Malgré les divisions à gauche, le responsable aux élections du PCF, Pierre Lacaze, se réjouit du rassemblement de plusieurs forces de gauche dans 80 % des communes de plus de 10 000 habitants. Un point d’appui pour combattre l’extrême droite et mener des politiques au service des populations, estime-t-il.

© Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA
« Les élections municipales, ce sont près d’un million de candidats, soit six à sept millions d’hommes et de femmes qui mènent campagne, discutent, présentent des projets », fait remarquer Pierre Lacaze, responsable aux élections du PCF. D’où l’importance pour la gauche de se montrer à la hauteur.
Son parti sera pleinement engagé dans la bataille avec des communistes qui conduiront des listes dans des centaines de communes, dont certaines de plus de 90 000 habitants comme Le Havre, Nîmes, Amiens ou Montreuil.
Quelle est la stratégie du PCF pour ces municipales ?

Pierre Lacaze, Responsable aux élections du PCF
Nous travaillons depuis plus d’un an au rassemblement des femmes et des hommes dans chaque commune de France pour construire un projet d’intérêt général. Dans la plupart des grandes villes, mais aussi celles de plus de 1 000 habitants, il y a union sous la forme d’un accord entre le PCF, le PS et d’autres forces.
C’est le cas dans 80 % des villes de plus de 10 000 habitants. Attention, quand nous disons rassemblement, cela ne recouvre pas que les partis, mais 80 à 90 % des gens engagés à gauche comme citoyens, associatifs, universitaires. Jamais depuis vingt-cinq ans, il n’y a eu autant de rassemblements, bien que LFI s’en soit exclue.
Elle se présente parfois contre les maires sortants de gauche, et même dans les villes de conquête, où un candidat du PCF mène un large rassemblement, comme au Havre, à Nîmes ou à Saint-Pierre-des-Corps.
Sur quel programme vous appuyez-vous ?
Nous mettons en avant 250 propositions. Nous visons l’installation de centres de santé publique partout où cela est possible. Cela peut se faire aussi bien dans les petits villages avec les intercommunalités que dans les agglomérations. Il ne s’agit pas de maisons de santé, d’offrir davantage d’espace à la médecine libérale, mais bel et bien de garantir une médecine publique. Nous souhaitons tendre vers la gratuité des transports.
Quand ce n’est pas possible pour l’ensemble de la population, comme la gauche l’a fait à Montpellier, elle peut être ciblée en direction des jeunes, des seniors et des privés d’emploi.
Nous entendons soutenir le mouvement associatif et la culture, répondre à la crise du logement. Pour cela, nous avons besoin d’établissements fonciers locaux, gérés par les mairies et les intercommunalités, en vue de récupérer des terrains afin de répondre aux besoins de logement, notamment d’habitat à loyer modéré. La crise est nationale : les communes auront à interpeller le gouvernement.
La gauche devra aussi répondre à l’exigence de sécurité. L’État a un rôle à jouer, en collaboration avec ce que peuvent faire les mairies. Nous insistons sur le travail de prévention, avec des moyens pour la petite enfance, l’éducation et le sport.
Quel danger présenteraient des victoires de l’extrême droite ?
Le PCF sera en première ligne dans le combat contre le RN, à Nîmes dans le Gard, à Martigues dans les Bouches-du-Rhône, dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Meurthe-et-Moselle. La question est symbolique. Nous souhaitons qu’à l’issue de ces municipales, les titres soient : la gauche a gagné. La perte ou le gain de grandes villes influe sur la perception
Toute victoire du RN dans une grande ville l’aiderait symboliquement dans la perspective de la présidentielle. De même, un ancrage territorial dans les villes petites et moyennes permettrait de développer leur structuration au niveau national. Il faut l’éviter.
La prise de conscience du risque que représente l’extrême droite avec ses discours de division, de haine sera déterminante. L’extrême droite est aux côtés des plus riches, des puissants, comme l’illustre le débat sur le budget. L’extrême droite ira à l’encontre des mesures sociales que nous mettrons en place dans les villes que nous gérerons.
Sébastien Lecornu envisage un nouveau mouvement de décentralisation. Quelle devrait être l’attitude du gouvernement ?
D’abord tenir parole. Le gouvernement doit remettre au bon niveau les dotations globales de fonctionnement qu’il a diminuées. Avec le Dilico, il veut ponctionner 2 % de recettes de fonctionnement de certaines communes. L’État a menti.
Il faut le retour d’aides, notamment aux petites communes. Les députés et sénateurs communistes cherchent à réorienter le débat budgétaire en ce sens.
Le premier message que porteront les centaines de maires communistes élus sera qu’avant de parler de nouvelle étape de décentralisation, il faudra discuter des moyens alloués aux communes.
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