Il me semble que nous avons tous intérêt, et les militants communistes au premier chef, à bien mesurer ce qu’une telle orientation exige de ceux qui s’engagent. D’abord à arrêter de se situer seulement par rapport aux autres candidats dans une guéguerre qui personnellement me donne envie de fuir. Ce discours était d’une autre tenue. Laissons les polémiques sordides à ceux qui ne vivent que de ce type de politique : une des forces du discours de Fabien Roussel a été de s’élever au-dessus de cette foire d’empoigne et de s’inscrire pleinement dans cette bataille électorale, tout en ne restant pas enfermé dans cette échéance, et surtout dans les jeux politiciens des plateaux de télévision. Il a été très pragmatique et a insisté sur les luttes de la rentrée, ce qui peut empêcher l’étranglement du capital contre le travail, les ménages, les vieux, les jeunes, un calendrier.
Voilà pour l’immédiat, l’incontournable, mais il y a la perspective.
Là il a lié étroitement son programme de candidat à une perspective dans laquelle les propositions du PCF ont une tout autre dimension:
le socialisme, le nôtre, celui qui dit d’où nous venons et où nous allons.
La réserve d’eau de Sainte-Soline a vu ses stocks intégralement évaporés par les fortes chaleurs de cet été. Un signe de fragilité qui questionne sur la capacité des mégabassines à aider l’agriculture face au changement climatique.
La Rochelle (Charente-Maritime), correspondance
Sainte-Soline, séchée par les canicules, est révélatrice de la fragilité des mégabassines face au changement climatique. Interdite de remplissage et d’utilisation depuis la décision de la cour d’appel de Bordeaux de décembre 2024, la réserve de substitution de Sainte-Soline s’était vue partiellement remplie par les pluies hivernales à hauteur de 50 000 m³.
Pour l’agroclimatologue Serge Zaka, l’agriculture française a atteint un point où l’adaptation ne peut plus se limiter à gérer les crises au coup par coup. Il appelle à un plan de long terme mêlant nouvelles filières, transformation des pratiques, restauration des sols et meilleure gestion de l’eau.
L’été 2026 montre les limites de notre modèle agricole.
Les canicules qui ont frappé le monde agricole cet été ne relèvent pas d’une crise dont les réponses pourront être ponctuelles. Serge Zaka alerte depuis longtemps sur l’absence de politiques de long terme. À ses yeux, il est urgent de s’adapter à l’horizon 2050.
Les canicules de cet été ont été qualifiées comme un nouveau « cap franchi » par le changement climatique. Est-ce le cas également pour l’agriculture ?
Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en biologie, agroclimatologue
Dans le Zugzwang, Danielle a décrit la situation de l’impérialisme en la comparant à celle du jeu d’échec (d’où provient le terme de zugzwang), lorsqu’un des joueurs, contraint de jouer, n’a face à lui que des coups qui vont progressivement dégrader sa situation et l’amener à la défaite. Dans ce genre de situation, on peut parfois gagner du temps en minimisant les risques, en étant patients et en favorisant la défense. A l’inverse, en adoptant une stratégie plus agressive, les pertes vont s’accélérer et un effondrement final de la défense devenir plus proche et plus probable.Continuer la lecture de le gouffre entre les discours et la réalité s’accroit encore par Franck Marsal
Le groupe lepéniste, qui refuse toute augmentation d’impôts, a permis aux macronistes de maintenir plusieurs cadeaux fiscaux aux entreprises et de repousser la taxe Zucman. Tout en prétendant défendre les « intérêts du peuple ».
Le 13 mai 2026, en entrant dans l’Hémicycle, les députés s’attendent à un après-midi plutôt tranquille. La proposition de loi à l’ordre du jour, visant à « soutenir l’innovation thérapeutique contre les cancers, les maladies rares et les maladies orphelines de l’enfant », est censée faire consensus.
Le taux de chômage atteint 8,3% au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an. Cela représente 261 000 chômeuses et chômeurs supplémentaires en douze mois. Le chômage des jeunes atteint 21,6 % et 671 000 personnes recherchent un emploi depuis plus d’un an.
