nomade qui filmait la vie en toute liberté

Le développement de la réflexion se poursuit à l’Université d’été du PCF

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Histoire et société

Avant de développer en détail le contenu d’un certain nombre d’ateliers et discussions très importants qui ont pu avoir lieu durant l’Université d’Eté 2026 du PCF, voici quelques éléments d’ordre généraux sur ce que ma perception des échanges indique de l’état du parti, du développement de la réflexion collective après le 40ème congrès et sur les perspectives de préparation de la campagne électorale. Compte tenu de l’accélération de la crise internationale, des conséquences qui commencent à se faire sentir sur les prix des marchandises et sur la disponibilité d’un certain nombre de matières premières industrielles et agricoles, celle-ci ne sera pas le déterminant unique de la vie politique, mais sera systématiquement percutée par cette crise et les développements de la lutte des classes qui s’en suivront. L’évolution du parti est pleine de contradictions, mais elle est elle-même travaillée par cette accélération des crises internationales et nationales.

Par Franck Marsal

Personne ne peut assister à tous les ateliers, ma perception s’appuie sur ce à quoi j’ai assisté, ce dont j’ai échangé avec un certain nombre de camarades et à ce titre, elle reste personnelle et subjective.

1er élément : bien sûr, rien n’est gagné, rien n’est obtenu sans un travail acharné et le cas échéant, un certain niveau de combativité est nécessaire pour obtenir qu’un atelier ait lieu, même s’il porte sur une des avancées majeures du congrès (le socialisme), pour que le choix des intervenants reste conforme au projet présenté, etc. C’est ce que nous avons vécu très concrètement. Et nous avons également bien perçu que, selon le sens et l’origine des propositions, le traitement reçu n’est pas identique. Continuer la lecture de Le développement de la réflexion se poursuit à l’Université d’été du PCF

A propos du discours de Fabien Roussel, en bref ce qui est convaincant par Danielle Bleitrach

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Histoire et société

Il me semble que nous avons tous intérêt, et les militants communistes au premier chef, à bien mesurer ce qu’une telle orientation exige de ceux qui s’engagent. D’abord à arrêter de se situer seulement par rapport aux autres candidats dans une guéguerre qui personnellement me donne envie de fuir. Ce discours était d’une autre tenue. Laissons les polémiques sordides à ceux qui ne vivent que de ce type de politique : une des forces du discours de Fabien Roussel a été de s’élever au-dessus de cette foire d’empoigne et de s’inscrire pleinement dans cette bataille électorale, tout en ne restant pas enfermé dans cette échéance, et surtout dans les jeux politiciens des plateaux de télévision. Il a été très pragmatique et a insisté sur les luttes de la rentrée, ce qui peut empêcher l’étranglement du capital contre le travail, les ménages, les vieux, les jeunes, un calendrier.

Voilà pour l’immédiat, l’incontournable, mais il y a la perspective.

Là il a lié étroitement son programme de candidat à une perspective dans laquelle les propositions du PCF ont une tout autre dimension:

CUBA: Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro

Du 10 au 13 août, La Havane a accueilli le premier colloque international « Fidel : héritage et avenir », à l’occasion du centenaire de la naissance de Fidel Castro. Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) y participait dans le cadre des brigades internationales organisées par l’Union des jeunes communistes de Cuba (UJC). Nous publions le discours prononcé à cette occasion par Rachel Delamare.

Plus de 1 500 délégués, dont quelque 900 étrangers venus de 63 pays, se sont réunis au Palais des congrès de La Havane pour ce premier colloque international consacré à l’œuvre et à la pensée du dirigeant historique de la Révolution cubaine. La séance inaugurale a été ouverte par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République.

Colloque international « Fidel : héritage et avenir » – La Havane, 10 Aout 2026

Nous sommes ici parce que la pensée de Fidel reste la boussole la plus précise dont nous disposons pour traverser la tempête que traverse actuellement le peuple cubain.

