Écrivaine et éditrice, Juliette Rousseau estime que l’antifascisme ne peut pas être pratiqué de la même façon à la campagne. Elle invite à convaincre et à rassembler en réveillant la joie d’une collectivité qui refuse de se laisser réduire ou enfermer.
Alors que l’antifascisme est actuellement en proie à toutes les attaques dans le débat public, y compris les plus malhonnêtes, et que la mort tragique de Quentin Deranque rend manifeste la convergence d’une forme de national-syncrétisme au sein de l’extrême droite, une question fondamentale demeure : comment maintenir et amplifier la résistance nécessaire à la montée du Rassemblement national et à la flambée de violence due en grande partie à la droite radicale ? Continuer la lecture de L’antifascisme, l’affaire de tous et de toutes
Les élections municipales (15 et 22 mars 2026) sont l’occasion pour les 35 000 maires et mairesses de France de mettre en avant les enjeux de genre à l’échelle de leur commune. Dans un contexte de restrictions budgétaires pour les acteur·ices de la lutte contre les violences faites aux femmes, des villes expérimentent ce à quoi pourrait ressembler une politique féministe.
Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°21 Obtenir justice, parue en février 2026. Consultez le sommaire
Des vulves et des clitoris en peluche, des flyers colorés disposés sur des tables, un drapeau arc-en-ciel au mur, des éclats de rire : ce 28 juin 2025, l’ambiance est à la fête au Planning familial de Loire-Atlantique, à Nantes. Salariées et bénévoles de l’association inaugurent leur nouveau local. Une éclaircie dans l’actualité sombre de la structure, dont les subventions promises par la région Pays de la Loire pour 2025, 2026, 2027 et 2028 ont été annulées. Grâce au soutien financier de la ville, dirigée depuis 2020 par la socialiste Johanna Rolland, le Planning a pu acheter les murs dans lesquels il s’installe. Un moyen « de ne pas craindre la perte de [son] local si la mairie change de couleur politique », explique l’ex-directrice de l’association Bérengère Tessé. Continuer la lecture de Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video
Face à des préoccupations très diverses (pouvoir d’achat, insécurité, santé et logement), les municipalités constituent un levier pour répondre aux attentes populaires. Ce défi est pourtant menacé par les politiques austéritaires. Alors, la commune, un bouclier de protection sociale ? Johanna Rolland, maire PS de Nantes, Anne Vignot, maire EELV de Besançon et Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil, nous livrent leurs réponses.
Dans ce contexte, cette opinion favorable se construit au quotidien grâce à des politiques humaines inventives et à l’engagement de collectifs de proximité. Trois maires, acteurs en première ligne, en témoignent à quelques semaines des élections municipales.
Le rapport 2024 du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes sur l’état des lieux du sexisme en France invitait à « s’attaquer aux racines du sexisme » ; celui de 2025 s’inquiétait d’une forte « polarisation sociale » autour des enjeux d’égalité de genre. Dans le rapport 2026 publié ce 21 janvier, c’est un véritable électrochoc qu’appelle de ses vœux le HCE, car il y a urgence à s’emparer « du problème du sexisme et de la menace sécuritaire que les masculinistes font peser sur notre pays » par leurs idées « violentes et radicales ». Menace d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un large mouvement réactionnaire international. Dans cette mobilisation, l’école peut jouer un rôle essentiel, encore faut-il lui en donner les moyens.
Cette année, le baromètre annuel du Haut Conseil à l’égalité alerte sur la montée de la haine des femmes, des féministes, des trans… leur consacrant un focus à part entière. Un enjeu de sécurité nationale que confirme la chercheuse Laura Verquère.
« Il y a aussi le contexte de la montée des extrêmes droites en Europe et dans le monde. Une des caractéristiques spécifiques d’aujourd’hui est l’intersectionnalité des haines », analyse la chercheuse. Getty Images/iStockphoto
Le rapport annuel du Haut Conseil à l’égalité (HCE) alerte sur un sexisme hostile qui peut désormais s’inscrire dans des mobilisations idéologiques collectives. Il invite les pouvoirs publics à prendre en compte les risques sécuritaires qui en découlent en créant des formations, en régulant l’espace numérique, en élaborant une stratégie nationale de prévention et de lutte et en créant un observatoire national du masculinisme et des radicalisations sexistes.
