Les effets pervers du prix de la guerre sur les prix alimentaires

Gérard Le Puill

Le président Macron et son gouvernement donnent actuellement la priorité aux dépenses militaires au détriment du pouvoir d’achat des ménages. Du coup, les distributeurs font croître les importations de produits alimentaires afin de faire baisser les prix agricoles et comprimer les marges d’un nombre croissant d’entreprises agroalimentaires, ce qui fait reculer notre souveraineté alimentaire. Continuer la lecture de Les effets pervers du prix de la guerre sur les prix alimentaires

Fabien Roussel : guerre, énergie, salaires… ses solutions face à la crise | franceinfo

Guerre au Proche-Orient, tensions internationales autour du détroit d’Ormuz, rôle de la France et de l’ONU : il alerte sur les risques d’escalade et appelle à une réaction forte de la communauté internationale pour imposer la paix.

Face à la flambée des prix de l’énergie, il propose des mesures d’urgence pour protéger les Français : plafonnement des prix du carburant, blocage des marges, baisse du prix de l’électricité avec EDF, utilisation des réserves stratégiques et remise en cause des profits des grands groupes comme Total.

Il revient également sur la victoire obtenue sur le 1er mai grâce à l’unité des syndicats, défend le droit du travail et appelle à une hausse des salaires, avec leur indexation sur l’inflation.

Enfin, il évoque les perspectives pour la gauche et le Parti communiste français : dépasser le plafond actuel, construire un projet de rupture et porter une ambition forte pour la France.

➡️ Retrouvez son passage complet dans la matinale de franceinfo.

00:00 International

 03:30 Énergie & pouvoir d’achat

16:16 Travail & 1er mai

22:45 Gauche & projet 🇫🇷

La Russie appelle les BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise au Moyen-Orient.

A travers la crise déclenchée par les Etats-Unis et Israël il y incontestablement une nouvelle étape dans la construction du monde multipolaire dont nous esquissons aujourd’hui les contours. Parallelement si la Russie paraît plus audacieuse sur le plan du défi c’est que vu le régime de sanctions auquel elle est soumise et sa capacité à jouer sur ses ressources autant que sur ses proximités elle peut avancer. paradoxalement comme elle conservé la diplomatie la plus crédible elle peut également se poser en arbitre. Son partenariat avec la Chine et même avec des nations comme l’Inde, ce qu’elle conserve de l’URSS lui accordent un rôle tout a fait original qui fait avancer les BRICS vers un mode d’intégration dans le respect des priorités nationales. Comme ici où elle ne se pose pas seulement en pays producteur d’énergie mais de sécurité alimentaire. (note et traduction de danielle Bleitrach)

La Russie a appelé les pays BRICS à constituer des réserves alimentaires en réponse à la crise mondiale provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Photo
La Russie a appelé les pays BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise mondiale provoquée par la guerre au Moyen-Orient. (Photo AFP)

Moscou. Alexandre Maslennikov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe, a affirmé que la Russie, premier exportateur mondial de blé, devrait constituer des réserves alimentaires communes avec les autres membres des BRICS et les voisins de l’ancienne Union soviétique afin de contrer les risques pesant sur la sécurité alimentaire mondiale du fait du conflit au Moyen-Orient. Continuer la lecture de La Russie appelle les BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise au Moyen-Orient.

Les feux de la guerre jusque dans les assiettes par Patrick Le Hyaric

Guerre en Iran : la flambée des engrais bloqués dans le détroit d’Ormuz menace l’agriculture française

Le blocage du détroit d’Ormuz a entraîné une forte hausse du prix des fertilisants azotés, utilisés pour les cultures de céréales. L’inflation et le risque de pénurie mettent en lumière la forte dépendance des paysans français à ces intrants chimiques importés et hautement polluants, et interrogent sur la nécessité d’un système agricole plus résilient.

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles.
© REMY GABALDA / AFP

Les agriculteurs payent décidément cher le prix de la guerre au Moyen-Orient. Déjà acculée par la hausse du prix du gazole non routier (GNR), dont le litre s’achetait le 19 mars 1,728 euro contre 1,202 euro à la veille de l’éclatement du conflit en février, une partie des paysans doit désormais faire face aux difficultés d’approvisionnement en engrais minéraux.