Franck est rentré hier de Chine, et, au vu de ce qu’il a emmagasiné nous allons avoir pas mal de réflexions qui porteront sur deux points essentiels: 1- nous sommes loin de comprendre ce qu’est la Chine et la nature de son modèle de croissance ce qui est traité ci-dessous. 2- nous devons nous mêmes réfléchir dans un tel contexte à ce que signifie le socialisme et nos capacités à dépasser la simple référence à une nécessaire ré-industrialisation. Tout à fait d’accord avec Franck et cela correspond d’ailleurs à l’exigence d’une ré-interprétation du passé de l’expérience socialiste ses exploits et ses échecs parce qu’il est évident qu’il y a dans le socialisme une force prométhéenne que l’on nous a appris à sous-estimer. (Danielle Bleitrach)
Publié par Franck Marsal
Comme cela était souligné dans un article récemment publié sur Histoire&Société, le développement commercial international de la Chine a commencé par des industries de main d’œuvre, le textile notamment. C’était « des millions d’ouvriers et ouvrières chinois avec des machines à coudre ». Il est vrai que, autant que sa souveraineté, la Chine doit son développement économique d’abord aux travailleurs, ouvriers, paysans, techniciens, ingénieurs …
Dernier épisode en date de la révolte de la base démocrate contre une direction discréditée, Abdul El-Sayed, soutenu par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, a remporté la primaire dans le dixième État le plus peuplé du pays. Il affrontera en novembre un républicain pour un siège au Sénat des États-Unis.
Un « tremblement de terre » pour les uns, une « révolte », pour les autres. La victoire, mardi 4 août, d’Abdul El-Sayed confirme non seulement que la gauche a le vent en poupe dans ce cycle des primaires en vue des élections de mi-mandat de novembre, mais elle lui donne une dimension supplémentaire, indiscutablement nationale. Jusqu’ici, les candidats, socialistes proclamés ou populistes assumés, avaient battu, de New York à Denver en passant par Philadelphie, les représentants de l’establishment – sortants ou pas – dans des circonscriptions très « bleues » (la couleur du parti démocrate). Continuer la lecture de Victoire d’Abdul El-Sayed dans le Michigan : face à l’establishment démocrate, la nouvelle voie des insurgés
La sécheresse et les fortes canicules font chuter la production agricole en France tandis que les prix de vente ne couvrent pas les coûts de production. Mais la Ministre de l’Agriculture limite les aides gouvernementales aux achats d’engrais, lesquels doivent accompagner les semis de l’automne prochain, pour être récoltés en 2027.
Selon les chiffres fournis en juin par Eurostat, l’office statistiques de l’Union européenne, entre 2015 et 2025, le nombre de porcs élevés dans les pays membres de l’Union européenne a diminué de 8,9%, celui des bovins de 9,7%, celui des ovins de 12,2% et celui des caprins de 17,5%. Les accords de libre-échange que l’Union européenne a signé ces dernières années avec des pays tiers comme le Canada, le Mercosur, l’Australie, la Nouvelle Zélande, puis un nouvel accord avec les Etats-Unis en juin dernier, font reculer la souveraineté alimentaire dans l’Europe des 27. Continuer la lecture de Que nous cache-t-on derrière une aide aux achats d’engrais ? par Gérard le Puill
J’ai écrit cet article avant les incendies catastrophiques en Europe et particulièrement en Gironde, où des centaines de milliers d’habitants ont dû être évacués. Tous les pays vont connaître des catastrophes climatiques. Mais le contraste est saisissant entre la puissance d’action publique que nous percevons ici et l’impuissance organisée que nous observons en Europe. Et, nous devinons que cette puissance d’agir se déploie à deux niveaux, dans l’anticipation de la crise et dans la résolution de la crise elle-même – j’y reviendrai dans un article suivant en abordant la présence humaine qui ici, n’est pas supprimée par la technologie pourtant omniprésente. Juste un exemple, des camarades communistes de Gironde ont ressorti un tract de 1999, émanant de syndicalistes de Dassault et proposant que la France engage un programme de conception et de construction d’un nouvel avion bombardier d’eau. La proposition n’a été sérieusement étudiée par aucun des gouvernements successifs et est restée dans les cartons. Les propositions actuelles sont portées par des ingénieurs ayant créé des startups, et sont encore à l’heure des balbutiements. La Chine, à l’inverse, a développé un nouvel avion, le plus gros avions amphibie du monde, l’AG600 Kunlong. Cet avion est capable d’emporter par écopage (directement sur la mer ou sur un lac, donc très rapidement) 12 tonnes d’eau, le double du Canadair actuel. La France, elle, n’a rien anticipé concernant les méga-feux, qui ont frappé le monde depuis déjà quelques années, notamment en Californie et aux USA. Elle se trouve aujourd’hui totalement démunie. Nos pompiers sont trop peu nombreux et insuffisamment équipés (y compris en protection respiratoire, ce qui provoque de trop nombreuses hospitalisations). La France dispose pourtant de tous les savoir-faire nécessaire. Mais, à la différence de la Chine, l’intérêt de classe de la bourgeoise et de ses fondés de pouvoir fait obstacle à la mise en oeuvre des solutions. C’est l’enjeu du renversement du pouvoir de classe et de la construction d’une société socialiste, l’orientation validée par les communistes lors de leur récent 40ème congrès. .
