« J’emmerde le Giec » : comment malgré les canicules le RN appuie sur l’accélérateur du réchauffement climatique

L’actualité de cet été, marquée par les canicules et les incendies, a poussé le Rassemblement national à revoir son discours flirtant avec le climatoscepticisme. Mais, dans ses votes et son programme, le parti agit comme un accélérateur du réchauffement climatique.

Lors de son grand oral au Sommet international des solutions à impact positif, en février à Paris, Jordan Bardella a récolté un zéro pointé.

Janvier 2024. Jordan Bardella a les sourcils froncés, le ton grave. Quelques mois plus tôt, le dernier rapport du Giec a annoncé « l’augmentation rapide de la fréquence et de l’intensité de plusieurs types d’événements météorologiques et climatiques extrêmes ». L’été précédent, plus de 200 000 hectares de forêts ont brûlé en Europe. À Bruxelles et Strasbourg, le pacte vert, série de mesures pour la transition écologique, bien que loin de répondre totalement au défi climatique, est discuté par les parlementaires. Continuer la lecture de « J’emmerde le Giec » : comment malgré les canicules le RN appuie sur l’accélérateur du réchauffement climatique

Fournitures scolaires : les élections municipales se poursuivent dans les cartables

A la veille de la rentrée, des municipalités, comme Nice, ont annoncé arrêter la distribution gratuite de fournitures scolaires, jugée trop coûteuse. D’autres, comme Saint-Denis-Pierrefitte, s’apprêtent à prendre le chemin inverse, pour aider les familles.

Une mesure jugée « trop coûteuse »

Le versement de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a débuté le 18 août en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il a été effectué dès le 4 août à Mayotte et à La Réunion. Versée chaque année à près de trois millions de familles, sous conditions de ressources, son montant est de 426,87 euros, 450,41 euros ou 466,02 euros selon l’âge de l’enfant (de 6 à 18 ans). Continuer la lecture de Fournitures scolaires : les élections municipales se poursuivent dans les cartables

Vers un hiver difficile pour nos paysans

Qu’ils soient éleveurs, producteurs de céréales ou de fruits et légumes, le recul du revenu des paysans français ne va pas s’arrêter avec la fin de l’été. Le manque de fourrage va durer jusqu’au printemps pour les éleveurs d’herbivores et la baisse des rendements est importante chez les producteurs de végétaux alors que les coûts de production sont en hausse via le prix des engrais et des carburants.

Pour les éleveurs d’herbivores, à commencer par les bovins, la sécheresse qui dure depuis le milieu du printemps a pour principales conséquences de se traduire par un manque d’herbe dans les prés ce qui conduit à entamer dès l’été le foin destiné à l’alimentation hivernale des animaux. Continuer la lecture de Vers un hiver difficile pour nos paysans

Comment le capitalisme remodèle la perception de nos corps

Selon une enquête de l’Ifop publiée le 25 juin 2026, les Françaises n’ont jamais été aussi nombreuses à se trouver « trop grosses » (61 %, contre 36 % en 1997), tandis que les hommes sont eux aussi de plus en plus nombreux à être insatisfaits de leur corps. Réseaux sociaux, valorisation des corps conformes et industries du bien-être entretiennent une insatisfaction dont le marché vend ensuite les « remèdes ».

Jamais les Françaises et les Français ne s’étaient jugés aussi durement sur leur poids. Selon une enquête publiée le 25 juin 2026 pour Darwin Nutrition, 61 % des femmes se trouvent aujourd’hui « trop grosses », contre 41 % en 2001 et 36 % en 1997. Chez les hommes, cette perception concerne désormais 48 % des personnes interrogées, contre 34 % vingt-cinq ans plus tôt.

« L’impossibilité de correspondre aux normes corporelles dominantes reste extrêmement douloureuse », observe Lauren Malka, journaliste et essayiste, autrice de Mangeuses. Histoire de celles qui dévorent, savourent ou se privent à l’excès (Éditions Points). Continuer la lecture de Comment le capitalisme remodèle la perception de nos corps

Sécheresse et changement climatique : adapter notre agriculture et la gestion de l’eau (PCF)

L’intensification des sécheresses comme des épisodes de précipitations extrêmes impose d’agir à la fois sur les causes du dérèglement climatique et sur ses conséquences.

Atténuation et adaptation sont indissociables. Avec son plan climat Empreinte 2050, le PCF propose de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte carbone, tout en adaptant notre agriculture, nos infrastructures et nos territoires. Continuer la lecture de Sécheresse et changement climatique : adapter notre agriculture et la gestion de l’eau (PCF)

« L’adaptation ne repose pas seulement sur l’agriculteur » Serge Zaka, agroclimatologue

Pour l’agroclimatologue Serge Zaka, l’agriculture française a atteint un point où l’adaptation ne peut plus se limiter à gérer les crises au coup par coup. Il appelle à un plan de long terme mêlant nouvelles filières, transformation des pratiques, restauration des sols et meilleure gestion de l’eau.

L’été 2026 montre les limites de notre modèle agricole.

Les canicules qui ont frappé le monde agricole cet été ne relèvent pas d’une crise dont les réponses pourront être ponctuelles. Serge Zaka alerte depuis longtemps sur l’absence de politiques de long terme. À ses yeux, il est urgent de s’adapter à l’horizon 2050.

Les canicules de cet été ont été qualifiées comme un nouveau « cap franchi » par le changement climatique. Est-ce le cas également pour l’agriculture ?

