Après une « dégradation brutale » de son activité, le groupe GiFi, dont les magasins emploient 6 000 personnes en France, a été placé à sa demande en redressement judiciaire, ce mardi 3 novembre, par le tribunal de commerce de Toulouse, suscitant une grande inquiétude au sein du personnel.

© Marie Hubert Psaila/ABACAPRESS.COM
La décision était attendue, l’enseigne de bazar GiFi a été placé, à sa demande, en redressement judiciaire mardi 3 novembre. Le tribunal ordonne une période d’observation de six mois du groupe français. Il lui donne rendez-vous le 8 janvier pour une nouvelle audience visant à « déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».
Malgré cette situation très tendue la direction se veut encore rassurante. Le nouveau président du directoire de GiFi, Patrick Puy, nommé le 12 octobre dernier a ainsi affirmé, dans une lettre consultée par l’AFP, que cette procédure n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ».
« Je suis sûr qu’il va y avoir des dégâts »
Un discours qui ne convainc pas les 6 000 salariés qui ont peur pour leurs emplois. « Quand je lis la formule de Monsieur Puy je comprends l’inverse. Je ne suis pas du tout optimiste, je suis sûr qu’il va y avoir des dégâts », confie l’un d’eux qui souhaite rester anonyme. « C’est le pouvoir de l’argent contre l’emploi qui se joue et trop souvent malheureusement on sait lequel gagne. »
GiFi a entamé sa descente aux enfers au tournant des années 2020 avec le rachat de Tati, les effets du Covid et enfin le changement de système informatique raté en 2023. « C’est sans compter la valse des dirigeants qui se sont succédé ces vingt-quatre derniers mois et qui tous se sont grassement rémunérés », tance le travailleur qui insiste : « Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables mais bien l’équipe de direction qui a pris de mauvais choix stratégiques avec en plus des animosités entre les responsables qui ont fini d’achever le tableau. »
Concurrence et fermeture de magasins
S’y est ajoutée la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet, comme le chinois Temu, ainsi que « des conditions météorologiques défavorables à compter d’avril 2024 (qui ont) pénalisé les ventes de produits saisonniers représentant environ la moitié du chiffre d’affaires du groupe », note le tribunal dans sa décision.
En 2025, l’enseigne, fondée par Philippe Ginestet en 1981, avait envisagé de réduire de 5 % ses effectifs, avant d’interrompre ce plan de licenciement. Elle a ensuite décidé de céder une trentaine de magasins au distributeur alimentaire Grand Frais, sur les plus de 500 qu’elle comptait alors.
Une nouvelle « dégradation brutale de l’activité en juillet et août 2026 » a suscité « un besoin de trésorerie non couvert estimé entre 25 et 30 millions d’euros à compter d’octobre 2026 », relèvent encore les magistrats, selon lequel les solutions envisagées pour combler ce manque « n’ont pu aboutir dans les délais requis ».
Un Comité social et économique doit se tenir mercredi 4 novembre. À l’ordre du jour devrait être inscrit la nomination d’un représentant auprès de l’administrateur du tribunal administratif. Mais pour l’heure « ce que nous voulons d’ores et déjà obtenir, ce sont nos salaires du mois d’octobre ! On nous les a promis le 5 novembre : s’ils ne sont pas versés, la situation sociale se tendra », prévient Pierre Laffore, délégué syndical CFDT.
GIFI : NON À LA CASSE DE L’EMPLOI !

Les communistes de Castelsarrasin expriment leur solidarité avec les salariés de GIFI et appellent à une mobilisation collective pour défendre les emplois.
Implantée depuis de nombreuses années dans la zone commerciale de Castelsarrasin, l’enseigne GIFI est aujourd’hui menacée par les difficultés que traverse le groupe, placé en redressement judiciaire. Cette situation fait peser de lourdes incertitudes sur l’avenir des magasins et de leurs salariés.
À Castelsarrasin, six emplois sont directement menacés. Au-delà de notre territoire, c’est tout un groupe qui est concerné : 600 emplois au siège de Villeneuve-sur-Lot, 513 magasins et près de 6 000 salariés à l’échelle nationale. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes, des familles et des bassins de vie qui risquent de subir les conséquences de cette situation.
Face à cette menace, nous refusons que les salariés soient les premières victimes des difficultés de l’entreprise. L’avenir de GIFI et de ses emplois exige une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs concernés : la direction du groupe, les représentants des salariés, les services de l’État et les acteurs économiques du territoire.
Les communistes de Castelsarrasin apportent leur plein soutien et leur solidarité aux personnels de GIFI Castelsarrasin. Nous sommes à leurs côtés pour défendre chaque emploi, exiger la transparence sur la situation de l’entreprise et demander que toutes les solutions possibles soient étudiées afin de garantir un avenir aux salariés et à leurs familles.
Nous nous tenons à leur disposition, comme à celle de l’ensemble des salariés concernés partout en France, pour contribuer à toute démarche collective visant à préserver l’emploi et à construire des perspectives durables.
L’emploi ne peut pas être une simple variable d’ajustement. Derrière chaque poste supprimé, ce sont des compétences, des parcours de vie et l’équilibre de tout un territoire qui sont fragilisés.
Solidaires, attentifs et déterminés, nous serons aux côtés des salariés de GIFI pour défendre leurs emplois et leur avenir.
Maximilien Reynès-Dupleix, Secrétaire de la Section PCF Castelsarrasin, Valence & Lomagne
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