Publié par Franck Marsal
J’ai expliqué précédemment le mode de développement de l’économie chinoise, par vagues successives de modernisation des outils de production. Ces vagues se recouvrent partiellement, mais l’économie voit constamment cohabiter l’ancien et le nouveau dans une dynamique de progrès général. L’ancien peut rester un certain temps en retard sur le nouveau, mais finit par être emporté dans une vague ultérieure. Cette vision dialectique du développement choisi forme aussi la base de la réponses chinoise aux crises écologiques. Il ne s’agit pas d’opposer le développement à l’écologie et à la qualité de la vie, mais de penser le développement afin qu’il apporte des solutions aux problèmes rencontrés.
Cela s’observe dans l’urbanisme et le schéma de développement des villes.
Le déploiement de l’urbanisme chinois est très intéressant et nous a frappé dès notre arrivée par sa structure. Les villes chinoises ont connu une énorme extension durant les dernières décennies. La population urbaine de la Chine a triplé au cours des 35 dernières années, passant de 310 millions d’habitants en 1990 à 947 millions aujourd’hui. Il a donc fallu loger dans les villes chinoises en 35 près de 10 fois la population totale de la France. Ces villes constituent aujourd’hui des ensembles urbains un cran au dessus de ceux de l’Europe. Sur le classement des 100 premières métropoles mondiales, l’ensemble de l’Europe en place 5, dans l’ordre Moscou (14 millions d’habitants), Londres, Paris, Madrid et St Pétersbourg. La Chine en place 17, dont 2 (Guangzhou – 30 millions d’habitants et Shanghai – 28 millions d’habitants) dans les 10 premières. L’essentiel de la croissance démographique de ces aires urbaines est désormais réalisée. Il est intéressant de voir comment celle-ci a été planifiée et gérée et comment la Chine entend désormais gérer progressivement gérer le renouvellement urbain afin d’améliorer la qualité de vie des habitants, selon le principe des villes « construite par et pour le peuple ».
La croissance accélérée des grandes métropoles soulève partout dans le monde des problèmes écologiques, sanitaires et économiques majeurs. On sait que, historiquement, les villes ont été installées par la plupart des civilisations sur les terres fertiles. L’extension des villes consomme donc ces terres fertiles. L’artificialisation massive de grandes aires urbaines crée également des problèmes de gestion de l’eau (rareté en période de sécheresse car connsommation excessivement concentrée) et inondations en périodes de pluies intenses car le sol a perdu sa capacité d’absorption.
La Chine n’a pas réglé ce problème en interdisant l’artificialisation des sols mais en la contrôlant. Les problèmes que nous essayons de résoudre de manière maladroite par des lois, comme la lutte contre l’artificialisation des sols, le maintien de la biodiversité et la bonne gestion de la ressource en eau, ont été réglés ici par la planification.
Dans toutes les villes que nous traversons, nous observons plusieurs aspects :
1) le centre historique est demeuré la partie relativement plus vétuste, entourée d’une périphérie qui frappe par son modernisme.
2) En première périphérie, se trouve un mélange de quartiers de bureaux, de parcs verdoyants et d’habitations.
3) En seconde périphérie, un mélange dominé par de vastes zones vertes, dont d’importantes zones agricoles, et parsemé de zones d’habitations, organisées par grappes, formant des villes nouvelles tout autour de la ville centre.
4) Les quartiers d’habitations modernes sont constitués de séries d’immeubles de 20 à 30 étages, quasiment tous climatisés, formant des ensembles homogènes
5) L’ensemble de ces éléments sont reliés par un réseau multimodal de transport et par un vaste réseau de larges routes et autoroutes. Les transports incluent un réseau de trains de banlieue rapides (jusqu’à 160 km/h) et de métro (à Shanghai, il est prévu que 58 % des habitants soient à moins de 10 minutes à pied d’une station de métro), complété par un vaste réseau capillaire d’autobus assurant la desserte fine.
