Alors que Sébastien Lecornu appelle à rénover les établissements scolaires, son gouvernement prévoit de réduire de 5,4 milliards d’euros les dotations aux collectivités territoriales. L’urgence est de rompre avec les politiques d’austérité et de dégager de nouvelles recettes en faisant davantage contribuer les grandes fortunes et les grandes entreprises.
Par Rodolphe Portolès, conseiller régional d’Occitanie, président de la commission Éducation, Orientation et Jeunesse.
Sébastien Lecornu demande au gouvernement d’engager un chantier sur la rénovation des bâtiments scolaires. Il était temps. La mobilisation lycéenne a mis sur le devant de la scène une réalité que les collectivités connaissent depuis longtemps : dans trop d’établissements, les conditions d’étude ne sont plus à la hauteur de ce que la République doit à sa jeunesse.
Oui, il faut rénover les lycées pour faire face au dérèglement climatique, les isoler, améliorer leur confort, leur performance énergétique. Mais, monsieur le premier ministre, avec quel argent ?
Votre gouvernement s’apprête à baisser les dotations aux collectivités de 5,4 milliards d’euros dans le cadre du budget 2027. Les Régions sont appelées à se serrer la ceinture, alors même qu’elles sont essentielles dans la construction et la rénovation des lycées. On ne peut pas demander de faire davantage avec moins.
De l’argent, il y en a
En Occitanie nous n’avons pas attendu les injonctions de Matignon pour investir dans nos lycées. Nous le faisons parce que nous considérons que l’éducation est un investissement, pas une dépense comme une autre.
Il est urgent que le pays sorte de cette idée dogmatique selon laquelle la seule trajectoire possible serait de réduire les dépenses. C’est le « There is no alternative » de Margaret Thatcher, érigé en vérité économique. Monsieur le Premier ministre, chaque euro que l’on refuse d’investir aujourd’hui est un renoncement pour demain.
La question devrait être : de quelles recettes avons-nous besoin pour répondre aux besoins du pays ? C’est une vieille coutume républicaine : avant de discuter de ce que l’on dépense, on discute de l’argent qu’on peut aller chercher.
De l’argent, il y en a, la France n’a jamais produit autant de richesses. Les caisses ne sont pas vides, elles sont alimentées par le travail de millions de personnes. Le problème est de savoir où vont les richesses, qui les produit et qui en bénéficie. Pendant que l’on demande des économies aux collectivités et aux Français, les profits continuent de s’accumuler pour une minorité de privilégiés.
Chercher de nouvelles recettes
Ce dogme de la baisse permanente de la dépense publique finit par tout abîmer. Il abîme les collectivités territoriales, les petites et moyennes entreprises, les artisans, les professionnels du BTP, les paysans, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, les cadres. Il abîme la France tout entière.
Monsieur le premier ministre, nous sommes prêts à rénover les lycées, à investir davantage pour notre jeunesse. Plutôt que de demander aux régions de faire des miracles avec des budgets contraints, commencez par chercher de nouvelles recettes pour faire face aux enjeux de ce XXIe siècle.
Faites contribuer davantage les grandes fortunes et les grandes entreprises, luttez contre l’évasion et l’optimisation fiscale, remettez à plat les aides aux grandes entreprises qui représentent 211 milliards d’euros comme l’a démontré la commission d’enquête présidée par le sénateur communiste Fabien Gay.
La France a besoin d’investissements, de services publics, de lycées dignes de sa jeunesse.
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