Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès

La direction communiste a initié, samedi, les travaux du 40e congrès, qui aura lieu cet été à Lille. L’objectif est de définir un projet de très long terme, pour les « quinze ou vingt prochaines années », afin de rendre lisible son ambition.

Fabien Roussel (PCF) : « Je rétablirai l'ISF » | Le Télégramme
« On parle de processus révolutionnaire, de changement de société sans nommer ce vers quoi on veut aller. Nous avons besoin de verbaliser les étapes pour aller vers le communisme. (…) Cela participe de la clarification d’un projet de rupture », explique Fabien Roussel. 

 

La date et le lieu sont inscrits dans les agendas : ce sera à Lille (Nord), du 4 au 6 juillet, que se tiendra le 40e Congrès du PCF. Le conseil national du parti a lancé, samedi, les travaux en vue de l’événement. L’objectif, affiche le secrétaire national, Fabien Roussel, est de « rendre lisible par le peuple tout entier notre ambition pour la France et la République », à savoir, pour les « quinze, vingt prochaines années », bâtir « l’union du peuple de France » par la « conquête d’une majorité populaire, la conquête du pouvoir par les luttes, par une remontée de notre influence ».

Face au risque de voir l’extrême droite l’emporter, « nous devons revendiquer fièrement et clairement le rôle de notre parti : celui de conquérir le pouvoir pour reconstruire la France, pour la République, pour sortir du capitalisme et s’engager vers une société démocratique mettant l’être humain et la planète au cœur de ses priorités, vers le communisme », a-t-il déclaré.

L’ordre du jour du congrès doit être le « retour à la résistance et au rassemblement large du peuple face à l’extrême droite ». Mais, « en ne sacrifiant rien aux enjeux de court terme, nous devons proposer aux communistes un objectif de plus long terme, avec des étapes, qui devra pouvoir se décliner à chaque moment, se mesurer à chaque élection ».

La difficulté de l’union

Plusieurs interventions préfigurent déjà ce qui animera le débat des communistes. Le bilan de la période écoulée tout d’abord. Si, depuis le 38e congrès, en 2018, « on a gagné la bataille contre l’effacement du parti, il faut gagner la bataille contre l’effacement des idées du parti », relève l’économiste Denis Durand.

Évelyne Ternant, de la fédération du Doubs, réclame que soient examinées « quelles sont les prises de position qui ont fracturé le parti et qui doivent être mises en débat ». Loïc Pen (Oise) juge, lui, qu’« on a regagné en visibilité, mais on n’a pas regagné en résultats électoraux ou en crédibilité ».

Il exprime le sentiment qu’est évacuée la question des « alliances avec toutes les forces politiques », craint de voir le parti « se trouver dans une impasse stratégique et tactique face aux gens » et invite à « proposer un chemin de rassemblement ». Si elle n’est pas encore esquissée, la stratégie pour la présidentielle 2027 sera débattue à Lille.

La situation n’appelle pas de réponses simples. « Nous n’avons pas su ouvrir l’espace politique qui correspondait à l’ambition que nous portions », reconnaît le coordinateur national Igor Zamichiei, qui précise que « c’est un problème commun à toutes les forces de transformation sociale en Europe et dans le monde ».

Selon lui, « construire le rassemblement populaire n’est pas équivalent à construire le rassemblement de la gauche. (…) Le rassemblement n’est possible que sous l’intervention populaire de la classe que vous rassemblez et ne sera gagnant que s’il unit réellement cette classe ». Il rappelle que, « dans l’état actuel de la conscience », la gauche, quand bien même il y aurait une candidature unique, ne dépasse pas le tiers de l’électorat.

Quant à l’union, il rappelle qu’il y aura « une candidature de Jean-Luc Mélenchon, quoi qu’on fasse », et une « candidature sociale-démocrate ».

Une ambition à long terme

L’ambition à quinze ans se traduit dans un projet qui sera élaboré par la commission de rédaction du texte. En cas de désaccord, des textes alternatifs pourraient être aussi présentés au vote des adhérents en juin.

À l’occasion de leur 40e congrès, les communistes y plancheront aussi sur la notion de socialisme, disparue dans les années 2000 pour se démarquer de l’expérience soviétique, mais que certains, dans le parti, veulent réinvestir.

« On parle de processus révolutionnaire, de changement de société sans nommer ce vers quoi on veut aller. Nous avons besoin de verbaliser les étapes pour aller vers le communisme. (…) Cela participe de la clarification d’un projet de rupture », explique Fabien Roussel.

Les partisans de la réintroduction du terme socialisme pensent que cela permettra de montrer les contours de la phase de transition entre capitalisme et communisme, marquée par la transformation des rapports de production, la socialisation des secteurs stratégiques, la planification démocratique et la démocratie jusqu’au bout, estime Hervé Poly (fédération Pas-de-Calais).

Certaines interventions y ajoutent la transition écologique (avec le plan climat 2050), le développement des services publics, les nouveaux droits pour les salariés. Mais cette notion fait débat. Stéphane Bonnéry, responsable aux revues du PCF, se dit sceptique : « Il n’y aurait qu’une étape entre où nous sommes et un changement définitif de société ? »

Frédéric Mellier (Gironde) préfère le terme de « transition révolutionnaire », pensant que celle-ci ne sera « ni linéaire ni pacifiée », mais « se construira à partir de ruptures partielles, d’avancées et de reculs, à partir des contradictions du système par l’intervention consciente de la classe travailleuse ». Aux communistes de définir leur chemin.


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