« Plus on sera nombreux, plus le gouvernement nous écoutera » : comment les lycéens communistes préparent les prochaines mobilisations

Venus de la France entière, des lycéens, tout juste encartés au Mouvement des jeunes communistes de France, participent à leur première session de stage le lundi 26 octobre au siège du Parti communiste français à Paris. L’objectif ? Se former politiquement et agrandir la lutte.

Un petit groupe de lycéens s’attroupe sous la coupole blanche de l’Espace Niemeyer, au siège du Parti communiste français dans le 19

Marseille, Nîmes, Grenoble, Rennes, banlieue parisienne… Venus de l’ensemble de l’hexagone, ces jeunes participent aux journées de stage annuelles du Mouvement des jeunes communistes de France.

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Aiiden est une Grenobloise de 15 ans. Comme ses camarades, elle est venue apprendre de ses aînés. « Le mouvement de jeunesse qui embrase le pays ne va pas s’essouffler », maintient-elle.

Assise sur un fauteuil en cuir, la jeune fille sourit : le combat auquel elle participe converge avec d’autres luttes. « La CGT réalise des chaînes humaines pour nous protéger des policiers violents, nos professeurs organisent des cours sur le parvis du lycée en plein blocus, les étudiants nous prêtent du matériel, nous manifestons tous main dans la main pour de meilleures conditions d’études et de meilleurs salaires, égrène Aiiden. C’est beau à voir ! »

Si les lycéens présents au siège du PCF gardent espoir pour l’avenir, ils redoutent les discussions en cours avec le premier ministre et celui de l’Éducation, qui les infantilisent en balayant d’un revers de main toute proposition. Leurs revendications sont pourtant légitimes : bâtiments délabrés, manque de professeurs, classes surchargées…

Un service public de l’orientation

Face à un gouvernement qui campe sur ses positions, le MJCF prend le problème à bras-le-corps, à commencer par Parcoursup. Depuis le début du mouvement lycéen, l’organisation a récolté des milliers de cahiers de doléances afin de recueillir la parole des jeunes.

Si ces derniers exigent l’abrogation de cette plateforme sélective, tous souhaitent pouvoir être orientés dignement, sans discrimination. Le MJCF propose ainsi de remplacer Parcoursup par un service public de l’orientation. « Ce dispositif permettrait d’accompagner les jeunes dès leur entrée au collège jusqu’à leur insertion dans le monde du travail. L’objectif ? Construire des parcours personnels en fonction des aspirations de chacun », détaille Bastien Bonnargent, secrétaire national des JC.

Car au-delà de l’algorithme, beaucoup de jeunes manquent de conseillers d’orientation ou bien de parents pour les aider à imaginer un avenir universitaire ou professionnel.

Pour les jeunes communistes, il est donc nécessaire d’identifier les besoins de demain en termes de métiers pour pouvoir créer des formations qui y correspondent. « Afin que les orientations des élèves correspondent aux besoins identifiés de la société, un accompagnement poussé est primordial », pointe pour sa part Nadja Couratte-Arnaude, coordinatrice nationale du MJCF.

Un nombre d’adhésions en forte hausse

Camille, 17 ans, croise les doigts pour que ce projet politique voie le jour. Le jeune Rennais en est certain : pour que ce service public d’orientation naisse, le mouvement lycéen doit continuer de s’agrandir.

« Plus on sera nombreux, plus le gouvernement nous écoutera », martèle-t-il. Camille espère que ces trois jours de stage lui permettront de s’armer et d’affiner sa conscience politique. « À la rentrée, ce sera à notre tour de former nos camarades de lycée », lance fièrement l’adolescent.

Il garde espoir : rien que dans le Gard, le nombre d’adhésions au MJCF est passé de 40 à 110 en un mois. « J’ai hâte de voir combien nous serons dans les semaines à venir ».

 


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