En effet, la déstabilisation du détroit d’Ormuz n’a pas eu qu’un impact sur le gaz et le carburant, elle perturbe également le commerce de matières premières entrant dans la composition de fertilisants utilisés dans les grandes cultures conventionnelles, comme l’urée. Environ un tiers de ce composé chimique transite en effet par le golfe Persique.

Conséquence directe de ce blocage, les prix des engrais azotés, largement utilisés dans les champs européens et français, flambent. La tonne de solution azotée s’échangeait ainsi, le 19 mars, plus de 419 euros, soit 43 euros de plus qu’avant le conflit, une hausse de plus de 11 % en quelques semaines à peine.

Éleveurs et céréaliers sur la sellette

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles. « Certains ont pu faire des stocks d’engrais azotés, mais tous n’ont pas été capables, financièrement, de s’approvisionner. On ne sait pas encore ce qu’il se passera pour ceux-là », redoute Pierre Thomas, responsable de la commission grande culture du Modef. Privés d’engrais azotés, certains producteurs de céréales non bio pourraient accuser une baisse de rendement – et potentiellement de revenus – de 50 % à moyen terme, estime-t-il.

« La quantité de biomasse qu’on produit est déterminée par trois paramètres, le rayonnement solaire, la disponibilité en eau et la disponibilité en azote », confirme en effet Pierre-Marie Aubert, directeur du programme agriculture et alimentation à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Selon le chercheur, une réduction de l’azote disponible entraînerait également un « problème de gouvernance ». « La question qui va se poser est celle de comment allouer cette biomasse, qui est en large majorité aujourd’hui destinée à l’alimentation animale. Les éleveurs pourraient ainsi être les plus durement touchés par la situation. »

Ce blocage à Ormuz de l’urée met en tout cas en lumière la lourde dépendance de la France en ce qui concerne l’importation d’intrants chimiques destinés à l’agriculture. Malgré la volonté affichée du gouvernement d’ériger la souveraineté alimentaire en priorité, le pays est très peu résilient face aux chocs géopolitiques. Selon un rapport gouvernemental publié en mars 2024, « en 2022, la France importait plus de 80 % de ses engrais, dont une large part provient de pays en dehors de l’Union européenne, créant une double dépendance : aux pays tiers et aux énergies fossiles (qui servent à fabriquer les engrais minéraux) ».

Les légumineuses, pourvoyeuses d’azote gratuit

Plusieurs solutions existent pourtant pour, une fois cette crise passée, éviter que d’autres se succèdent. La première pourrait être de relocaliser en Europe les capacités de production d’intrants chimiques. L’Europe planche d’ailleurs sur ce sujet avec un projet de production d’engrais à base d’hydrogène et une taxe carbone (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) appliquée aux engrais importés. Cette dernière a toutefois été suspendue au début de l’année 2026.

Une autre possibilité pourrait tout bonnement être de se passer d’engrais azotés chimiques pour les productions et d’engager la transition du modèle agricole français vers l’agroécologie. En plus d’affecter la souveraineté européenne, ces intrants sont effet extrêmement délétères pour l’environnement. Selon un rapport des Amis de la Terre, « en France, les engrais azotés, y compris leur production et leur transport, représentent près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole ».

Il existe pourtant des manières de réintroduire de l’azote naturellement dans les sols, sans en appeler à l’industrie pétrochimique, rappelle l’agronome Pierre-Marie Aubert. « Les légumineuses sont capables d’utiliser l’azote atmosphérique pour enrichir les sols. Il serait utile de relocaliser l’alimentation animale, aujourd’hui surtout importée des Amériques, en plantant dans nos champs des pois, féveroles, ou de la luzerne. » Encore faut-il toutefois, pour que cette situation fonctionne, que ces nouvelles cultures à destination de l’élevage soient plus compétitives que le soja brésilien ; ce que la multiplication d’accords de libre-échange ne permet pas aujourd’hui.