Miguel Díaz-Canel Bermúdez

Quatre jours durant, forums sectoriels et débats se sont succédé : rencontre des chaires Fidel Castro Ruz, forum parlementaire, forum des femmes, forum des artistes et des intellectuels, forum « Fidel et la politique étrangère de la Révolution cubaine ». Le président cubain a également participé au forum des jeunes « Je crois en vous », convoqué par l’UJC, où il a lancé un appel aux délégations étrangères. Continuer la lecture de CUBA: Le discours du MJCF au colloque international pour le centenaire de Fidel Castro

Franco: Plus de cinquante ans après, pourquoi les crimes de son régime fasciste n’ont jamais été jugés?

Qui d’autre que lui, en Europe, peut prétendre avoir réussi, par l’argent et par la ruse, à s’acheter une respectabilité auprès des grandes puissances, en dépit des fleuves de sang qu’il a fait couler ? Plus de cinquante ans après la mort du Caudillo, les innombrables crimes de son régime fasciste n’ont jamais été jugés. Loi d’amnistie, relation privilégiée avec les États-Unis, tourisme de masse ou encore football… Tant de stratagèmes qui lui ont permis d’être le chef d’orchestre de la plus longue dictature du XXe siècle.

Sur le pavé madrilène en 2025. Plus de cinquante ans après la mort du dictateur, les restes de 140 000 victimes disparues demeurent non identifiés.
© Richard Zubelzu/ZUMA Press 

C’est l’histoire d’un type qui « est mort dans son lit ». Et puis voilà. « Les institutions espagnoles, l’administration, l’armée, relate l’historienne Cristina Sanchez, se sont couchés en fascistes et se sont réveillés le lendemain matin en soi-disant démocrates.

Les leviers du pouvoir sont restés entre les mêmes mains, et les familles qui s’étaient enrichies durant la dictature ont conservé leurs propriétés et leur influence. » Franco est mort. Le franquisme a gagné. Continuer la lecture de Franco: Plus de cinquante ans après, pourquoi les crimes de son régime fasciste n’ont jamais été jugés?

Le virage à l’extrême droite en Europe par Andreas Piqueras (in Hist & Soc)

Lorsqu’un mode de production, une civilisation ou une société simple décline, ses manières de gérer les affaires sociales deviennent plus rigides et violentes, et les relations entre les différentes entités constitutives du Système tendent à se militariser.Cette analyse est pertinente à bien des égards : dans le fond elle revient à dire qu’une classe dirigeante sur son déclin est en train de tenter d’enfermer dans la peur et dans la haine ses malheureux concitoyens, une sorte de cauchemar de mort et de déclin dans lequel il ne faut absolument pas se complaire mais au contraire comme nous le faisons aujourd’hui et le plus souvent nous mettre en position de reconstruction.

Publié par Danielle BleitrachSource : www.elviejotopo.com par Andrés Piqueras

Le désespoir même de tenter d’enrayer son déclin, l’exacerbation de la concurrence avec les autres pour l’acquisition des ressources (d’autrui), s’est généralement accompagné de la prééminence de la composante thanatos de tout ordre social inégalitaire, ainsi que de l’accélération de l’effondrement des sociétés, du repli autoritaire des élites, de la prévention et, le cas échéant, de la répression des troubles sociaux et des soulèvements populaires qui en découlent.

Rien de nouveau, donc, dans ce qui se passe à notre époque avec la dégénérescence du mode de production capitaliste et de la civilisation qu’il a engendrée. Dès lors que le capitalisme peine à développer les forces productives et, par conséquent, à subvenir aux besoins sociaux, il révèle précisément le contraire : la corrosion de la société même dont il tire sa subsistance et la promotion généralisée de la pauvreté, des difficultés et de la mort. Et aussi une inégalité, une inégalité monstrueuse comme l’humanité n’en a jamais connue (et c’est peu dire).

La métamorphose guerrière des élites devient elle aussi plus évidente, plus totale, plus omniprésente.

Mais dans un mode de production devenu mondialisé, les conséquences acquièrent également un caractère universel. Par la militarisation et la guerre, non seulement la production de mort est rationalisée et accélérée par l’expérimentation et le perfectionnement de nouvelles technologies, mais, plus important encore, la multiplicité des formes de production et d’appropriation qui coexistent dans le capitalisme à l’échelle mondiale est contrainte de servir la loi de la valeur ou, à défaut, celle de la croissance financiarisée, renforçant et complétant ainsi l’ensemble des divisions mondiales du travail (sociale, internationale, de genre, ethnoculturelle, etc.).

