La France est encore au bord du précipice, plongée dans l’effroi, la stupeur face aux violences de ces derniers jours, mais aussi face à un mur de colère qui s’agrège depuis des semaines du fait de la vie chère et de l’absence de réponse du gouvernement.
Il appelle ses militants, ses élus à participer aux élans de solidarité pour nettoyer les rues, réparer les dégâts provoqués hier par des casseurs. Il apporte son soutien aux maires qui se retrouvent face à des équipements publics dévastés comme aux commerçants qui se sont fait piller.
Tous ces actes de vandalisme contribuent à détourner les immenses attentes des 800 000 manifestants qui, eux, ont défilé pacifiquement. Mais qui, aussi, se sont fait parfois charger, nasser dans le cadre d’une politique de maintien de l’ordre tout aussi violente et inconséquente.
Fabien Roussel appelle à rester attentif au mouvement populaire qui s’exprime depuis plusieurs semaines, venant de toutes professions, de toutes les générations. Ne pas répondre à ces attentes ne produira que colère et désespérance.
C’est pourquoi, en ces heures graves, Fabien Roussel appelle le gouvernement à convoquer rapidement une conférence sociale avec les organisations syndicales et patronales, en y associant les organisations de jeunesse afin de trouver les réponses aux revendications qui s’expriment depuis maintenant plusieurs semaines: Lycéens, étudiants, pompiers, pêcheurs, routiers, agriculteurs, policiers, salariés du public comme du privé, retraités… la crise touche toutes les professions, toutes les générations. Il faut y répondre. Le parlement devra être associé à ces discussions et pouvoir inscrire dans le projet de budget 2027 les recettes et les dépenses correspondantes.
Concernant les violences et les innombrables blessés tant du côté des manifestants, dont de nombreux mineurs, que du côté des forces de l’ordre, une enquête parlementaire devra se pencher sur les causes de ces violences comme sur la politique de maintien de l’ordre déployée depuis le début des manifestations.
Pour rappel, lors de l’hommage aux 27 fusillés de Châteaubriant, Fabien Roussel s’est exprimé cet après-midi en revenant sur l’actualité nationale.
À l’occasion de cet hommage aux résistants du PCF et de la CGT, Fabien Roussel a rappelé lors de son discours que :
« La fidélité aux fusillés de Châteaubriant ne se mesure pas à la solennité de nos cérémonies.
Elle se mesure à notre capacité à faire vivre ce pour quoi ils se sont battus : la Liberté, la Paix, la justice sociale.
Dans ces heures sombres où l’on voudrait nous convaincre que les idéaux sont naïfs, que la guerre est éternelle et que la fraternité appartient aux rêves d’un autre siècle, nous devons tenir bon.
Faisons vivre cette France qui choisit la fraternité humaine plutôt que la haine, le racisme et l’antisémitisme.
Faisons vivre cette France qui respecte son peuple et protège ses enfants.
Il y a urgence. Car depuis plusieurs semaines et notamment hier soir, notre pays bouillonne et vient s’embraser dans un tourbillon de violences inqualifiables. Aux bâtiments publics et privés en flammes s’ajoutent des petits commerçants qui ont tout perdu, pillés et saccagés. A ce vandalisme, il faut aussi compter des dizaines de blessés, chez les forces de l’ordre comme chez les manifestants. C’est le peuple tout entier qui saigne. C’est la France qui s’abîme, se déchire.
Nous sommes au bord du précipice.
D’où vient cette rage, cette violence ? Il est urgent de trouver des réponses. Bien sûr les pilleurs et les voyous devront répondre de leurs actes.
Mais prenons garde de les associer à un mouvement populaire qui s’exprime depuis plusieurs semaines, venant de toutes professions, de toutes les générations.
Il est urgent de trouver aussi des réponses aux mobilisations exceptionnelles des centaines de milliers de jeunes, de lycéens, lycéennes, d’étudiants, de travailleurs, de retraités qui, eux, ont manifesté pacifiquement.
C’est à elles, à eux qu’il faut répondre sérieusement.
Il est urgent de faire vivre cette France qui sait s’écouter, se respecter et se mettre autour de la table pour trouver les réponses aux maux de notre pays, aux revendications légitimes de notre jeunesse.
La République est grande quand elle sait s’unir pour refuser la haine, la violence, le chaos tout en écrivant, en même temps, dans le respect des opinions de chacun, des réponses ambitieuses, audacieuses à l’image du programme des Jours Heureux écrit par le Conseil national de la Résistance.
Avec la même volonté, la même ambition que réclame la gravité de la crise que nous vivons, soyons capables de le faire aujourd’hui, pour reconstruire une France libre, heureuse, indépendante et en Paix, garantissant à chacun et à chacune le pouvoir de vivre dignement.
Paris, le 18 octobre 2026
Fabien Roussel
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