Venezuela, OTAN, Ukraine, enjeux de paix : Fabien Roussel au Conseil national du PCF + Résolution

Fabien Roussel dénonce l’agression militaire des États-Unis contre le Venezuela, affirme la solidarité avec le peuple vénézuélien et appelle au respect du droit international. Il met en garde contre la guerre de l’énergie, l’alignement de la France sur les États-Unis et l’OTAN, et les risques d’escalade militaire en Ukraine.

Le PCF défend une autre voie : la paix, la souveraineté des peuples, le multilatéralisme et une coalition internationale pour la paix.


Le Venezuela appartient aux seuls Vénézuéliens !

Luttons pour l’autodétermination des peuples contre l’impérialisme étatsunien et faisons respecter le droit international

Résolution du conseil national 

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les Etats-Unis ont mené une offensive militaire contre le Venezuela et enlevé le président Nicolás Maduro et Cilia Flores sous le prétexte fallacieux de narcotrafic. Cette agression militaire unilatérale qui a déjà provoqué une centaine de morts dont 32 Cubains constitue un acte de guerre qui ne dit pas son nom, en totale violation de la Charte des Nations unies et de la souveraineté du peuple vénézuélien. Depuis, l’administration étatsunienne a affirmé la volonté de mettre le pays sous tutelle et a commencé à s’emparer de son pétrole. Elle a proféré des menaces contre la souveraineté de la Colombie, du Mexique et de Cuba et elle a réitéré sa volonté d’annexer le Groenland afin de mettre la main sur ses richesses naturelles et de prétendument sécuriser les voies maritimes. Dans le même temps, elle a ordonné l’arraisonnement d’un pétrolier battant pavillon russe.

Par ses impacts régionaux et internationaux, cette action constitue donc un bouleversement majeur de la situation mondiale. Pris dans une nouvelle étape de crise profonde, l’impérialisme étatsunien cherche une réponse à la crise de son hégémonie et à sa crise économique à travers une domination ouvertement unilatérale et monopoliste. Il adresse une menace à tous les peuples et gouvernements qui rechercheraient une voie progressiste et solidaire.

À travers son escalade actuelle, l’impérialisme étatsunien :

  • piétine le droit international et contribue à la gangstérisation des relations internationales.       
  • pousse jusqu’au bout la stratégie de prédation, d’ingérence et de déstabilisation que le Parti communiste français dénonce depuis de nombreuses années : recours assumé à la force militaire pour faire prévaloir les intérêts des multinationales US, sanctions économiques criminelles décrétées contre les populations de divers pays, activation de l’extraterritorialité du droit américain pillant les données numériques, nombreuses pressions diplomatiques et tentatives de coups de force, reconnaissance de dirigeants autoproclamés contre la volonté des peuples. Cette fois, elle s’affirme sans même chercher à s’appuyer sur les forces réactionnaires vénézuéliennes, revendiquant son droit de gouverner directement une nation et de s’approprier ses richesses. Cette politique vise à rabaisser un peuple et à saigner à blanc un pays qui depuis 2014, a perdu jusqu’à 75% de son PIB, cas quasiment unique au monde depuis la Deuxième Guerre mondiale. Largement responsables de cette situation, les Etats-Unis veulent maintenant en finir avec l’aspiration du peuple vénézuélien à vivre en pleine souveraineté.
  • concrétise pratiquement l’extension de la « doctrine Monroe », telle qu’elle a été théorisée dans la « Stratégie de sécurité nationale » publiée par la Maison-Blanche le 4 décembre dernier. Les USA s’arrogent un droit d’ingérence exclusif dans « l’hémisphère occidental », donc aussi en Europe. Le « corollaire Trump» de la doctrine Monroe est un élément central de la refondation de l’impérialisme américain confronté à des contestations importantes, et à la réorganisation d’ensemble des rapports de force mondiaux, qui tendent à lui échapper. Cette refondation de l’impérialisme étatsunien est liée aux évolutions de l’économie et des modalités d’accumulation du capitalisme étatsunien comme international. Il s’agit ainsi de s’assurer des réserves énergétiques proches alors que l’avenir de celles du Moyen Orient est incertain, de contrôler les réseaux énergétiques, commerciaux et numériques, de résoudre le déficit commercial US en devenant un exportateur d’énergie (GNL et pétrole), d’aller vers un monopole des technologies et de drainer encore plus tous les capitaux du monde. Il s’agit enfin de protéger la place du dollar et résister à la dé-dollarisation dans toutes les relations internationales, et défendre les intérêts du grand capital à base étatsunienne, depuis les GAFAM jusqu’à la bourgeoisie « extractiviste » qui est une de ses bases sociales.
  • constitue une nouvelle étape de la confrontation internationale avec la Chine, qui est l’objectif central de l’impérialisme US dans la période présente, et de la bataille qui s’y livre pour maîtriser des ressources énergétiques, alors que les pays des BRICS+ regroupent désormais 44 % des réserves de pétrole et 53 % des réserves de gaz.
  • est un acte contre les efforts du Sud global, dont les BRICS, à un partage beaucoup plus égalitaire pour un monde de co-développement
  • cherche à intimider ses prétendus alliés et à les mettre au pas, que ce soit le Mexique, le Canada ou l’Union Européenne, et à empêcher toute alternative.