Car la financiarisation de l’économie (qui n’est rien d’autre qu’un indicateur du déclin productif du mode de production capitaliste) ne peut se maintenir que par la violence explicite des armes, tout en en faisant un commerce fictif croissant.

« …[L]e plus grand transfert de richesse de l’histoire (…) Nous assistons à la financiarisation absolue de la guerre, un système où l’architecture même du crédit est mathématiquement conçue pour rendre la paix économiquement non viable et le conflit armé une nécessité permanente, structurelle et, surtout, extraordinairement lucrative (…)

La paix n’est pas profitable à BlackRock ; elle représente un risque systémique qui menace de faire s’effondrer son modèle économique. Par conséquent, la militarisation des banques n’est pas qu’une simple politique économique ; c’est la déclaration de guerre de la finance contre la société, la transformation définitive de la mort en l’actif financier le plus parfait, et la confirmation que, dans le nouvel ordre mondial, la seule guerre qui compte est celle qui se livre sur les bilans des banques » ( La militarisation du système financier international – je recommande vivement la lecture de cet article de Marcó del Pont pour comprendre les subtilités du pillage des sociétés par la finance, les armes et la guerre, ainsi que l’explication de la Banque de défense, de sécurité et de résilience de l’OTAN, dont nous avons déjà parlé sur ce blog : LA GUERRE TOTALE ENTRE DANS UNE NOUVELLE PHASE D’INTENSIFICATION – blog d’Andrés Piqueras –).

Les hypermonopoles, largement financiarisés, ont besoin de la guerre comme arme d’autoconservation, une machine de guerre improductive et en constante expansion grâce à laquelle ils comptent s’enrichir, voire se renflouer. Par conséquent, ils nous entraînent vers un hyper-impérialisme qu’ils entendent financer en grande partie aux dépens des sociétés déjà exploitées du monde. Pour y parvenir, ils doivent impliquer toujours plus les États.

C’est ainsi que l’OTAN agit avec ses membres : en les forçant à augmenter leur budget de la mort. Cela entraîne certaines particularités :

« Le marché militaire présente une caractéristique très particulière : son principal client est l’État. Un citoyen peut décider de ne pas acheter de voiture. Une entreprise peut reporter la mise à niveau de son parc informatique. Mais lorsqu’un gouvernement prend un engagement international à atteindre un certain pourcentage des dépenses militaires, la demande est politiquement garantie. Ce mécanisme réduit considérablement le risque commercial. »

Les États financent la recherche, accordent des prêts, effectuent des paiements anticipés, garantissent des commandes pendant des années et renflouent parfois des projets dont les coûts ont explosé. Par la suite, les entreprises conservent les brevets, exportent les produits et distribuent les bénéfices à leurs actionnaires. Il s’agit d’une relation particulièrement avantageuse pour le capital privé : le public assume une grande partie du risque technologique et financier, tandis que l’appropriation des bénéfices reste privée. [ (I) OTAN 3.0 : QUAND LA « SÉCURITÉ » DEVIENT UN FABULEUX SECTEUR DE CINQ MILLIARDS | Canarias-semanal | Source d’information alternative numérique à vocation internationale et mise à jour quotidiennement ].

Cette reproduction élargie du capital s’enlise de plus en plus, notamment face au déclin des principales puissances impériales. La croissance militarisée cherche à pallier cette stagnation, entre autres mécanismes, par l’intensification du pillage des ressources d’autres pays, la destruction massive des moyens de production et du capital fixé au territoire (infrastructures), ainsi que par l’exacerbation de l’exploitation des populations, l’extorsion d’un tribut économique via la dette dollarisée (payée par l’imposition de mesures de récession et d’austérité dans chaque pays) et le recyclage des dollars provenant du reste du monde grâce aux mécanismes bancaires, financiers et monétaires rendus possibles par le statut de monnaie internationale détenu par le dollar et sa domination sur le système international de compensation des paiements (SWIFT). Autrement dit, cette croissance militarisée vise à assurer la domination des principales puissances capitalistes – et en particulier des États-Unis – afin de continuer à obtenir des « profits extractifs », c’est-à-dire des profits obtenus par l’exploitation des richesses d’autrui, ainsi que des ressources naturelles et énergétiques qui leur permettent d’atténuer le déclin économique.