Afrique Menaces sur les importations d’engrais

Comme pour les produits agricoles, notamment au début de la guerre en Ukraine, les pays africains sont les plus vulnérables aux perturbations du commerce mondial en matière d’engrais. Même si tous ne sont pas logés à la même enseigne pour la dépendance aux importations issues des pays du Golfe, cette proportion monte entre 30 % et 50 % en moyenne, mais des pays comme le Malawi ou le Burundi importent leurs engrais depuis le Golfe à hauteur respective de 62 % et 75 %. A contrario, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie ou le Maroc (grâce aux phosphates du territoire occupé du Sahara occidental) sont des gros exportateurs, y compris en Europe. Mais toute l’Afrique est concernée, puisque la production de fertilisants nécessite l’importation d’autres produits, comme le soufre et l’ammoniac.

 

Salon de l’agriculture : les Amap redonnent le pouvoir aux agriculteurs et agricultrices

 

Par Pascale Bueno Merino, Directrice de la Recherche, Enseignant-Chercheur en Management Stratégique, Pôle Léonard de Vinci; Hamdi Hamza, Docteur en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie; Samuel Grandval, Professeur des Universités en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie et Sonia Aissaoui, Maître de Conférences en Sciences de Gestion, Université de Caen Normandie

À l’occasion du Salon international de l’agriculture de Paris, une étude met en lumière le double bénéfice des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, dites Amap : renforcer l’autonomie des agriculteurs et permettre aux bénévoles d’être des entrepreneurs… collectivement.


L’importance des échanges citoyens pour mettre en œuvre une agriculture durable est au cœur du programme de conférences du Salon international de l’agriculture. Les interrogations sur le « comment mieux manger ? » ou sur le « comment produire autrement ? » continuent de retenir l’attention.

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Mort de Susan George, figure altermondialiste et écologiste visionnaire

Susan George s’est éteinte le 14 février. En lutte contre « la classe de Davos », elle avait dénoncé les effets de la révolution verte dans les pays du Sud et mis au jour la fusion entre néolibéraux et néoconservateurs.

Geneviève Azam est économiste, essayiste et membre d’Attac.

Susan George (1934-2026), une voix majeure et une âme inspirante de l’altermondialisme, s’est éteinte le 14 février. Elle était présidente d’honneur de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) qui lui a rendu hommage dans un communiqué, retraçant les étapes essentielles de son engagement contre ce qu’elle nommera plus tard, « la classe de Davos ». Continuer la lecture de Mort de Susan George, figure altermondialiste et écologiste visionnaire

Inondations : nos communes en première ligne… et des responsabilités à assumer (Communiqué)

Personne ne conteste la gravité des épisodes climatiques ni la nécessité de protéger nos habitants. Mais il faut nommer les responsabilités. Depuis 2017, les gouvernements d’Emmanuel Macron, soutenus localement par Jean-Philippe Bésiers, ont réduit les moyens des collectivités tout en leur transférant toujours plus de charges. Moins de dotations, plus de compétences non financées : c’est dans ce contexte qu’a été instaurée la GEMAPI en 2022, déjà dénoncée par les élus de gauche comme insuffisante.

Aujourd’hui, écrire au Préfet pour dénoncer une situation que l’on a accompagnée politiquement pendant des années a un goût amer. D’autant plus qu’en 2022, lors des intempéries qui ont durement touché Castelsarrasin, le maire n’avait jamais tenu ce type de discours ni dénoncé le désengagement de l’État. Ce revirement soudain interroge et renforce le sentiment d’un positionnement avant tout électoraliste.

Et que dire de Cyril Jannic, soutenu par le RN, dont la colistière et députée Marine Hamelet a voté, à l’Assemblée nationale, les baisses de dotations aux collectivités, encore récemment lors du PLF 2026 ? On ne peut pas affaiblir les communes à Paris et jouer les défenseurs des territoires ici.

La vérité, c’est que les communes ne peuvent pas faire face, seules, à des investissements qui se chiffrent en millions d’euros. Face aux catastrophes climatiques, la solidarité nationale doit pleinement jouer : l’État doit être aux côtés des territoires, garantir des financements durables et assurer l’égalité entre les citoyens, où qu’ils vivent. C’est ce que la gauche porte avec constance : donner aux collectivités les compétences et les moyens d’agir, et faire vivre une véritable solidarité entre la Nation et ses territoires.

Depuis les lois de décentralisation jusqu’aux positions récentes de Carole Delga, cette ligne est claire : protéger les habitants, soutenir les communes et investir dans l’avenir.