Cette politique de force ouverte est de nature à aggraver les tensions internationales et les risques de guerre. Elle appelle la plus large riposte internationale des forces progressistes et l’émergence d’un grand mouvement mondial pour la paix, pour défendre le droit international et la démocratie. La récente déclaration de la Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats, condamnant l’intervention des États-Unis au nom de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples, est un premier point d’appui dans cette direction.

L’Union européenne et la France, se soumettent, de fait, à l’impérialisme étatsunien, en poussant les feux d’un changement de régime par la force au Venezuela, et en agissant ainsi au mépris des intérêts comme de la volonté des peuples. Parce que la représentation nationale ne peut être privée de voix face à une telle dérive de la diplomatie française, le groupe GDR de l’Assemblée nationale a obtenu qu’un débat soit organisé au Parlement.

Le Parti communiste français avait salué et soutenu l’espoir ouvert par le processus bolivarien lancé en 1999 avec Hugo Chavez, qui avait résisté à la tentative de coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis en 2002 et dessiné, quelles que soient ses limites, les voies d’une alternative de progrès et d’indépendance pour les peuples d’Amérique Latine. Il avait également dénoncé les pratiques autoritaires du pouvoir de Nicolas Maduro, y compris contre les organisations de gauche et le Parti communiste vénézuélien. Cela ne saurait toutefois effacer les conséquences de la guerre économique totale menée par les États-Unis contre le Venezuela. Cette guerre dure depuis dix ans et a été initiée par l’administration Obama, laquelle a notamment profité de l’effondrement des prix du pétrole et favorisé la déconnexion du pays du système bancaire mondial (SWIFT). Ce qui explique largement la situation économique dramatique que doit à présent affronter le peuple vénézuélien.

Le PCF exprime sa pleine solidarité avec le peuple vénézuélien qui a seul le droit de décider de son propre destin, en toute souveraineté.

Il est également pleinement solidaire de l’ensemble des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes menacés par Donald Trump, notamment des peuples colombien, cubain, mexicain et brésilien, ainsi que du peuple groenlandais. Il salue à cet égard la mobilisation du peuple colombien en défense de sa souveraineté nationale, et son gouvernement légitime présidé par Gustavo Petro ; il est aux côtés des forces progressistes de ce pays, alors que la séquence électorale en cours se déroule sous les menaces et ingérences directes des États-Unis.

Les exigences de coopération et de paix pour développer les biens communs mondiaux (dont le climat et les ressources énergétiques), les services publics et l’emploi sont énormes. C’est pourquoi, le PCF appelle à un nouvel ordre international. Il est urgent de réformer profondément l’ONU et de mobiliser des moyens financiers mondiaux communs pour développer les biens communs sous l’égide d’institutions financières internationales révolutionnées en lien avec l’ONU (FMI, OMC).

Le PCF demande que la France agisse pour :

  • le respect du droit international, de la souveraineté du Venezuela et de l’intégrité de son territoire ;
  • la libération immédiate des personnes arrêtées, en premier lieu le Président Maduro et Cilia Flores, et le respect strict de leurs droits fondamentaux ;
  • la levée des sanctions économiques qui étranglent la population vénézuélienne et constituent une forme de guerre contre le peuple ;
  • la condamnation de l’intervention nord-américaine par l’Organisation des Nations unies, à laquelle doit revenir la responsabilité d’œuvrer au rétablissement de la souveraineté bafouée du Venezuela et au respect du droit du peuple vénézuélien à déterminer démocratiquement son destin.
  • La sortie de la France de l’OTAN, sa dissolution et la construction d’une alliance nouvelle, de paix et de coopération.

Le conseil national appelle :

  • les sections et fédérations du PCF à prendre part et à initier les rassemblements les plus larges contre l’impérialisme, pour le respect du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien. Cette bataille nationale doit s’enraciner à tous les niveaux du pays, favoriser l’expression d’élus, faire l’objet de prises de position des collectivités territoriales.
  • à l’organisation d’un événement large pour le respect du droit international, à dimension nationale et internationale.  

Paris, le 10 janvier 2026


⏱ Chapitres

00:00 – Paix, internationalisme et solidarité avec le Venezuela

04:29 – Guerre de l’énergie, souveraineté et dépendance européenne

08:38 – Alignement de la France sur les États-Unis et crise internationale

12:14 – Ukraine, OTAN et appel à une coalition pour la paix


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