Mais les dépenses consacrées à l’armement et à la militarisation ne servent pas uniquement une fonction économique ; elles ont aussi un but de contrôle social, par la production de la peur, la création de subjectivités soumises et l’instauration d’une discipline sociale. La guerre, en exaltant la subordination et le commandement, contribue à forger des mentalités conservatrices ; la militarisation favorise les forces réactionnaires au sein de chaque société, encourage un respect aveugle de l’autorité et enseigne et impose un comportement conformiste et soumis, car les opinions dissidentes sont souvent perçues comme antipatriotiques, voire comme traîtresses. Il s’agit de gérer la main-d’œuvre en vue de sa déclassification, de la « nationaliser » (à l’image d’une armée de « citoyens-soldats »), par sa « mobilisation totale » et la subordination conséquente de toute la société à la production de la mort.

Le glissement à l’extrême droite des sociétés est le résultat escompté de cela, du moins comme première étape avant un processus de fascisation sociale nouveau, plus étendu et plus profond (selon l’évolution des corrélations des forces sociales et les vicissitudes de la guerre totale ou de la guerre systémique permanente à long terme déclenchées par ce mode de production).

Rien de ce qui se passe en Europe à cet égard n’est donc « accidentel » ni simplement dû à la popularité soudaine des partis « ultra-extrêmes ». Il s’agit d’un plan systémique d’envergure, bénéficiant de financements massifs et d’une véritable manipulation sociale.

Il en résulte cette liste inquiétante de partis d’extrême droite au gouvernement (en tant que parti principal ou partenaire clé) [2024-2026] :

  • Italie – Fratelli d’Italia (FdI). Parti dominant du gouvernement de Giorgia Meloni.
  • Slovaquie – SNS (en coalition avec Smer-SD). Parti nationaliste d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale de Robert Fico.
  • Pays-Bas – PVV (Partij voor de Vrijheid). Force centrale du nouveau gouvernement de coalition, décrit comme le plus à droite de l’histoire des Pays-Bas.
  • Finlande – Perussuomalaiset (Parti des Finlandais). Partenaire clé de la coalition gouvernementale, classé comme « populiste d’extrême droite ».
  • Croatie – Domovinski pokret (Mouvement de la Patrie), parti nationaliste d’extrême droite, partenaire du gouvernement.
  • République tchèque – ODD + partenaires d’extrême droite.
  • Suède – Sverigedemokraterna (SD). Deuxième force parlementaire en importance ; ne fait pas partie du gouvernement, mais ce dernier dépend d’un accord de soutien et de confiance avec le SD.

De plus, ils sont considérés comme la principale force d’opposition ou la principale force en termes de votes :

  • France – Rassemblement national (RN). Principal parti d’opposition aux élections européennes de 2024 ; en tête des sondages nationaux.
  • Allemagne – Alternative für Deutschland (AfD). Deuxième plus grand parti au niveau national, le plus important dans plusieurs Länder de l’Est de l’Allemagne.
  • Hongrie – Fidesz (de l’ancien Premier ministre Orban) et le Mouvement Notre Patrie, tous deux appartenant au mouvement nationaliste d’extrême droite.
  • Autriche – Parti libre d’Autriche (FPÖ). Principal parti d’opposition, tant dans les sondages que lors de plusieurs élections récentes.
  • Pologne – Droit et Justice (PiS). Parti national-conservateur aux tendances d’extrême droite ; il a perdu le pouvoir en 2023 et constitue désormais la principale force d’opposition.
  • Roumanie – AUR. Parti ultranationaliste en pleine ascension, déjà bien représenté et occupant un rôle central dans l’opposition.