Alors que dans beaucoup d’établissements les enseignant·es sont en train d’informer les bulletins de premier semestre, une nouvelle note consacrée aux inégalités de genre à l’école, publiée par le pôle éducation de l’IPP (Institut des politiques publiques), alerte sur le caractère très souvent genré des appréciations scolaires. Prenant appui sur « l’étude statistique des bulletins scolaires remis à plus de 600 000 lycéens de terminale scientifique au cours de la période 2013-2017 », les deux autrices de la note, Pauline Charousset (IPP) et Marion Monnet (Université Bourgogne-Europe, IPP) montrent combien ces appréciations reproduisent certains stéréotypes toujours bien ancrés. « A niveau égal, appréciation égale ? » : pas vraiment ! Une invitation à prendre conscience de cet impensé sexiste pour combattre les biais genrés. Continuer la lecture de Appréciations de bulletin genrées : On attend des progrès !
👉 C’est quoi, concrètement, le féminisme municipal ? On a posé la question à plusieurs camarades engagées dans les communes : qu’est-ce que ça veut dire mener une politique féministe à l’échelle municipale ?
👉 Services publics, urbanisme, transports, santé, petite enfance
👉 Lutte contre les violences sexistes et sexuelles
👉 Sécurité dans l’espace public
👉 Place des femmes en politique et dans les exécutifs locaux
👉 Émancipation, égalité réelle et accès aux droits À travers leurs réponses, une conviction se dégage :
➡️ le féminisme municipal, c’est transformer la ville pour qu’elle soit pensée pour toutes et tous.
➡️ renforcer les services publics, c’est une politique féministe.
➡️ Et pour beaucoup, le féminisme municipal rejoint le combat du communisme municipal.
📣 Une vidéo pour nourrir le débat, outiller les militant·es et préparer les batailles municipales à venir.
Une démonstration parfaite de l’idéologie réactionnaire du Rassemblement national digne d’un temps où les femmes n’avaient aucun autre droit que de servir les hommes jusque dans leur chair.
La « bête immonde » de la censure progresserait-elle dans l’Education nationale ? Le contexte politique, avec la pression d’associations réactionnaires, l’influence de certains médias, la peur des futures élections, semble y favoriser la frilosité. Au point même d’interdire désormais certains livres dans les classes, comme le démontre une désolante affaire dans le département du Lot : la direction des services académiques y a banni d’un prix littéraire local un roman jugé inapproprié pour les élèves. Et ce, à rebours même des récents programmes de l’Education à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité …
Un incendie qui se propage
Aux Etats-Unis, dans plusieurs Etats, le trumpisme flamboyant a entraîné la censure de livres jugés inappropriés car susceptibles de « pervertir la jeunesse » : selon l’organisation Pen America, durant l’année scolaire 2023-2024, 10 046 livres ont été retirés des rayons des bibliothèques scolaires et des librairies. Quelques exemples : Des Souris et des Hommes, Le Journal d’Anne Franck, 1984, La Servante écarlate etc. Continuer la lecture de L’Éducation nationale au front de la censure
Cette année, elles sont déjà 145 à avoir perdu la vie sous les coups de leur conjoint, de leur ex, de leur fils… La réalité des chiffres et le manque de moyens alloués aux associations contredisent les grands discours du gouvernement. Pour les féministes, qui appellent à manifester samedi, « l’heure n’est plus à l’alerte mais à l’action ».
Samedi 1er janvier. Il est minuit passé lorsqu’un homme appelle les secours du Nord. « J’ai fait une bêtise », dit-il comme un gosse qui aurait cassé son jouet. Le corps roué de coups d’Isabelle, 51 ans, aide à domicile, est découvert par les pompiers au domicile familial, à Hautmont, dans le Nord. Son compagnon vient de la tuer. Isabelle devient la première victime de féminicide en 2025, seulement trois heures après le début de la nouvelle année.