Ainsi, les zones artificialisées sont limitées et réparties au milieu d’un espace vert à vocation écologique et agricole dominant à la périphérie des villes.
Cette organisation découle de plusieurs principes urbanistiques :
1) Ne pas laisser les villes s’étendre de manière sauvage mais maîtriser l’expansion urbaine
2) Créer des villes satellites, dans lesquelles on peut vivre, travailler et se divertir sans aller dans la ville-centre (« villes 15 minutes »)
3) Créer autour des villes centres des « ceintures vertes » et des « couloirs écologiques » obligatoires et très vastes, qui contribuent à la lutte contre la pollution, au maintien de la biodiversité, à la gestion de l’eau, à la sécurité alimentaire et à la qualité de la vie des habitants. La périphérie forme ainsi une zone intermédiaire entre l’urbain et le rural, sans l’étalement urbain des zones pavillonnaires que nous connaissons en France et plus généralement en occident.
La Chine a ainsi également développé un vaste réseau de trains à grande vitesse pour relier ces villes les unes aux autres. Ces trains sont rapides, nombreux. Ils permettent de se déplacer rapidement entre les grandes métropoles, mais n’oublient pas de desservir – quitte à perdre quelques dizaines de minutes sur le trajet global – des villes moyennes (de moins d’un million d’habitants à l’échelle de la Chine). Il est ainsi fréquent d’avoir un arrêt tous les 80 ou 100 km. La desserte est pensée dans son ensemble afin de répondre aux besoins globaux de la population. Les moyens (lignes, gares et trains) sont dimensionnés pour cela, avec un réseau, une quantité de rames et des dimensions de gares stupéfiantes. L’ensemble est opéré sans créer de concurrence artificielle entre les villes mais au contraire pour obtenir un développement cohérent et harmonieux entre elles.
Ce principe d’organisation permet également d’organiser une logistique, un système de transport et l’ensemble des éléments de vie sociale avec à la fois qualité et coût réduit, d’autant que l’ensemble du développement est pensé en amont. Au lieu d’opposer le développement à l’écologie, les deux sont pensés et déployés ensemble, par la planification de longue durée. Le problème du renouvellement des centres urbains plus anciens peut ensuite être abordé dans la durée, une fois que ces centres ont été désengorgés.
Comme on peut l’imaginer, cette organisation urbaine est à la fois qualitative, écologique et fonctionnelle. Elle répond à un double objectif d’harmonie et d’efficacité, très caractéristique de la culture chinoise. Dans la pensée chinoise, le passé n’est pas fétichisé. Il est une base pour s’ancrer dans le présent et se projeter dans l’avenir. Il n’y a pas d’opposition entre développement et écologie, mais nécessité de penser le développement afin qu’il résolve les problèmes écologiques. Il n’y a nulle part d’opposition non plus entre le riche patrimoine historique et culturel de la Chine mais articulation entre patrimoine, culture historique et modernité. Cette capacité à s’ancrer dans une culture millénaire pour penser la modernité et s’y adapter est tout à fait saisissante et elle plonge ses racines dans l’histoire longue de la Chine, qui, il y a déjà plus de deux mille ans, bâtissait des infrastructures tout à fait impressionnantes, comme le système d’irrigation et de contrôle des crues de Dujiangang, près de Chengdu ou le grand canal Hangzhou – Beijing.
La France a su aussi, a des périodes clés de son histoire, allier tradition et modernité, trouver en elle-même les ressources de son avenir par son inventivité et son esprit créatif. Ce fut une contribution essentielle des communistes, dans la période 1945 – 1946, que de jeter les bases d’une vaste modernisation de notre pays. Cela mena la France à établir le meilleur système de production électrique d’Europe,à maîtriser l’énergie nucléaire, à inventer le train à grande vitesse, à créer une industrie aéronautique de premier plan, à conquérir l’espace proche et à deux doigts d’inventer internet.
La France n’a pas perdu ses capacités, mais un vaste sursaut est nécessaire. Il devra s’appuyer sur la modernisation de 1945 mais aussi tirer les leçons du vaste recul dans lequel l’anti-communiste, le réformisme et le libéralisme nous ont enfermés depuis 50 ans.