D’autres exemples de partis d’extrême droite bien implantés, sans toutefois constituer la principale force d’opposition formelle, incluent Vox en Espagne, Chega au Portugal et les partis fondamentalistes en Belgique, en Estonie, en Bulgarie, en Lettonie, etc. Ces partis ont obtenu d’excellents résultats aux élections européennes et nationales, mais ne représentent pas la principale force d’opposition dans tous les pays. Globalement, certaines études recensent une cinquantaine de partis d’extrême droite en Europe, présents dans presque tous les pays, à l’exception de l’Irlande et de Malte.

Les sbires du Système sont donc déjà à l’œuvre et commettent tous les ravages sociaux possibles. Dès lors, leur éventuelle évolution vers une nouvelle forme de fascisme dépendra de la rapidité et de la violence avec lesquelles la crise capitaliste se développera, ainsi que de l’issue de leur guerre systémique permanente.

Mais au-delà de cela, une preuve supplémentaire que la militarisation sociale, l’économie de guerre permanente, la financiarisation de la production de la mort et la guerre elle-même découlent de raisons systémiques inhérentes au mode de production capitaliste réside dans l’absence de différence de dépenses militaires entre les groupes de droite, d’extrême droite, sociaux-démocrates et néo-gauche au sein de ce système. Car le capital fait front commun en temps de crise, privilégiant toujours la violence. Plus encore si elle génère des profits immédiats, aussi illusoires soient-ils à moyen terme. Le tableau ci-dessous illustre ce phénomène.

Tableau 1: Dépenses militaires en Europe (milliards de dollars), % du PIB et gouvernement

Données approximatives 2024-2026 (selon le SIPRI, l’OTAN et la Banque mondiale). Dépenses exprimées en milliards de dollars américains. La caractérisation gouvernementale repose sur les sources elles-mêmes.

Les dépenses totales de l’UE consacrées à l’industrie funéraire (selon l’AED/Consilium) s’élevaient à environ 343 milliards d’euros en 2024. En 2025, elles atteignaient environ 418 milliards d’euros, soit une hausse de 62,8 % par rapport à 2020. Alors que ces dépenses représentaient 1,9 % du PIB de l’UE en 2024 (contre 1,6 % en 2023), elles sont passées à 2,2 % du PIB de l’UE en 2025.

Comme on le constate, aucune distinction n’est faite entre la militarisation et l’industrie de la mort parmi les diverses expressions politiques du capital (y compris ses homologues de gauche), qui se regroupent autour des intérêts de la classe capitaliste transnationalisée (et de plus en plus financiarisée). Ainsi, la guerre, la militarisation des sociétés, la destruction des services publics et des infrastructures, ainsi que l’appauvrissement généralisé et la destruction de l’environnement qui les accompagnent, se produisent de manière similaire (avec de légères variations d’intensité et de rapidité) dans toutes les formations socio-étatiques européennes.

Inventer l’ennemi russe, un ennemi persécuté depuis des décennies (comme nous l’expliquons ici : EST-IL TEMPS DE CHANGER LES RÈGLES DU JEU ? / SUR LE RÔLE MONDIAL DE LA RUSSIE ET ​​DE LA CHINE – Blog d’Andrés Piqueras ), est essentiel. Car la peur précipite la mort. Cela permet aux affaires du capital de se prolonger, malgré un tableau morbide de désolation et de cadavres.

Pour la gauche alternative, celles et ceux qui luttent pour dépasser le capitalisme, il est vital de reconnaître que la crise capitaliste est entrée dans sa phase de guerre mondiale, qui implique également la fermeture politique et le démantèlement des acquis historiques de la classe ouvrière. Il est essentiel, insistons-nous, de reconfigurer les tactiques, les voies, les procédures, les stratégies et les formes de lutte afin d’affronter et de vaincre les processus de mort , de (re)fascisme, que le Système déchaîne dans cette phase « finale ».

La société dans son ensemble devra, à son tour, se rendre compte d’une manière ou d’une autre que, dans un capitalisme enlisé et irrémédiablement belliqueux, lutter pour une paix anti-impérialiste revient nécessairement à lutter pour une forme de société supérieure : le socialisme.

Source : Observatoire des crises