Serge Zaka, Ingénieur agronome, docteur en biologie, agroclimatologue

Quand on dit « franchir un cap », je parlerais plutôt scientifiquement de point de non-retour. Un écosystème est résilient quand, après un choc, il revient à son état initial. Mais depuis 2003 puis 2022, cette résilience devient de plus en plus difficile. Continuer la lecture de « L’adaptation ne repose pas seulement sur l’agriculteur » Serge Zaka, agroclimatologue

Les structures économiques de la Chine, harmonie et développement

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Franck est rentré hier de Chine, et, au vu de ce qu’il a emmagasiné nous allons avoir pas mal de réflexions qui porteront sur deux points essentiels: 1- nous sommes loin de comprendre ce qu’est la Chine et la nature de son modèle de croissance ce qui est traité ci-dessous. 2- nous devons nous mêmes réfléchir dans un tel contexte à ce que signifie le socialisme et nos capacités à dépasser la simple référence à une nécessaire ré-industrialisation. Tout à fait d’accord avec Franck et cela correspond d’ailleurs à l’exigence d’une ré-interprétation du passé de l’expérience socialiste ses exploits et ses échecs parce qu’il est évident qu’il y a dans le socialisme une force prométhéenne que l’on nous a appris à sous-estimer. (Danielle Bleitrach)

Publié par Franck Marsal

Comme cela était souligné dans un article récemment publié sur Histoire&Société, le développement commercial international de la Chine a commencé par des industries de main d’œuvre, le textile notamment. C’était « des millions d’ouvriers et ouvrières chinois avec des machines à coudre ». Il est vrai que, autant que sa souveraineté, la Chine doit son développement économique d’abord aux travailleurs, ouvriers, paysans, techniciens, ingénieurs …

Aujourd’hui, la Chine a considérablement changé, mais elle n’a pas abandonné ses premières industries et appuie toujours son développement sur ses travailleurs. Continuer la lecture de Les structures économiques de la Chine, harmonie et développement

Comment les colonies de vacances doivent se réinventer pour éviter leur disparition

NDLR de Démocrite: Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été en colo: enfant avec mes parents (encadrants pour les pionniers) puis à Labenne (devenu mon QG de l’été) et ensuite ado en camp des Eclaireurs-ses, pour continuer avec des camps de solidarité à l’étranger. C’est donc naturellement que dés 1979, je suis devenu animateur et très vite directeur le tout pendant 41 ans… Militant du droit aux vacances, je continue à prôner l’existence des séjours collectifs accessibles à toute et tous avec des encadrements répondant aux besoins de l’enfant d’aujourd’hui dans le cadre d’un véritable service public d’éducation (j’ai aussi été formateur socio-éducatif durant 30 ans).

Faute d’argent, d’envie ou du fait des craintes de leurs parents, les plus jeunes sont de moins en moins nombreux à partir en centres de vacances. Pour leur redonner le goût des séjours collectifs, les associations retravaillent leurs offres et revendiquent des politiques publiques consacrées aux temps de l’enfant.

Cent cinquante ans après leur invention par un pasteur suisse, qui voulait fortifier la santé de petits Zurichois en les menant à la campagne, les séjours collectifs pour enfants et adolescents ont toujours la cote. Trois quarts des Français en ont une bonne opinion.

Neuf personnes sur dix estiment même que les colonies de vacances, camps de jeunesse et de scouts permettent de découvrir de nouvelles activités, favorisent le vivre-ensemble, développent l’autonomie et contribuent à la déconnexion des écrans, selon une étude de l’Ifop pour des organisations de l’éducation populaire et du tourisme social publiée en juin. Un véritable plébiscite.

Pourtant, les colos attirent de moins en moins : entre 2018-2019 et 2024-2025, on recense 132 000 départs de mineurs en moins (- 9 %). « Sur la seule dernière année observée, le nombre de départs en séjours avec hébergement recule de 4 %, soit 50 000 départs en moins », constate le baromètre 2026 Vacances et activités collectives des 5-19 ans, établi par l’Ovlej (Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes) et le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Continuer la lecture de Comment les colonies de vacances doivent se réinventer pour éviter leur disparition

Une année de perte de revenu pour les paysans 

La violence  des incendies  et l’ampleur des dégâts causés  depuis quelques semaines  dans de nombreuses forêts continuent de faire la une de l’actualité. Au point  d’occulter les problèmes  que la sécheresse et les périodes de canicule  multiplient  dans la production agricole  en faisant  souvent  disparaître le revenu des paysans pour les mois à venir. 

Quand on produit du lait de vache, l’absence  d’herbe depuis des semaines  dans les prairies desséchées, jointe  aux effets négatifs de la chaleur, diminue la  production journalière de chaque vache laitière  et augmente le prix de revient  de chaque litre de lait. Continuer la lecture de Une année de perte de revenu pour les paysans 

Que nous cache-t-on derrière une aide aux achats d’engrais ? par Gérard le Puill

Gérard Le Puill

La sécheresse et les fortes canicules font chuter la production agricole en France tandis que les prix de vente ne couvrent pas les coûts de production. Mais la Ministre de l’Agriculture limite les aides gouvernementales aux achats d’engrais, lesquels doivent accompagner les semis de l’automne prochain, pour être récoltés en 2027.

Selon les chiffres fournis en juin par Eurostat, l’office statistiques de l’Union européenne, entre 2015 et 2025, le nombre de porcs élevés dans les pays membres de l’Union européenne a diminué de 8,9%, celui des bovins de 9,7%, celui des ovins de 12,2% et celui des caprins de 17,5%. Les accords de libre-échange que l’Union européenne a signé ces dernières années avec des pays tiers comme le Canada, le Mercosur, l’Australie, la Nouvelle Zélande, puis un nouvel accord avec les Etats-Unis en juin dernier, font reculer la souveraineté alimentaire dans l’Europe des 27. Continuer la lecture de Que nous cache-t-on derrière une aide aux achats d’engrais ? par Gérard le Puill