Franck Marsal : oui la mémoire a été bloquée mais….

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Histoire et société

Oui l’accès à la mémoire historique à été bloqué, empêché. Cela n’empêche pas les développement de se poursuive mais diffère les solutions dans le temps. Voici en retour quelques réflexions personnelles sur la situation. sur la lutte. Publié par Danielle Bleitrach

La bourgeoisie exagère sa peur d’une révolution. Les journalistes (et Dominique de Villepin) parlent de 1788. Cette peur n’est pas fondée aujourd’hui. Les conditions d’une révolution, et en particulier, l’existence d’un parti révolutionnaire organisé et un degré suffisant d’unité de classe, d’unité du peuple et d’unité de la nation ne sont pas réunies.

Mais le fond – et pas seulement en France – est que les bourgeoisies impérialistes trahissent ouvertement l’intérêt national dans chacun de nos pays. Et qu’elles ont bloqué (voire stérilisé) le champ politique « traditionnel », c’est à dire le champ interne au système social bourgeois, dans lequel il est interdit / impossible d’exprimer la possibilité d’une alternative pour masquer cette contradiction pourtant flagrante et perçue par le peuple. 

Ce blocage du champ politique interne atteint un point de non retour avec la perspective d’une élection présidentielle « impossible » au sens de « sans solution ». Ce qui amène, sur fond de misère sociale généralisée, aux irruption violentes et spontanées. Danielle, tu nous parlais déjà depuis plusieurs semaines de la France comme nation d’émeutiers. Une fois de plus, les événements ont confirmé tes anticipations.

La peur du peuple de la bourgeoisie, qui est en état de sidération (il fallait voir ce matin la préfète de Bordeaux interrompre momentanément l’interview lorsque la question a été posée de l’envahissement de sa propre résidence préfectorale) après les événements d’hier va décupler. Elle va pousser l’ensemble du système bourgeois vers le durcissement policier, de manière conjointe à la marche vers la guerre impérialiste et avec le même effet : la découverte que l’affaiblissement de l’état et sa déorganisation rend tout mouvement extrêmement contreproductif. On le voit sur le plan de la guerre : dépenser des milliards dans l’armement n’amène aucune solution sur le champ de bataille et ne fait qu’aggraver la situation géopolitique au détriment du camp impérialiste. Il en sera de même sur le plan intérieur. La situation économique intérieure va se dégrader, les fractures sociales vont s’amplifier, les ingérences impérialistes vont s’accélérer. La crise nationale va s’amplifier.

C’est cette crispation inévitable de la bourgeoisie, qui crée, non pas la révolution au sens d’une saillie immédiate idéaliste, mais les conditions d’une lutte révolutionnaire prolongée et qui peut, en particulier ouvrir la possibilité de formation d’un parti communiste révolutionnaire. A condition d’ancrer ce parti dans la classe ouvrière et de le positionner non pas comme un facteur qui accentue la crise mais comme un facteur de solution, pour l’unité de la nation dans le sens de ses intérêts communs bien compris : la paix, la récupération de la souveraineté, la réindustrialisation et la modernisation.

Franck


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