À Castelsarrasin, nos habitants méritent mieux que des postures à un mois des élections. Face aux défis climatiques, ils attendent de la cohérence, du courage politique et des solutions durables.

Les 15 et 22 mars prochains, voter à gauche sera la meilleure façon d’envoyer un signal clair : celui de la défense de nos territoires, de nos communes et des services publics de proximité.

 


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Inondations : l’urgence de la solidarité et de l’adaptation! (PCF)

Publié le 17 février 2026

Au 33e jour de crues, la France vit un phénomène d’une ampleur exceptionnelle, après d’autres catastrophes ces trois dernières années depuis les inondations dans le Pas-de-Calais en 2023.

Les inondations qui ont frappé ces derniers jours de nombreux territoires de notre pays, notamment dans le Sud-Ouest et l’Ouest, ont causé des dégâts considérables, bouleversé des milliers de vies et, parfois, endeuillé des familles. Le PCF exprime sa solidarité avec l’ensemble des habitantes et habitants touchés, avec les communes sinistrées, les agriculteurs, les commerçants et les salariés confrontés à des pertes matérielles importantes et à l’angoisse du lendemain.

Nous saluons avec force l’engagement exemplaire des services de secours, des sapeurs-pompiers, des agents publics, maires et élu·es des collectivités touchées, des forces de sécurité, des associations de protection civile et de l’ensemble des bénévoles mobilisés sans relâche.

Ces événements ne sont pas des faits isolés. Ils s’inscrivent dans une multiplication et une intensification des phénomènes climatiques extrêmes. Face à cette situation, l’heure n’est ni au fatalisme ni aux discours d’impuissance. Elle est à l’action publique ambitieuse dans laquelle l’État doit jouer pleinement son rôle. Il est inadmissible que la ministre Monique Barbut se contente de renvoyer la responsabilité aux maires !

Le PCF demande :

  • La reconnaissance rapide de l’état de catastrophe naturelle pour les communes concernées.
  • Une intervention de l’État auprès des assureurs pour que ceux-ci assument leurs responsabilités et leurs engagements en se plaçant au service de leurs assurés et en leur facilitant toutes leurs démarches.*
  • La mobilisation immédiate de fonds exceptionnels pour soutenir les collectivités, les ménages modestes, les agriculteurs·trices et petites entreprises qui en ont besoin.
  • Le renforcement durable des moyens des services publics de secours et de prévention.*
  • Le financement massif de mesures d’adaptation au changement climatique et dans les politiques d’atténuation encore affaiblies par le budget de l’État pour 2026.
  • En ce sens, l’État doit jouer tout son rôle et garantir les financements nécessaires à la prévention des inondations qui ne peut être financée par les seules communes ou intercommunalités et reposer sur les habitants via la taxe Gemapi.
  • Cette politique doit être portée par un État stratège en lien avec les collectivités et tous les acteurs concernés, par des services publics renforcés, non par des logiques de privatisation ou d’austérité.

Il est inacceptable que les conséquences de la crise climatique reposent sur les plus fragiles. Dans le prolongement du plan climat Empreinte 2050, le Parti communiste français continuera à porter avec force l’exigence de politiques de justice climatique et sociale, afin que la lutte contre le dérèglement climatique et la transition écologique progressent, que plus aucun territoire ne soit abandonné et que la République protège réellement toutes et tous.

Paris, le 17 février 2026

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

MERCOSUR. Mme Von Der Leyen doit respecter le vote du Parlement européen Par Patrick Le Hyaric

Voici qui démontre avec éclat qu’un mouvement populaire européen des paysans soutenus par l’immense majorité des citoyens peut influer sur des décisions.

Le Parlement européen a voté ce mardi 22 janvier une résolution déférant le traité MERCOSUR devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) afin de faire vérifier sa conformité avec le droit européen. Une nouvelle fois la présidente de la commission européenne est désavouée alors qu’elle s’est précipitée le 17 janvier dernier au Paraguay pour signer ce texte avec les chefs d’État latino-américains.

En principe, l’application du traité est suspendue en attendant l’avis de la cour de justice. Celui-ci peut prendre entre 12 et 18 mois. Continuer la lecture de MERCOSUR. Mme Von Der Leyen doit respecter le vote du Parlement européen Par Patrick Le Hyaric